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15 juin 2007 |
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La fidélité, c’est une question de perspective, car tout dépend de notre définition personnelle. Êtes-vous fidèle à votre partenaire ? Quelle question ! J’en connais très peu qui oseraient dire qu’ils ne le sont pas. La notion de fidélité peut différer totalement selon notre sexe, notre religion, notre éducation, notre culture, etc.
À la fin, je crois qu’il s’agit de parvenir à exprimer ses désirs librement, dans le respect de son partenaire. Cela implique une convention mutuelle entre les partenaires et une bonne communication. Il faut donc y voir en début de relation, pendant la lune de miel, afin que cette harmonie persiste.
Commençons par définir le mot fidélité. Parmi les définitions du nouveau Petit Robert, édition 2007, l’on retrouve :
o constance dans les affections, les sentiments ;
o le fait d’être fidèle en amour ;
o le fait de ne pas manquer à, de ne pas trahir (fidélité à quelque chose).
Si vous êtes comme moi, vous n’avez rien appris ici ! Le dictionnaire d’Antidote RXv4 nous donne, entre autres :
o qualité d’une personne fidèle (à quelqu’un), loyauté ;
o constance, le fait de ne pas avoir des sentiments changeants envers quelqu’un, ou quelque chose.
Je ne vois pas de dimension sexuelle, ni d’exclusion de pluralité. Selon ces définitions, je pourrais dire que je suis fidèle… à mes deux partenaires : l’officiel et l’autre ! Se pourrait-il que jusqu’à maintenant, ma définition de la fidélité ait été erronée ? J’avais plutôt compris que la fidélité avait tout à voir avec l’exclusivité amoureuse et sexuelle.
Durant mon adolescence, mon ami de cœur m’a accusée d’avoir été infidèle. J’étais sidérée d’apprendre que regarder un autre homme fixement dans les yeux lorsqu’on le croise dans la rue est une preuve d’infidélité ! Notre définition du mot fidélité différait de façon manifeste.
Le résumé d’un article du 28 avril 2001 sur le comportement animal a de quoi surprendre plus d’un lecteur. En effet, j’y ai lu que « Les femmes restent avec un homme pour la sécurité et les hommes ont une conjointe uniquement pour le sexe ! » Bien qu’il soit d’usage d’entendre un tel raisonnement en plaisanterie, cette affirmation proviendrait des résultats de deux chercheurs néerlandais. Ils cherchaient pourquoi l’espèce humaine, ainsi que de nombreux oiseaux sont monogames.
L’être humain aurait trouvé une façon pratique de se reproduire en limitant ses dépenses d’énergie. En effet, les animaux ne s’accouplent habituellement que lors de la saison des amours. Par la suite, les mâles laissent les femelles élever seules leur progéniture. Les femelles humaines tromperaient donc les mâles en leur consentant des faveurs sexuelles en tout temps. Les mâles humains ne sauraient donc distinguer le temps propice à la reproduction. Les femmes y gagnent l’aide et la protection et les hommes comblent leur besoin de reproduction.
Admettons que les scientifiques en question semblent avoir des idées très réductrices et pas très flatteuses pour l’homo sapiens sapiens. Quoi qu’il en soit, ils marquent tout de même un point. Leur théorie est tout à fait logique. Et si c’était vrai ?
Paule Salomon, philosophe et thérapeute, parle de polyfidélité ou fidélité à deux amours dans son livre intitulé Bienheureuse infidélité. Certaines personnes (en plus grand nombre qu’on le pense) vivraient très bien de cette façon, en affirmant leurs amours au grand jour. L’absence d’hypocrisie et de culpabilité permettrait à ces protagonistes de rester vivants et de respecter leur besoin d’espace. Dans le cas contraire, c’est un adultère qui est commis. Et quand survient l’adultère, le lien de confiance se brise et la culpabilité mine le partenaire fautif.
C’est pourquoi Aldo Naouri, pédiatre, s’oppose à la divulgation de l’adultère. Radio-Canada a diffusé, en octobre 2006, un résumé d’une entrevue intitulée Aldo Naouri et l’adultère. Ses quarante années de pratique de la pédiatrie lui ont permis d’observer les résultats de la divulgation d’un adultère (chez ses patients devenus parents et revenus le consulter). Il constate que si l’un des partenaires d’un couple commet un faux pas, le divulguer fera plus de mal que de bien. Il vaut mieux conserver le secret et préserver le couple.
Selon Jean Garneau, psychologue, il existe diverses facettes à la fidélité : la fidélité sexuelle, la fidélité relationnelle et la fidélité à la promesse. On peut consulter l’article explicatif du Dr Garneau intitulé la fidélité tiré de La lettre du Psy, volume 9, No 6, paru en juin 2005.
Pour nombre de couples, la promesse de rester fidèle (comme si on voulait spontanément ne pas l’être) assurerait le succès de leur relation.
Mais voilà, l’être humain à qui on défend quelque chose en devient obsédé ! L’engagement de fidélité dans un couple agirait donc à la façon d’un poison. C’est pourquoi un contrat de fidélité clair qui contient la définition explicite de la fidélité exigée de la part des partenaires permettrait une plus grande harmonie du couple.
Entrevue téléphonique avec Paule Salomon, réalisée par Marie-France Bazzo le 5 mars 2004 pour la Première chaîne de Radio-Canada. (14:49).
Entrevue téléphonique avec Aldo Naouri réalisée par Christiane Charrette le 16 octobre 2006 pour la Première chaîne de Radio-Canada (19:10)
therrica
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