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La faillite de l?Islam

UN OEIL SUR?L?ISLAMIE
FRIDA

Le d?but du 21?me si?cle est le d?but de la faillite totale de l?islam politique en tant qu?outil politique de gouvernance. La question de la spiritualit? et de la foi reste en dehors de mon article. Ces deux aspects sont d?abord li?s ? la conviction intime individuelle. Personne ne peut la juger tant qu?elle reste de la sph?re de l?intime et du priv? ne d?bordant pas sur l?espace public.

Pourquoi faillite??

Les pays musulmans vivent dans une d?cadence qui dure voil? maintenant des si?cles. Il y a eu un mouvement intellectuel nomm????renaissance?? Al Nahda. Lequel n?a rien ? voir avec?le parti islamiste tunisien. Si ce dernier construit son id?ologie et son programme en pr?nant le retour au ??salafe??, aux traditions et surtout aux r?f?rences islamiques, par cons?quent un retour en arri?re clairement affich?, le premier mouvement ??renaissance?? ne fut pas un parti politique ni un courant politique mais simplement la convergence de beaucoup d?intellectuels arabes critiquant la soci?t? qui ?tait englu?e dans des structures patriarcales et claniques fonci?rement despotiques et arbitraires. Bien s?r la corruption end?mique,?la colonisation et la Palestine Brad?e?sont les cons?quences directes et manifestes que l?islam politique ne peut d?finitivement plus apporter aucune solution, ni en l?adaptant ? la modernit? ni en l?appliquant dans sa rigueur et sa puret? mortif?res. Ces intellectuels ?taient pour leur majorit? des Arabes chr?tiens syriens et libanais, mais aussi des musulmans y compris des Egyptiens. Ils ?taient courageux face ? une machine infernale qui broie toute personne qui ose la d?fier.

Que reste-t-il de ce courant??

Rien. Des voix isol?es et des auteurs inconnus.

C?est curieux de voir des partis islamistes reprendre les m?mes th?matiques abord?es au d?but de 19?me si?cle dont l?objectif fut la lib?ration des peuples par la justice, la libert?, l??galit?, etc?; cette fois-ci les th?matiques ne vont plus dans une conception civile, citoyenne et progressiste de l?am?lioration des conditions de vie des masses mais une conception et des id?es religieuses et dogmatiques.

Le premier courant n?a pas eu le succ?s qu?il m?ritait parce qu?il a vu le jour sous l?occupation. Le colonisateur n?avait aucun int?r?t ? le promouvoir. Au contraire, il a plus encourag? la tendance obscurantiste dont il tirait un soutien clair dans sa politique coloniale. Il est quand m?me utile de faire une nette diff?rence entre le colonialisme anglais et fran?ais. Le premier ?tait pr?dateur purement et simplement. Le deuxi?me fut malgr? tout impr?gn? des id?es humanistes et de l?universalit? des droits et devoirs du citoyen.

Nous sommes aujourd?hui face ? un nouveau imp?rialisme anglo-saxon. Les Fran?ais comme toujours, admirateurs de ce qui se fait outre-Manche et outre-Atlantique suivent cette course de la conqu?te des nouveaux contr?s par le chaos.

Ce nouveau imp?rialisme a pour outil l?islam politique.

Il a ?t? efficace pour circonscrire une fronti?re herm?tique contre le communisme et ? moindre mesure contre le socialisme. Les mouvements de lib?ration furent pour l?essentiel socialistes?et la?ques?ne donnant ? l?islam que la part modeste qui revient ? la pratique religieuse comme libert? individuelle. Ces mouvements de lib?ration ont ax? leurs th?matiques plus sur la justice, le peuple, la nation, une identit? nationale face aux colonisateurs et jamais sur une opposition entre l?islam et l?Occident.

Les seuls mouvements qui ont fond? la construction de l?Etat sur l?islam sont le Pakistan et l?Arabie saoudite. Et les deux Etats sont n?s en massacrant leurs propres coreligionnaires pour l?Arabie saoudite, leurs compatriotes pour le Pakistan. Les Anglo-saxons ont cr?? ces deux Etats pour servir leurs int?r?ts.

Leur technique n?a pas chang?. L?islam est une arme id?ologique aux mains du monde anglo-saxon (Etats unis d?Am?rique, Royaume uni et Isra?l), et ses satellites les pays du Golfe et les mouvements islamistes comme les fr?res musulmans.

C?est avec l?islam qu?ils ont vaincu l?URSS en Afghanistan. C?est avec l?islam qu?ils sont en train de refondre le monde, d?imposer l?ultra lib?ralisme, d?an?antir les identit?s nationales et territoriales. Fini le concept de la souverainet? ?tatique, et bienvenue?dans un monde gouvern? par des clans, des groupements d?int?r?ts priv?s, des lobbies, des ententes occultes d?int?r?ts particuliers.

Nous sommes ? la veille d?un bouleversement mondial non seulement des fronti?res ?tatiques mais de l?image de l?individu ou du citoyen qu?il se fait de lui-m?me. Il n?est plus attach? ? un territoire mais il est nomade et ce nomadisme touchera aussi son esprit et ses droits. Ce qui ?tait acquis hier ne l?est plus aujourd?hui. L?Etat protecteur devra ou bien accepter sa mue ou bien devra tout simplement dispara?tre et laisser la place ? d?autres formes de gouvernance. C?est toujours avec l?islam que les Anglo-saxons pourront s?attaquer ? des puissances comme la Chine ou la Russie.

Il est int?ressant de comparer deux ?volutions?: l?Europe et le printemps arabe.

Deux r?alit?s qui font dispara?tre l?Etat au profit de quelque chose non encore d?termin?. C?est la Commission qui, en toute logique europ?enne, se chargera des n?gociations du trait? transatlantique. Les Etats europ?ens et leurs peuples se verront imposer des choix par des hommes non ?lus (comme les guides musulmans ou imams) et qui r?pondent ? des agendas tout sauf dans l?int?r?t des peuples europ?ens. Les pays qui ont vu le printemps arabe sont soit des territoires du chaos, le cas de la Libye, soit ils ont vu la transformation de leurs structures ?tatiques en coquilles vides (l?Egypte et la Tunisie).

La Tunisie et l?Egypte ont vu les structures ?tatique s??crouler, il ne reste que les symboles de l?ancien r?gime. Par exemple, ce n?est pas le pr?sident Morsi qui gouverne et encore moins le parlement, mais leguide des fr?res musulmans.

La faillite de l?islam politique g?n?re l?islamophobie.

J?utilise le terme ??islamophobie?? par commodit? de langage et parce que certains comprendront de quoi je parle.

Je n?aime pas ce terme. D?abord parce qu?il signifie que quiconque critique ou n?aime pas l?islam est un malade. Pire, un malade dangereux pour la soci?t? et le genre humain. Cela est compl?tement illogique. Beaucoup de gens n?s musulmans ne pratiquent plus l?islam tout simplement parce qu?ils ne sont plus musulmans par conviction, et en connaissance de cause. Devrait-on les qualifier d?islamophobes de simple fait qu?ils se soient d?tourn?s de leur religion d?origine?? Que dire de ceux qui se sont convertis ? une autre religion?? Que dire encore des non musulmans??L?amour de ?islam devrait-il devenir une obligation l?gale??

La religion est un syst?me de croyances auquel on adh?re par h?ritage culturel sans se poser de question ni faire un effort de r?flexion ou d?analyse. On y adh?re parfois par conviction. Et parfois aussi on s?en ?loigne par conviction pour montrer sa d?sapprobation quant ? certains de ses aspects.

C?est balayer d?un revers de la main ce genre de consid?rations pour ne pr?senter l?islamophobie que comme un sentiment de haine ou de peur inconsid?r?es qui se transforment en haine et en peur pathologiques g?n?rant la phobie voire la haine d?autrui.

Qui sont les islamophobes??

Les gens qui cr?ent l?islamophobie et la stimulent, ce ne sont pas les intellectuels ou les m?dias, ce sont certains musulmans ou plus exactement des leaders de structures se donnant pour objet la promotion et la d?fense de l?islam.

Quand il y a eu des affaires mettant en cause des personnes se d?clarant musulmans comme par exemple l?affaire Merah, je n?ai attendu rien des musulmans, je parle des gens ordinaires et des citoyens.

Personne ne peut dire que Merah est un repr?sentant de la communaut? musulmane. Il n??tait pas n?cessaire de faire tout un cin?ma pour se d?solidariser de lui et montrer que la communaut? musulmane condamnait ses crimes, d?autant plus qu?il y a eu des citoyens musulmans parmi ses victimes.

On ne demande pas aux Fran?ais de se d?solidariser de chaque crime ou infraction commis par les criminels et les d?linquants Fran?ais.

Vous allez me dire que Merah a commis ses forfaits au nom de l?islam. Et alors?? N?importe quel quidam peut s?autoproclamer musulman et parler au nom des musulmans, m?me des fous ? lier ou des fanatiques, des psychopathes peuvent le faire. Devrons nous les prendre au mot??

Ce qui est valable dans un premier temps pour les musulmans ordinaires l?est par contre moins pour leurs repr?sentants.

On peut se contenter des repr?sentants de musulmans, regroup?s sous forme d?associations, de centres, d?institutions, ou de fondations, des structures pour la majorit? sans ?lection et fonctionnant par cooptation. Faute d?unit? et de hi?rarchisation des structures d?une part, et d?autre part la multiplicit? des courants et des tendances, nous devons nous contenter de ces repr?sentations pour demander des comptes aux musulmans, et c?est ? ce stade que les musulmans ordinaires entrent en jeu. Tout ce qui est dit par ces structures qui ont ? quelque titre que ce soit le monopole pour d?fendre l?islam et les musulmans, tout ce qui est dit par ces structures est exprim? au nom de l?islam et des musulmans.

L?islam c?est d?abord la politique et accessoirement un peu de religion

Jusqu?? pr?sent, beaucoup disait qu?il ne fallait pas faire l?amalgame entre le terrorisme et l?islam. Ce dernier est une religion de paix et d?amour. Qu?il ne fallait pas stigmatiser la majorit? par les forfaits d?une quelconque minorit? extr?miste.

C?est le leitmotiv des tenants du multiculturalisme et de la pluralit? des religions. Les tenants de ce discours sont myopes, ou ils attachent beaucoup d?importance ? des agendas dont ils ne r?v?lent pas le secret. Tout est fait pour ne pas analyser et mettre en ?vidence que l?islam de par sa sp?cificit? repr?sente un danger pour la paix civile.

L?islam a ceci de sp?cifique, il contient une chose et son contraire. Et qu?il n?y a pas d?autorit? unique pour parler au nom des musulmans, parler strictement que du culte et non de la politique.

L?islam c?est d?abord la politique et accessoirement un peu de religion. Et parce qu?il est essentiellement politique (ou exprimer autrement pour ne pas f?cher certains, l?islam a ?t? rendu essentiellement politique) qu?il est dangereux.

La majorit? des musulmans comprennent cela tr?s bien. Mais ils sont tenus par la religion comme on tient un groupe par une discipline militaire?: pas de critique, ob?issance aux imams, ch?timents pour les r?calcitrants, des ch?timents s?v?res pour l?exemple et pour intimider etc.

Les soci?t?s musulmanes souffrent de la non s?paration entre le religieux et le politique et ce depuis des si?cles.

Le dilemme se pr?sente de la mani?re suivante. Puisque la soci?t? est tenue par la religion et toute critique de la politique est interpr?t?e comme une atteinte grave ? la religion, aucune opposition ne peut ?merger sans un fondement religieux. D?j? ? l??poque de Nasser, le probl?me du voile a fait son entr?e sur la sc?ne politique ?gyptienne,?qui aurait imagin? que le m?me sc?nario sera rejou? en France et en Europe?quelques ann?es plus tard.

C?est cet aspect qui est import? en Occident et notamment en France. Les cartes seront fatalement brouill?es. Ce qui n?est qu?un lieu de culte est en fait un lieu de r?unions pour des projets politiques. Celui qui n?est?qu?un ??philosophe??, m?me ?tranger est ipso facto un homme politique, au nom de sa religion et au m?pris du principe de la nationalit? ce donne un droit de regard sur la politique fran?aise en tant que musulman parlant d?abord au nom des Fran?ais musulmans, et ainsi de suite. Des structures associatifs cultuels ont d?j? prouv? leur efficacit? de faire de la politique et du soutien d?un Etat ?tranger leur leitmotiv sous couvert des?principes d?entraide communautaire. C?est?tellement efficace?pour r?aliser des projets politiques que les Fran?ais auraient sans aucun doute refus?s si l?affichage n?est pas brouill? derri?re de bonnes intentions.

Aborder l?islam uniquement par le biais de la religion et surtout de l?islamophobie c?est ouvrir un boulevard aux politiques qui se drapent des habits de la religion et en l?occurrence de l?islam.

 

 

L?inqui?tude des Fran?ais n?est pas un fantasme. Leur sentiment correspond ? la r?alit? de l?islam.

Deux exemples pour illustrer les ?l?ments concrets de ce qui est l?islam que les Fran?ais semblent ne pas ignorer.

1 ? Le Shah d?Iran?a ?t? renvers? par un courant id?ologique et politique?qui pose l?islam comme un tout. L?islam est la politique, la politique est l?islam.

Pour f?d?rer les iraniens, il aurait fallu un courant islamique qui transcendent toutes les divergences et fait des iraniens un seul homme derri?re le guide?: c?est le chiisme. C?est le point fort cimentant le peuple autour de ceux qui dirigent le pays pour s?opposer aux ing?rences ?trang?res.

Bien qu?il n?ait pas de s?paration entre le religieux et le politique, le pays est dot? en personnel politique assez comp?tent pour mener les affaires politiques avec un syst?me ?lectoral permettant d??liminer ceux qui sont soup?onn?s de corruption ou d?all?geance pour l??tranger. Jusqu?? quand le syst?me r?sistera ? l??preuve de la corruption et de l??puisement suite aux sanctions ?conomiques internationales?? Bien malin qui le pr?dira.

2 ? Rien de tout cela n?existe dans les autres pays musulmans du Moyens-orient et d?Afrique du nord.

Deux groupes sont ? analyser.

Les pays du Golfe et de la p?ninsule arabique. Ils sont gouvern?s par des familles princi?res ou royales. On peut dire, sans risque de se tromper, que ce sont des entit?s gouvern?s comme les pirates gouvernaient des territoires ou des espaces maritimes. C?est la loi du plus fort et du clanisme. L?islam est utilis? pour l?gitimer le fait accompli.

Les autres pays du monde arabe ont opt? pour une gestion rationnelle de l?Etat. Et pour couper court aux accusations de trahir l?islam, ces Etats ont accord? une place pr?pond?rante aux sources l?gales islamiques, notamment dans les affaires personnelles. Tandis que les aspects qui rel?vent de la gestion publique, ils ont ?t? tant se faire que peut calqu? sur des principes, des id?es politiques et juridiques pour clarifier la s?paration entre le priv? et le public. La gestion de l?int?r?t g?n?ral se devait de reposer sur la comp?tence des hommes et des femmes ind?pendamment de leur bigoterie ou leur saintet?.

On peut ?tre un fin strat?ge, un fin limier, un politicien du premier ordre et ?tre pieux, profond?ment croyant. Mais le contraire n?est pas toujours vrai, au contraire, il est quasiment impossible (je serai int?ress?e d?en conna?tre un exemple) d?avoir un pr?dicateur ou un pr?cheur, ou tout simplement un croyant se m?lant de la politique ayant r?ussi l? o? r?ussissent les strat?ges et les politiciens quand ils sont de grands visionnaires et d?extraordinaires calculateurs.

Les?Savonarola?n?apportent que la destruction et la peur. Alors que les esprits, ath?es ou non,?qui?favorisent la rationalit? et le pragmatisme ne s?attaquent pas ? la foi des personnes m?me quand ils r?duisent nettement son impact sur la soci?t? et ils ne cherchent jamais son ?limination.

Avec le printemps arabe, les Etats arabes qui avaient des structures ?tatiques plus ou moins rationnelles plus ou moins efficaces?dont l?objectif est la gestion de l?int?r?t g?n?ral ont ?t? pulv?ris?es pour laisser place ? des entit?s g?r?es au mieux selon le principe mafieux, au pire selon la loi des seigneurs de guerre dans le chaos ou dans l?instabilit?.

Ce sont des consid?rations occult?s et que le bon sens nous impose de les exprimer. Dire que l?islam en tant que religion pose probl?me par son ing?rence ou son utilisation dans le politique et qu?il est potentiellement dangereux dans un contexte d?instabilit? et de d?litement des structures ?tatiques n?est pas en soi une attitude anti-musulmane ou contre les musulmans. Brandir l?islamophobie est une technique pour ?viter tout d?bat et pousser au pourrissement des tensions.

Des repr?sentants musulmans appellent au terrorisme et le cautionnent

Quelques exemples?:

Des dignitaires religieux ont appel? au djihad en Syrie. Ce qui se passe en Syrie est d?abord g?ostrat?gique, une lutte f?roce de domination et des enjeux de politiques internationales qui d?passent le cadre de la foi et des croyances. Pourtant, on assiste ? la d?monstration ?clatante que l?islam est un outil de politique ext?rieure comme il est ?galement un outil de politique int?rieure dans?certains pays.

Les Anglo-saxons l?utilisent pour ?tendre leur h?g?monie au Moyen-Orient. Les pays de la p?ninsule arabique sunnites l?utilisent pour faire perdurer leur syst?me de gouvernance et contrer le chiisme anti am?ricain.

Que dire de?Al Qaradawi, pr?sident de l?Union Internationale des Savants Musulmans, reprenant quasiment la c?l?bre formule de Arnaud Amaury ??Tuez les tous, Dieu reconnaitra les siens???

La BBC nous informe que?Safwat Hegazi Ramadan?a demand??la cr?ation de bataillons de djihadistes pour combattre en Syrie. Il s?agit d?un des leaders des fr?res musulmans qui ont gagn? les ?lections en Egypte. Le peuple ?gyptien entend sortir le 30 juin contre leur gouvernance qui est plus corrompue que celle de Moubarak. Des journalistes et des intellectuels du monde arabe s?indignent de telles d?rivent, dans un silence outrageant en Europe et en France?o? la?pr?occupation premi?re est d?armer les terroristes.

Pire encore, c?est le Conseiller du pr?sident Morsi qui assure l?impunit? des djihadistes ?gyptiens se portant volontaires pour le combat en Syrie.?Khalid Kazaz a d?clar? que les Egyptiens ont le droit d?aller combattre en Syrie contre Al Assad, et qu?il n?y aura aucune sanction contre ceux qui se sont engag?s dans les combats.

Ce sont l? des consid?rations qui devront inciter les musulmans ? faire attention aux choix de leurs leaders associatifs et politiques qui parlent en leur nom. Le postulat qu?il ne faille pas faire d?amalgame ne r?siste plus ? l??preuve des ?v?nements qui s?acc?l?rent et d?montrent que ce ne sont plus des marginaux ou des illumin?s qui r?pandent la terreur, mais bien un syst?me qui s?appuie sur des figures repr?sentatives des peuples et des croyants, ce sont des hommes d?Etat et des dignaitres qui manifestent ainsi ? la face du monde une religion belliqueuse capable de soulever des masses et s?immiscer dans les affaires internes d?un pays souverain. On a eu d?j? un avant-go?t ? propos de l?histoire du voile.

Ces appels ? la terreur par des hommes reconnus comme des autorit?s l?gitimes au lieu de chercher la m?idation et la pais soul?ve un ?norme probl?me.

Cela change la donne.?Que signifie de condamner l?assassinat au hachoir d?un soldat britannique?par l?Union Internationale des Savants Musulmans quand dans le m?me temps son pr?sident devient le porte parole des djihadistes en Syrie et propagateurs de la haine contre les chiites et les Alaouites?? Quand les terroristes et leurs complices trouvent protections par les forces de l?ordre ?tatiques??

Il est ?vident que jusqu?? pr?sent, ce sont essentiellement les musulmans qui payent le prix de cette politique de terreur. Mais l?Europe et notamment la France ne pourront plus s?estimer

? l?abri de l?embrasement de leur soci?t? civile.

Le Fran?ais moyen a tout de suite compris que les associations musulmanes ont une dimension hautement politique. Une association de joueurs de p?tanque, ou de joueurs de fl?te, ou encore un club d?admirateurs de Napol?on ne militent pas politiquement. La gestion du culte protestant ne fait pas de pros?lytisme, les protestants ne sont pas en train de nous rappeler ad nauseam la?Saint-Barth?l?my. Je n?entends pas de pasteurs intervenir dans le d?bat social et politique. Ils sont particuli?rement discrets, c?est ? croire qu?il n?existe pas de protestants en France.

S?il y a des responsables de l?islamophobie ce sont d?abord les leaders islamistes qui sont responsables.

Ils ont tout fait pour cr?er une tension dans la soci?t?, et ils continuent de labourer le clivage entre les Fran?ais au point de non retour. Ajoutons ? cela des ?l?ments de la politiques ?trang?res de la France, et on est l?gitime de ne pas ?tre optimiste pour l?avenir.

Ces leaders islamistes ont oubli? que leur champ de bataille politique et religieuse en Occident n?est pas le m?me que dans les pays musulmans. Leur pros?lytisme agressif, leur activisme associatif pour recruter dans les couches sociales les plus marginales ou celles qui portent ? tort ou ? raison du ressentiment ? l??gard de la nation n?aura pas le m?me impact que dans les pays musulmans. L?Occident n?est pas une terre acquise ? l?islam, en tout cas pas pour le moment, et il est naturel que des expressions ? l?apparition de l?islamisme ostentatoire et conqu?rant se soient exprim?es librement et peu importe la sensibilit? des croyants musulmans.

Autant les fr?res musulmans, les salafistes et toutes les engeances qui tournent autour de l?islam ou s?approprient son fonds religieux ont ?t? combattus par les r?gimes dictatoriaux ou autoritaires en tant que mouvements politiques de d?stabilisation ou d?opposition, (la question religieuse fut tr?s marginale dans le harc?lement et l?ostracisme dont ils ont fait l?objet) autant en Occident, la question est curieusement circonscrite au champs social et religieux, qu?il s?agisse du traitement m?diatique ou de l?expression intellectuelle. La politique et la prise du pouvoir politique sont quasiment occult?es du d?bat public en Occident, notamment en Europe et en France.

Et pourtant, toute action dans les

affaires de la cit? est politique.

D?o? la r?action de la soci?t? face ? l??mergence d?un islam politique qui s?invite et s?impose dans le d?bat public par le truchement de la seule case de la libert? religieuse ou de l?islamophobie.

Il n?est donc pas ?tonnant d?entendre des voix narguer une croyance qui s?estime la v?rit? absolue.

Il y a donc deux niveaux d?analyse?:

1 ? Au niveau des politiques qui abordent l?islam uniquement par le truchement de la libert? religieuse (lieux du culte, expression vestimentaire etc) et de la la?cit?, ?vacuant les questions sociales, ?conomiques et politiques.

2 ? Aux niveau des citoyens qui observent un changement, certes lent mais continu, dans leurs rep?res politiques, ?conomiques et sociaux. Les citoyens ne disposent pas d?une connaissance encyclop?dique de l?islam, et ils n?en ont pas besoin. Ils se contentent de juger ? travers ce qu?ils observent. Et ce qu?ils observent ne les incitent ni ? la s?r?nit? ni ? l?optimisme. Les citoyens disposent de quelques ?l?ments historiques, certains datent des guerres de religion, d?autres datent du dernier conflit global.

Ils savent que trop d?exasp?ration et de provocation de part et d?autre est l?issue certaine d?une implosion sociale, voire des guerres, les discours de bonnes intentions n?y pourront rien contre.

On leur r?pond qu?il faut savoir vivre ensemble. Ils sont pour le vivre ensemble. Comment?? si leur niveau de vie ?conomique se d?grade, si leurs choix politiques sont ignor?s et si leur mode de vie devient minoritaire et ayant pour injonction?de devoir?laisser la place ? d?autres qui ont une autre conception de la vie, une autre vision de la soci?t?, un autre regard sur les rapports entre la femme et l?homme etc.

Les fr?res musulmans et les islamistes en g?n?ral ne r?clament rien que la d?mocratie. Ils utilisent les outils de la d?mocratie pour dire qu?ils existent, que l?Europe doit prendre en compte leur mode de vie, leurs exigences souvent pr?sent?s comme des libert?s publiques devront par la suite se traduire en tout ?tat de cause par des choix politiques. Tout choix politique a un impact sur les citoyens y compris ceux qui ne sont pas musulmans.

Ce sont finalement les musulmans qui ont donn? le coup de gr?ce ? l?islam politique ou l?islam tout court. Il sera t?t ou tard d?finitivement exclu de la sc?ne politique arabe. L?islam r?v?le ses lacunes et ses tares cong?nitales non seulement pour rassembler mais surtout pour g?rer une nation ou un pays.

Qui aurait pu croire qu?au d?but du 21?me si?cle, ceux qui font la guerre ne sont ni des militaires ni des r?volutionnaires mais des enturban?s barbus haranguant les foules pour se lancer dans le djihad pour l?islam?? Qui aurait pu croire qu?au d?but du 21?mesi?cle, ceux qui font de la politique et s?occupent de la gestion publique doivent d?abord avoir la b?n?diction de l?imam ou du guide??

Termin? le temps des Che Guevara et Lumumba, bienvenue chez les ikhwan et les adeptes d?Allaho Akbar.

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