Accueil / A C T U A L I T É / La deuxi?me mort de Keynes

La deuxi?me mort de Keynes

Si je me suis laiss? aller ces derni?res semaines ? des critiques, parfois virulentes, du Keyn?sianisme, ce n??tait en?r?alit? pas tant du fait de cette th?orie que je respecte en tant que telle que de l?usage qu?en ont fait nos Etats au fil des d?cennies. L?ironie supr?me de la crise actuelle est qu?elle a d?finitivement enterr? le Keyn?sianisme et ce?? la faveur des exc?s de d?penses Gouvernementales!
Quels sont les faits? Les d?penses de l?Etat F?d?ral US, qui?se montaient ? 3.4% du P.I.B. en 1930, ont enregistr? un sommet quelques ann?es plus tard avec le New Deal de Roosevelt puisqu?elles sont parvenues ? 10.7% du P.I.B. Am?ricain en 1934. Pourtant, ces chiffres paraissent aujourd?hui d?risoires au vu des 24.7% (par rapport au P.I.B.) des d?penses F?d?rales US pour 2009??Si l?intervention de l?Etat ?tait assur?ment justifi?e dans le cadre de la r?cession des ann?es 2007-2010, l?efficacit? de ses stimuli a ?t? rendue obsol?te ? en tout cas a ?t? consid?rablement neutralis?e ? par des d?penses Gouvernementales n?ayant cess? de progresser depuis les ann?es 30. Ce m?me Etat, dont l?intervention dans l??conomie pouvait efficacement ?tre amplifi?e dans les ann?es 30 et 40 pr?cis?ment parce qu?il n?y occupait pas une position dominante,?constate aujourd?hui l??chec de ses?stimuli rendus caducs par sa position pr?pond?rante comme acteur ?conomique!
Que dit Keynes? Il soutenait, avec raison, que la place?de l?Etat dans l??conomie se justifiait d?s lors qu?elle ?tait contre cyclique, c?est-?-dire que son intervention devait effectivement ?tre g?n?ralis?e en cas de ralentissement ?conomique. Pour autant, Keynes insistait ?galement sur la d?c?l?ration progressive du r?le de l?Etat une fois cette ?conomie r?tablie ??enseignement qui, manifestement, n?a pas ?t? suivi par nos responsables politiques successifs.?En r?alit?, le Keyn?sianisme n?a ?t? appliqu? qu?? moiti? puisque les Gouvernements (et au premier chef celui des Etats-Unis) n?ont?quasiment pas r?duit leurs d?penses en p?riode de croissance et ce pour des motifs purement politiciens et ?lectoralistes. La part de l?Etat dans nos ?conomies est donc aujourd?hui deux fois et demi plus importante qu?elle ne l??tait ? l??poque du New Deal!
C?est pr?cis?ment parce que l?Etat concentre aujourd?hui tant de ressources en ses mains que l?impact de l?augmentation de ses d?penses inject?es dans l??conomie n?est plus optimal. En fait, l?Etat n?est strictement plus en mesure de tripler le volume de ses interventions comme dans les ann?es 30. Attention cependant car il s?agit l? de volumes relatifs ? la taille du P.I.B.:?les sommes nominales?inject?es dans l??conomie sont certes massives mais?ne repr?sentent que peu?au regard?de la taille de l??conomie??Pour conclure, comme la part et l?importance de l?Etat au sein de nos ?conomies sont aujourd?hui sans commune mesure?par rapport ? la p?riode de Keynes, son intervention ? aussi ambitieuse f?t-elle ? ne se solde en quasiment plus d?effets b?n?fiques car l?apport stimulatoire de l?Etat d?cline ? mesure que sa place dans l??conomie, elle, pr?domine.

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

L’étonnant destin du chevalier de Saint-George

Compositeur de génie, violoniste de talent, redoutable escrimeur, bourreau des cœurs, cavalier accompli, nageur téméraire, ...