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La « déification » de l’homme

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Avant de parler du « divin », il est indispensable de se pencher sur le phénomène de la superstition. Celui-ci touche deux facettes de l’esprit : 1) la Foi et 2) la Philosophie.

Pour la Foi, on y discerne deux possibilités; 1) on y croit ou 2) on n’y croit pas. Évidemment « croire » à l’existence de quelque chose est, tout autant, du domaine de la Foi que de « croire » à son inexistence; car, de toute façon, on croit à ce que l’on « sait » être la vérité. La Foi s’appuie donc sur le « savoir ».

Au niveau de la philosophie qui, de par sa définition est d’être ami de la sagesse, le « savoir » n’est pas, du tout, impliqué; seule la « connaissance » l’est; et pour atteindre cette connaissance, il faut établir les faits AVANT de se faire une opinion. C’est-à-dire, être conscient,  au départ, de « ne pas savoir » (Socrate affirmait continuellement : « Je ne sais rien ! »). Ce qui est exactement le processus contraire à celui de la Foi. En ce sens, la Philosophie ne s’enseigne pas; elle se « raisonne »; seule la Foi peut être « enseignée ». Par exemple, à l’école, on n’enseigne pas le théorème de Pythagore; c’est tout à fait impossible. Ce que l’on fait est de faire « raisonner » le problème pour en découvrir l’aboutissement. Le résultat est la « compréhension » du théorème; ce qui devient une « connaissance », et non un « savoir », de sa démonstration.

Il est à remarquer qu’un « savoir » peut découler de la « connaissance »; mais ce genre de savoir demeure toujours du domaine de la « révision » et de la « correction »; autrement dit : en constante démonstration. C’est ce qui s’appelle le « savoir philosophique ». Le « savoir de la Foi » est tout autre chose; il est du domaine de “l’absolu” et n’accepte pas la remise en question. Aussitôt qu’une donnée est classée dans le « savoir de la Foi », elle devient inévitablement une « superstition ». « Savoir » n’exige pas de « comprendre ». De sorte que de croire ou de ne pas croire à quelque chose que l’on ne « comprend » pas, devient un débat stérile qui n’apporte absolument rien d’autre que des positions de retranchement, pour chacun, sans possibilité aucune d’ajout à la « connaissance ».

Il ne faut donc pas perdre de vue, cette donnée de base lorsqu’on s’attaque à des « croyances » quel que soit le domaine où on les trouve; que ce soit en science (croire que les masses s’attirent, preuves à l’appui), en histoire (croire aux anciens astronautes, preuves à l’appui), en religion (croire au Dieu Jésus, preuves à l’appui) ou autres (preuves à l’appui). Toutes doivent être supervisées par la « Philosophie » (ne pas savoir) pour devenir une « connaissance » qui deviendra un « savoir philosophique ». Il nous est maintenant évident que ce « travail » est strictement individuel. De sorte que tout enseignement aux enfants devrait se limiter à faire apprendre le processus philosophique pour acquérir des « connaissances » et non accumuler du « savoir ». Par contre, le « savoir » sert mieux la production; d’où la priorité actuelle de nos société d’enseigner le « savoir ».

Plusieurs scientifiques ne seront pas d’accord avec la suprématie de la philosophie sur tout le reste, en prônant que les « Mathématiques » sont la seule façon de décrire toute la réalité physique ou même astrophysique et que l’esprit humain (raisonnement) ne peut saisir cette réalité. C’est vrai dans un processus basé sur 0 et 1 (vrai ou faux); mais complètement erroné dans un processus basé sur 1, 2/2 et 3/3 (ou 1-2-3, soit : Potentialité- Possibilité- Réalité). Si on se réfère à l’archéologie, par exemple, ces scientifiques affirment que dans les dimensions d’un tabouret ou d’une brosse à dent, on peut trouver des données mathématiques tout aussi étonnantes et exactes que celles discernées dans la Grande Pyramide; et que, donc, aucune de ces données mathématiques ne sont pas aptes à être considérées. Soyons sages et disons qu’aussi longtemps que les « sciences », qui se veulent « exactes », ne seront pas d’accord entre elles, la « Philosophie » continuera de prôner l’importante sagesse de « ne pas savoir » au départ, pour parvenir, finalement, à « comprendre » un sujet étudié.

Abordons maintenant le sujet de la « divinité ».

Le plus important argument des « anti-divinités », poly ou monothéistes, est que tous les rois, empereurs, pharaons etc. se sont fait diviniser pour garder le contrôle sur leur population et assurer leur « pouvoir ». L’argument est de taille et très logique; mais, malheureusement, sa prémisse est niée dans les faits. Car, au départ, le concept de « diviniser » est très loin du concept de « populariser ». De plus, ces personnages « divins » des anciennes civilisations furent « divinisés » par nos propres archéologues du XIXe siècle et non par la population de l’époque. Ils traduisirent par le mot « dieux », des mots signifiant « Puissants, Lointains, Brillants » (comme Horus, El ou Lugal-E). Ce qui veut dire que les peuples des anciennes civilisations en question ne « divinisaient » pas du tout ces personnages; ils ne faisaient que leur attribuer une « puissance » supérieure à la leur. Ces personnages, pour eux, étaient « supérieurs aux hommes » sans être, pour autant, des « dieux » selon nos propres critères actuels. Ce constat découle de faits établis par les anciens écrits et non par une opinion basée sur l’interprétation intuitive d’un traducteur qui croit ou ne croit pas en Dieu.

Le premier roi-empereur important de l’histoire connue, s’appelle Sargon l’ancien; il n’a jamais été « divinisé ». Il a, cependant, été popularisé comme un « serviteur » des dieux, principalement de la « Puissante, Lointaine, Brillante » Inanna. La « renommée » de Sargon était encore présente, 1 000 ans plus tard, dans la tradition égyptienne. De sorte que c’est de la vie de Sargon, que l’Égyptien Moïse a tiré sa propre légende d’avoir été un enfant d’esclave juif tiré des eaux du Nil et adopté par « la fille du Pharaon ». Cela lui permettait de s’approprier de la nationalité juive dont il avait besoin pour son projet « de société ». Le roi Sargon avait été abandonné dans un berceau en joncs recouvert de bitume, sur l’Euphrate et, par la suite, « sauvé des eaux ». Il faut également remarquer que ce Moïse, ne se divinisait pas du tout; lui aussi se disait simple « serviteur » d’un Dieu, le plus puissant qui exista selon lui. Il présentait son Dieu comme étant un être dont il ne parvient pas à se décider pour le dire « immatériel » ou non. Parfois son Dieu était « nuée » parfois il était « flamme », parfois il était « verbe ». Donc, ce Dieu, il l’entend ou il le voit. Ce qui le rend difficilement « immatériel » comme disait être le Dieu d’Abraham, un autre serviteur d’un Dieu, qui avait précédé Moïse de plusieurs centaines d’années.

Mais le cas Moïse est de beaucoup différent du cas Abraham. Abraham combattait la suprématie des « Puissants, Lointains, Brillants » (et non des dieux) sur les hommes, en affirmant qu’ils n’étaient pas « omnipuissants » et « immortels ». Il témoignait que leur puissance avait ses limites et que certains d’entre eux étaient même décédés. Il faut savoir qu’Abraham vivait à l’époque où Marduk, qui était de la deuxième génération des Puissants (fils du Puissant Enki),  affrontait les autres Puissants pour assurer sa suprématie sur eux tout autant que sur les hommes (Marduk faisait un « putsch » pour prendre le pouvoir). Abraham, pour dévaloriser l’emprise des « Puissants » sur les hommes, attestait que l’origine de tout ce qui est « matière » est « immatériel » et donc que ces Puissants, que l’on voyait et nourrissait, n’étaient pas du tout, les responsables de l’existence des hommes. Il énonçait que l’esprit est la « source » de la matière; par conséquent les Puissants étant « matière », n’étaient que des « créatures » comme l’étaient les hommes. J’imagine qu’il avait dû constater que c’était ses problèmes (immatériels) « dans sa tête » qui produisaient des ulcères « dans son estomac ». Il était, de la sorte, en avance sur notre science actuelle. Il est à noter que le roi Scorpion, en Égypte, avait déjà vaincu les « supérieurs aux hommes » bien avant la « rébellion » d’Abraham (voir L’énigme égyptienne).

Moïse défend quelque chose de tout à fait différent. Il prône la supériorité de son Dieu sur ceux des Égyptiens. D’ailleurs, Moïse démontre devoir combattre les dieux égyptiens et donc, accepte leur existence comme étant une réalité. À ses yeux, le combat se fait au niveau de la « puissance » de tous ces dieux devant la « puissance » du sien. Abraham était monothéiste; Moïse ne l’était pas. Par contre, il aurait pu l’être assez facilement, s’il avait compris (ou insisté sur) une donnée ancienne qui lui avait été fournie par son beau-père, un prêtre d’Israël. Cette « révélation », supposément faite au buisson ardent, qui affirme : « Je suis celui qui est! ». Moïse ne la souligna pas plus qu’il ne le fallait pour atteindre ses vues strictement « politiques ». C’était là une « connaissance » immémoriale qui veut que « l’Être » soit la source de « l’Esprit » qui, lui, est la source de la « Matière ». Remarquez que cette « connaissance » tirée d’une science pré-diluvienne, ne fut jamais réellement perdue; car on la retrouve intégralement dans l’allégorie chrétienne du « Père-Esprit-Fils » lors du baptême de Jésus dans le Jourdain. La prépondérance du Fils sur l’Esprit fut la cause de plusieurs débats « théologiques » au cours de l’histoire chrétienne. Il est cependant incontestable que l’Esprit est le lien entre le Père et le Fils; donc vient AVANT le Fils. Le Fils découle de l’Esprit comme la matière est issue de l’immatériel (ou du « virtuel » pour les esprits scientifiques).

Malgré tout, ce Moïse est un personnage extrêmement intéressant pour notre sujet; car il nous indique le processus à suivre pour nous y retrouver dans tout ce brouillamini de données « religieuses ». Moïse a cherché un fait dans l’histoire du passé de l’humanité, celle de Sargon,  qui pouvait lui servir afin de se hausser à la tête du peuple qu’il avait choisi, auquel il affubla le titre de « Peuple élu du seul vrai Dieu ». Il faut discerner le fait qu’étant le chef du « Peuple élu du seul vrai Dieu » (comme s’était promulgué Marduk un millénaire avant Moïse), cela rendait Moïse plus important que le Pharaon d’Égypte qui était le chef d’un peuple possédant « d’innombrables dieux », tous plus faibles que le sien. Sachant que Moïse avait été évincé de la royauté d’Égypte par « la fille du Pharaon » qui se promut à sa place comme Pharaon, on comprend facilement son combat « politique » (lire l’histoire d’Hatshepsout dans « L’énigme égyptienne »).

En adoptant le processus de Moïse, nous devrions échapper aux superstitions habituelles et  découvrir la « source » de l’habitude, dite humaine, de « diviniser » d’autres humains. La réponse se trouve dans l’histoire de l’humanité.

Diviniser un humain pour qu’il garde le contrôle sur ses semblables est d’encourager l’élitisme parmi les hommes; autrement dit, certains hommes sont plus « importants » que d’autres. C’est un constat historique que l’on retrouve partout sur la Terre…sauf en Amérique du Nord avant l’arrivée des Européens. Les autochtones « primitifs » d’Amérique du Nord, reconnaissaient chez chacun des individus, des aptitudes individuelles pouvant servir à la survie de l’ensemble. C’est ce qui les obligeait à respecter chacun des individus en garantissant sa liberté d’opinion et de décisions sur tous les sujets. Il est remarquable que chez eux, aucun chef ne pouvait obliger un membre de la tribu à faire quoi que ce soit. Le chef devait « convaincre » chacun des individus à faire ce qu’il proposait. D’où l’importance de l’art oratoire dans leur société. De plus, être nommé « chef » signifiait que le groupe reconnaissait les aptitudes nécessaires chez l’individu élu, pour assurer la protection de la tribu. Ce chef désigné devenait alors entièrement au service de sa tribu. Même ses possessions personnelles d’avant l’élection, devenaient « générales » par la suite. Il ne possédait plus rien personnellement et toutes ses possessions antérieures devenaient disponibles à tous les individus de la tribu si l’un d’eux en avait besoin. Et comme ces « primitifs » étaient arrivés en Amérique du Nord, bien avant 5 500 ans av J.C. lors de l’émergence des « Puissants, Lointains, Brillants » au Moyen Orient, ils n’avaient pas subit le « conditionnement » de l’élitisme des « supérieurs aux hommes » qui apparaît dans l’histoire, à partir du 5e millénaire avant J.C. Il est indiscutable que la notion de « supériorité » d’un individu sur les autres hommes, nous vient du fait de l’existence « d’êtres supérieurs aux hommes » à une certaine époque de l’histoire humaine. Dans une évolution « normale » les humains se rassemblent pour disposer des aptitudes de chacun des individus afin d’assurer la sécurité et la survie de l’ensemble. D’où le développement du respect des différences de chacun. Un « fait » qui fut constaté chez les Amérindiens à l’arrivée des Européens.

Il faut ajouter un autre fait indéniable qui est que le « Livre » qui a servi à créer les religions chrétienne, juive et musulmane, est une interprétation, au départ, de faits historiques tirés des écrits sumériens datant de plus de 2 000 ans av. J.C. Sachant que l’avènement de l’écriture se produisit chez ces sumériens, il est indiscutables qu’une partie de leurs écrits raconte l’histoire de ce qui était véhiculé oralement depuis longtemps, avant l’écriture. Par exemple, l’histoire du déluge dans la Bible, est une réédition de l’histoire du déluge chez les Akkadiens qui, eux, l’avaient reprise des écrits sumériens. Ceux-ci dataient le déluge à l’Ère du Lion; c’est-à-dire plus ou moins entre 10 000 et 8 000 av. J.C. Curieusement, la géologie nous apprend que c’est là, l’époque de la fonte des glaciers qui a haussé les niveaux océaniques de 120 mètres (400 pieds); et comme il est incontestable que l’homme s’installe toujours près du littoral plutôt qu’au haut des montagnes, l’origine du concept « déluge universel » devient assez simple à expliquer. Mais, encore plus curieusement, ce « souvenir » du déluge se retrouve partout sur la Terre, dans toutes les anciennes traditions. Les récits du déluge de ces anciennes traditions sont ceux des hommes d’avant le déluge qui ont survécus; c’est-à-dire, de l’époque avant celle des « supérieurs aux hommes ».

Constat final : Nous devrions cesser de discuter de Dieu pour nous contenter d’étudier les événements qui ont produit ceux qui furent qualifiés de « supérieurs aux hommes » à partir de  5 000 av J.C. Nous pourrions alors découvrir le concept monothéiste qui existait chez ces « supérieurs aux hommes » et qui se distingue chez les Égyptiens durant les dynastie 0 et 00 pour disparaître de la connaissance populaire lors de la 3e dynastie.

Amicalement

 

André Lefebvre

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 1:  La Science Secrète)

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 2: Le Mystère Sumérien

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