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La d?confiture de Montcalm

 

 

LARTISTE:

Le major anglais Robert Stobo est suppos? avoir indiqu? ? Wolf, la possibilit? d?un d?barquement ? l?Anse au foulon. C?est possible mais peu probable.

http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?BioId=35787

En r?alit?, le 10 septembre 1759 Wolf avait re?u sur son bateau, deux ??d?serteurs?? du camp de Bougainville, avec qui il avait ??convers? en priv? pendant un bon moment.

Le 11 septembre Wolf, accompagn? du brigadier Towshend,? de l?ing?nieur MacKeller et quelques officiers, se trouve devant l?Anse au Foulon qu?il examine avec une longue-vue.

Depuis deux semaines d?j?, un plan avait ?t? adopt? par l?ensemble des officiers pour une derni?re attaque sur Qu?bec ? partir de Cap Rouge. Plan que Wolf avait accept?.

De plus, un conseil de guerre avait eu lieu o? la majorit? des officiers avait appuy? la lev?e du si?ge de Qu?bec pour la fin septembre, parce que la saison ?tait tr?s avanc?e et qu?on risquait d??tre coinc? dans les glaces du fleuve si on tardait plus longtemps ? partir.

Dans l?apr?s-midi de ce 11 septembre, Wolf r?unit ses officiers et leur fait part d?un nouveau ?plan d?attaque. Il ajoute que si la premi?re partie du plan en pr?paration rencontre des obstacles, il arr?te le tout et ??on repart pour l?Angleterre??.

Le nouveau plan consiste ? prendre la position de l?Anse au foulon avec 150 hommes pour assurer la r?ussite d?un d?barquement des troupes; et voici les points appuyant ce plan?:

1)????? Le camp de l?Anse au foulon est ? peine gard?.

2)????? La nuit du 12, un convoi de barges fran?aises doit ravitailler le camp de Beauport en se laissant d?river silencieusement le long de la rive nord du fleuve.

3)????? Le commandant en second, c?est-?-dire L?vis, est parti ? Montr?al.

Mais est-ce les seules informations que les deux d?serteurs de Bougainville fournissent ? Wolf?

On peut en douter; parce que m?me si ces trois informations sont vraies, elles ne suffisent pas?:

1)????? ? justifier la cancellation d?un plan m?ri longuement par un conseil de guerre,

2)????? ? adopter un nouveau plan ?tabli en quelques heures, sans consultation avec les officiers, pour assurer la r?ussite du d?barquement.

Cette r?ussite d?pend de plusieurs autres facteurs qui se sont, par la suite, av?r?s exacts. Les voici?:

1)????? Il faut qu?aucun r?giment ne soit pr?sent sur les Plaines d?Abraham.

2)????? Il ne faut pas que le poste de l?Anse au foulon soit trop renforc?.

3)????? Il ne faut pas que le convoi de vivres fran?ais entre en contact avec le convoi anglais.

4)????? Il ne faut pas que Bougainville fasse comme il le fait ? chaque fois, c?est-?-dire suivre le long du littoral, toute embarcation anglaise pour emp?cher un d?barquement.

5)????? Il ne faut pas que les anglais se heurtent, en d?barquant ? l?Anse au foulon, ? un commandant trop courageux, ou trop comp?tent.

Sans ces conditions pr?alablement assur?es, il est impossible que Wolf ait pu d?cider de d?barquer ? l?Anse au foulon; car alors, l?attaque n?a aucune chance de r?ussir, surtout avec seulement 150 hommes comme il l?envisage.

Voyons ce qui se produit pour que ces facteurs indispensables s?av?rent exacts?:

1)????? Effectivement le r?giment de Guyenne est retir? des plaines d?Abraham contre toute raison logique et ? l?insu de Vaudreuil; sinon celui-ci aurait exig? ? l?y r?installer. En fait, Bougainville laisse partir le r?giment pour le camp de Beauport.

2)????? Vaudreuil a ordonn? ? Bougainville de renforcer l?Anse au foulon avec 50 hommes d??lite; ce qu?il ne fait pas.

3)????? Le convoi de vivres, attendu par tous, qui avait ?t? promis par Bougainville, est annul? mais il n?en averti personne.

4)????? Bougainville, le soir du 12 septembre, voit la flotte de l?amiral Holmes descendre de Cap Rouge mais, pour la premi?res fois, ne la suit pas le long de la berge. Il fait m?me un rapport disant que l?arm?e anglaise est rentr?e au camp de la Pointe-L?vis et il demeure ? Cap-Rouge.

5)????? Le commandement de l?Anse au foulon a ?t? remis, trois ou quatre jours avant le 13 septembre, au capitaine de Vergor. Un capitaine d?j? soup?onn? d?avoir livr? le fort Beaus?jour aux anglais, ce pourquoi il ?tait pass? en jugement. Curieusement, celui-ci permet ? presque tous ses soldats de s?absenter le soir du 12 septembre. De plus, lors du d?barquement, il dort ??profond?ment??, para?t-il.

Une chose est certaine; sans avoir l?assurance que ces cinq derniers facteurs sont ??sous contr?le??, le g?n?ral Wolf ne risquera jamais sa r?putation d?homme de guerre sur une tentative aussi p?rilleuse, sinon ??impossible?? que celle de l?Anse au Foulon. Il l?verait plut?t l?ancre pour retourner en Angleterre. Mieux vaut pour ??son nom?? avoir ?t? dans l?impossibilit? de prendre Qu?bec que d?y avoir subit la d?faite. Il est donc assur? que les deux ??d?serteurs?? de Bougainville ont confirm? la mise en place de ces facteurs indispensables.

-????????? Qui vive? Crie une sentinelle dans l?ombre.

-????????? France! R?pond le capitaine Simon Fraser, qui parle parfaitement le Fran?ais.

La sentinelle, croyant avoir affaire au convoi de vivres, laisse passer la barge.

Un peu plus loin, quelqu?un descendant la c?te du Foulon? demande?:

-????????? Qui vive!

-????????? France?! R?p?te Fraser et ajoute?: ??Ne faites pas de bruit, ce sont les vivres; on pourrait nous entendre??.

-????????? Passez! Dit la sentinelle qui ne s?approche pas plus pr?s.

Le matin du 13 septembre, Wolf est donc install? sur les Plaines d?Abraham avec sa troupe de soldats anglais.

Les tirailleurs canayens avec les ??sauvages?? arrivent aux abords des bois et commencent ? tirer dans le tas.

Le major Dumas, pr?venus par les patrouilles du fleuve, fait sortir les milices de Qu?bec.

Peut de temps apr?s, un canayen, seul rescap? du poste de Vergor, arrive en courant chez Montcalm. Celui-ci ne croit pas son rapport et retourne ??se reposer?? chez lui. On a bien la preuve de ce que pense Montcalm des soldats canayens.

Montreuil, averti par un ??fuyard??, fait marcher le r?giment de Guyenne et fait pr?venir Montcalm de la situation.

Vaudreuil est alert? que les Anglais ont d?barqu? ? l?Anse au Foulon, mais le message de Bernetz dit croire qu?ils se sont rembarqu?s.

Le colonel de Fontbonne, du r?giment de Guyenne, a dispos? ses troupes; et trois ou quatre cent canayens ? gauche? et ? droite incommodent tellement les Anglais qu?ils restent couch?s au sol pour ?viter leurs balles.

Montcalm arrive avec ses troupes et les met en formation sur le champ de bataille.

Le major Dumas commande la plus forte partie des Canayens plac?e ? droite. Il faut se rappeler que le major Dumas ?tait de la bataille de la Mononga?la avec Charles-Michel de Langlade et que Langlade est pr?sent ? ce combat de Qu?bec en 1759.

Quelques Canayens se glissent dans la maison Borgia, malgr? les balles qui pleuvent des ouvertures, y mettent le feu, en chassent l?ennemi et les forcent ? retourner ? leur r?giment.

Montcalm re?oit un billet de Vaudreuil, le conjurant de ne pas pr?cipiter son attaque avant l?arriv?e de Bougainville. (Celui-ci n?arrivera qu?entre 11 heures et midi). Montcalm rejette le conseil.

La seule partie de l?arm?e, engag?e dans le combat jusqu?? maintenant, est celle des Canayens de la droite conduits par Dumas qui d?logent l?infanterie de la maison Borgia. Cach?s dans le petit bois tout pr?s, ils en sortent au pas de course, ? chaque fois que les Anglais s?avancent vers la maison. Cela fait maintenant trois fois qu?ils les repoussent.

Dans le ??Journal tenu ? l?arm?e??, on lit?:????Les canadiens arrang?s de la sorte surpassent certainement par l?adresse avec laquelle ils tirent, toutes les troupes de l?univers?.

Montcalm leur demande de combattre en rase campagne; l? o? ils perdent leur sup?riorit?. De plus, ils sont mal arm?s, n?ayant que leur fusil de chasse sans ba?onnette qu?ils remplacent par un couteau fix? tant bien que mal au bout de leur fusil.

Montcalm charge et ses trois rang?es de soldats d?chargent leurs armes tous ensemble, ? trop grande distance.? Les Canayens rang?s sur la deuxi?me ligne, se couchent par terre, comme d?habitude, pour recharger leurs armes, causant confusion, car l?exemple n?est pas suivie par les soldats fran?ais.

Les Anglais, balles doubl?es dans leurs fusils, s?avancent encore un peu plus, et d?chargent leurs armes sur le premier rang fran?ais; cr?ant une affreuse trou?e. Les deux commandants Sernezergues et Fontbonne sont tu?s ainsi que le commandant canayen, M. de St-Ours. La charge ? la ba?onnette des Anglais fait faire volte face aux Fran?ais et la d?route est totale chez la soldatesque. Le combat a dur? tout au plus quinze minutes.

??Les Canadiens, accoutum?s ? reculer ? la mani?re ?des anciens Parthes, et ? retourner ensuite vers l?ennemi avec plus de confiance qu?auparavant, se rallient en quelques endroits,??? et continuent le combat pendant plus d?une heure. Principalement dans le petit bois ? droite o? ils tiennent en ?chec une partie des r?giments anglais.

Vaudreuil, ralliant d?autres Canayens, revient sur ses pas et courent au secours des miliciens d?fendant le terrain du ??chemin Sainte-Foye?? et les abords de la porte St-Jean.

Au moment de la d?route fran?aise, les Highlanders, claymore au poing, s??lancent en poussant leur cri de guerre et faisant fuir tous les soldats ennemis devant eux. Ils arrivent ? l?or?e du bois o? ils frappent un mur de balles de fusils dont chacune fait mouche. Apr?s d?inutiles efforts pour en d?loger les Canayens, les Highlanders battent en retraite et reforment leurs rangs sur le chemin St-Louis. Murray tente de les faire bifurquer par le coteau Ste-Genevi?ve pour prendre le bois ? revers et chasser tous les francs-tireurs canayens de cette partie du terrain. Il ne r?ussit qu?? faire abattre encore plus d?Highlanders.

Il les relance une troisi?me fois ? l?attaque des Canayens, en renfor?ant son c?t? gauche et son c?t? droit y ajoutant le r?giment d?Anstruther et le Royal-Am?ricain.? Le chevalier Johnstone, t?moin du combat, raconte que les Canayens soutiennent la charge ????avec une ardeur ?et un acharnement incroyables. Quand ils furent ?cras?s sous le nombre, ils disput?rent pied ? pied le terrain depuis le sommet jusqu?au bas des hauteurs??.

Mais ce n?est pas encore fini. Ceux-ci se rallient, ensuite un peu plus loin,? ? la boulangerie de l?arm?e, et y stoppent encore une fois, assez longtemps les trois r?giments ennemis. Fraser confirme que c?est autour du bois, que les Highlanders perdent le plus d?hommes. Le chevalier Johnstone, quant ? lui, dit que ces infortun?s h?ros canayens se font presque tous tuer sur place, pour sauver un grand nombre de fugitifs de l?arm?e fran?aise en leur donnant le temps de rejoindre l?ouvrage ? cornes. On parle ici de ces Canayens de la deuxi?me rang?e des soldats de Montcalm; ceux qui s??taient couch?s par terre pour recharger leurs armes.

Voil? donc le comportement de nos anc?tres ? la bataille des Plaine d? Abraham. Ceux-l? m?me dont Montcalm disait aimer mieux ??perdre un combat que gagner gr?ce ? eux??. La r?alit? c?est que Montcalm est parvenu ? perdre ce combat MALGR? les combattants canayens. Je n?ai jamais lu un tel compte rendu de cette bataille dans l?enseignement ??canadien-fran?ais?? de l?histoire du Canada; il m?a fallu la trouver dans des chroniques faites par les Anglais qui y ont combattu.

Voici un point de vue qui n?est jamais pr?sent? dans notre histoire officielle?:

En fait, si Montcalm n?avait pas d?cid? d?envoyer Levis ailleurs, Bougainville aurait continu? ? suivre les ordres comme auparavant. Ce qui laisse, qu?on le veuille ou non, deux points d?interrogations. Le premier sur Montcalm et l?autre sur Bougainville.

Si on suit la piste de Bougainville, on arrive rapidement ? des gens qui gravitent ?autour du roi qui, lui, ??ne s?occupe pas des ?curies, lorsque le feu est pris ? la maison??. ? noter que Bougainville fait un stage ??Londres?en 1754/55, et est ?lu membre de la Royal Society de Londres en 1756. Il devint attach? au service de Montcalm en 1757. Son p?re est ou fut ??conseiller du roi??.

Amicalement

LARTISTE

 

 

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