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La crise financi?re, une ?conomie mondiale financiaris?e (2e partie)

Le march? financier est un syst?me qui permet ? des agents ?conomiques de mettre des capitaux et d’autres instruments financiers ? la disposition d’autres agents ?conomiques. C’est le lieu physique ou virtuel ou se rencontrent pour ?tre ?chang? les actions, les obligations, et leurs produits d?riv?s. Ce march? r?sulte de l’offre et de la demande des titres ? long terme. Il est donc le lieu du financement ? long terme des entreprises tandis le march? mon?taire est le lieu de financement ? cours terme des entreprises. Le march? financier a deux compartiments ; le compartiment des nouvelles ?missions d?sign? par le terme de march? primaire et celui des cotations en bourse d?sign? par le terme de march? secondaire ou march? boursier.

Une action est une part du capital d’une soci?t? ? capitaux ou d’une soci?t? en commandite. Elle conf?re des droits au d?tenteur, par exemple le droit de propri?t? assorti du droit du partage des dividendes. Les obligations sont des titres de cr?ance. Elles ont une ?ch?ance et un taux d’int?r?t. Les produits d?riv?s sont des contrats dont la valeur d?rive de celle d’un actif ; actions, obligations, devises, mati?res premi?res ou de celle d’un indice sous-jacent comme le CAC 40, le Dow Jones, l’indice de la bourse de New York, le Standard & Poor, etc. Ils peuvent ?tre n?goci?s de fa?on organis?e ou de gr?-?-gr? (Ex. permet l’opacit?), par contrat ? terme d’instruments financiers (les futures), par contrat d’?changes financiers (swaps), et option, etc.

L’histoire r?cente de l’?conomie mondiale nous enseigne qu’apr?s les ann?es 80, nous avons assist? ? une financiarisation et mon?tisation, sans ?quivalence dans le pass?, de l’?conomie mondiale. La plupart des ?conomistes conviennent qu’avant les ann?es 80 nous ?tions dans une ?conomie de d?couvert caract?ris?e par une quasi-absence de biais ? l’achat des titres. Contrairement ? cette ?poque, la p?riode post80 est celle des ?conomies financiaris?es caract?ris?es par l’interm?diation bancaire et la pr?sence de biais ? l’achat des titres. En effet, avant cette crise, le volume des op?rations de change ?tait 50 fois plus important que celui des ?changes de biens et services. Dans l’?conomie financi?re d’avant la crise 2008 et depuis les ann?es 90, les mouvements des capitaux sont largement autonomes tandis que ceux du travail sont fortement r?glement?. Le produit int?rieur brut (PIB) mondial s’?levait en terme courant ? 43,040 M$ en 2005. Le PIB mondial a ?t? multipli? par 3 entre 1980 et 2006. Notons en passant que l’?conomie mondiale est domin?e par les services ? 64% entre 2003 et 2005 contre 32% pour l’industrie et 4% pour l’agriculture.

Juste avant cette crise financi?re, la finance mondiale, c’?tait 500,000M$ de produits d?riv?s dont 12.4% de swaps. Fannie Mae valait 1, 250M$ en swaps. Les pr?ts en difficult? s’?levaient ? 10,000M$ en hypoth?que, 2,000M$ en carte de cr?dit et 2,000M$ en pr?t automobile, soit un volume total de 14,000 M$ de pr?t en difficult?. Des volumes qui contrastent donc avec la production r?elle de biens et services.
Cons?quence, l’activit? financi?re et mon?taire (virtuelle) n’a plus de lien avec l’?conomie r?elle (production r?elle) et les ?changes de biens et services. La forte instabilit? cyclique de l’?conomie r?elle figure parmi les cons?quences du comportement ?conomique mondial des derni?res ann?es. L’instabilit? du syst?me financier internationale caract?ris?e par plusieurs crises financi?res (Ex. 1989 Japon, 1992 SME, la crise asiatique 1997 d?clench?e par l’?clatement de la bull financi?re tha?landaise, la bulle internet en 2000, argentine en 2001, la crise des subprimes 2007 dont le prolongement est la crise actuelle, etc.) en ?tait les sympt?mes. La cons?quence la plus grave de la d?r?glementation, c’est le fait que les politiques ?conomiques et mon?taires se sont vues domin?es par les forces du march? financier, ce qui a fait que les changes flexibles n’ont pas pu jouer leur r?le d’adaptateur dans le FOREX.

La plupart des solutions qui ont ?t? pens?es par les ?conomistes souligne la n?cessite d’une r?glementation publique supranationale ax?e sur deux ?l?ments ; rer?glementation des march?s financiers, r?duction de la rentabilit? des op?rations financi?res par la taxation. Ces solutions n’avaient-ils pas longtemps ?t? propos?es dans les papiers de chercheurs chevronn?s ?

Note de l’auteur

Depuis les derni?res d?cennies, plusieurs ?conomistes s’?taient pench?s sur le probl?me de la finance mondiale. Des mod?les ont ?t? d?velopp?s et valid?s sur les cycles ?conomiques comme celui des cycles r?els de Kydland-Prescott (Nouvelle ?conomie classique—NEC), prix Nobel 2004. Comme nous l’avions pr?cis? dans notre premi?re partie du dossier sur la crise financi?re, il existe un conflit entre le r?el et le mon?taire & financier. Il existe ?galement une volont? de certains ?conomistes ? r?soudre ce probl?me qui prend source, ? notre avis, dans la nature al?atoire du comportement humain et dans l’absence de ma?trise des ph?nom?nes ext?rieurs ? l’Homme lui-m?me.

Plusieurs critiques ont ?t? apport?es au syst?me notamment de la part de l’?ditorialiste du New York Times et d?sormais prix Nobel d’?conomie 2008 M. Paul Krugman. Plus r?cemment M. Joseph E. Stiglitz (Nouvelle ?conomie keyn?sienne—NEK) ?galement prix Nobel d’?conomie version 2001 a apport? ses critiques au plan Paulson. Notons que le professeur Joseph E. Stiglitz est plus proche des plans europ?ens (France, Grande Bretagne, Allemagne) que du plan am?ricain Paulson. Il a plusieurs fois invit? le Secr?taire au Tr?sor ? corriger son plan de relance de l’?conomie am?ricaine.

Au-del? des mod?les et des qualit?s des ?conomistes, il y’a des questions auxquelles il faut r?pondre, t?t ou tard ; Comment le monde va-t-il construire un syst?me ?conomique stable et durable ? Quelle est la dose optimale de r?el et du mon?taire & financier qui permette cette stabilit? et une durabilit? du syst?me ?conomique ? Si nous admettons qu’il y’a du hasard dans l’?conomie, comment ma?triser ce hasard ? Comment ma?triser le syst?me pour qu’il ne nous ?chappe pas comme c’est le cas actuellement ? Les ?conomistes ont du pain sur la planche, beaucoup de th?ories restent ? penser.

Nous avons laiss? lire dans notre article que les forces du march? financier avaient largement domin? ceux des politiques ?conomiques et que cela ?tait grave. Pourquoi ? Et bien, c’est simple : supposons que l’?conomie mondiale soit une voiture lanc?e ? toute allure (grande vitesse) et que d’un coup les freins et le volant ne fonctionnent plus.
Comparez la vitesse ? la haute financiarisation de l’?conomie, et l’ensemble freins plus volant ? la politique ?conomique et mon?taire. Clair ! Compte-tenu des exigences des am?ricains de pr?server un syst?me capitaliste qui a eu 60 ans de succ?s, nous osons esp?rer que le sommet du G20 du 15 novembre 2008 ne va pas essayer de mettre une roue ? cette voiture lanc?e ? toute allure ! Notons pour finir que la coordination ou concertation globale est essentielle au fonctionnement des instruments de politiques pour une meilleure r?ponse globale.

P.S.—M$= Milliards de dollars U.S., SME= Syst?me mon?taire europ?en, Le FOREX ou march? des changes est une place financi?re o? l’on sp?cule sur les variations des taux de change de monnaies ?trang?res comme l’Euro, le Dollar ou le Yen.

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