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La crise de la s?curit? publique? en 1 000 mots

Image Flickr par conner395

La premi?re demande de l?individu en soci?t? est qu?on assure sa s?curit?.? Ce n?est pas d?hier, mais depuis toujours. On aurait d? apprendre ? le faire.?? En fait, on l?a appris. Il y a des havres dans le monde, surtout en zone urbaine en Occident, o? la s?curit? est suffisante pour que l?on puisse marcher sur le trottoir en pensant ? autre chose, ce qui n?a pas ?t? le cas durant la plus grande partie de l?Histoire?? Tout va bien.? O? est la crise??? Elle est triple.

D?abord, on parle de havres. Le monde presque? partout est encore une mer furieuse dont la violence? n?est pas disparue. La crise, cependant, ce n?est pas qu?il faille se garder des brigands quand on traverse le Tanezrouft et des pirates quand on vogue sur la mer de Sulu?; c?est que les havres de s?curit? dans le monde se font plus rares?

Il y a 50 ans, j?ai fait Paris-Delhi seul, par voie terrestre, sans arme et sans graves ennuis. Pratiquement sans risques. Toutes les fronti?res ? Pakistan, Afghanistan, Iran, Irak, Syrie, Turquie et ce qui ?tait la Yougoslavie se traversaient avec un passeport et/ou un petit cadeau. Le m?me p?riple aujourd?hui, exigerait une division blind?e et un soutien a?rien?? On pouvait aussi faire l?Afrique ? peu pr?s partout il y a ? peine 30 ans.? Je ne suis plus volontaire.

Les havres se r?tr?cissent aussi sous nos yeux.? Bien des villes sont maintenant entour?es d?une zone de non-droit o? il vaut mieux conna?tre le chef du gang local. D?autres, surtout aux USA, mais aussi dans le tiers-monde, sont devenues des beignes, avec au centre un trou dans la s?curit? qu?on ne visite qu?? grand p?ril.? Il faut mettre combien de baffes ? une civilisation pour qu?elle comprenne qu?elle est en d?cadence??

Deuxi?me aspect de la crise. De nouveaux dangers?: les gangs, mais surtout l?individu.? La bombe atomique chez les Russes, c??tait le bon temps.? Le plus grave probl?me n?est plus au niveau des ?tats?; la technologie met maintenant? un terrifiant pouvoir de nuire entre les mains non seulement de petits pays, mais de petits groupes et m?me des individus?! Je ne d?crirai pas ces fa?ons de nuire ou m?me de d?truire un soci?t?, mais quiconque veut le faire y pensera tout seul.

Le plus grave probl?me n?est pas tant le r?volutionnaire?- il est visible et pr?visible ? que le pur cingl?. On disait, il y a quelques? ann?es, qu?une personne sur seize aux USA aurait dans sa vie au moins un ?pisode de d?sordre mental qui justifierait? son institutionnalisation au moins temporaire?. Comment une soci?t? peut-elle se prot?ger contre 20 millions d?individus qui pourraient sans pr?venir vous tirer dessus dans une ?cole ou un centre d?achat??? Ou vous trancher la gorge dans le m?tro?

Troisi?me volet, le plus grave, une confusion des valeurs qui fait qu?on ne sait plus avec certitude ce qui est bien ou mal, ni donc qui est avec qui et contre quoi.? L?injustice dans notre soci?t? nous donne ? tous mauvaise conscience et l?on ne sait plus trop parfois s?il faut donner un croc-en-jambe au voleur qui fuit ou au gendarme qui le pourchasse.?? Quand un jeune Catalan fraude quelques banques de centaines de milliers d?euros, le clame partout et utilise l?argent pour financer Podem, un mouvement de contestation sociale, bien peu de gens que je connais en ont ?prouv? une grande indignation.

Un escroc sans scrupules au Qu?bec a ruin? des centaines de victimes ? revenus modestes? en leur prenant pour cent millions de dollars des ?pargnes de toute leur vie. Si l?une de ses victimes l?abattait froidement, ? sa sortie de prison o? il passera quelques mois, je continuerais, bien s?r, de d?fendre le principe qu?il ne faut pas se faire justice soi-m?me, mais? est-ce qu?on pleurerait beaucoup dans les chaumi?res??

Comment assurer la s?curit? publique, si le citoyen ordinaire n?est pas INCONDITIONNELLEMENT du c?t? de l?ordre?? Combien de gens en France, au cours des r?centes protestations contre la modification du syst?me des retraites, souhaitaient qu?on mette les gr?vistes au pas? et combien regrettaient plut?t que la protestation ne soit pas plus muscl?e??

On ne respecte plus l?ordre ?tabli?; comment respecter un syst?me qui? permet les in?galit?s que nous voyons et dont la priorit? est l??radication du pavot plut?t que celle de la prostitution des enfants?? Les h?ros que la t?l?vision nous montre faisant respecter la vraie justice sont souvent peints? agissant hors des cadres du syst?me ou m?me de la loi.

La s?curit? est aussi en crise parce que le syst?me actuel, conscient de ses in?galit?s, voit souvent le citoyen non pas comme celui que la police devrait prot?ger, mais comme un contestataire et donc un fauteur de trouble en puissance.? Le citoyen lui rend bien ce manque de confiance et de soutien?

La solution n?est donc pas de mettre en place une force polici?re plus puissante?; ce serait de pouvoir compter sur l?appui omnipr?sent et sans r?ticence de la population pour pr?ter main-forte aux forces de l?ordre. Au palier de la vigilance, de la d?nonciation des crimes, au besoin d?une intervention ponctuelle pour les pr?venir.

Cet appui de la population? n?est possible que si celle-ci est intimement convaincue que la loi est juste, percevant les forces de l?ordre comme une ?manation d?elle-m?me appliquant une morale et de principes qui sont les siens, non pas comme un corps ?tranger de mercenaires ? la solde d?une minorit?? et en prot?geant les seuls int?r?ts.

C?est cette perception ce qui fait toute la diff?rence entre un recrutement fascisant de la population pour qu?elle soutienne des mesures d?oppression et une conscription volontaire des citoyens pour d?fendre l?ordre contre le crime. C?est cette identification du citoyen ? une police qui est ? son service et non l?inverse, qui est la seule solution a une vuln?rabilit? telle de la soci?t? au crime que les mesures n?cessaires pour s?en prot?ger rendraient notre libert? illusoire.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.wordpress.com/ordre-securite/

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    « La première demande de l’individu en société est qu’on assure sa sécurité. Ce n’est pas d’hier, mais depuis toujours.  »

    C’est tout à fait vrai; mais celui qui n’est pas « en société », c’est à dire, confiné à un système, se défend lui-même; et un groupe d’hommes dans cette condition n’a pas autant de problèmes que ceux « en société ».

    Il y a 100 ans au Québec, se promener dans la rue n’offrait pas beaucoup de danger, même si les policiers étaient souvent des brutes. Aujourd’hui, les policiers sont simplement « polis », et les individus n’ont plus le droit de se défendre. Résultat: n’allez pas vous promener dans la rue.

    Il est impossible d’assurer la sécurité d’un individu dans un système. Il y a plusieurs choses que l’on ne peut pas « déléguer » à quelqu’un d’autre, sa propre sécurité en est une.

    Amicalement

    André Lefebvre

  2. avatar

    Pierre,
    Bonjour ainsi qu’aux autres.
    Le débat se poursuit et là aussi je partage l’avis pas dans son intégralité mais presque d’André Lefebvre (C)

    Je pense que tu vas bien, je t’adresse toutes mes amitiés ainsi que celles de l’Equipe.

    Le Panda
    Patrick Juan