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La crise de la libert?? en 1 000 mots

Image Flickr par leafar.

Nous faisons face aujourd?hui ? une crise de libert?. ? Libertaire ? ou ? libertarienne ?, simples expressions ? la mode pour d?signer que nous commen?ons ? voir autrement aujourd?hui que vivre en soci?t? pose un dilemme, entre le d?sir d??tre libre? et la solidarit? qui est l?indispensable ciment qui garde ensemble les ?l?ments d?un soci?t? et permet ? celle-ci de subsister .

La libert?, c?est faire ce qu?on veut, jouer ? ?tre Dieu en n?acceptant les contraintes ni de la nature ni des autres. La libert? est fonction du pouvoir qu?on poss?de, puisque c?est toujours le pouvoir qui fait d?faut quand on ne fait pas ce qu?on veut. Libert? et pouvoir sont les deux faces de la m?me m?daille. Le corollaire est qu?on est dans un jeu ? somme nulle et que le pouvoir des uns pose la limite de la libert? des autres.

Dans une soci?t?, bien s?r, il y a des accommodements de consensus concernant la libert?, bas?s sur ce qu?on dit ? la justice ?, mais qui ne sont en fait que des habitudes : des le?ons apprises, qu?au-dela d?un certains seuil, priver un individu de sa libert? suscitera une r?sistance qui rendra n?gative l??quation du plaisir ? tirer en exer?ant le pouvoir de le plier ? sa volont?.

On se dit donc tous ? pour la libert? ?, chacun ne cherchant pas moins ? augmenter son pouvoir. La solidarit?, c?est un noble sentiment altruiste, mais plongeant ses racines dans le riche engrais de l??go?sme qui fait comprendre ? quiconque n?est pas trop b?te que l?on se d?fend mieux et qu?on produit davantage si on se partage les t?ches que si on cherche ? tout faire seul comme Robinson sur son ?le. Vivre en soci?t?, c?est faire le choix d?une certaine solidarit?, ce qui n?emp?che pas chacun de souhaiter prendre plus du tronc commun et y mettre moins? , mais sans remettre en cause le choix essentiel de vivre ensemble.

Une soci?t? a le choix de mettre plus ou moins en commun, mais elle n?a pas celui de faire abstraction du dilemme entre libert? et solidarit?. Ce qu?elle met en commun signifie N?CESSAIREMENT qu?est r?duit d?autant l?espace o? l?individu est parfaitement libre de ses d?cisions et de ses gestes. Inversement, l?individu ne peut affirmer sa libert? qu?en s?affranchissant de certaines contraintes de la solidarit?, perdant alors certains avantages li?s ? la division du travail et la s?curit? qui va de paire avec un ?talement des risques. Il faut ?tablir un point d??quilibre entre libert? et solidarit?.

Une soci?t? industrielle en gestation, puis en accomplissement, exigeait une exemplaire solidarit?. Dans le sens, d?abord, que les rouages d?un machine exigent l?ob?issance ? un plan, dans celui aussi que les valeurs aberrantes tendent ? revenir vers la moyenne et, quand elles ne le font pas assez vite, doivent y ?tre ramen?es par des mesures d?exception, dans celui enfin, o? une dichotomie esprit/mati?re brutale peut ne voir l?action sur cette derni?re qu?en termes collectifs (solidarit?), la libert? se retranchant dans la chasse gard?e de la pens?e pure, inaccessible et sans compromission impos?e.

Une soci?t? de production tertiaire change tout. Elle r?duit l?interchangeabilit? entre ses ?l?ments, rend le quantitatif trivial au profit du qualitatif et fait de la motivation le premier facteur de productivit?. Le principal avantage de vivre en soci?t? ?tant la division du travail, celui-ci devient paradoxalement efficace uniquement dans la mesure o? une grande libert? en devient une composante ! Le pendule qui oscille entre le libertaire et le solidaire est projet? aujourd?hui avec force vers le p?le ? libert? ?, au point qu?on en vient ? oublier que sans solidarit? ? et le sacrifice d?une partie de cette libert? ? toute soci?t? est rigoureusement impossible.

Ce qui est nouveau, aujourd?hui, c?est que le sacrifice d?une partie de la libert? doit ?tre LIBREMENT consenti, car il est devenu inefficace de m?me songer ? l?imposer. Comme il est devenu inefficace t?t dans l?histoire de traiter en esclave son m?decin, sa courtisane ou le pr?cepteur de ses enfants? on en perd alors le meilleur. Aujourd?hui, la libert? devient essentielle ? TOUTES les variables o? la solidarit? est n?cessaire.

Il est donc ubuesque de penser qu?on am?liorera l??ducation en augmentant de quelques heures la charge de travail des enseignants, la sant? en encadrant plus minutieusement les interventions m?dicales ou l?administration de l??tat en ajoutant des fonctionnaires. La solution ? la crise de la libert? passe par la compr?hension que la solidarit? ne peut plus exister dor?navant que si elle est D?SIR?E.

Comment obtenir ce r?sultat ? En faisant d?abord le choix, au palier du syst?me de production, de substituer une structure d?entrepreneuriat ? celle contreproductive bas?e aujourd?hui sur le salariat et un volet envahissant d?assistanat. Comment l?intervention de l??tat en production ? En appliquant la r?gle pragmatique de produire les biens et d?offrir les services en mode collectif quand il est plus efficace de le faire de cette fa?on, mais s?en remettant ? l?entreprise priv?e quand la motivation des intervenants est le facteur premier ? consid?rer, ou quand des hypoth?ses diverses doivent ?tre ?valu?es et compar?es au vu de leurs r?sultats.

Etonnamment, la place qu?on doit laisser ? l?interpr?tation dans le calcul de ce qui est plus ou moins efficace est bien mince. Appliquer dans chaque domaine cette r?gle de l?efficacit? compar?e du collectif (public) et du priv? pourrait avoir la rigueur d?une loi math?matique, si le d?bat n??tait pas fauss? par ceux qui veulent s?en faire du capital politique.?La crise libertaire/libertarienne est avant tout l?invention d?un nouveau clivage qu?on cherche ? cr?er, pour remplacer celui Droite-Gauche qui ne fait plus descendre dans la rue que des nostalgiques, des fauteurs de trouble et des gamins. La crise de la libert? ? ou de la relation individu-?tat ? n?est PAS le d?bat entre la Droite et la Gauche, lequel est termin?. L?injustice du syst?me est connue, on connait aussi les coupables, le capitalisme est mort. il ne reste que des t?tes ? trancher et ? mettre au bout d?une pique. L??quilibre libert?-solidarit? est tout autre chose.

Pierre JC Allard

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  1. avatar

    La liberté et le pouvoir ne me semble pas compatible, effectivement ce sont des habitides.

    La société devient ce qu’elle est car nous tombons dans l’indiffréence de l’autre et nous revenons à l’invidu et nous perdons le collectif.

    La solidarité est aussi un sens ou chacun puisse manger à sa faim, cela est loin d’être le cas.
    Puis ne pas produire de suite à notre génération c’est la mort de toutes libertés puisque en procédant ainsi nous nous tirons une balle dans le pied.
    Mais à propos comment fais-tu pour traiter qu’une phase de l’ensemble ?
    Nous sommes en accord sur l’administration et tu est bien placé pour le savoir ou la technique ne peut passer que par la compétence des intervenants , non ?
    Le Panda

  2. avatar

    « La liberté, c’est faire ce qu’on veut, jouer à être Dieu en n’acceptant les contraintes ni de la nature ni des autres. »

    Très mauvais concept de la liberté; bien que ce soit celui qui prévaut actuellement. En réalité la liberté est d’être responsable de ses actions.

    « La liberté est fonction du pouvoir qu’on possède, puisque c’est toujours le pouvoir qui fait défaut quand on ne fait pas ce qu’on veut. »

    Et voilà où le bât blesse: le pouvoir personnel, plus grand que celui des autres, est ce qui nous permet de ne pas prendre la responsabilité de nos actions. Jusqu’à ce que l’autre en ait assez, évidemment.

    Lire l’exemple dans « Les souliers d’beu » article 25-26 et 27

    Amicalement

    Elie l’Artiste

    • avatar

      LARTISTE,
      Bonsoir j’ai répondu à, l’auteur avant de le faire à votre égard, car j’ai bien des phases de pertes à vous suivre.

      Si la conception semble un valoir à mes yeux ce n’est pas une conception de la véritable liberté démocratique.

      J’ai parcouru, l’exemple que vous citez et je ne m’y retrouve sur le sens de l’idéal, de ce tente de démontrer l’auteur.
      Donc dois-je déduire que c’est un sujet de thése ?
      A vous lire en ce domaine, si vous le voulez bien.

      Amicalement,

      Le Panda

    • avatar

      « car j’ai bien des phases de pertes à vous suivre. »

      Moi aussi. Enfin je pense. 😉

      « J’ai parcouru, l’exemple que vous citez et je ne m’y retrouve sur le sens de l’idéal, de ce tente de démontrer l’auteur. »

      Je crois qu’il est évident, dans le récit, que chacun est libre de ses actes, mais doit en assumer les conséquences. Ce sera encore plus évident dans le prochain article.

      Amicalement

      André Lefebvre

    • avatar

      Merci de votre réponse qui se respecte j’en conviens sans l’ombre d’un doute, veuillez en prendre, je vous en suis gré 🙁

      Quand au complément le laisse le soin à l’auteur s’il le souhaite de vous répondre, et nous aurons surement la possibilté eventuelle d’en discuter lors du prochain épisode que je ne connais pas.

      Amicalement,

      Patrick Jua
      Le Panda (I)

  3. avatar

    « Très mauvais concept de la liberté; bien que ce soit celui qui prévaut actuellement »….

    Eh oui ! mais c’est ce qui est qui détermine l’action à entreprendre…

    PJCA

  4. avatar

    @PJAC,
    Heureux de te lire et de te voir commenter à nouveau:
    Eh oui ! mais c’est ce qui est qui détermine l’action à entreprendre…

    Merci d’avopir l’amabilité de nous indiquer à qui tu t’adresses en la circonstance ?
    Cordialement,
    Le Panda

    • avatar

      A Panda et al.

      Je commente un minimum a partir de Cuba, où les serveurs sont des escargots et coutent 12$ de l’heure…

      On travaillera donc sur les ronds de jambes au printemps. La liberté pour Quidam Lambda, c’est faire ce qu’il veut. … comme Curzi. dans le déclin de l’Empire Américain, avait sa définition simple et fonctionnelle de l’amour…

      Lui donner un autre sens, de responsabilité ou éthique, est fuir le débat. Comme tenter de concilier le mal et l’existence du Bon Dieu…

      Pierre Jc

    • avatar

      Pierre,

      Merci de tes réponses, mais le monde de la communication restant le réel de l’homme, elle posséde aussi un coût et cela, personne ne le conteste.

      Quand à tout ce qui demeure du « spirutel » il se n »gocie » dans une stratopsphére loin du snes de la liberté.
      Il va donc ainsi de l’amour des religions pas de la liberté.
      A Cuba le quidam de base sait-il simplement ce que le sens de la liberté d’expression veut dire ?
      Le déclin de l’Empiren Américain, n’a rien à voir à mon sens à moins que je n’ai manqué un épisode en sa lecture.
      Si tel est le cas merci de me rectifier.
      Quoi qu’il en soit prends soin de toi de ta santé et de tes proches, même si à des moments nous ne sommes pas en accord total, nous, nous respectons par le fruit issu de notre liberté. De notre culture, de nos racines pilliers de nos petites connaissances qui font ce que nous sommes et n,on par le pouvoir financier, cazr auquel cas nous serions tous corrompus.
      Amicalement,
      Le Panda

  5. avatar

    @PJCA,
    Tu as des questions argumentuées sur Les Voix du Panda similaires à celles qui figurent ici.

    Peux tu avoir l’amabilité de nous y répondre.

    Amicalement,

    Le Panda

  6. avatar

    @PierreJCAllard
    Je suis en désaccord avec la facon dont vous confinez la liberté à la seule sphère de la volonté de puissance. Je crois que dans le concept de « liberté » il y a une très grande part d’humilité et de soumission à l’ordre humain et à l’ordre de nature. Et comme le souligne L’Artiste, la responsabilité est une composante intrinsèque de la liberté.

    Ayant soulevé ces réticences conceptuelles, il reste qu’il faut saluer la nouvelle lecture que vous proposez de l’équilibre individu/société qui est à refaire et qui ne s’inscrit plus dans l’ancien clivage Droite/Gauche. Il faut repenser le rapport entre, d’une part, les besoins légitimes individuels et les revendications égoistes, et d’autre part les impératifs du bien commun. Une piste qu’il faut suivre et que j’explore est la facon dont le principe de plaisir est devenu hypertrophié dans nos sociétés et comment il a saccagé les notions essentielles de responsabilité et de solidarité. À mon sens, ce travail d’érosion s’est fait dans l’ordre intellectuel et culturel, mais c’est dans la sphère morale que la dernière cible et la destruction ultime reposent.

    • avatar

      « Et comme le souligne L’Artiste, la responsabilité est une composante intrinsèque de la liberté. »

      Voilà un point où nous sommes parfaitement d’accord; M. Barcelo.

      J’hésite, cependant à l’être avec ces autres points, puisque dans mon esprit,

      a) L’humilité est un extrême aussi peu valable que l’orgueil, qui en est l’autre extrême.

      b) La soumission est aussi « immature » que la domination, qui avilissent l’être humain.

      c) L’ordre humain est artificiel et sans aucune valeur intrinsèque.

      D) Seul l’ordre de la nature est une réalité incontournable.

      Le sens actuel donné au mot « liberté » est bien celui qui est défini dans l’article, nous sommes tous d’accord sur ce point.

      Qu’il y ait des « actions à prendre » selon ce sens actuel, c’est très possible; mais il faudra éventuellement « corrigé » le sens du mot « liberté » avant qu’il nous porte à faire trop de conneries.

      Le concept disant que « ma » liberté s’arrête où commence celle de « l’autre » est une imbécilité dictée par l’ordre humain. En fait, « ma » liberté n’a pas de frontière, sauf celle dictée par l’ordre de la nature. C’est lui qui m’indique comment faire « mes » choix en acceptant les responsabilités découlant de ces choix.

      Je ne vois pas d’autres voies « normales » à suivre pour un être humain qui se promène debout.

      Amicalement

      André Lefebvre

    • avatar

      @ YB et Lartiste. La responsabilité n’est pas une « composante » de la liberté, mais une de ses conséquence…

      Dire que ma » liberté n’a pas de frontière, sauf celle dictée par l’ordre de la nature me semble une évidence.

      La confusion – voulue – vient de le distinction entre « I can  » et « I may » dont la langue anglaise nous prémunit

      Cela dit, Yan, heureux de te sentir en bonne santé

      Pierre JC

    • avatar

      Je n’insisterai pas plus vu le coût de l’escargot 😉

      composante, nom féminin

      Sens Élément d’un ENSEMBLE, donnée à prendre en compte.

      Et comme la liberté est la manifestation d’un ENSEMBLE de comportements, l’escargot risque l’inflation. 😀

      À bientôt et bonne journée

      Amicalement

      André Lefebvre