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La crise de la gouvernance? en 1 000 mots

J?ai parl?, il y a quelques semaines, d?une crise de la libert?, les individus s?interrogeant sur la part qu?ils doivent accepter d?en sacrifier pour retirer les avantages de la vie en la soci?t? ? et en concluant, de plus en plus souvent, que le moins sera le mieux?? Au grand p?ril, bien s?r, de la solidarit? qui est l?assise de cette soci?t?.

L?individu se m?fie? ? sans doute ? juste titre ? de l??tat?tentaculaire, envahissant, qu?il faut mettre ? la porte un jour de son bureau et le lendemain de sa chambre ? coucher?? Mais l??tat n?est qu?une des manifestations d?une fonction plus large diffuse dans la soci?t? et qu?on pourrait appeler la ??gouvernance??.

La gouvernance ?tait l? bien avant l??tat ? elle est l?extrapolation de l?autorit? parentale ? et il faut se souvenir que l?autorit? n?est pas qu?une imposition, mais aussi et surtout un service qui nous est rendu. Un service qui, au palier social, prend la forme d?assurer l?ordre et les ?changes de cette myriade d?expertises auxquelles nous donne? acc?s notre choix de vivre en groupe.? Le service de d?cider pour nous quand nous ne pouvons pas ou ne voulons pas d?cider. La gouvernance, c?est l?expression concr?te de l?autorit? sans laquelle il n?y a pas de soci?t?.

La crise actuelle de la libert? r?sulte des efforts des libertaires et libertariens pour limiter les pouvoirs de l??tat et ils y parviendront, car l??tat dans sa forme actuelle est anachronique. Mais l?autorit? prendra une autre forme, car c?est son appartenance ? un ensemble complexe dont il est d?pendant qui pose les vraies limites de ce que l?individu peut faire et cette d?pendance ne cessera pas.? Il va falloir identifier et d?limiter ces autres formes de l?autorit??: c?est la crise de la gouvernance.

On va le faire?: 1) dans le sens de l?Histoire, et 2) dans le respect accru de l?individu qui correspond ? son pouvoir croissant, dans une soci?t? o? il devient compl?mentaire et donc indispensable.

1) Dans le sens de l?Histoire, qui est le passage progressif d?un pouvoir autocratique, centrip?te, bas? sur la force brute, la menace et le ch?timent vers, un pouvoir d?centralis?, bas? sur la promesse et la r?compense? et sur des alliances en perp?tuelle reconstruction. Un pouvoir qu?on dit d?mocratique, m?me s?il n?est en fait que coll?gial.?? Continuer dans cette voie, c?est remplacer peu ? peu l??tat jacobin par une mosa?que de pouvoirs, imbriqu?s les uns dans les autres comme des poup?es russes.

C?est cr?er une soci?t?-gigogne qui, ? la limite, pourra devenir globale.? Une forme f?d?rative de mondialisation, rempla?ant la dictature actuelle des financiers.? Une telle structure gigogne ne peut bien fonctionner que si les attributions de chaque palier de gouvernance sont clairement d?finies et que le droit d?intervention de chaque entit? de niveau sup?rieur sur ses composantes est nul ou r?duit ? un minimum?:? contr?le du respect des r?gles convenues et droit d?appel sp?cifique en cas d?injustice ou de corruption.

Cette ?volution de la gouvernance conduira ? la cr?ation d?entit?s gouvernementales (souveraines) de plus en plus nombreuses, mais souveraines uniquement dans le cadre des pouvoirs qui leur auront ?t? conf?r?s et qu?on ne pourra l?gitimement leur enlever. La constitution d?ensembles comme l?Union Europ?enne ou une ?ventuelle Am?rique m?nera ? l?autonomie croissante, puis ? ce qu?on appellera l?ind?pendance de leurs constituantes. Corse, Catalogne, Qu?bec libres?.

Au sein de ces entit?s devenues souveraines, d?autres entit?s de plus en plus autonomes se constitueront dans toute la mesure permise par le bien commun, ce qui pr?tera naturellement ? interpr?tation? Gasp?sie libre, Abitibi libre? Montr?al libre??? On peut aller loin quand on parle d?entit?s ??souveraines uniquement dans le cadre des pouvoirs qui leur ont ?t? conf?r?s??. C?est toujours la solidarit? qui reste le crit?re? et l?intelligence d?en voir les avantages qui demeure la clef.

2) La gouvernance ?voluera aussi dans le sens du respect accru de l?individu qui devient indispensable et donc de sa volont? qui devient incontournable. Quelles que soient les entit?s gouvernementales qui se forment et leurs sous-ensemble dans un monde-mosa?que, chacune ne pourra exister durablement que si en font partie ceux-la et ceux-la seulement qui veulent en faire partie. Chacune ne pourra avoir d?autre autonomie ou souverainet? que celle que voudront ses citoyens.

Concr?tement, les citoyens qui se sentent un sentiment d?appartenance se donneront un structure qui correspond ? leur aspiration commune essentielle, acceptant que l?entit? qu?ils ont ainsi cr??e s?int?gre pour d?autres fins ? un ensemble plus vaste, au niveau duquel eux et ceux auxquels ils se sont ainsi joints seront aussi gouvern?s.? Gouvern?s de leur plein accord, selon les lois dont ils auront convenus qu?elles ne contredisent pas les exigences essentielles d?coulant de leur sentiment d?appartenance initial.

Ainsi, au Canada ou en Belgique, les questions ?conomiques peuvent ?tre g?r?es par la f?d?ration, mais celles comme l??ducation, la radio-t?l?vision ou l?immigration qui ont des cons?quences culturelles ?videntes ne devraient pas l??tre.? A appliquer mutatis mutandis au Pays Basque, ? l?Ukraine? ? l?Inde, ? la Chine et ? presque tous les pays d?Afrique? Mais c?est aux citoyens eux-m?mes qu?il faudra accepter de laisser le choix de leurs appartenances

Et ce n?est qu?un d?but. La gouvernance n?atteindra sa maturit? d?finitive et sa vraie l?gitimit?, que quand les ?tats souverains, faisant une place aux marginaux et dissidents, accepteront qu?en leur sein se constituent des associations auxquelles les citoyens m?mes d?l?gueront des pouvoirs quasi-r?galiens. Des associations qui puissent imposer ? leurs membres les r?gles que ceux-ci acceptent, l??tat s?engageant ? n?intervenir que pour s?assurer que ces d?cisions ont ?t? prises librement, apr?s quoi il les fera respecter comme si elles ?taient les siennes.? On y viendra par ?tapes.

Cette ?volution est souhaitable et in?vitable. On ne peut pas vivre en soci?t? sans gouvernance, mais on peut et on doit, dans toute la mesure du possible, donner a chacun le choix de sa gouvernance.? Le dire aujourd?hui est tabou et anath?me car, les opposants voient ??Chari?ya?? ?crit sur le mur. Mais ce n?est pas en brimant la libert? qu?on peut lutter contre l?obscurantisme ou une foi.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/08/31/la-gouvernance-eclatee/

http://nouvellesociete.wordpress.com/societe-civile/

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      Pour passer d’une giga ploutocratie

      a un reve de société

      il faudra

      une étape le partage

      l’allocation universelle

      il faut y aller par étape, il y a encore certaines personnes qui ne comprennent déjà ni le passé, ni le présent , ni l’étape juste après

      il faut les aider