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La coop?ration universitaire entre les pays d’Afrique et la F?d?ration de Russie

Avant tout il est important de souligner que pendant toute la p?riode sovi?tique, la Russie a ?t? la seule R?publique socialiste et sovi?tique a avoir acceuillis un grand nombre d’?tudiants africains et ?trangers en g?n?ral parmi les 15 autres. Tout comme il est aussi nec?ssaire de situer le contexte dans lequel ces ?tudiants africains allaient poursuivre leurs formations en Union Sovi?tique juste apr?s les ann?es d’ind?pendance africaine, voir m?me avant.

En effet, les ?tudes ? l’?tranger, marquent ? vie le syst?me de valeurs des ?tudiants et leurs compr?hension d’autres cultures qui, d’une mani?re ou d’une autre jouent de fa?on explicite le r?le de m?diateur culturel de leur pays dont ils doivent parfois expliquer, voire justifier les choix et les politiques de d?veloppement.

C’est en effet d?s le XIXe si?cle que les premiers ?tudiants ?trangers, et notamment ceux des pays africains en voie de d?veloppement commenc?rent ? fr?quenter les bancs des principaux ?tablissements d’enseignement sup?rieur de l’ex-Union Sovi?tique plus particuli?rement ceux de l’Universit? Patrice Lumumba de Moscou. Le flux de ces jeunes Africains s’intensifia vers les ann?es 1950-1960, apr?s la p?riode post-coloniale des pays du continent.

L’institution acad?mique qui porte le nom d’une personnalit? tr?s c?l?bre du mouvement de lib?ration de l’ex-Za?re, et qui malheureusement est aujourd’hui dans un ?tat de d?labrement avanc? a ?t? fond?e en 1960 par les Organisations Sociales Sovi?tiques dans le seul souci de contribuer ? la formation de jeunes cadres des pays en voie de d?veloppement.

Aujourd’hui encore, la plupart de ces ?tablissements accueillent toujours les d’?tudiants et stagiaires ?trangers m?me si leur nombre a progressivement baiss? depuis la disparition de l’Union sovi?tique en 1991. L’enseignement se fait en deux options : bacheliers et master of science. Les ?tudiants peuvent aussi obtenir le dipl?me d’interpr?te et de traducteur apr?s avoir pass? un examen de la langue russe.

Jusqu’? la date du 8 d?cembre 1991, lorsque les pr?sidents des trois r?publiques slaves ? savoir Boris Eltsine, le russe, L?onid Kravtchouk, l’Ukrainien et Stanislav Chouchki?vitch, le Bi?lorusse, constat?rent officiellement la disparition de l’Union sovi?tique et cr??rent la Communaut? des Etats Ind?pendants (CEI), les difficult?s d’adaptations v?cu au quotidien par les ?tudiants africains dans un pays o? les relations personnelles entre les populations locales avec les ?trangers ?taient suspectes et surveill?s ? la loupe par les services sp?ciaux du KGB, n’?taient pas trop bien connus du grand public m?me si, il faut le reconna?tre les autorit?s de Moscou avaient consacr? le plus de ressources indispensables et d’?nergies ? la construction de leur image dans les opinions publiques des pays ?trangers

Au d?part, l’Union sovi?tique avant d’?tre un pays concret, ?tait avant tout un mythe ? l’image des Etats Unies d’Am?riques, porteur de r?ves, d’espoirs et d’ambitions pour un monde et des lendemains meilleurs. L’honn?tet? intellectuel m’oblige ? reconna?tre que, c’est d’autant plus vrai car, le pays disposait de nombreux avantages notamment sur les domaines tels que l’?ducation, la sant?, la science, la culture, le transport et bien d’autres. Vue sur cet angle, bon nombres des chefs d’Etat africains ?taient r?solument convaincus de l’imminence de ce monde imaginaire, mais il n’emp?che pas moins que les dirigeants du kremlin savaient parfaitement que l’accueil et la formation de stagiaires africains ?tait un instrument primordial de son influence sur le continent.

Le programme des bourses d’?tudes et de recherches qui, ?tait en pleine expansion pendant la p?riode sovi?tique prouve ? suffisance que si Moscou aidait de moins en moins certains pays africains tels l’Angola, l’Ethiopie et le Mozambique – les trois principaux partenaires de Moscou o? les autorit?s avaient r?alis? un investissement strat?gique majeur – une base de r?f?rence ? sa r?putation sur toute l’Afrique.

Offertes directement par l’Etat sovi?tique ou par l’entremise de ses diff?rents relais associatifs, notamment les associations d’amiti?s, les comit?s de solidarit?, les organisations de masse, les syndicats et les principales universit?s du pays, ces bourses contribuaient largement ? irriguer au mieux les diff?rents canaux de la pr?sence de L’URSS en Afrique.

M?me si les relations entre l’ex-Urss et le continent africain reposaient g?n?ralement sur un faible rapport historique, les facteurs politiques ont eu des effets d?terminants. Lorsque par exemple, les quelques pays du continent qui entretenaient des relations privil?gi?es avec Moscou, tel le Congo Brazzaville et l’Ethiopie, avaient chang? d’ob?dience Politique, le nombre d’?tudiants Congolais en France et Ethiopiens aux Etats Unies avait consid?rablement baiss? alors que, dans le m?me temps leur nombre en ex-Urss et dans les pays socialistes de l’Europe Centrale s’?tait accru sensiblement.

M?me lorsqu’ils s’av?raient ?tre partiellement financ?s par les pays b?n?ficiaires, les programmes de formation des jeunes africains en ex-Urss offraient avant tout l’avantage d’?tre moins on?reux que ceux propos?s par les pays occidentaux. Dans la plupart des cas, cet aspect du probl?me paraissait souvent beaucoup plus d?terminant que l’attirance pour le « paradis socialiste ».

LA FRACTURE

La situation ayant consid?rablement changer apr?s l’?clatement de l’Union sovi?tique, les ?tudiants africains comme d’ailleurs leurs coll?gues d’autres nationalit?s vivent dans les conditions tr?s difficiles avec notamment l’ins?curit? grandissante et g?n?ralis?. La disparition de ce pays et la cr?ation de la Communaut? des Etats Ind?pendants (CEI) – y compris les difficult?s socio-?conomiques de l’ensemble des pays de la CEI ont conduit les gouvernements de ces nouveaux Etats ? d?noncer unilat?ralement et ? remettre en cause les accords pass? non seulement entre l’ex-Urss et les Etats africains, mais aussi avec tous les pays ?trangers principalement l’accord de coop?ration culturelle, en vertu duquel les ?tudiants africains arrivaient en Union sovi?tique.

Les Etats de la CEI n’entendaient plus assumer les engagements internationaux pris par Moscou, d’autant plus que financi?rement, ils n’?taient plus ? mesure d’assumer la charge g?n?r?e par la formation des cadres ?trangers. Parmi les quinze R?publiques de l’ex-Urss, seule la F?d?ration de Russie s’?tait engag?e dans un premier temps en d?cembre 1991 et janvier 1992 ? assumer la politique ext?rieure de la d?funte Union sovi?tique dans de nombreux domaines, parmi lesquels la formation des ?tudiants ?trangers.

En r?alit?, cette d?cision prise dans l’euphorie des ?v?nements r?pondait avant tout ? des questions de propagandes politique et de prestige international dont les responsables russes attendaient aide et compr?hension, devait toutefois ?tre limit? aux seuls ?tudiants arriv?s dans son territoire avant 1991.

Apr?s la Russie, la Belarus, l’Ukraine et d’autres pays de la CEI, avaient ?galement pris des mesures analogues. Les accords de coop?ration ayant cess? d’exister avec la fin de l’Union sovi?tique, la quasi-totalit? de ces pays avaient propos? de n?gocier directement avec les Etats africains un nouveau cadre de relations tenant compte des r?alit?s nouvelles.

Entre temps, les ?tablissements d’enseignement sup?rieur dans l’ensemble des Etats de la CEI, obligeaient d?j? les ?tudiants ?trangers ? payer les frais de scolarit? en devises ?trang?res convertibles de pr?f?rence en dollar am?ricain : des frais variant selon les ?tablissements et les pays. Cette nouvelle donne avait d?voil? au grand jour l’incapacit? de certains pays africains d’assumer financi?rement la charge de la formation de leurs ?tudiants. La cons?quence est que, ces derniers ?taient d?sormais abandonn?s ? eux m?me et croupissaient dans une mis?re insoutenable.

Depuis lors, la situation des ?tudiants africains dans cette partie du monde anciennement sovi?tique inqui?te plus d’un observateur et, pourtant il y a des pays du continent potentiellement riche qui devraient faire mieux pour am?liorer les conditions de vie de leurs compatriotes en Russie.

Pour la plupart de ces pays, ? l’exemple du Gabon, Libreville et Moscou ?taient li?s comme la plupart des ?tats du continent par plusieurs accords de coop?rations culturelles sign?es avant 1991. Tous ces accords, avaient ?t? pourtant accept?s par la Russie qui s’?tait d?clar?e apr?s la d?composition de l’Empire sovi?tique h?riti?re des engagements internationaux pris par celui-ci.

Tous ces accords n’ont pas fait l’objet d’une d?nonciation dans les formes surtout que lors d’une mission de la d?l?gation Gabonaise ? Moscou en mars 1992, Monsieur Kolokov alors vice-ministre des Affaires Etrang?res de la Russie ind?pendante, avait d?clar? que lesdits accords restaient valables. Cette position des autorit?s Russes avait ?t? confirm?e plus tard par les responsables du Minist?re des Affaires Economiques Ext?rieures de la F?d?ration de Russie.

Toutefois, au mois de juin 1992 des modifications significatives furent apport?es par Moscou qui justifiant ce revirement de la situation avan?ait les difficult?s d’ordre ?conomiques et financi?res que, traversaient le pays, d’o? la d?cision pour les autorit?s du Kremlin de n’est plus assumer la charge de la formation des ?tudiants ?trangers ? compter de l’ann?e acad?mique 1993-1994, ces derniers devant d?sormais s’acquitter des frais de leur formation.

Dans le fond, cette position russe consistait ? une r?vision des tarifs appliqu?s aux ?tudiants ?trangers poursuivant encore leurs ?tudes dans les pays de la Communaut? des Etats Ind?pendants. L’ancienne situation institu?e par l’ex – Urss et qui consistait ? assumer enti?rement la charge de la formation des ?tudiants ?trangers ?tait tout simplement remplac?e par une r?glementation obligeant les ?tudiants ou les ?tats dont ils sont originaires ? r?gler les frais de scolarit? en devise convertible.

Apr?s plusieurs ann?es d’inertie, Moscou s’est resolument engag? ? booster les relations avec ses partenaires africains dans tous les secteurs. Dans le domaine de la formation des cadres africains, par exemple, la Russie ? octroy? aux pays du continent pour l’ann?e acad?mique 2006-2007 environ 750 bourses d’?tudes. La F?d?ration de Russie participe ?galement ? l’initiative de financement acc?l?r? du programme « Enseignement pour tous », elle promet ? cet effet de verser 7, 2 millions de dollars entre 2006 et 2008.

Aussi, pour l’ann?e 2006-2007 plus de 4, 5 mille jeunes africains poursuivent leurs formations dans les ?tablissements sup?rieurs russes.

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9 Commentaire

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    Bjr, cher Mr
    Je viens de parcourrir votre article avec interêt, et j’avoue que je suis d’accord avec vous quand vous dite, je cite : « L’honnêteté intellectuel m’oblige à reconnaître que, c’est d’autant plus vrai car, le pays disposait de nombreux avantages notamment sur les domaines tels que l’éducation, la santé, la science, la culture, le transport et bien d’autres »
    Bonne continuation.

  2. avatar

    C’est bien d’octroyer des bourses d’études, mais encore faudrait il assuré la sécurité de ces étudiants.
    Regardez, pas plus tard que cette semaine, deux étudiants marocains ont été passé à tabac dans une ville russe de Nijni Vovgorad.

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    Comment faire pour bénéficier d’une bourse de coopération du gouvernement russe ?

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    BONJOUR Mr,
    je viens de lire votre article, qui que j’ai trouvé interessente.
    dite s’il vous plait, les etudes des étudiants Africains en URSS était supporté par qui ? SI par le gouvernement Africain dite moi comment ? Pparce que l’union soviétique ne pouvait pas aceuillir ce grand nombres d’étudianta Africain sans qu’il y ai un échange ?

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    Chere Aurelie,
    Bonjour et merci pour votre visite et de votre lecture.
    En effet, à l’époque de l’Union soviétique la grande majorité des étudiants africains bénéficiait d’une bourse de coopération en vertue des accords signés entre Moscou et les pays africains, notamment des pays qui à cette époque là avaient une orientation socialiste ou communiste : c’est le cas des pays comme, l’Ethiopie, l’Angola, le Congo Brazaville, le Mauzambique, la Libye et bien d’autres encore. Ces bourses étaient soit octroyés directement par le gouvernement soviétique, soit par par l’entremise de ses différents relais associatifs, notamment les associations d’amitiés entre les peuples, les comités de solidarité, les organisations de masse, les syndicats et les principales universités du pays.
    La realité est que c’est justement les ressortissants des ces pays à obédiances communiste qui étaient plus representatifs dans le pays.
    Toutefois, les étudiants des pays qui ne faisaient pas partie de cette liste, étaient aussi present dans le pays, mais à un nombre non moins important (des pays dit de l’économie de marché).
    D’une manière générale, Moscou supportait la presque totalité des frais d’études de tous les étudiants étrangers sur son sol mais les gouvernements de certains pays accordaient un complement de bourse à leurs étudiants : c’est le cas des pays comme le Gabon, la Libye, le Congo Brazzaville, le Cameroun etc.
    Alors pourquoi acceuillir tant d’étudiants sans aucune compensation financière de la part des pays bénéficiaires ?
    La réponse est simple : avec l’octroie annuelle de toutes ces bourses, Moscou s’efforçait à contribuer largement à irriguer au mieux les différents canaux de sa présence en Afrique, c’était en quelque sorte un instrument primordial de son influence sur le continent car dans le même temps, certains spcialistes soviétiques contribuaient au développement des infastructures académique sur le continent (L’Angola, le Nigéria, le Mali, l’Ethiopie…)

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    Bjr !
    Merci de l’intérêt que vous portiez à cette page. La perestroïka c’est du passé tout ça, c’était sous Gorbatchev dans les années 1985-1988. Pendant cette période, ces accords existaient bien évidemment mais commençaient tout de même à prendre de l’eau. Après ce coup de ballet, dont les retombés se sont fait ressentir sur le continent avec les changements que tout le monde a vécu Moscou à redéfini les nouvelles bases de coopération avec ses partenaires africains dans tous les domaines – y compris dans le domaine de la formation des jeunes cadres africains.
    Et tous sont convenus après une bonne période de pourparlers qu’il fallait cette nouvelle plate forme signée par la plupart des pays du continent, notamment votre pays. Toutefois, même si les étudiants congolais poursuivent encore leurs études en Russie il est important de souligner que les conditions ont largement changé. Aujourd’hui, par exemples la formation s’effectue à partir de contrat signé soit par l’état dont appartient l’étudiant, soit par l’étudiant lui-même par le canal de ce que les russes appelle le RACUS – une structure chargée de recruter les nouveaux étudiants sur le continent et voir ailleurs. Même si, elle est beaucoup critiquée ces dernières années cette structure existe d’ailleurs dans votre pays.
    Aujourd’hui, avec l’évolution de la société russe les étudiants étrangers et particulièrement africains traversent une période assez difficile – une situation relative à la haine raciale et la xénophobie en Russie.
    Mais car cela ne tienne, certains africains après leur formation se sont adaptés et ont pu intégrés les grandes sociétés étrangères basées en Russie, et occupent actuellement des fonctions importantes. Ils sont dans toutes les sphères d’activités économiques y compris dans l’enseignement puisque beaucoup d’entre eux sont des professeurs de grandes universités russes et des pays de l’ex-URSS.

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    Merci pour votre article. je suis journaliste à la télévision du Burkina. je voudrais faire un dossier sur les anciens etuiants burkinabè en ex union soviétique. Des chiffres sur leur nombre et les differentes spécialités seront un avantage. merci

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    Bjr ! Je suis un jeune camerounais qui fut en russie avec le concours de RACUS ou j’ai etudie la langue et passé mes examens d’admission à l’université mais malheureusement je ne pu pour

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    Bjr ! Je suis un jeune camerounais qui fut en russie avec le concours de RACUS ou j’ai etudie la langue et passé mes examens d’admission à l’université mais malheureusement je ne pu poursuivre faute de moyens financiers. Je sollicite vos conseils et aide pour l’obtention d’une bourse d’etude en energetique dans une université de Moscou.j’ai eu 13 au bacc en froid et clim et « otli4no » a la faculté preparatoire.bien vouloir me repondre à plodada@yahoo.fr