Accueil / A U T E U R S / LES 7 DU QUÉBEC / André Lefebvre / La colonisation de l’Amérique

La colonisation de l’Amérique

 

On parle beaucoup, de nos jours, du génocide des Amérindiens lors de la colonisation des Amériques. Ce génocide est un fait révoltant; par contre, il se doit d’être considéré selon certaines nuances. Les Européens établirent des colonies en Amérique, c’est un fait historique; mais la façon d’établir ces colonies fut loin d’être identique partout.

L’Amérique centrale et du sud fut envahie par les armes. Ce fut une prise de territoire à la façon « militaire » par les Espagnols. Après la conquête les autochtones y furent majoritairement soumis à l’esclavage dans l’intérêt des envahisseurs.

Les treize colonies britanniques de l’Amérique du nord, quant à elles, débutèrent au moyen d’une transaction monétaire. Manhattan fut « achetée » aux autochtones. Ce fut toujours ce même moyen « de transaction financière » qui fut employé tout le long de leur histoire pour envahir le reste du territoire. Ce moyen, à l’apparence équitable et considéré comme le « summum  civilisateur » de l’époque, servit à couvrir la bassesse des agissements contre les autochtones pour  les obliger à « vendre » leur terre (sauf pour la partie qu’ils achetèrent de Napoleon). On achetait le territoire pour ensuite faire disparaître systématiquement les Autochtones qui l’habitaient. C’est surtout à cet endroit que le génocide fut la « tactique » sous-jacente pour arriver à occuper le territoire. Elle a réussi à plus de 80%.

La partie atlantique de ce qui est aujourd’hui le Canada débuta de façon complètement différente des deux autres. L’Acadie résultat de la pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve, et le Canada d’alors fut le résultat de la volonté des Autochtones du St-Laurent à vouloir prendre le contrôle de l’économie du territoire nord-américain.

Champlain fut bien accueilli par les Autochtones, rien n’est plus vrai. Mais la raison qui justifiait cet accueil du début ne fut pas du tout de vouloir créer une nouvelle nation basée sur « Nos filles marieront vos fils et bla-bla-bla ». Si vous lisez attentivement  les « Œuvres de Champlain », vous vous rendrez compte qu’il est accueilli amicalement par les Amérindiens algonquins et hurons, pour une seule raison : Champlain accepte de s’allier à eux pour aller combattre les Iroquois. C’est ce qu’ils lui demandent à chacune de leurs rencontres. Et c’est là, la seule et unique raison pour laquelle on l’accueille amicalement sur le territoire. Ce n’est que lorsqu’on verra l’impossibilité d’écraser les Iroquois, qu’avec les Algonquins, les Hurons encourageront les « blancs » à s’installer. Vers 1649 les hurons seront complètement décimés par les Iroquois et viendront se réfugier sous la « protection » des Français autour de Québec.

Au cours de votre lecture vous constaterez les choses suivantes :

1-À chaque fois que Champlain mets les pieds au Canada, il est accueilli avec éclat et on lui demande aussitôt d’aller livrer bataille chez les Iroquois. Lorsqu’il accepte, c’est parce qu’il ne peut pas faire autrement. Lorsqu’il ne part pas combattre les Iroquois, c’est simplement que les Indiens n’ont pas pu contrer les objections qu’il leur apporte. Par contre, Champlain, pour garder l’accès au marché de la fourrure, promet à chaque fois qu’il les accompagnera « l’an prochain ». Finalement, il ne le fera que trois fois et la troisième, en 1615, fut un échec.

Il est à noter que lorsqu’il s’objectait à l’expédition, les Chefs indiens tenaient « conseil » (une réunion) duquel Champlain était exclu; et on discutait comment contrevenir aux objections de Champlain, sans nuire à sa promesse faite pour « l’année suivante » si on devait s’abstenir la présente année. Il est assez significatif qu’à cette époque de l’histoire, les « réunions en conseil » des autochtones se font à l’exclusion des « blancs » qui n’y sont jamais invités. En fait on disait à Champlain que les chefs allaient se réunir et, par la suite, on lui rapporterait leur décision résultant de la rencontre.

2-Vous vous rendrez compte rapidement que les Autochtones acceptent que Champlain fasse ses « découvertes » (explorations), mais strictement sur la route qui mène chez les Iroquois. Et ils s’en assurent en l’accompagnant toujours. On ne s’objecte pas du tout et on l’aide à son exploration de la rivière Richelieu (rivière des Iroquois) et à une certaine portion du St-Laurent, jusqu’aux environs de Montréal.

Mais lors de son exploration sur la rivière Outaouais, il doit la faire sans l’aide des indiens,  parce que, suite à son absence de l’année précédente, les indiens ne sont pas au rendez-vous habituel de Montréal. Lorsqu’il les rencontre aux environs de l’ile aux allumettes, ceux-ci, étonné qu’il soit parvenu à sauter les rapides, lui trouvent toutes sortes d’objections pour l’empêcher d’aller plus avant sur la rivière Outaouais.

C’est l’année du récit de la mésaventure du truchement Nicolas Vigneau. Celui-ci affirmait avoir été à la Baie d’Hudson deux ans auparavant, et y avoir vu un vaisseau anglais pris dans les glaces. On était alors au printemps/été 1613, trois ans après la découverte de la Baie du nord par Henry Hudson, en 1610, qui y resta pris dans les glaces durant l’hiver 1610/1611.

On sait qu’une mutinerie sur son vaisseau fit que Hudson soit abandonné au printemps sur une barque avec 8 personnes. dont son fils adolescent. On leur avait laissé un fusil, de la poudre, des balles, quelques piques, un pot de fer, un peu de farine et certains autres articles. En Angleterre, au lieu d’accuser les coupables de mutinerie, ce qui les aurait condamnés à la pendaison automatiquement, on les accusa d’assassinat. Ce dont ils furent graciés puisqu’ils n’avaient assassiné personne. Vigneau avait passé l’hiver 1611/1612 en France où il avait raconté son histoire à Champlain qui, au printemps de 1613 avait décidé d’aller vérifier les dires de Vigneau.

Les Amérindiens finirent pas convaincre Champlain que Vigneau mentait et qu’il avait rêvé son histoire; mais ce fut fait d’une drôle de façon. À un certain moment, c’est Vigneau lui-même qui avoue avoir menti. Il fait ces aveux au moment où la tension montait énormément chez les Indiens qui, après plusieurs « conseils » à huis clos, démontraient de plus en plus vouloir empêcher Champlain d’aller plus loin sur la rivière Outaouais.Il est assez clair dans le récit qu’aux yeux de Vigneau, si Champlain persistait à continuer sa route, les Indiens allaient tous les massacrer. L’aveu de Vigneau servit à les faire rebrousser chemin.

Quant à savoir si Vigneau avait rêvé son histoire, je ferai la simple remarque que c’est lui qui avait fourni les renseignements pour se rendre à la Baie du Nord et que l’explorateur était sur la bonne route pour s’y rendre lorsque les Autochtones lui firent rebrousser chemin. Sans mentionner outre mesure que les dates coïncidaient parfaitement et que l’aventure de Hudson ne pouvait pas être connue lorsque Vigneau, à l’hiver 1611, la raconta à Champlain, en France.

Il est également à noter que certains témoignages indiquent que Hudson parvint à se rendre jusqu’à la rivière des Outaouais, ce qui est toujours une possibilité avec l’équipement que les mutins lui avait laissé. Si c’est le cas, il n’est pas très surprenant que les Amérindiens soient peu enclins à ce que Champlain découvre les cadavres des Anglais en haut de l’Outaouais, s’ils voulaient continuer d’avoir Champlain pour allier dans leur combat contre les Iroquois.

Il devient également clair que Champlain se faisait manipuler par les Autochtones qui se servaient de lui pour affaiblir leur ennemi, les Iroquois. La raison sous-jacente, on le sait, était le contrôle des routes établies pour le commerce intérieur amérindien de cette partie nord de l’Amérique.

Nicolas Vigneau disparut de l’histoire après avoir promis à Champlain de prouver ses dires en retournant lui-même à la Baie d’Hudson pour lui en rapporter des preuves. On ne l’a jamais revu. Il avait dû parler trop fort à Champlain.

Ceci brosse le tableau du début de la colonisation des Amériques. Éventuellement, les USA achèteront l’ouest du continent (toujours le même moyen financier). Le Canada deviendra britannique simplement parce que les Canadiens de l’époque, ayant expérimenté le désintérêt continuel de la France, ou plutôt l’intérêt au gain personnel répété continuellement par les « gestionnaires royaux» français qui empêchait le développement économique, laisse le pays être « conquis » par les Anglais. En fait, ils ne pouvaient être induis à faire autrement parce que l’armée française ne démontrait aucun intérêt à défendre le pays de façon efficace et les Canadiens commençaient à en avoir assez d’être « snobés » par les soldats et les autorités Françaises en stage au Canada.

Après 1760, les Britanniques continuèrent de s’installer au pays sans tenir compte des Autochtones, tout comme ils continuaient de le faire dans les 13 colonies. La révolution américaine permit le génocide états-unien, tandis que le génocide britannique, au Canada, ne se manifesta réellement qu’à l’époque de McDonald et fut caché, lui aussi, sous une apparence « charitable »  en enlevant les enfants autochtones à leurs parents pour les instruire à la « civilisation ».

Il ne faut pas oublier que chez les Français de l’époque, on payait 10 livres pour un indien mort et 20 livres pour un prisonnier. Ce qui indique qu’on ne cherchait pas le génocide. Par contre, en Nouvel-Angleterre, on payait 10, 20 ou 50 livres selon l’identité (colon, soldat ou chasseur de scalp. Cette dernière « profession » durera jusqu’à la fin du XIXe siècle) de celui qui rapportait un scalp indien. Pour eux, « a good indian » fut toujours « a dead indian ».

Finalement, on pourrait conclure que la notion de génocide est un attribut typiquement anglo-saxon qui se targuaient de représenter le summum de la « civilisation ». Avouons que la déportation des Acadiens de, 1755 à 1758, n’est pas pour effacer cette impression.

C’est assez édifiant, on doit l’admettre.

André Lefebvre

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 1:  La Science Secrète)

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 2: Le Mystère Sumérien

Le tout dernier livre, paru en novembre 2016 (version gratuite):

Histoire de ma nation

Tous mes livres sont offerts GRATUITEMENT chez:

http://manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.7.htm#menu

Commentaires

commentaires

A propos de Andre lefebvre

avatar

Check Also

Notre Drame des Landes

Ça y est, Macron 1er a tranché, le projet d’un aéroport international à NDDL est finalement ...

2 Commentaire

  1. avatar

    Bravo! et merci!

  2. avatar

    C’est à moi de vous remercier. Bonne journée!