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La civilisation d?Atlantide


ANDR? LEFEBVRE;

La civilisation d?Atlantide?:?Nous voici ? la derni?re partie du Critias de Platon. Pourrons-nous ajouter quelque chose de notre cru? Si je le peux, je le ferai; j?esp?re que vous aussi serez tent?s de faire de m?me.

??Je viens de vous donner un rapport assez fid?le de ce que l?on m?a dit jadis de la ville et du vieux palais. A pr?sent il me faut essayer de rappeler quel ?tait le caract?re du pays et la forme de son organisation. Tout d?abord, on m?a dit que tout le pays ?tait tr?s ?lev? et ? pic sur la mer, mais que tout autour de la ville s??tendait une plaine qui l?entourait et qui ?tait elle-m?me encercl?e de montagnes descendant jusqu?? la mer?; que sa surface ?tait unie et r?guli?re, qu?elle ?tait oblongue en son ensemble, qu?elle mesurait sur un c?t? trois mille stades et ? son centre, en montant de la mer, deux mille. Cette r?gion ?tait, dans toute la longueur de l??le, expos?e au midi et ? l?abri des vents du nord. On vantait alors les montagnes qui l?entouraient, comme d?passant en nombre, en grandeur et en beaut? toutes celles qui existent aujourd?hui. Elles renfermaient un grand nombre de riches villages peupl?s de p?ri?ques?,?des rivi?res, des lacs et des prairies qui fournissaient une p?ture abondante ? tous les animaux domestiques et sauvages et des bois nombreux et d?essences vari?es amplement suffisants pour toutes les sortes d?ouvrages de l?industrie.

Or cette plaine avait ?t?, gr?ce ? la nature et aux travaux d?un grand nombre de rois au cours de longues g?n?rations, am?nag?e comme je vais dire. Elle avait la forme d?un quadrilat?re g?n?ralement rectiligne et oblong?; ce qui lui manquait en r?gularit? avait ?t? corrig? par un foss? creus? sur son pourtour. En ce qui regarde la profondeur, la largeur et la longueur de ce foss?, il est difficile de croire qu?il ait eu les proportions qu?on lui pr?te, si l?on consid?re que c??tait un ouvrage fait de main d?homme, ajout? aux autres travaux. Il faut cependant r?p?ter ce que nous avons ou? dire?: il avait ?t? creus? ? la profondeur d?un pl?thre, sa largeur ?tait partout d?un stade, et, comme sa longueur embrassait toute la plaine, elle montait ? dix mille stades. Il recevait les cours d?eau qui descendaient des montagnes, faisait le tour de la plaine, aboutissait ? la ville par ses deux extr?mit?s, d?o? on le laissait s??couler dans la mer. De la partie haute de la ville partaient des tranch?es d?environ cent pieds de large, qui coupaient la plaine en ligne droite et se d?chargeaient dans le foss? pr?s de la mer?; de l?une ? l?autre il y avait un intervalle de cent stades. Elles servaient au flottage des bois descendus des montagnes vers la ville et au transport par bateaux des autres productions de chaque saison, gr?ce ? des canaux qui partaient des tranch?es et les faisaient communiquer obliquement les unes avec les autres et avec la ville. Notez qu?il y avait tous les ans deux r?coltes, parce que l?hiver on utilisait les pluies de Zeus, et en ?t?, les eaux qui jaillissent de la terre, qu?on amenait des tranch?es (2,500 ans avant lui, les sum?riens ont creus? des foss?s de dimension semblables; mais Critias ne le sait pas).

En ce qui regarde le nombre de soldats que devait fournir la plaine en cas de guerre, on avait d?cid? que chaque district fournirait un chef. La grandeur du district ?tait de dix fois dix stades et il y en avait en tout six myriades. Quant aux hommes ? tirer des montagnes et du reste du pays, leur nombre, ? ce qu?on m?a dit, ?tait infini?; ils avaient tous ?t? r?partis par localit?s et par villages entre ces districts sous l?autorit? des chefs. Or le chef avait ordre de fournir pour la guerre la sixi?me partie d?un char de combat, en vue d?en porter l?effectif ? dix mille?; deux chevaux et leurs cavaliers?; en outre un attelage de deux chevaux, sans char, avec un combattant arm? d?un petit bouclier et un conducteur des deux chevaux port? derri?re le combattant, plus deux hoplites, des archers et des frondeurs au nombre de deux pour chaque esp?ce, des fantassins l?gers lanceurs de pierres et de javelots au nombre de trois pour chaque esp?ce, et quatre matelots pour remplir douze cents navires?.?C?est ainsi qu?avait ?t? r?gl?e l?organisation militaire de la ville royale. Pour les neuf autres provinces, chacune avait son organisation particuli?re, dont l?explication demanderait beaucoup de temps.

?

Le gouvernement et les charges publiques avaient ?t? r?gl?s ? l?origine de la mani?re suivante. Chacun des dix rois dans son district et dans sa ville avait tout pouvoir sur les hommes et sur la plupart des lois?: il punissait et faisait mettre ? mort qui il voulait. Mais leur autorit? l?un sur l?autre et leurs relations mutuelles ?taient r?gl?es sur les instructions de Pos?idon, telles qu?elles leur avaient ?t? transmises par la loi, et par les inscriptions grav?es par les premiers rois sur une colonne d?orichalque, plac?e au centre de l??le dans le temple de Pos?idon. C?est dans ce temple qu?ils s?assemblaient tous les cinq ans ou tous les six ans alternativement, accordant le m?me honneur au pair et ? l?impair. Dans cette assembl?e, ils d?lib?raient sur les affaires communes, ils s?enqu?raient si l?un d?eux enfreignait la loi et le jugeaient. Au moment de porter leur jugement, ils se donnaient d?abord les uns aux autres des gages de leur foi de la mani?re suivante. Il y avait dans l?enceinte du temple de Pos?idon des taureaux en libert?. Les dix rois, laiss?s seuls, priaient le dieu de leur faire capturer la victime qui lui serait agr?able, apr?s quoi ils se mettaient en chasse avec des b?tons et des noeuds coulants, sans fer. Ils amenaient alors ? la colonne le taureau qu?ils avaient pris, l??gorgeaient ? son sommet et faisaient couler le sang sur l?inscription. Sur la colonne, outre les lois, un serment ?tait grav?, qui prof?rait de terribles impr?cations contre ceux qui d?sob?iraient. Lors donc qu?ils avaient sacrifi? suivant leurs lois, ils consacraient tout le corps du taureau, puis, remplissant de vin un crat?re, ils y jetaient au nom de chacun d?eux un caillot de sang et portaient le reste dans le feu, apr?s avoir purifi? le pourtour de la colonne. Puisant ensuite dans le crat?re avec des coupes d?or, ils faisaient une libation sur le feu en jurant qu?ils jugeraient conform?ment aux lois inscrites sur la colonne et puniraient quiconque les aurait viol?es ant?rieurement, qu?? l?avenir ils n?enfreindraient volontairement aucune des prescriptions ?crites et ne commanderaient et n?ob?iraient ? un commandement que conform?ment aux lois de leur p?re. Lorsque chacun d?eux avait pris cet engagement pour lui-m?me et sa descendance, il buvait et consacrait sa coupe dans le temple du dieu?; puis il s?occupait du d?ner et des c?r?monies n?cessaires. Quand l?obscurit? ?tait venue et que le feu des sacrifices ?tait refroidi, chacun d?eux rev?tait une robe d?un bleu sombre de toute beaut?, puis ils s?asseyaient ? terre dans les cendres du sacrifice o? ils avaient pr?t? serment, et, pendant la nuit, apr?s avoir ?teint tout le feu dans le temple, ils ?taient jug?s ou jugeaient, si quelqu?un en accusait un autre d?avoir enfreint quelque prescription. Leurs jugements rendus, ils les inscrivaient, au retour de la lumi?re, sur une table d?or, et les d?diaient avec leurs robes, comme un m?morial. Il y avait en outre beaucoup d?autres lois particuli?res relatives aux pr?rogatives de chacun des rois, dont les plus importantes ?taient de ne jamais porter les armes les uns contre les autres, de se r?unir pour se pr?ter main-forte, dans le cas o? l?un d?eux entreprendrait de d?truire l?une des races royales dans son ?tat, de d?lib?rer en commun, comme leurs pr?d?cesseurs, sur les d?cisions ? prendre touchant la guerre et les autres affaires, mais en laissant l?h?g?monie ? la race d?Atlas. Le roi n??tait pas ma?tre de condamner ? mort aucun de ceux de sa race, sans l?assentiment de plus de la moiti? des dix rois.

Telle ?tait la formidable puissance qui existait alors en cette contr?e, et que le dieu assembla et tourna contre notre pays, pour la raison que voici. Pendant de nombreuses g?n?rations, tant que la nature du dieu se fit sentir suffisamment en eux, ils ob?irent aux lois et rest?rent attach?s au principe divin auquel ils ?taient apparent?s. Ils n?avaient que des pens?es vraies et grandes en tout point, et ils se comportaient avec douceur et sagesse en face de tous les hasards de la vie et ? l??gard les uns des autres. Aussi, n?ayant d?attention qu?? la vertu, faisaient-ils peu de cas de leurs biens et supportaient-ils ais?ment le fardeau qu??tait pour eux la masse de leur or et de leurs autres possessions. Ils n??taient pas enivr?s par les plaisirs de la richesse et, toujours ma?tres d?eux-m?mes, ils ne s??cartaient pas de leur devoir. Temp?rants comme ils ?taient, ils voyaient nettement que tous ces biens aussi s?accroissaient par l?affection mutuelle unie ? la vertu, et que, si on s?y attache et les honore, ils p?rissent eux-m?mes et la vertu avec eux. Tant qu?ils raisonn?rent ainsi et gard?rent leur nature divine, ils virent cro?tre tous les biens dont j?ai parl?. Mais quand la portion divine qui ?tait en eux s?alt?ra par son fr?quent m?lange avec un ?l?ment mortel consid?rable et que le caract?re humain pr?domina ( Voici un concept biblique au sujet des hommes noy?s par le d?luge), incapables d?s lors de supporter la prosp?rit?, ils se conduisirent ind?cemment, et ? ceux qui savent voir, ils apparurent laids, parce qu?ils perdaient les plus beaux de leurs biens les plus pr?cieux, tandis que ceux qui ne savent pas discerner ce qu?est la vraie vie heureuse les trouvaient justement alors parfaitement beaux et heureux, tout infect?s qu?ils ?taient d?injustes convoitises et de l?orgueil de dominer (Ouf! On se rapproche de la mentalit? des autorit?s actuelles). Alors le dieu des dieux, Zeus, qui r?gne suivant les lois et qui peut discerner ces sortes de choses, s?apercevant du malheureux ?tat d?une race qui avait ?t? vertueuse, r?solut de les ch?tier pour les rendre plus mod?r?s et plus sages (Dans la Bible, c?est la race de Cain dont il est question). A cet effet, il r?unit tous les dieux dans leur demeure (R?union des dieux d?crite dans l?ENUMA ELISH sum?rien), la plus pr?cieuse, celle qui, situ?e au centre de tout l?univers, voit tout ce qui participe ? la g?n?ration, et, les ayant rassembl?s, il leur dit?:?

Et c?est ainsi que se termine ce manuscrit de Platon. Nous avons l? tout ce qui a ?t? dit, ? l?origine, sur l?Atlantide. Depuis aucune autre information ?quivalente ou aussi valable n?y a ?t? ajout? et avant cet ?crit il n?existe aucune mention sp?cifique de l?Atlantide.

Par contre, Plutarque dans ??vie de Solon?? aborde le sujet de l?Atlantide en ces termes?:

???Solon avait entrepris de mettre en vers l?histoire ou la fable des Atlantides, qu?il tenait des sages de Sa?s, et qui int?ressait les Ath?niens. Mais il y renon?a bient?t, non, comme Platon l?a dit, qu?il en f?t d?tourn? par d?autres occupations, mais plut?t ? cause de sa vieillesse, et parce qu?il ?tait effray? de la longueur du travail?: car il vivait alors dans un tr?s grand loisir? (Rien n?emp?che que c??tait bien un ??projet?? de Solon et non, seulement un r?cit ??imaginaire?? de Platon).?

Platon, s?emparant de ce sujet comme d?une belle terre abandonn?e, et qui lui revenait par droit de parent?, se fit un point d?honneur de l?achever et de l?embellir?Mais il l?avait commenc? trop tard. Pr?venu par la mort, il n?eut pas le temps de l?achever?; et ce qui manque de cet ouvrage laisse aux lecteurs autant de regrets que ce qui en reste leur cause de plaisir.??

Que pouvons-nous conclure de tout ceci? Personnellement, j?en conclu que les humains de l??poque de Platon ne sont pas plus superstitieux que ceux de notre ?poque (Voir les horoscopes dans les journaux). Qu?ils ne sont pas plus port? ? croire ??sans voir?? plus que nous ne le sommes (penser ? la suppos?e existence du graviton, de la mati?re noire et autres ??explications?? ? laquelle la majorit? des scientifiques croient sans en avoir jamais vu).

Quant ? l?Atlantide, j?avoue avoir ?t? impressionn? par la connaissance par Critias de l?existence de l?Am?rique ? cette ?poque. Enfin, il y a tellement de concordances entre cet ?crit et plusieurs autres encore plus ancien, qu?il m?est difficile de ne pas conc?der la possibilit? de l?existence de l?Atlantide. D?ailleurs, je suis convaincu qu?il a exist? une civilisation avanc?e avant l??poque de la mont?e des niveaux oc?aniques qui habitaient le long des c?tes de l?Atlantique et du pacifique, ? cause, entre autres, de la d?couverte officielle d?une faucille qui date de 17,000 ans, pr?c?dant ainsi de 9,000 ans, l?apparition de l?agriculture (et d?au moins 2,000 ans, la r?colte de gramin?es sauvages). La fonte des glaciers a fait dispara?tre cette civilisation. Cette id?e correspond parfaitement ? celle d?crite dans le Critias et le Tim?e.

D?autant plus que le mot utilis? par Critias pour d?terminer une ??ile?? n?est pas celui qui d?termine un ???le?? avec exactitude; il peut ?galement se traduire par ??littoral??.? Ce qui rejoint la notion de destruction par l??l?vation des niveaux oc?aniques.

? vous d?en juger.

Remarquez, cependant, que toutes les r?flexions, sans exceptions, que vous en tirerez sont exactement les m?mes que celles de ceux qui y ont r?fl?chi ? l??poque ?qui a suivi celle de Platon. Il y en avait m?me qui refusaient d?y r?fl?chir. :-)

Andr? Lefebvre

 

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