Accueil / T Y P E S / Articles / Premi?re ?dition du festival litt?raire de Qu?bec d?di?e ? un auteur ?tranger

Premi?re ?dition du festival litt?raire de Qu?bec d?di?e ? un auteur ?tranger

La ville de Qu?bec souhaite devenir la capitale litt?raire du Qu?bec, mais d?die la premi?re ?dition de son festival litt?raire ? un auteur ?tranger !

? Pourquoi ne pas avoir inaugur? ce festival avec un auteur qu?b?cois? ? cette question que bien des gens se posent, ? Qu?bec, M. Lacasse a r?pondu que la d?cision s’?tait prise en toute simplicit? et sans arri?re-pens?e :  »Gilles Pellerin nous a parl? de Borges avec un tel enthousiasme que nous avons tous embarqu? et nous avons tous cherch? ? en savoir un peu plus sur Borges. Nous voulions un festival au caract?re international et nous ne voulions pas commencer modestement. » ?

Extrait de l’article Qu?bec, capitale litt?raire du Qu?bec, publi? le 1er juin 2010 dans le quotidien LE SOLEIL, sous la plume du chroniqueur Didi? Fessou rapportant les propos de Gilbert Lacasse, pr?sident de l’Institut canadien de Qu?bec. Gilles Pellerin est directeur litt?raire de Qu?bec en toutes lettres

Lire cet article

?Nous voulions un festival au caract?re international et nous ne voulions pas commencer modestement? r?pond le pr?sident de l’institut canadien de Qu?bec pour justifier l’inauguration du nouveau festival litt?raire de la ville de Qu?bec avec un auteur ?tranger. Les aspirations internationales de la ville de Qu?bec sont bien connues mais leurs cons?quences sur le local le sont beaucoup moins. Pourtant, le d?veloppement international d’une ville entra?ne des dommages collat?raux ?vidents comme j’ai pu le constater lors d’un s?jour de quatre ans dans la ville de Montr?al o? les artistes locaux peinent ? se faire conna?tre.

Montr?al croule litt?ralement sous le poids du national et de l’international sur lesquels tous les projecteurs disponibles sont braqu?s laissant ainsi le local dans l’ombre. En fait, le local devient ni plus ni moins qu’une simple chronique de faits divers que l’on monte parfois en ?pingle pour d?jouer l’?vidence. Si les autres r?gions se plaignent de la ? montr?alisation ? de l’information, les Montr?alais souffrent de la pr?dominance du national et de l’international sur l’information locale. Par exemple, une journaliste de l’actualit? culturelle du TVA 18h00, ?dition montr?alaise, ne se g?nera pas pour m’?crire qu’on parle uniquement des vedettes nationales, des grandes vedettes. Et il suffit qu’une vedette internationale se pointe au Centre Bell pour que les vedettes nationales pr?vues aux actualit?s prennent le bord.

Certes, on peut ais?ment habituer les gens de la cit? ? la visite internationale, ? la fois pour les divertir et soutenir l’?conomie locale voire r?gionale, mais de l? ? m?priser nos propres artistes, il y a toute une marge. Inaugurer la premi?re ?dition du festival litt?raire de la ville de Qu?bec avec un ?crivain ?tranger alors que ses propres ?crivains rencontrent toutes les difficult?s du monde ? se faire conna?tre dans leur propre ville demeure purement et simplement une insulte, une insulte aux talents locaux, surtout lorsqu’on se justifie en affirmant ?nous ne voulions pas commencer modestement?. L’affirmation porte en elle un jugement de valeur tr?s n?gatif sur les talents locaux et envoie un message plut?t pervers ? la population au sujet des talents ?mergents en ses propres rangs. On se retrouve ? contre-courant des campagnes de promotion d’achat local. Les contribuables de la ville de Qu?bec versent 250,000$ pour un festival litt?raire d?di? ? un auteur ?tranger. Jamais les auteurs et les ?crivains de la ville de Qu?bec n’ont b?n?fici? d’une telle somme pour se faire conna?tre de leurs concitoyens. Dommage pour eux, la mode est ? l’international ? Qu?bec.

On constate le m?me ph?nom?ne avec le Festival d’?t? de Qu?bec dont la plus r?cente ?dition fut contest?e en raison de l’anglicisation de sa programmation, une anglicisation forc?e par les vues internationales des organisateurs ? la suite du passage du c?l?bre britannique Paul McCartney dans le cadre des F?tes du quatre centi?me de la Ville de Qu?bec. Plusieurs personnes ont protest?. Louis Pr?fontaine a publi? sur son blog un article int?ressant sous le titre Faut-il boycotter le festival d??t? de Qu?bec?? Nicole Simard a intitul? son billet Le Festival d’?t? anglophone de Qu?bec ! Et ainsi de suite jusqu’? ce que la direction du festival ajoute de nouveaux spectacles de nos vedettes nationales ? sa programmation mais le mal ?tait fait.

L’aspect linguistique fut associ? au d?bat par d?faut puisque les intentions des organisateurs n’?taient pas d’offrir une programmation davantage anglophone mais plus internationale et, qui dit international dans ce domaine, dit in?vitablement vedettes anglophones. St?phane Laporte, chroniqueur au quotidien LA PRESSE a conclu en ces mots son intervention sur le sujet?: ??Qu?bec n?est plus le fief de la francophonie. Qu?bec n?est plus branch?e sur la m?re patrie. Elle vit sans complexe son americanitude. Good for her.?? En fait, ce n’est pas son ??americanitude?? que la ville de Qu?bec vit sans complexe mais son internationalisation avec toutes les cons?quences heureuses et malheureuses de sa d?marche. Heureuses pour l’industrie touristique. Malheureuses pour les talents locaux. ?tre national, c’est devenir international pour la ville de Qu?bec !

Serge-Andr? Guay, pr?sident ?diteur

Fondation litt?raire Fleur de Lys

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Les ailes de la liberté

Dans l’air du temps. Il fut un temps jadis où le maintien de l’ordre était ...