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La Bombardiera!

Learjet

Apr?s plus de 5 ans de litiges,?la bataille fait toujours rage concernant les subventions touch?es par Boeing et Airbus. Un panel de l’OMC a rendu une d?cision le 23 mars dernier, ordonnant la fin des subventions « ill?gales » octroy?es ? Airbus par l’Union Europ?enne. Dans quelques mois, l?OMC examinera la plainte de l?Union Europ?enne relativement aux subventions accord?es ? Boeing. Cette dispute est la plus grosse et la plus co?teuse de l?histoire de l?OMC.

Cela me fait penser aux interminables disputes entre Bombardier et Embraer,?ainsi qu?aux milliards d?argent des contribuables que les gouvernements ont remis ? Bombardier sous la forme de subventions, cr?dits d?imp?ts et garanties de pr?ts.

?videmment, sans aide gouvernementale, Bombardier ne pourrait ?tre comp?titif sur les march?s internationaux, puisque ses rivaux ont eux aussi droit ? des subventions. Connaissant bien les effets pervers des subventions, il appara?t ? prime abord logique de cesser de les octroyer et de laisser cet argent aux contribuables. Ceci ?tant dit, l?extinction de ces subventions aurait, ? court et moyen terme du moins,?des cons?quences d?sastreuses sur l?industrie a?ronautique canadienne et beaucoup d?emplois de haut niveau?seraient perdus.

En fait, il semble que la plupart des pays impliqu?s dans l?industrie a?ronautique (Canada, Br?sil, ?tats-Unis, France, Chine, etc) consid?rent cette industrie comme un fleuron strat?gique et sont pr?ts ? la d?fendre ? n?importe quel prix. Airbus est un symbole de savoir-faire technologique pour les europ?ens, alors que Boeing repr?sente un actif militaire strat?gique pour les am?ricains.

Le texte de l?avocat Simon Turmel de l?Universit? Montesquieu-Bordeaux illustre bien la fa?on de penser de nos dirigeants politiques?relativement ? Bombardier:

« En l?occurrence, il ne s?agit pas tant de porter un jugement sur le bienfait des subventions dans l??conomie, mais plut?t d?en arriver au constat qu?elles font partie int?grante du paysage de l?industrie a?ronautique. »

Donc, selon ces gens, puisque tous les pays subventionnent l?a?ronautique, nous n?avons pas le choix de le faire! Autrement dit, si?les autres pays se jettent en bas du pont, nous devons le faire nous aussi.

  • Qu?est-ce que?les travailleurs de l?a?ronautique ont de si sp?cial pour tous les autres travailleurs de la soci?t? doivent?se faire subtiliser?une partie de leur salaire (imp?t) pour garder ces emplois en vie?
  • Les actionnaires de Bombardier sont-ils plus importants que les actionnaires d?autres entreprises, justifiant alors de leur remettre l?argent des contribuables?
  • Concevoir et assembler des avions est-il si strat?gique pour le Canada?

Les r?ponses ? ces trois questions sont respectivement non, rien et non.

Arr?tons donc de nous faire des illusions: les pays mentionn?s ci-haut ne vont pas arr?ter de subventionner cette industrie. ?a veut donc dire que Bombardier A?ronautique ne sera jamais comp?titive sans l?argent des contribuables. Il serait donc logique de diminuer graduellement le support ?tatique ? cette industrie et d?aider ces travailleurs ? se repositionner ailleurs dans l??conomie. Cependant, ce sc?nario est peu probable ?tant donn??la forte influence politique des bonzes de l?a?ronautique?? Ottawa.

D?ailleurs, Bombardier a d?j? eu l?occasion de devenir un joueur dominant dans l?industrie des petits avion et d?enfin se d?partir de sa d?pendance aux fonds publics. Suite ? la cr?ation d?Embraer en 1995, Laurent Beaudoin lui-m?me avait re?u une proposition du PDG de l?entreprise br?silienne pour que Bombardier ach?te Embraer pour?devenir un joueur? de plus grande envergure. Laurent Beaudoin avait alors refus? de fa?on arrogante, d?clarant la guerre ? Embraer. M. beaudoin pr?voyait simplement rayer Embraer?de la carte (avec l?aide des subventions gouvernementales bien-entendu). C?est de cette fa?on que la guerre des subventions s?est amorc?e entre les deux pays. Pr?s de 15 ans plus tard,?Embraer est encore bien vivante, et m?me plus forte. N?est-ce pas l? un bel exemple des distorsions ?conomiques que peuvent causer les subventions? Sans elles, Bombardier aurait certainement saut? sur cette occasion et serait devenu le leader mondial incontest? dans son cr?neau.

Et que dire des malversations politiques survenues dans le dossier du remplacement des m?tros de Montr?al? Le contrat a initialement ?t? attribu? ? Bombardier sans appel d’offre en 2006 pour livraison en 2012-2014.

L??ch?ancier initial?ne sera vraisemblablement pas respect? puisque?4 annn?es ont ?t? perdues en tergiversations. Apparemment,?le prix demand? par Bombardier/Alstom aurait grimp?; il semblerait que les voitures du m?tro co?teraient trois fois plus cher que celles que Bombardier a produites pour le m?tro de Chicago?.

En?r?alit?, le consortium Alstom/Bombardier tient le gros bout du b?ton dans ce dossier. Premi?rement, le gouvernement exige que 60% du contenu soit canadien et que l?assemblage final soit fait au Canada (le consortium poss?de d?j? des installations ici). Deuxi?mement, vu la taille du contrat, il n?y pas beaucoup d?autres joueurs internationaux qui puissent le r?aliser, surtout avec les exigences de contenu local. Troisi?mement, Bombardier a l?appui des syndicats et d?une partie de la population, qui trouveraient impensable que ce contrat soit r?alis? ailleurs qu?? l?usine de La Pocati?re. Quatri?mement, l?influence politique de Bombardier est tr?s puissante?

Cons?quemment, le consortium b?n?ficie pratiquement d?une situation de monopole relativement ? ce contrat et peut se permettre de jouer dur, alors que le gouvernement s?est ?peintur? dans un coin? en raison des maladresses notables de nos politiciens dans ce dossier. L?augmentation du co?t du projet n?est d?ailleurs peut-?tre pas ?trang?re ? cette situation. La STM quant ? elle est coinc?e entre les pressions politiques ?lev?es, des infrastructures inad?quates tant en quantit? qu?en qualit?, une demande sans-cesse grandissante pour le transport en commun ? prix d?risoire et des co?ts d?op?rations trop ?lev?s en raison d?une main d?oeuvre syndiqu?e/surpay?e. Lisez les derniers d?veloppements de cette affaire ici.

Que ferions-nous sans Bombardier!

Pour ceux qui se demande d?o? vient le titre de ce billet (La Bombardiera), lisez ce court extrait de l?excellent?livre de la journaliste Canadienne Andrea Campbell, Why Mexicans don?t drink Molson.

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    La vraie question, c’est: le Canada – par ses législateurs ou ses tribunaux – a-t-il encore le pouvoir de DECIDER dans ce dossier, ou sont-ce finalement des normes de l’Alena ou de l’OMC qui vont s’appliquer ? On voit parfaitement ici comment l’indépendance du Québec est une concept dépassé…. comme celle du Canada, d’ailleurs.

    70% des normes qui s’appliquent en France sont celles de l’Union Européenne.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/08/29/un-quebec-au-canada/

    Pierre JC Allard