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Centpapiers

  • La bataille des plaines du 28 avril 1760: LA REVANCHE

    5 février 2012 | 12 commentaire(s) | vu 1 097 fois

     


    Pierre Lépine Ma ph.D

    Peu de québécois et de québécoises connaissent  l’origine du parc des  Braves,  du Monument des Braves, de la rue des Braves,  de la rue Murray,  De Lévis, de Bougainville, Dalquier,  Fraser, Holland,  Saunders, Monckton.

    Pour connaître et comprendre notre histoire,  mais aussi celle de notre ville de nos institutions, il faut relire certaines pages d’histoire, il faut aussi revivre les grandes batailles épiques qui ont forgé l’histoire et notre culture. L’histoire du Canada est ancrée sur les  conflits et les guerres entre les nations.  Nous allons donc revivre un instant la plus grande page d’histoire de l’Amérique Française :La Bataillesdes Plaines du 28 avril 1760 :LA REVANCHE   (Appelée à tort par  les historiensla Bataillede Sainte-Foy).

    Pour le grand historien et politicien britannique Francis Packman, (Packman : 1760).  Cette grande bataille historique  du 28 avril 1760 « a fait un jour trembler dans la balance du pouvoir le sort de Québec et de toute l’Amérique. »

    Dès 7 heures, ce matin du  28 avril 1760,  après avoir enterré dans les bancs de neige  850 hommes morts de froid, de Syphilis et de petite vérole,    Murray sort d’une ville en ruines que Wolfe et Monckton rasée au sol 7 mois plus tôt (40 000 boulets 10 000 bombes incendiaires). Les  «hauteurs de Québec» (PLAINES) sont recouvertes de cette neige abondante laissée au lendemain de la pire tempête de l’hiver. Murray  et l’ingénieur Holland ont recencés  3500 hommes  encore valides pour cette grande entreprise.   Il a fait  glisser sur des traîneaux, jusqu’en haut dela Butteà Neveu ses  22 gros canons de campagne par ses  120 canonniers et artilleurs.  Il entend montrer à l’ennemi le type de guerre éclair qu’ il entend livrer. Cette très grosse artillerie 20 fois plus puissante que l’armée française   devait pulvériser l’ennemi et le couvrir de gloire comme Wolfe 7 mois plus tôt.

    Les 2 armées se tiennent sensiblement au même endroit  qu’à la 1e bataille des plaines, celle du 13 septembre 1759,   mais en positions inversées.

    L’armée de Murray est  adossée aux fortifications  et elle s’étire sur  2 rangées. (voir plan ann.) –du haut du sentier de l’Anse au Foulon  jusqu’au Moulin Dumont (Parc des Braves).

    Murray est cet Highlander, ce petit bout d’homme très ambitieux  qui  entend  bien refaire le même  coup que Wolfe 7 mois plus tard, pour se couvrir de gloire  à son tour.

    En bas dela Butteà Neveu il reconnaît Lévis, De Boulamarque, De Bougainville  et le reste de  l’armée française et les 2 petits canons de campagne qu’ils ont réussis à traîner. Ils ont marché toute la nuit sous les éclairs et la neige dans la pire tempête de l’hiver.  Ils sont en loques, gelés et crottés  L’armée française compte  3500 réguliers, intégrés dans 5 bataillons. On y a intégré des milices  canadiennes père et fils, (3000), ainsi que des acadiens, des Irlandais catholiques, des Écossais (63) auxquels se sont ajoutés 81 serviteurs et soldats noirs.

     

    L’armée de Murray est aussi hétéroclite.  Elle compte (33%) d’Américains (Royal Americain),  des Irlandais (25%), des Britanniques (23%) mais aussi des Écossais Higllanders (15%), ainsi que des Allemands et des Suisses loués (4%) et quelques éclaireurs et Amérindiens.

     

     

    Dans cette armée hétéroclite, il compte surtout sur ses compatriotes Highlanders, les  féroces guerriers de Simon Fraser, seigneur de Lovât. Depuis la défaite de leur père à Culloden (1746)  ces paysans des hautes terres ont tout perdu.   Ce sont maintenant des mercenaires souvent  embrigadés de force, kidnappés ou sortis des prisons anglaises. Ces descendant directs des Vikings sont illettrés pour la plupart.  Ils ne parlent ni l’anglais, ni le français.  Plusieurs ne savent même pas pourquoi ils se battent, où ils sont.   Plusieurs sont à l’image des jeunes canadiens qu’ils affrontent.  Ils ont une moyenne d’âge de 17 ans et ils mesurent en moyenne 5 pi4 po.   Le mythe du géant highlander s’effrite.

    Avec ses Highlanders comme  toujours installés au centre de lignes Murray chevauche le haut  des Buttes à Neveu.  Il  voit bien cette armée française disloquée, détrempée désorganisée, qui a avancé à marche forcée  toute la nuit dans la pire tempête de l’hiver.

     

    Il ordonne immédiatement le pilonnage.  Plusieurs officiers (De Boulamarque) sont blessés, tués ou gravement mutilés.  La grosse artillerie anglaise a déjà fait ses dégâts.  Voyant son armée se faire tailler en pièces,  De Lévis ordonne immédiatement  le retrait à l’abri dans les bois (rue des Braves moulin Dumont).

    Prenant ce mouvement pour une retraite générale,  Murray ordonne comme le matin du 13 septembre 1759  la charge des Highlanders de Simon Fraser, du Kennedy et du Otway.  Cependant, les hommes et les bêtes s’enlisent dans la neige, empêchant ainsi les gros canons de campagne « tonner » derrière eux.

    L’héroïsme du colonel Dalquier du régiment de Béarn qui refuse de reculer et qui pousse ses soldats  et les jeunes canadiens sur l’ennemi  stoppe net la charge des Highlanders et du Royal Américain.   Dans cette 2e symphonie de la bataille des plaines les soldats s’affrontent maintenant au corps à corps, à l’arme blanche (baïonnette et couteaux contre claymores)   dans plusieurs interminables combats au corps à corps, une partie de l’après midi.

    1200 anglais et 800 français et canadiens resteront au sol.   La 2e charge au Claymore du  Highlanders de Simon Fraser sera  cette fois stoppée par les terribles grenadiers du régiment deLa Sarre, mais aussi par un groupe de jeunes canadiens pères et fils. Les jeunes ont entre  14 et 17 ans.   Ces jeunes héros s’attaquent plus tard aux artilleurs et aux canonniers sur le haut de la butte à Neveu.  Ils sont en train de rabattre la linge arrière de l’ennemi  (Anse au Foulon) sur son côté droit (des Braves).

    Voyant l’encerclement, Murray ordonne la retraite après 5 heures de combat.   Pour éviter l’encerclement,  l’armée Anglaise laissera derrière elle tous ses canons,  tout son matériel, mais aussi ses morts et ses blessés que les amérindiens s’empresseront de scalper. Cette retraite désordonnée, cette grande fuite en panique débutera de la rue des Braves jusqu’au sentier du chemin St-Louis, en passant par l’ovale des plaines,  jusqu’aux portes de la ville.

    En cet après midi du 28 avril 1760,  le Chevalier Johnstone affirme que l’ennemi en panique avait les canadiens et les amérindiens aux trousses et que. « sans un ordre de rappel les canadiens et les diables rouges seraient rentrés dans la ville avec l’ennemi et l’auraient repris. »   Pour l’historien britannique  Francis Packman, durant ces longues minutes historiques du 28 avril 1760 :  « Le sort de Québec et de toute l’Amérique a tremblé un  instant dans la balance du pouvoir ».

    Il y  a plus  de 250 ans s’est donc écrite la plus grande page d’histoire de la ville de Québec et de l’Amérique Française.   Cette grande page d’histoire a forgé notre culture, notre histoire et gravé nos espaces de vie.   L’épopée a aussi ceinturé des parcs (Parc des Braves) délimité des quartiers (quartier Montcalm) et élevé des monuments sur les lieux mêmes de l’action.

    Plusieurs rues ont été gravées du nom des belligérants :  Les rues  De Lévis, De Bougainville, Vauquelin, Saint-Ours,  Senezergues, De Guyenne,  Royal Roussillon,  Murray,  Holland,  Frasers,   Moncton, Aberdeen, Saunders.

    Certaines rues (Frasers –De Lévis) résonnent encore du choc du Claymore sur la baïonnette.  L’épopée a souligné la bravoure, montré le courage sur les gravures et les monuments,  mais elle a aussi ennobli des criminels de guerre  dont les rues et les monuments (Monckton, Wolfe) provoquent souvent l’étonnement et la gêne des visiteurs.

    *** C’est sur les vestiges du Moulin Dumont que fut érigé au X1X siècle le monument des Braves

     

    Pierre Lépine Ma ph.D

    RÉFÉRENCES :

    Gervais J. Lavoie C  LA BATAILLEDESAINTE-FOY  DU 28 AVRIL 1760 :  L’espoir pour sauverla NouvelleFrance.Sommaire Été. Automne 1985  no 2  3  Bibliothèque Monique Corriveau. 971.44701

    Guilmor D. & Turgeon  P. : Le Canada, une histoire populaire. Des origines à la confédération, Fides, Bibliothèque nationale du Québec.

    Douglas & McIntyre, Northern Armageddon: theBattleof thePlains of Abraham.

    Lanctôt Gustave, Histoire du Canada 1713-1763, Bibliothèque nationale du Québec, 1964.-

    Knox   John : THE SIEGE OFQUEBEC  1759-60. Bibl. Nat.  250 P

    Macleod Peter, La vérité sur la bataille des plaines d’Abraham, Éditions de l’Homme, 2008.

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  • 12 commentaires

    Enfin quelqu’un qui « commence » à parler positivement des combattants « canayens », Ouf! Merci.

    À cette bataille, était présent Charles Michel de Langlade; un canayen dont on parle très peu (surtout qu’il est métis) et pourtant, il n’y a qu’un seul combat où nous ne fûmes pas victorieux, et il fut de tous ces combats. Il est le type même des « coureurs de bois » dénigrés par l’histoire.

    Voir: http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Michel_de_Langlade

    et

    http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=2080&&PHPSESSID=ychzfqkvzape

    C’est un héros canayen dont s’est approprié le Wisconsin.

    Il ne faut pas leur garder rancune car nous en avons plusieurs et eux, très peu. Sauf que nous, nous les gardons dans l’oubli.

    Amicalement

    André Lefebvre

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    Lartiste a répondu:

    Cette bataille est celle que je raconte dans:

    http://www.centpapiers.com/les-canayens1-les-souliers-dbeu-boeufs/44557

    Mais je ne savais pas que les « canayens » n’ont pas prit Québec à cause d’un ordre de rappel. C’est encore pire que ce que j’avais cru.

    Élie l’Artiste

    avatar

    Lartiste a répondu:

    Et dans:

    http://www.centpapiers.com/les-souliers-dbeu2/44781

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    • Soldat Sanspareil

    Voici la statue du Chevalier François Gaston de Lévis. Cette statue historique, oeuvre de Louis-Philippe Hébert, orne la façade de l’Assemblée nationale du Québec.

    Pour voir celle-ci consulter le lien suivant:

    http://www.youtube.com/watch?v=P7TbwCWRpQ0&feature=plcp&context=C3bb8d40UDOEgsToPDskL1MC4bk4ez46ceaYk6AK1O

    Honneur à Lévis et les braves de 1760.

    Soldat Sanspareil
    Chevalier de St-Véran
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
    http://www.regimentdelasarre.ca
    http://www.youtube.com/user/SoldatSanspareil
    http://www.tagtele.com/profil/Sanspareil
    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-rapatriement-des-armoiries-royales-de-france.qc
    François Mitterrand
    Un peuple qui n’enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité

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    • Soldat Sanspareil

    Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France

    Plaque commémorative Les Français victorieux

    Pour en savoir plus consulter les liens suivants:

    http://inventairenf.cieq.ulaval.ca:8080/inventaire/oneLieu.do?refLieu=704&returnForward=%2FonePersonnage.do%3FrefPersonnage%3D47

    http://inventairenf.cieq.ulaval.ca:8080/inventaire/oneImage.do?refImage=1026

    Hommage aux victorieux de 1760!

    Soldat Sanspareil
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    Quoi de mieux que d’entendre l’histoire de la bouche même de celui qui l’a vécu?

    http://books.google.ca/books?id=_YECAAAAMAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

    Amicalement

    André Lefebvre

    Quoi de mieux que d’entendre l’histoire de la bouche même de celui qui l’a vécu?

    http://books.google.ca/books?id=_YECAAAAMAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

    Amicalement

    André Lefebvre

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    • Soldat Sanspareil

    Discours prononcé le mercredi, 18 juillet 1855, par l’Honorable P. J. O. Chauveau: surintendant de l’éducation pour le Bas-Canada à la cérémonie de la pose de la pierre angulaire du monument dédié, par souscription nationale, à la mémoire des braves tombés sur la plaine d’Abraham, le 28 avril 1760.

    Pour en faire la lecture consulter le lien suivant:

    http://www.archive.org/stream/cihm_22528#page/n5/mode/2up

    Bonne lectures et découvertes!

    Soldat Sanspareil
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    • Soldat Sanspareil

    Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France

    Monument des Braves

    CHRONOLOGIE

    Année début
    Année fin
    Historique

    1855 Pose de la première pierre le 18 juillet 1855 sous la présidence du gouverneur général du Canada, sir Edmund Walker Head. La cérémonie devait avoir lieu le 25 juin, mais ayant su qu’un navire de guerre français était dans les eaux du Saint-Laurent, la cérémonie est retardée et le capitaine du navire, invité. (Site : Banque de données CCNQ)
    1860 Á l’occasion du centenaire de la bataille, on installe la base du monument á l’emplacement du moulin de Dumont.
    1861 Le 24 juin, le piédestal ainsi que la colonne de fonte sont érigés. Des démarches sont effectuées auprès de la France pour que celle-ci lui fasse don d’une statue symbolisant Bellone, déesse romaine de la guerre. (Site : Banque de données CCNQ)
    1863 Inauguration du monument entier le 19 octobre.
    1864 Le 30 juin, le terrain devient la propriété du gouvernement et monument national par un acte du Parlement. Ce terrain avait été acheté aux héritiers Tourangeau par la S.S.J.B. de Québec en 1855 et aussi une autre parcelle de terrain de Julien Chouinard au même moment. (Site : Banque de données CCNQ)
    1892 Restauration du monument : Colonne du monument repeinte 3 fois d’une composition de bronze et de vernis, statue retouchée, base du monument resolidifiée. L’aménagement paysager, entourant le monument, est également complété avec 5000 pieds carrés de gazon. (Site : Monuments de Québec)
    1908 Le monument et le terrain deviennent la propriété de la Commission des champs de bataille nationaux.
    1914 Deuxième restauration et suppression de la clôture qui entourait, à l’origine, le monument.
    1970 Le monument est déplacé de 24 pieds pour laisser place à l’élargissement du chemin Sainte-Foy.

    http://inventairenf.cieq.ulaval.ca:8080/inventaire/oneLieu.do?refLieu=667&sortPropRepere=auteur&ascRepere=true

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    • Soldat Sanspareil

    Plaque du Moulin Dumont

    http://inventairenf.cieq.ulaval.ca:8080/inventaire/oneLieu.do?refLieu=700

    Le moulin de Dumont et la bataille de Ste-Foy

    http://www.ourroots.ca/page.aspx?id=376165&qryID=73866835-92b7-4215-8e43-0173a4b2c613

    Le récit de la Victoire de Ste-Foy 28 avril 1760

    http://www.ourroots.ca/page.aspx?id=376162&qryID=73866835-92b7-4215-8e43-0173a4b2c613

    Hommage aux braves de 1760!

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    • Soldat Sanspareil

    Lettres du chevalier de Lévis concernant la guerre du Canada (1756-1760)

    Pour en faire la lecture consulter le lien suivant:

    http://www.archive.org/stream/duchevalierconcer02levirich#page/n9/mode/2up

    Honneur à Lévis!

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