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La baisse de l’espérance de vie, c’est la faute du vent

… ou des mouches, ou de ma concierge.

 

Ainsi donc, pour la première fois depuis bien longtemps, l’espérance de vie en France a baissé. De 0,3 année pour les hommes et 0,4 pour les femmes. Officiellement, cela serait due à une hausse de la mortalité et à une baisse de la fécondité en 2013 et 2014. La France est désormais quatorzième dans le monde, derrière l’Italie et l’Espagne. Les Etats-Unis sont trente-cinquième, derrière le Costa Rica, qui n’a pas d’armée, ceci expliquant peut-être cela.

 

Il est vrai qu’en 2015, 600 000 personnes sont décédées, soit 40 000 de plus que l’année précédente. Lors de la première campagne de droite contre les retraites, la classe dominante, relayée par la plupart des médias, nous expliquait que, comme nous allions continuer à vivre de plus en plus vieux, il fallait repousser l’âge de la retraite pour assurer son financement. On parle aujourd’hui de 67 ans. Il est très étrange que les dirigeants solfériniens ne se soient pas exprimés sur ce recul de l’esparance de vie. Les médias de droite, quant à eux, nous ont assuré qu’il s’agissait d’un recul conjoncturel dû à la grippe et à la canicule.

 

Tous les démographes le disent : les changements structurels sont très profonds, viennent de très loin, sont difficiles à repérer, à analyser et, comme les glaciers dans leur marche lente, presque impossible à contrecarrer. Souvenons-nous, par exemple, de la chute spectaculaire de la natalité dans des pays catholiques « pondeurs » comme l’Irlande, l’Italie ou l’Espagne. Il n’est pas exclu que nous soyons dans une tendance structurelle très lourde. D’où le mutisme des dirigeants.

 

 

 

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Une question qui n’a pas été posée par nos médias est de savoir si le recul de l’espérance de vie n’aurait pas tout simplement un rapport avec les conditions de vie et de travail des Français depuis 40 ans. Ceux-ci passent de plus en plus de temps dans les transports, la pollution dans les villes est chaque année plus présente, nos aliments sont de plus en plus infestés par la chimie et, comme le niveau de vie baisse dans de larges fractions de la population, de nombreux Français ont de plus en plus recours à de la « malbouffe » conditionnée industriellement. Les travailleurs sont banalement victimes d’épuisement professionnel (il n’y a que les présidents d’université pour ne pas se rendre compte qu’un tiers au moins de leurs collègues sont burnoutés). Par ailleurs, les Français d’aujourd’hui dorment une heure de moins que ceux de 1950 et deux heures de moins que ceux de 1900 (à cause des écrans, et du travail de nuit qui se généralise). Il n’y a guère plus de deux salariés sur dix qui prend des vacances normales, en continu, réellement réparatrices.

 

Et puis, il faut bien parler de la santé, en tant que donnée institutionnelle. Assurément, la science progresse chaque jour et des maladies autrefois mortelles sont vaincues facilement. Mais des centaines de médicaments sont déremboursés, les tarifs des mutuelles augmentent, le numerus clausus dans les maladies médicales est une aberration qui empêche de nombreux jeunes (issus des classes populaires en particulier) d’exercer la médecine, des spécialités comme l’ophtalmologie (un an d’attente dans de nombreux cabinets) seront bientôt rayées de la carte. Un nombre croissant de Français – les jeunes notamment – ne se soignent plus ou ont recours à l’automédication par internet.

 

Tout cela se paye et se payera, comme se payera le fait que des centaines de milliers de jeunes de dix à trente ans seront sourds à cinquante ans après quelques dizaines de milliers d’heures d’écoute de musique par des oreillettes.

 

Tant que les travailleurs seront perçus comme un « coût » facteur de « charges », cette situation continuera à se dégrader.

 

 

Le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) établit un Indice composite du développement humain (IDH) qui prend en compte la richesse par habitant, l’éducation et la santé (espérance de vie incluse). Le PNUD établit un classement des pays selon la valeur de leur IDH.

En 1995, la France était au 2ème rang derrière le Canada. Et puis, patatras ! Elle se situait au 12ème rang en 2000, au 20ème en 2012, derrière le Royaume-Uni, l’Islande, la Corée du Sud, Israël, le Luxembourg, le Japon, et la Belgique.

 

Au Japon, l’espérance de vie continue d’augmenter. Le seul pays qui fait mieux est … Monaco. Vous m’en direz tant !

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Bernard Gensane

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  1. avatar

    Mon commentaire précédent n’a rien à faire ici .
    C’est sous un autre qu’il devrait se trouver
    Je vous présente mes excuses