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L?inflation est-elle de retour? La politique mon?taire des banques centrales est suspecte

Source: Alter Info

Trop longtemps les citoyens se sont d?sint?ress?s des questions mon?taires et du syst?me bancaire. C?est l? une des nombreuses causes de la crise financi?re qui a peu ? peu d?mytifi? tout d?abord les directeurs des grandes banques, puis les gouvernements, et maintenant les responsables des banques centrales. Mais les choses ont chang?. Non seulement les politiques et les associations, mais ?galement de nombreux citoyens se r?unissent, r?fl?chissent et discutent du syst?me mon?taire, officiellement ou dans des cercles priv?s, comme il convient ? une soci?t? civile responsable. Et c?est bien ainsi. L?article ci-dessous vise ? apporter une contribution au d?bat.

La plus importante organisation ?cono?mique de Suisse, economiesuisse, a publi? r?cemment un document intitul? ?Kehrt die Inflation zur?ck?? (?L?inflation est-elle de retour??) Ses deux auteurs, de l?Universit? de Saint-Gall, critiquent la politique actuelle des banques centrales. Nous allons r?sumer ici les principales th?ses de cette ?tude et les illustrer d?exemples fournis par des ?v?nements r?cents. Les auteurs pr?sentent leur ?tude sous forme de th?ses car la complexit? des probl?mes ne permet pas d?effectuer des pronostics s?rs.

?Quantitative easing? 1 et 2

Auparavant, on parlait de ?planche ? billets? que les politiques d?cidaient, en collaboration avec les banques centrales, de faire fonctionner lorsqu?ils ne savaient plus que faire ou lorsqu?ils menaient une guerre ou en pr?paraient de nouvelles. Pour dissimuler la r?alit?, on parle aujourd?hui de ?quantitative easing?, c?est-?-dire d??assouplissement quantitatif?. Le patron de la FED Ben Bernanke a ?t? le premier ? proc?der ainsi. En novembre 2008, il annon?a le programme QE1. Il acheta alors avec des dollars nouvellement ?mis des quantit?s de titres: pour 175 milliards d?emprunts des g?ants du refinancement hypoth?caire Fanny Mae et Freddie Mac (qui jouent tous les deux un r?le central dans la crise am?ricaine de l?immobilier), pour 300 milliards d?emprunts d?Etat am?ricains et pour 1250 milliards de titres hypoth?caires probl?matiques. Cette politique ?tait cens?e stabiliser le march? de l?immobilier.
Or cet objectif n?a pas ?t? atteint. Les march?s financiers se sont certes un peu calm?s, pour diverses raisons, mais le march? de l?immobilier n?est absolument pas assaini.
Il y a quelques semaines, la Banque centrale am?ricaine a annonc? le programme QE 2, de moindre ampleur que le QE 1: Alors que le premier ?tait de 1750 milliards de dollars, le second, de 600 milliards, est ? peu pr?s 3 fois moins important.
D?autres banques centrales ont embo?t? le pas ? la FED. La Bank of England a pratiqu? ?galement le ?quantitative easing? en rachetant des emprunts d?Etats du gouvernement avec 200 milliards de livres nouvellement cr??es. Et Londres a d?j? annonc? d?autres mesures. Le Japon et la Banque centrale europ?enne (BCE) proc?dent de m?me. On ne saurait douter que la BCE continuera de faire fonctionner encore davantage la ?planche ? billets? (ou plut?t son ?quivalent ?lectronique), en particulier pour racheter des emprunts d?Etat pourris. Le capital propre de la BCE devrait prochainement ?tre doubl? au moyen de contributions de ses membres afin de couvrir les pertes futures.

Comment en est-on arriv? l? ?

Dans de nombreux pays, la politique des banques centrales s?accompagne de mesures de sauvetage de l??conomie et des banques qui atteignent des sommes records et ont augment? de mani?re consid?rable la dette publique. Mais ce n?est pas la seule raison de la situation actuelle. L??norme endettement actuel est l?aboutissement de montagnes de dettes qui se sont accumul?es pendant quatre d?cennies et qui avaient d?j? atteint un niveau inqui?tant avant la crise. La dette souveraine des Etats-Unis, p. ex., a presque doubl? au cours des cinq derni?res ann?es et va d?passer ces jours-ci 14 000 milliards de dollars. Et ce montant ne comprend pas les dettes inqui?tantes des communes et des Etats f?d?r?s.

La politique mon?taire des banques centrales est-elle r?aliste?

Dans la vie ordinaire, chacun doit fournir un travail avant d??tre pay?. Contrairement ? autrefois, les banques centrales proc?dent de mani?re inverse: elles cr?ent ? partir de rien de l?argent avec lequel ceux qui le re?oivent peuvent acheter des biens et des services que les autres ne peuvent obtenir qu?en travaillant dur. Est-ce sain? A qui cela profite-t-il? Qui est d?savantag?? Quel est l?objectif de cette politique? Ben Bernanke, le patron de la FED, veut relancer l??conomie et r?duire le ch?mage avec de l?argent bon march?, cr?? de toutes pi?ces. Les banques re?oivent cet argent afin d?accorder des pr?ts cens?s permettre la cr?ation d?emplois. On esp?re ainsi ramener le ch?mage ? 5%, taux jug? ?normal? alors qu?il est aujourd?hui d?un peu moins de 10%.
Cela va-t-il fonctionner? En 2009, les banques am?ricaines ont accord? 1000 milliards de cr?dits de plus qu?en 2008. En 2010, la situation ?tait diff?rente. De nombreux Am?ricains ont pris conscience du fait qu?ils ont longtemps v?cu au-dessus de leurs moyens. Ils ont commenc? ? rembourser leurs dettes, ce qui est en soi r?jouissant (et devrait continuer pendant de longues ann?es). L?ann?e derni?re, ils ont rembours? plus de dettes qu?ils n?en ont contract?es. Certains particuliers et certaines entreprises commencent ? se d?barrasser de leurs dettes. Mais cela ne cr?e gu?re d?emplois. Depuis le d?but de la crise, 7,5 millions d?emplois ont ?t? supprim?s et n?ont pas ?t? recr??s jusqu?ici.
Selon les derni?res statistiques, le ch?mage se maintient entre 9 et 10%. Si on le mesure selon les m?thodes des ann?es 1930, il touche plus de 20% de la population active. Mais aujourd?hui, on ne comptabilise que les demandeurs d?emploi indemnis?s par l?assurance-ch?mage. Qu?est-ce que cela signifie? Des millions d?Am?ricains ne contribuent pas au d?veloppement ?conomique du pays bien que la situation se soit un peu am?lior?e et qu?un petit nombre d?emplois aient ?t? cr??s. Le taux d?activit? ? la part des actifs dans la population totale ? continue de baisser et n?a jamais ?t? aussi bas qu?aujourd?hui. Le nombre des b?n?ficiaires de bons alimentaires (Supplemental Nutrition Assistance Program) a atteint 43 millions, un record.

De l?argent cr?? comme par miracle

Aujourd?hui, les banques peuvent cr?er des billets de banque en appuyant sur un bouton. Cependant, elles ne peuvent pas vraiment d?cider de la destination de cet argent. Ces derni?res ann?es, les Etats-Unis et d?autres pays ont d?localis? une partie importante de leur production ? l??tranger, vers des pays comme la Chine, les Philippines, la Cor?e, l?Indon?sie et ?galement l?Am?rique du Sud, o? les salaires sont inf?rieurs. Les ?merveilleux? appareils d?Apple sont vendus partout dans le monde parce qu?ils permettent si bien de t?l?phoner, de jouer, de surfer sur Internet, etc. L?entreprise am?ricaine fait des profits records mais ne cr?e que peu d?emplois aux Etats-Unis parce que ces appareils sont fabriqu?s en Asie. Comme le pr?cise la soci?t?, ils sont ?con?us en Californie et produits en Chine?.
Aujourd?hui, d?immenses secteurs ?conomiques seraient n?cessaires pour r?duire vraiment le ch?mage. En th?orie, les emplois perdus dans l?industrie devraient ?tre compens?s par des emplois cr??s dans les services. Mais est-ce r?aliste? Peut-on y offrir des emplois ? des millions de ch?meurs. On se rend compte de plus en plus que des pro?bl?mes structurels comme le taux ?lev? de ch?meurs ne peuvent pas ?tre r?solus en faisant fonctionner la planche ? billets.

?Argent vagabond?

Qu?advient-il de cet argent nouvellement cr?? qui ne circule pas ou pas comme il devrait? Il ?se prom?ne? et cr?e de la croissance et de la prosp?rit? dans d?autres parties du monde. Mais est-ce vrai? Les auteurs de l??tude d?economiesuisse parlent dans leurs th?ses d??argent vagabond? qui va avant tout dans les pays o? les investisseurs escomptent d?importants profits parce qu?ils sont prosp?res, qu?ils n?ont pas travers? de crise immobili?re et ne sont touch?s par la crise financi?re que de mani?re marginale.
Il s?agit notamment du Br?sil, qui vit une p?riode de prosp?rit?. Pendant le seul mois d?ao?t dernier, 242 000 emplois ont ?t? cr??s. Les salaires, l?inflation et ?galement les taux d?int?r?ts augmentent. Les ventes de voitures ont atteint des records. On construit un grand nombre de maisons. Le taux de ch?mage n?a jamais ?t? aussi bas dans l?histoire du Br?sil. A premi?re vue, c?est tr?s r?jouissant.
Mais quand on y regarde de plus pr?s, on se met ? en douter. L?argent des sp?culateurs ?trangers stimule artificiellement la croissance et provoque une situation malsaine et fragile. On observe d?j? des signes de surchauffe, de boom immobilier et de ?bulle immobili?re?. La hausse des taux d?int?r?ts pourrait provoquer un effondrement de la conjoncture, avant tout parce que les propri?taires de maisons ne pourront plus payer les int?r?ts ou que les consommateurs se verront incapables de rembourser les dettes qu?ils ont contract?es ? la l?g?re. Ce ph?nom?ne nous est maintenant tr?s familier. Les Am?ricains, les Espagnols, les Irlandais notamment en savent quelque chose.
A cela s?ajoute le fait que les sp?culateurs ?trangers reprennent vite leur argent quand l?horizon ?conomique commence ? s?assombrir. Il y a dix ans, lors de la crise asiatique, de nombreux pays en ont fait l?exp?rience. Les fonds sp?culatifs ?trangers, avant tout, ont caus? d?importantes difficult?s financi?res ? ces pays lorsqu?ils ont stimul? artificiellement la croissance puis se sont retir?s rapidement lorsque leurs attentes ont ?t? d??ues.
De nombreux pays asiatiques et surtout des pays d?Am?rique du Sud prennent aujourd?hui des mesures pour freiner l?afflux exag?r? et dangereux de dollars. Ainsi, la Cor?e du Sud a d?j? promulgu? des lois visant ? r?duire l?afflux de capitaux ?trangers. L?Indon?sie fait de m?me. Le Br?sil et la Tha?lande ont augment? les imp?ts des ?trangers qui vendent des titres dans ces pays.

Pourquoi l?inflation est-elle encore ? peine visible?

Economiesuisse soul?ve dans ses th?ses une autre question essentielle: Pourquoi le ?quantitative easing?, c?est-?-dire le doublement, voire le triplement de la masse mon?taire dans beaucoup de pays n?ont-ils pas depuis longtemps entra?n? une d?valuation?
Les auteurs de l??tude avancent diff?rentes raisons: Tout d?abord, l?exp?rience a montr? qu?il faut 3 ? 4 ans pour que les prix augmentent. Certains facteurs acc?l?rent le ph?nom?ne et d?autres le ralentissent: Ainsi l?automatisation progressive de la production freine la hausse des prix. Elle a eu pour r?sultat qu?en bien des endroits les capacit?s industrielles ne sont pas pleinement utilis?es. Avec l?appareil de production actuel, on pourrait produire davantage. En d?autres termes, l?offre potentielle est plus importante que la demande.
La concurrence globale a le m?me effet. Par exemple, si le groupe VW voulait augmenter ses prix de 10%, de nombreuses personnes dans le monde entier pr?f?reraient acheter des voitures fran?aises ou japonaises dont les usines ne tournent pas ? plein r?gime et seraient heureuses de vendre leurs voitures ? l?ancien prix.
L?argent nouvellement ?mis par les banques centrales est certes pr?t ? cr?er une demande suppl?mentaire dans les pays occidentaux touch?s par la crise, mais pour le moment le ph?nom?ne est peu perceptible. Les Am?ricains, par exemple, consomment moins. Malgr? de faibles taux d?int?r?ts, ils ont commenc? ? ?pargner et ils remboursent leurs dettes. L?argent frais cherche une autre utilisation et commence ? ?vagabonder?, comme le montrent les auteurs de l??tude d?economiesuisse. Il sert ? acheter des titres et s?investit dans les Bourses des mati?res premi?res dont certaines enregistrent de nouveau des records. Ou il s?investit ? comme nous l?avons dit ? dans les pays d?Asie ou d?Am?rique du Sud qui ont ?t? moins touch?s par la crise et o? les investisseurs ?trangers escomptent des rendements ?lev?s.

L?inflation revient

La politique mon?taire extr?mement expansive d?aujourd?hui augmente consid?rablement la masse mon?taire en circulation. Cependant l?effet sur les prix se fait sentir avec un retard consid?rable. ?La politique mon?taire d?aujourd?hui d?termine le taux d?inflation d?apr?s-demain.? (economiesuisse). Certes, les responsables des banques cen?trales affirment que dans les pays occidentaux le rench?rissement sera limit? et qu?ils seront vigilants, mais ils se gardent de faire des pronostics pour les prochaines ann?es.
Voici un exemple actuel: Le 3 f?vrier, le Conseil de la BCE a d?cid? de poursuivre sa politique mon?taire expansive et de maintenir son taux directeur ? 1% malgr? l?inflation. Son pr?sident Jean-Claude Trichet a d?clar? qu?il ne voyait l? aucun risque pour la stabilit? des prix et que la BCE n?avait aucune raison de modifier sa politique mon?taire.
Or il n?y a pas uniquement des facteurs qui ralentissent l?apparition de l?inflation: il y en a aussi qui l?acc?l?rent:
1. Les prix des mati?res premi?res, de l??nergie et des denr?es alimentaires augmentent consid?rablement sur les march?s mondiaux. Le p?trole co?te de nouveau 100 dollars, le prix du minerai de fer a presque doubl?, ceux du gaz et de l??lectricit? ont, en Allemagne, augment? de 25%, ceux des c?r?ales ont augment? de presque 50% dans les Bourses des mati?res premi?res, celui du coton a doubl?, etc. Et comme d?habitude, la sp?culation renforce la tendance.
2. La Chine, le Br?sil, l?Inde et d?autres pays ?mergents sont en plein boom. Ils souffrent d?j? d?une forte inflation et ont pris des mesures rigoureuses. Ainsi les banques doivent avoir des r?serves plus importantes et mod?rer leurs octrois de cr?dits. La Banque centrale chinoise a d?j? relev? deux fois ses taux directeurs. La Cor?e du Sud et la Tha?lande ont fait de m?me. Les pays occidentaux ach?tent une bonne partie de leurs produits industriels dans les pays d?Asie et d?Am?rique du Sud. La surchauffe et l?inflation galopante que subissent ces pays rench?rissent les biens que nous importons. Nous nous en rendrons bient?t compte lors de nos achats.
3.Une guerre mon?taire se dessine: Tandis que lors de la crise ?conomique mondiale des ann?es 1930, les diff?rents pays prot?geaient leur ?conomie au moyen de droits de douane, un ph?nom?ne semblable se produit aujourd?hui avec les monnaies. Ainsi les Etats-Unis affaiblissent le dollar en recourant ? la planche ? billets, si bien que leurs entreprises peuvent offrir leurs produits et services moins chers sur le march? mondial. En m?me temps, la FED comble avec l?argent frais les ?trous? du budget f?d?ral et d?pr?cie la montagne de dettes accumul?e pendant des d?cennies et devenue impossible ? rembourser.
Cette politique ne passe pas inaper?ue. D?autres banques centrales imitent les Etats-Unis et an?antissent l?avantage de ces derniers dans le commerce mondial. Ainsi, la BCE, gr?ce ? la planche ? billets, remplit les caisses vides des pays en crise, d?value leur monnaie et leur montagne de dettes. Et d?autres pays, dont le Japon, font de m?me. Quelles seront les cons?quences de cette politique?
La confiance dans les autorit?s mon?taires diminue d?une mani?re g?n?rale. Les auteurs de l??tude d?economiesuisse arrivent ? la conclusion qu?une v?ritable ?guerre mon?taire? menace de se produire qui va d?clencher dans le monde une pl?thore de liquidit?s et tr?s probablement une inflation au plan mondial dont les cons?quences pour les populations seront d?vastatrices. Des indices sont-ils d?j? perceptibles? Qui paiera la note?
Le taux d?inflation est d?j? de 3% en Angleterre et de plus de 2% dans la zone euro. La tendance continue cette ann?e bien que les statistiques officielles soient controvers?es. Un professeur de l?Universit? de Fribourg-en-Brisgau a calcul? l?inflation ?ressentie? au moyen d?une m?thode qui donne davantage de poids ? la hausse des prix des biens de consommation courante. Il a ainsi obtenu pour l?Allemagne un taux presque 3 fois plus ?lev? que celui des statistiques officielles.
Pour r?sumer, je renvoie les lecteurs ? un article paru dans la ?Neue Z?rcher Zeitung? du 18/1/11, intitul? ?Les souffrances des petites gens ? M?me une faible inflation r?duit de mani?re consid?rable le pouvoir d?achat de l?argent ? longue ?ch?ance?. L?auteur renvoie notamment ? un calcul de la Bundesbank selon lequel le dollar a perdu, depuis ao?t 1973, date o? a ?t? instaur? l?ordre mon?taire actuel, 86,6% de son pouvoir d?achat.1

Les banques centrales sont-elles tenues en laisse par les politiques?

Les banques centrales pourraient mettre un terme ? leur politique mon?taire extr?mement expansive. Cela ne poserait pas de probl?mes techniques mais co?terait tr?s cher aux Etats surendett?s car les int?r?ts plus ?lev?s gr?veraient leur budget et freineraient l??conomie. Une augmentation de 1% du taux dans la zone euro entra?nerait une augmentation de 70 milliards d?euros de charges d?int?r?ts. Selon l??tude d?economiesuisse, on peut douter que les banques centrales soient pr?tes ? r?sister ? la pression politique et ?conomique exerc?es sur elles par les gouvernements pour qu?elles continuent de pratiquer le ?quantitative easing?, voire qu?elles l?intensifient. Le plan ?Quantitative easing 2? prend fin le 30/6/2011. Tom Hoenig, pr?sident de la FED de Kansas City et membre de l?Open Market Committee, s?est oppos? ces derniers mois ? la politique officielle de la FED. Aujourd?hui, il nous apprend qu?elle envisage de mettre en ?uvre un plan ?Quantitative easing 3? si la conjoncture ?conomique continue d??tre d?cevante.
Ajoutons un autre facteur: On est frapp? par le fait que les plus importantes banques centrales comme la FED, la Bank of England, la BCE, la Bank of Japan et ?galement la BNS coordonnent leurs politiques mon?taires. Certes, il existe des diff?rences, mais ces banques synchronisent leurs politiques mon?taires sous la houlette de la FED et de son patron Ben Bernanke. Ce dernier a succomb? ? l?illusion selon laquelle, pour mettre un terme ? la crise, il faudrait faire marcher vite et fort la planche ? billets. Il se trouve que cette politique ne devrait pas ?tre abandonn?e de sit?t. Il n?est donc pas facile pour les autres banques centrales d?adopter une strat?gie diff?rente. L?inflation ? venir ? telle est la conclusion de l??tude d?economiesuisse ? sera tr?s probablement globale.

Alors, est-ce si grave?

?A longue ?ch?ance, nous serons tous morts?. C?est avec cet ?argument? que l??conomiste des ann?es 1930 John Maynard Keynes r?pondait aux voix critiques qui affirmaient qu?? long terme, la politique de d?sendettement financ?e par le recours ? la planche ? billets menait ? une impasse. A ce sujet, les auteurs de l??tude d?economiesuisse font remarquer pertinemment que ?le long terme va pourtant arriver. Et nous ne serons pas tous morts, mais occup?s ? r?viser l?actuelle politique mon?taire mondiale.?

Conclusion

Les auteurs de l??tude parviennent ? la conclusion suivante:
?Aujourd?hui, les acteurs ?conomiques adaptent beaucoup plus vite que dans les ann?es 1970-1980 leurs anticipations d?inflation aux informations nouvelles. La hausse du taux d?inflation peut par cons?quent ?tre plus rapide. Par la suite, les investisseurs veulent voir leurs pertes compens?es par des taux d?int?r?ts plus ?lev?s. La r?putation des banques centrales, cens?es vouloir et pouvoir assurer la stabilit? des prix, en souffre et ne fait qu?augmenter les anticipations d?inflation. Il en r?sulte que les acteurs ?conomiques anticipent des taux d?inflation constamment ?lev?s. La hausse des prix des mati?res premi?res se r?percute sur l??volution g?n?rale des prix. La spirale prix-salaires, que rien n?annonce actuellement, entra?ne des taux d?inflation non seulement plus ?lev?s mais persistants. [?] De nombreux indices parlent malheureusement en faveur de ce sc?nario inflationniste. Par cons?quent, une politique mon?taire restrictive des banques centrales visant le retour ? la stabilit? des prix conduirait ? une r?cession mondiale. La r?duction de l??norme exc?dent de liquidit?s global va co?ter tr?s cher. Plus on attendra, plus graves seront les cons?quences pour l??conomie globale.??? ??

1?? ?www.nzz.ch/finanzen/nachrichten/das_leiden_der_kleinen_leute_1.9130923.html

Les Etats lors de la crise de l?endettement ? crise de liquidit?s et surendettement

ww. Un pays subit une crise de liquidit?s lorsqu?il passe par des difficult?s financi??res et que sa capacit? de paiement n?est plus assur?e passag?rement. Dans de telles situations, l?octroi de cr?dits est tout ? fait ad?quat. Si l?insolvabilit? est patente ou l?endettement excessif, la capacit? de paiement du pays est mise en question durablement. Des cr?dits suppl?mentaires n?am?liorent pas la situation qui, bien au contraire, empire, car un surendettement ne s??limine pas en contractant davantage de dettes. Dans ce cas, seule l??pargne et un assainissement soigneusement planifi? per?mettent de r?tablir la situation. Font partie de ces mesures des coupes parfois doulou?reuses et des programmes draconiens, qui peuvent d?clencher une v?ritable crise d?ajustement. La raison en est claire: sur le plan des d?penses publiques figurent des entreprises et des particuliers qui re?oivent ces fonds. si ces d?penses font d?faut ou que les imp?ts sont major?s, les d?penses doivent ?tre ajust?es et chacun doit se serrer la ceinture.
Exemples actuels: La Gr?ce a ?gel?? les rentes de ses retrait?s, r?duit les salaires des fonctionnaires et pr?vu des coupes sombres dans les assurances sociales. La taxe ? la valeur ajout?e doit ?tre major?e de deux points de pourcentage. L?Italie et le Portugal ont d?cid? ?galement de proc?der ? des coupures. L?Irlande s?appr?te ? licencier 250 000 fonctionnaires. Des taxes de toutes natures seront major?es et un nouvel imp?t foncier sera ?tabli.

D?valorisation de l?argent

En r?gle g?n?rale, la r?duction de l?endettement s?effectue par les voies suivantes: il faut accro?tre les recettes ou r?duire les d?penses ou en interrompre le remboursement. Seul l?Etat a une autre possibilit?: Gr?ce au monopole d??mission de papier-monnaie qu?il exerce par l?interm?diaire de la banque centrale, il peut cr?er de l?argent et, partant, assurer le service de la dette, ce qui aboutit t?t ou tard ? la d?valorisation de la monnaie.
L?inflation est une arme ? double tranchant. Si la valeur des dettes diminue, la m?me ?volution frappe l??pargne et les fonds que les citoyens versent aux caisses de pension pendant de nombreuses ann?es. Ce processus exerce les m?mes effets que les imp?ts sur les citoyens. L?Etat r?duit ?l?gamment la valeur de sa dette sans devoir exiger directement la cr?ation de nouveaux imp?ts. L?exp?rience montre que les gouvernements consid?rent une forte d?valorisation de la monnaie comme moyen ?prouv? permettant de r?duire un endettement massif. Toutefois, cette voie est interdite aux divers membres de l?Union europ?enne, la BCE ?tant la seule ? pouvoir ?imprimer? de la monnaie pour tous.
Aux Etats-Unis, de plus en plus de voix (celle du prix Nobel Paul Krugman, par exemple) retentissent, qui r?clament ouvertement une inflation ?contr?l?e? pour r?duire les dettes. Elles parlent de ?r?flation? comme objectif de la politique mon?taire. Cependant, d?aucuns contestent que l?inflation puisse vraiment ?tre contr?l?e. De hautes vagues de rench?rissement ont toujours exerc? des effets catastrophiques jusqu?? maintenant, sur la population tout au moins.

Union de transferts

Une autre possibilit? de r?soudre une crise de surendettement consiste ? effectuer des transferts de fonds. Les membres ?conomiquement les plus forts sont incit?s ? reprendre la charge des autres. Toutefois, cette m?thode ne permet pas de r?soudre les pro?bl?mes des pays faibles, car ceux-ci ne sont pas incit?s ? se planter sur leurs propres jambes. En lieu et place, un syst?me est ?rig? pour tirer ?galement les forts dans l?ab?me. Plus judicieuse semble une aide g?n?reuse accompagn?e, lors d?un nouveau d?but.

Assainissement dans l?ordre

Il reste la possibilit? de mettre de l?ordre dans un budget aux dettes excessives en adoptant des mesures d?assainissement et en invitant les cr?anciers ? renoncer ? une partie de leurs cr?ances. Ceux-ci devraient accepter de subir une ?coupe de cheveux?, comme on dit dans le jargon de la branche. Cette voie s?impose si l??pargne ? elle seule aboutit ? une situation insupportable et ne suffit pas ? r?soudre le probl?me.
Une question se pose cependant: lorsqu?une entreprise priv?e voit son endettement d?passer son patrimoine, son patrimoine d?passer moins que son endettement et la moiti? de son capital net ou plus que cette somme, la loi r?gle exactement comment proc?der (en Suisse, article 725 du Code des obligations). Les actionnaires se rencontrent par exemple lors d?une assembl?e g?n?rale et prennent des mesures d?assainissement. Le cas ?ch?ant, ils concluent avec les cr?anciers une convention qui r?duit la charge de la dette et assure ainsi la survie de l?entreprise.
De telles r?gles font d?faut dans le cas d?Etats endett?s ? l?exc?s. Il n?est pas fix? non plus avec pr?cision ? quel moment le surendettement de l? Etat survient, ni s?il faut proc?der ? un assainissement. Il y a cependant des affaires exemplaires r??centes, dont on peut tirer les le?ons, comme la crise de l?endettement dans l?Am??rique du Sud des ann?es quatre-vingt ou de l?Argentine de 2002.
L?Islande pourrait b?n?ficier d?un assainissement si la population s?en tient ? la d?cision populaire de ne pas rembourser les dettes anciennes du secteur banque en ligne de la banque en faillite Kaupthing. Au d?but de 2010, les citoyens islandais avaient refus? ce plan ? raison de 93% de Non, bien que le Parlement l?e?t adopt?. Ces r?sultats refl?tent l??cart consid?rable qui s?est creus? entre les politiciens et le peuple, et cela non seulement en Islande.
Dans la crise de l?euro, il y a, outre l?inflation envisag?e d?lib?r?ment, voire stimul?e volontairement, deux options seulement: une union de transferts ou une consolidation de la dette dans le cadre d?un assainissement dans l?ordre, ce qui constituerait le moindre mal ? mon avis.
Sous les pressions de la chanceli?re allemande, Angela Merkel, le r?cent sommet de l?UE a d?cid? d?envisager des mesures d?assainissement des finances publiques, mais de ne les r?aliser qu?apr?s 2013, ce que l??conomiste des Etats-Unis Nouriel Roubinest consid?re comme trop tardif.

La dette publique des Etats-Unis

Fin d?cembre, la dette publique des Etats-Unis a d?pass? la marque de 14 billions de dollars! Pour accumuler le dernier billion (1000 milliards), il n?a fallu que sept mois. Fin 2008, elle s??levait encore ? 10 billions de dollars. Au mois de f?vrier 2010 le pr?sident am?ricain Obama avait augment? la limite sup?rieure pour la dette publique ? 14,3 billions de dollars, maintenant il doit d?urgence imposer un ?largissement de ce cadre. Pr?alablement, de nombreux d?put?s ont r?clam? des mesures d??pargne vigoureuses dont ils font d?pendre leur accord. On a d?j? pens? ? des ?pargnes intenses dans le secteur de la s?curit? sociale et de la sant?, un peu aussi dans le secteur de l?armement. Selon un sondage actuel fait par Vanity Fair et CBS, 61% des personnes interrog?es ?taient, avant toute autre mesure, pour une augmentation des imp?ts demand?s aux riches. Les R?publicains s??taient r?cemment engag?s avec succ?s pour les r?ductions fiscales d?cid?es sous George W. Bush, lesquelles facilitent avant tout la vie des riches et des super riches. En deuxi?me place viennent, avec un grand ?cart ? les revendications de la r?duction des d?penses dans le secteur de l?armement. Il n?y en a que 35% qui soutiennent encore la guerre en Afghanistan. La situation financi?re fatale a aussi saisi maintenant en plein les Etats f?d?r?s et de nombreuses communes. On y a d?cid? des mesures d??pargne, que nous Europ?ens ne pouvons m?me pas (encore) imaginer:
A Detroit, la moiti? des ?coles ont ?t? ferm?es, ce qui fait monter le nombre d??l?ves par classe ? 62. Le maire de Detroit veut r?duire de 20% les d?penses pour la police et pour l?enl?vement des ordures m?nag?res. Le maire de New York Michael Bloomberg a ferm? 20% des sapeurs-pompiers, et veut proc?der ? des licen?ciements dans toutes les administrations publiques. Le gouverneur de New York Andrew
Cuomo veut fermer 20% des services de l?Etat. La l?gislative d?Illinois a adopt? une hausse des imp?ts sur les revenus de 66% et elle n?a plus pay? ses fonc?tionnaires depuis six mois, a d?clar? le ministre des Finances Dan Hynes sur CBS. A Prichard, en Alaska, les retrait?s ne re?oivent plus de retraites. Le gouverneur de New Jersey a interrompu le paiement des retraites s??levant ? 3,1 milliards de dollars.
??? ?New Jersey doit quand m?me remplir une lacune budg?taire de 10 milliards de dollars bien qu?un milliard ait d?j? ?t? ?conomis? par des r?ductions faites dans les ?coles et par le licenciement de professeurs.
??? ?A Newark, les r?ductions drastiques des d?penses polici?res ont men? ? une augmentation nette du taux de d?linquance.
??? ?La deuxi?me ville la plus dangereuse aux Etats-Unis, Camden, a licenci? la moiti? des agents de police ? cause des probl?mes financiers.
??? ?En G?orgie, le Clayton County a aboli les services d?autobus publics pour faire des ?conomies s??levant ? 8 millions de dollars.
??? ?La police d?Oakland ne r?agira plus ? certains incidents, car sa capacit? est r?duite apr?s des mesures d??pargne. Parmi les cas auxquels on ne r?agira plus, comptent les d?g?ts faits aux voitures, le vol qualifi? et les infractions.
??? ?L?Arizona ne paie plus les transplantations d?organes pour les personnes assur?es dans le programme de sant? d?Etat Medicaid. L?Arizona a vendu les b?timents du Capitole, de la Cour Supr?me et de l?administration ? cause des n?cessit?s financi?res.
??? ?Partout aux Etats-Unis, les d?g?ts sur le routes asphalt?es ne sont plus r?par?s. Les trous sont remplis par du gravier, ce qui revient moins cher.

Source: Interinfo, f?vrier 2011, no 386

Les missions de la Banque nationale suisse selon la Constitution et la Loi

ww. Selon l?article 99 de la Constitution f?d?rale, la mission principale de la Banque nationale suisse (BNS) est la suivante: ?En sa qualit? de banque centrale ind?pendante, la Banque nationale suisse m?ne une politique mon?taire servant les int?r?ts g?n?raux du pays.? Quant ? l?article 5 de la Loi f?d?rale sur la Banque nationale, il stipule que:

1.?? ?La Banque nationale conduit la poli?tique mon?taire dans l?int?r?t g?n?ral du pays. Elle assure la stabilit? des prix. Ce faisant, elle tient compte de l??volution de la conjoncture. [?]

La BNS a eu recours ? des m?thodes peu conventionnelles ces deux derni??res ann?es. Elle a surtout achet? des quantit?s excessives d?euros gr?ce ? de l?argent nouvellement cr??, avec des r?sultats douteux. Elle a ainsi presque tripl? son bilan parall?lement ? la FED et ? la BCE ? et a pris de grands risques pour elle-m?me et pour le pays. Cela s?est produit alors que la Suisse est beaucoup moins touch?e par la crise de l?endettement que d?autres pays. Les dirigeants de la BNS ont-ils c?d? ? des pressions ext?rieures les poussant ? adapter de mani?re synchronis?e leur politique ? une tendance s?duisante mais illusoire?

Des pays de l?UE pillent les retraites de leurs citoyens

UE: Cinq pays de l?UE ? la Bulgarie, la Pologne, l?Irlande, la France et la Hongrie ? veulent saisir une partie, voire la totalit? des plans de retraite compl?mentaire de leurs citoyens afin de r?duire la dette publique.
A Bruxelles, l??crasante majorit? des eurocrates s?attendent ? ce que le fonds d?aide de l?UE de 440 milliards d?euros pour les pays en faillite soit au moins doubl? d?ici ? l??t? 2011. En outre, les gouvernements europ?ens, les banques et les entreprises ont besoin, pour leur financement de cette ann?e, de la somme colossale de 2400 milliards d?euros. Le sauvetage de l?euro, s?il est encore possible, co?tera aux contribuables beaucoup plus qu?annonc?. On ne voulait pas les inqui?ter.

Source: Interinfo, f?vrier 2011, no 386

Une innovation: l??imp?rialisme autrichien?

Le parti au pouvoir, le SP?, s?offre une organisation de jeunesse dont les repr?sentants s?y connaissent mieux en extr?misme marxiste qu?en d?mocratie. Le fait que cette attitude n?emp?che pas de faire carri?re est prouv? par l?exemple de l?ancien pr?sident des Jeunes socialistes (JS) Josef Cap ou de l?ancien pr?sident des JS de Vienne Werner Faymann, plus pr?cis?ment de sa ?strat?ge en chef? Laura Rudas. Conform?ment ? la tradition en mati?re de politique sociale des JS, les repr?sentants de Linz/R?merberg demandent le ?droit de s?jour pour tous? et ?l?abandon de la politique d?asile raciste?. Les jeunes espoirs des JS voient la cause de l?afflux de r?fugi?s de toutes sortes dans le ?fonctionnement de l?ordre capitaliste mondial? et dans un ?imp?rialisme autrichien?. Aux yeux des JS de Linz/R?merberg, l?imp?rialisme autrichien apporte sa contribution au maintien de l?ordre capitaliste mondial.

Source: Interinfo, f?vrier 2011, no 386

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