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L?euro, monnaie impos?e, n?est pas sauv? ?On assiste ? une succession de catastrophes

Source: Alter Info

Lorsque les d?put?s du Bundestag allemand ont approuv? en mai dernier le ?plan de sauve?tage? de l?euro sans en conna?tre les d?tails et le co?t d?finitif, ils s?imaginaient encore que la simple pr?sentation des instruments dispenserait de les mettre en ?uvre. Or il appara?t maintenant que la crise de la monnaie commune n??tait pas termin?e. Elle ne faisait que commencer.
Avant de nous pencher sur la question de savoir si et comment l?euro va survivre aux prochaines ann?es, constatons que depuis le printemps 2010, nous avons affaire ? un euro diff?rent: non plus ? une monnaie rempla?ant le mark allemand, ancienne monnaie de r?serve europ?enne, mais ? une monnaie europ?enne de crise, au mieux ? une esp?ce de franc fran?ais.
Lors d?un putsch organis? par les gouvernements principaux, la Commission europ?enne et la Banque centrale europ?enne, on a d?truit les trois piliers sur lesquels devait reposer un euro stable. Le fondement contractuel du Trait? de Maastricht est caduc. Le droit europ?en a ?t? viol? sans scru?pules.

Les trois principes sur lesquels repose l?euro

On sait que l?id?e d?un euro fort reposait sur trois principes. Premi?rement sur le fait que le d?ficit budg?taire devait ?tre inf?rieur ? 3% du PIB et la dette publique (= ensemble des emprunts contract?s par l?Etat) inf?rieure ? 60% du PIB. (Si ces ?crit?res de convergence? avaient ?t? respect?s, l?euro aurait pu fonctionner mais d?s 1999, au moment de son introduction en tant que monnaie scripturale, on ne les a pas pris au s?rieux.) Deuxi?mement, le Trait? contient la clause de no bail-out qui interdit ? un pays de la zone euro de r?pondre des dettes d?un autre pays. Et troisi?mement, la Banque centrale europ?enne devait ?tre ind?pendante de toute influence politique. Elle n?a pas le droit d?acheter des emprunts d?Etat et de mettre ainsi en circulation de l?argent ?frais?, c?est-?-dire de faire fonctionner la planche ? billets. Ces trois principes ont ?t? sacrifi?s ? l?opportunisme poli?tique. Si les gouvernements avaient ?t? fid?les au Trait?, la zone euro aurait probablement ?clat? d?s le printemps dernier.

L?gende du plan de sauvetage de 750 milliards d?euros

Depuis lors, on essaie de maintenir ? flot cette monnaie impos?e et de gagner du temps ? l?aide d?un grand bluff. Bluff facile ? percer ? jour si l?on examine de pr?s le plan de sauve?tage d?cid? en mai dernier:
??? ?L?UE elle-m?me peut apporter 60 milliards. Cette somme fait partie de son budget et est donc support?e par les 27 pays membres, pas seulement par les gouvernements de la zone euro. Il s?agit du M?canisme europ?en de stabilisation financi?re (MESF).
??? ?En outre, le Sommet de Bruxelles a cr?? l?Instrument europ?en de stabilisation de la zone euro/European Financial Stability Facility (EFSF), domicili? au Luxembourg et dirig? par l?Allemand Klaus Regling. Il s?agit l? d?une soci?t? anonyme dont les actionnaires sont les 16 pays de la zone euro. Elle est habilit?e ? emprunter de l?argent sur le march? des capitaux et ? le pr?ter ensuite contre int?r?ts ? d??ventuels candidats ? la faillite. Elle ne l?a fait que dans le cas de l?Irlande. Contrairement ? ce que croit le public, les contrats de l?EFSF sont ? dur?e ind?termin?e. L??ch?ance n?est pas 2013.
??? ?On a tout d?abord d?cid? que l?EFSF pourrait emprunter 440 milliards d?euros. Comme la soci?t? de M. Regling doit veiller ? se voir attribuer par les agences de notation la meilleure note, soit AAA, et comme les pays ? monnaie faible se trouvent parmi les garants (une plaisanterie, ? vrai dire!), les pr?ts accord?s doivent ?tre garantis ? hauteur de 120% et, en outre, il a fallu pr?voir une r?serve liquide. Ainsi, la somme disponible est bien inf?rieure ? 440 milliards d?euros. Actuellement, elle est de 255 milliards! Et si, par exemple, l?Irlande, le Portugal ou l?Espagne font d?faut en tant que garants, la part des pays (encore) stables augmentera. C?est pour cette raison que le Bundestag ne pouvait absolument pas savoir, en mai dernier, quelle ?tait la somme ? la charge, finalement, des contribuables. Au cas o? l?Italie s?ajouterait ? ces trois pays, l?Allemagne devrait se porter garante de quelque 226 milliards d?euros, presque le double du montant indiqu? aux d?put?s par le gouvernement en mai.
??? ?En outre, le Fonds mon?taire international (FMI) est ?galement de la partie. Il avait promis jusqu?? 250 milliards d?euros. Comme les Etats-Unis disposent d?une minorit? de blocage au FMI, ils ont pour la premi?re fois un droit de cod?cision dans les affaires de l?union mon?taire europ?enne, fait g?nant quand on consid?re que les Europ?ens voulaient, avec l?euro, tenir t?te au dollar et par l? m?me ? l?h?g?monie financi?re am?ricaine. Le probl?me est le suivant: comme le FMI a promis de pr?ter une somme repr?sentant la moiti? des cr?dits europ?ens (d?o? le calcul initial: 500 + 200 milliards), mais comme l?UE ne va apporter que 315 milliards (60 + 255), la part du FMI se r?duit ? 157,5 milliards, si bien qu?en tout, il n?y a pas ? disposition 750 milliards mais plus que 472,5 milliards. Et comme ils ne suffiront probablement que pour 2 ou 3 ans, chacun peut faire le calcul. On pourrait venir au secours du Portugal, probablement aussi de l?Espagne, mais plus de l?Italie.
??? ?Ind?pendamment de l?EFSF et du MESF, on avait peu avant promis au gouvernement grec des cr?dits destin?s ? emp?cher sa faillite qui doivent lui parvenir maintenant et dont le taux d?int?r?ts doit ?tre d?environ 5%. Les ministres des Finances de la zone euro accorderont prochainement ? Ath?nes 9 milliards suppl?mentaires qui lui seront vers?s au d?but janvier 2011. En contrepartie, la Gr?ce sacrifie sa souverainet? et se soumet ? la dictature ?conomique de l?UE. Cela rappelle la R?publique de Weimar: les repr?sentants des puis?sances victori?euses si?geaient ? la Reichsbank pour avoir les Allemands ? l??il. Personne n?a encore expliqu? comment la Gr?ce pourrait rembourser les cr?dits.

Les d?ficits publics ne repr?sentent qu?une partie du probl?me

Etant donn? les dettes colossales accumul?es avant 1999 et depuis lors dans la zone euro, les 472,5 milliards ne sont ? la rigueur qu?une goutte d?eau dans la mer. A la fin de 2009, les dettes de l?Irlande s??levaient ? 104,6 milliards d?euros, celles de la Gr?ce ? 273,4 milliards, celles de l?Espagne ? 559,6 milliards, celles du Portugal ? 125,9 milliards et celles de l?Italie ? 1760,7 milliards; et elles continuent d?augmenter partout. Les promesses d?aide n?y changeront rien. Avec le plan de sauvetage de l?Irlande d?cid? le 28 novembre qui s??l?ve ? 85 milliards (avec une participation irlandaise de 17,5 milliards), la dette irlandaise doublera brusquement. La dette de l?Espagne a ?galement un caract?re explosif: si l?on ajoute les anciennes dettes qui arrivent ? ?ch?ance et les d?ficits courants, le pays a des besoins de tr?sorerie de presque 200 milliards (environ 18% du PIB) pour 2011 et d?un peu moins de 150 milliards pour 2012. En 2011, l?Espagne aura besoin de beaucoup plus d?argent que la Gr?ce, l?Irlande et le Portugal r?unis.

Chaque cr?dit augmente la dette et son service devient plus difficile. Ainsi l?insolvabilit? est d?autant plus co?teuse qu?elle se prolonge. Cela dit, les chiffres mentionn?s ne concernent que les dettes publiques, et non celles du secteur particulier, y compris des banques qui, dans des pays comme l?Irlande ou l?Espagne, repr?sente le plus grave probl?me. Les dettes pu?bliques ne repr??sentent donc qu?une partie de ce sombre bilan. Depuis longtemps, la zone euro ne souffre pas seulement d?une crise des dettes pu?bliques mais ?galement d?une crise des dettes des particuliers et des banques et, dans le cas de l?Irlande et de l?Espagne, d?une crise immobili?re encore plus grave que celles des Etats-Unis. Et l?on ne cesse de nous mentir, de nous abreuver de belles paroles. Le test de r?sistance bancaire de l??t? dernier ?tait d?j? incomplet et manquait de s?rieux. Il avait pour objet de rassurer les march?s, ce qui a fonctionn? pendant quelque temps. M?me les banques irlandaises pourries l?ont r?ussi! Lorsqu?une ?bad bank? a ?t? cr??e en Irlande, la National Assets Management Agency (Nama), qui rachetait aux banques du pays leurs cr?dits immobiliers pourris, celles-ci ont pr?tendu qu?elles avaient pr?t? en moyenne 77% des sommes du projet. Or on sait maintenant qu?il s?agissait de 100% de ces sommes. Les investisseurs, eux, ont ?t? plus m?fiants que la Nama. Depuis des mois, ils retirent leur argent des banques irlan?daises et, ce faisant, ils aggravent la crise. Une ru?e sur les banques tout ? fait classique a menac?, entra?nant un effondrement du syst?me financier.

Le d?sendettement est une mission impossible

Qu?est-ce que c?est que cette monnaie qui doit constamment ?tre sauv?e? Et comment? Pour l?essentiel, il reste les moyens suivants: de strictes mesures de rigueur ont d?j? commenc? ? ?tre prises en Irlande et dans les Etats du Sud de l?Europe. Il n?est pas pr?vu de r?duire la dette mais on va la laisser cro?tre plus lentement qu?elle le ferait sans les coupes dans les budgets sociaux et les hausses d?imp?ts. Mais m?me ainsi l?effet est d?flationniste et d?pressif. Toutefois, l?id?e suivante est juste: normalement, la Gr?ce, par exemple, devrait op?rer une d?valuation de 30% pour rester comp?titive.

Comme ce n?est plus possible apr?s l?abandon de la drachme, les sa?laires et les prix devraient baisser de 30% pour obtenir le m?me effet. Mais on est face ? un cercle vicieux: les mesures de rigueur ont un effet n?gatif sur l??conomie, ce qui entra?ne une baisse des recettes fiscales et le d?ficit public augmente au lieu de diminuer. Pour pallier ce ph?nom?ne, le gouvernement devrait r?aliser encore plus d??conomies, mais il ne peut le faire que d?une mani?re limit?e s?il veut ?viter des troubles sociaux et une situation r?volutionnaire. Dans ces circonstances, le d?sendettement est une ?mission impossible?, ?crivait la Neue Z?rcher Zeitung le 22 novembre. Il n?y a rien ? ajouter ? cela, si ce n?est peut-?tre qu?? la p?riph?rie de l?Europe, les ressentiments ? l??gard de l?Alle?magne augmentent maintenant. Les Allemands sont consid?r?s comme des ?ma?tres de discipline? qui condamnent les pays endett?s ? une d?pression qui durera des ann?es et ? l?appauvrissement. L?euro a ceci de fatal qu?il a d?clench? des tensions sociales qui menacent maintenant de d?g?n?rer en conflits inter?tatiques. La mise en garde, autrefois, des adversaires de l?euro selon laquelle il diviserait l?Europe au lieu de la cimenter se r?v?le juste.

Le co?t d?une union de transfert n?est pas ma?trisable

La seconde solution, pr?f?r?e par la Commission europ?enne, consiste ? transformer la zone euro (voire l?UE tout enti?re) en une union de transfert impliquant une p?r?quation financi?re entre pays riches et pays pauvres ? l?image de l?Allemagne et de ses seize L?nder. Ce genre de nivellement des niveaux de vie europ?ens correspondrait tout ? fait ? la lo?gique de l?europ?anisme, de la centralisation et de la mise au pas. Les contribu?ables encore solvables des pays du noyau dur devront se saigner pour que la p?riph?rie puisse conserver l?euro. Cela pourrait co?ter des sommes colossales. Holger Steltzner ?crivait dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung du 30 oc?tobre dernier: ?Si, dans cette crise d?endettement, on en venait ? des transferts financiers, il n?y aurait plus ni limites ni contr?le.?

Il n?est pas tout ? fait certain que la Cour constitutionnelle f?d?rale serait d?accord et on ne sait pas jusqu?o? le gouvernement Merkel va aller. En effet, une v?ritable union de transfert entra?nerait la ruine des finances publiques allemandes et donc celle des fu?tures retraites. Un jour ou l?autre les Allemands se r?volteraient. Et avant eux, les contribuables des Pays-Bas, de Finlande, d?Autriche et de France. La France pr?cis?ment, deuxi?me plus important garant du sauvetage de l?euro, est normalement peu encline ? payer la note des autres. En conclusion, afin de retarder les faillites et par aveuglement, on pratique actuellement un m?lange de politique d?aust?rit? (en Irlande et en Europe du Sud) et de cr?dits difficiles ? rembourser.

L?Italie serait un cas d?urgence absolue

La troisi?me solution serait que certains Etats membres de la zone euro en sortent volontairement, qu?ils d?valuent leur nouvelle monnaie et qu?ils r?duisent leurs dettes dans le cadre d?une proc?dure de faillite. C?est pr?cis?ment ce que redoutent les march?s financiers, d?o? le bradage des emprunts d?Etat grecs et irlandais dont les int?r?ts atteignent des taux exorbitants. Toutefois, il est juste que la sortie des candidats ? la faillite renforcerait l?euro. Mais qu?arrivera-t-il si la Belgique et l?Italie sont en difficult?? Le gouvernement Berlusconi est pratiquement paralys?; il n?a pas entrepris les r?formes structu?relles n?cessaires et le d?ficit public doit ?tre de plus en plus financ? par l??tranger. Dans les ann?es 1990, avant l?adoption de l?euro, l?Italie s?est d?j? trouv?e au bord de la faillite. Aujourd?hui, son endettement est trop important pour qu?on puisse la ?sauver?. Il reste ? esp?rer que les march?s financiers d?tourneront les yeux le plus longtemps possible et ignoreront encore un certain temps le fait que la situation du pays ne cesse de s?aggraver.

Un ?processus insidieux?

La solution la plus ?l?gante, mais aussi la plus invraisemblable actuellement serait que l?Alle?magne sorte de l?union mon?taire. Le nouveau mark s?appr?cierait imm?diatement et le reste de la zone obtiendrait pr?cis?ment ce dont elle a besoin: une d?valuation et le r?tablissement de sa comp?titivit?. Mais comme Berlin n?aime en principe pas agir sans Paris, la France devrait suivre et il en r?sulterait une division de la zone euro en un bloc ? monnaie solide et un autre ? monnaie faible. On aurait ainsi un euro du Nord et un euro du Sud. Les exportations allemandes en souffriraient momentan?ment, l??conomie int?rieure en serait renforc?e, le fort pouvoir d?achat de l?euro ? l??tranger rapporterait une sorte de dividende social. Cela n?irait certes pas sans difficult?s. La division de l?euro ?branlerait fortement les Bourses et les march?s de de?vises mondiaux et l?on peut com?prendre que les gouvernements redoutent cette option. En outre, la question se pose de savoir si la France ferait partie de l?euro du Nord ou de celui du Sud. Il n?existe pas de recette mi?racle: il faut choisir entre diff?rents maux.
De toute fa?on, dans un proche avenir, la situation restera extr?mement dangereuse et impr?visible. Dans la NZZ du 20 no?vembre, Beat Gygi a ?crit que l?union mon?taire europ?enne ?tait une ?exp?rience d?primante? et l?euro une ?construction non ?prouv?e?. Les d?fauts de construction de l?union mon?taire ne pourraient m?me pas ?tre corrig?s par une sorte d?union fiscale. ?On devrait vraisemblablement se rendre compte que les pays de l?ancien ?bloc du mark allemand? pourraient former une zone euro judicieuse.? Cependant les pays les plus faibles vivraient un long calvaire. En conclusion, ?ce processus est insidieux dans la mesure o? il avance de fa?on larv?e et o? le centralisme obtient constamment des succ?s apparents.?

On ne fait que retarder l?heure de v?rit?

Angela Merkel a d?clar? que si l?euro ?chouait, c?est l?Europe qui ?chouait. C?est absurde car l?UE n?est pas identique ? l?Europe et que la zone euro ne recouvre m?me pas l?UE. Les Etats de l?UE les plus solides n?en font pas partie: la R?publique tch?que avec une dette de 35,4% du PIB, le Danemark avec 41,6% ou la Su?de avec 42,6%, sans parler de la Norv?ge et de la Suisse, se portent tr?s bien en dehors de la zone euro et de l?UE. Toutes ces monnaies survivront ? l?euro et entrent en ligne de compte, en plus de l?or, pour les investisseurs allemands qui veulent limiter les risques de leur portefeuille.
Le fait que notre analyse ne soit pas trop pessimiste ressort d?un article d?une pleine page du professeur Otmar Issing paru le 11 novembre dernier dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Pendant de longues ann?es chef ?conomiste de la Banque centrale allemande et de la Banque centrale europ?enne, Issing ne peut pas ?tre suspect? de d?nigrer l?euro. Il ?crit qu?un transfert ne serait justifi? ni socialement ni ?conomiquement, qu?une extension insidieuse du transfert se heurterait bient?t ?? l?int?rieur et ? l?ext?rieur du Parlement?, qu?il y a peu d?espoir ?que l?Union europ?enne ait vraiment tir? les le?ons de la crise?, que le d?bat actuel ? propos de la r?forme du pacte de stabilit? ?ne promet rien de bon? et qu?une nouvelle crise va ?clater ?? plus ou moins br?ve ?ch?ance?. Il termine son article par une mise en garde: ?On ne fait que retarder l?heure de v?rit?.?

Dimanche noir pour Berlin

Le 28 novembre, lorsque les ministres des Finances de l?UE et le FMI sont tomb?s d?accord sur l?aide de 85 milliards ? l?Irlande, d?autres mesures de sauvetage de l?euro ont ?t? d?cid?es. Les march?s financiers ont r?agi avec scepticisme bien que la Banque centrale europ?enne ait ? nouveau augment? ses achats d?emprunts d?Etat en euro. Ce qui a ?t? d?cid? ce jour-l? repr?sente une grave d?faite du gouvernement Merkel.
??? ?Le 23 novembre encore, Angela Merkel avait demand? la participation de cr?anciers priv?s ? une ?ventuelle restructuration de la dette. Elle ne voulait pas de ?pays de cocagne? pour les banques dans lequel les contribuables endossaient un risque de 100%. Cinq jours plus tard, Bruxelles d?cida que les cr?anciers ne pourraient participer qu?? partir de 2013 et l? encore uniquement dans le cas extr?me o? un Etat serait v?ritablement en faillite et non pas en cas de difficult?s de tr?sorerie. De facto, l?UE se r?serve le droit de d?finir les cas d?insolvabilit? comme elle l?entend, donc si possible pas du tout. Il n?est plus question que les banques prennent des risques d?s 2011.
??? ?Les contribuables allemands ont d? abandonner tout espoir qu?on en reste au plan de sauvetage d?cid? en mai et d?un montant th?orique de 750 milliards. Il devait apparemment arriver ? ?ch?ance en 2013. Or maintenant, il s?agit d?introduire un m?canisme de crise permanent appel? M?canisme europ?en de stabilisation financi?re (MESF). La ma?trise de la crise de l?euro devient permanente et Berlin, principal contributeur, perd le contr?le du processus. A propos, le 28 novembre, les mi?nistres des Finances de l?UE ont d?cid? en toute h?te de prolonger la dur?e des cr?dits accord?s ? Ath?nes (en tout 110 milliards d?euros) de 3 ? 7 ans et demi. De crainte qu?elle n??clate, on ne cesse de gonfler la bulle de l?endettement.

Ce ? quoi les investisseurs devraient faire attention

Nous devons consid?rer le drame de l?euro comme une crise qui va durer des ann?es, avec des hauts et des bas dont on ne voit pas la fin et qui pourrait brusquement aboutir ? un effondrement de la monnaie, du syst?me financier et des march?s obligataires. En particulier:
??? ?l?Irlande a ?t? contrainte de demander une aide financi?re alors que le gouvernement ?tait solvable et que cette aide n??tait pas une n?cessit? absolue. Le but de l?op?ration ?tait d?emp?cher que la crise de confiance ne s??tende au Portugal et ? l?Espagne. Il est tr?s probable que cela ne marchera pas.
??? ?Le Portugal pourrait ?tre la prochaine cible, avec le risque que l?Espagne rencontre des difficult?s. Le gouvernement de Lisbonne n?est financ? que jusqu?? la fin de l?ann?e. Apr?s, il devra recourir au march? des capitaux. Il faudrait ?viter les emprunts d?Etat portugais et espagnols d?assez longue dur?e (de plus de deux ans). L?Alle?magne, la France, l?Autriche, la Finlande, les Pays-Bas et le Luxembourg jouissent encore d?un statut AAA stable: Les titulaires d?emprunts du gouvernement grec doivent s?attendre ? un moratoire et ? une restructuration de la dette qui leur feront perdre une partie de leur capital, peut-?tre entre 30 et 50%. 2011 sera tr?s volatile, du moins sur le front des monnaies. Le r?tablissement de l?euro de septembre-oc?tobre s?est r?v?l? trompeur. Il est maintenant sous pression. Les acteurs vont attendre l?issue des ?lections du d?but de l?ann?e prochaine en Irlande. Toutefois, le dollar am?ricain n?offre pas d?alternative convaincante ? l?euro. Il repr?sente ? la rigueur un moindre mal. Actuellement, la politique mon?taire de la R?serve f?d?rale est plus expansive que celle de la Banque centrale europ?enne. S?il en allait autrement, l?euro serait encore plus faible. Beaucoup de choses d?pendent de la question de savoir si la deuxi?me ?tape de l?augmentation de la masse mon?taire (quantitative easing) sera achev?e l?ann?e prochaine ou si elle sera prolong?e. Il faut s?attendre ? la seconde hypoth?se si l??conomie am?ricaine ne red?marre pas. De toute fa?on, en 2011, la politique mon?taire de la R?serve f?d?rale, c?est-?-dire l?ampleur de la cr?ation d?argent frais, aura une influence importante non seulement sur le cours du dollar mais sur le prix de l?or.
??? ?Il est normal que les actions ban?caires europ?ennes souffrent de la crise de l?euro. M?me deux ans apr?s le plus fort de la crise, le syst?me bancaire n?est pas assaini. Les actions bancaires resteront un placement risqu? tant qu?on ne saura pas quand et dans quelle mesure les ?tablissements seront touch?s par les restructurations de dettes dans la zone euro. Le secteur financier pr?sente ainsi un risque ?galement pour les march?s d?actions europ?ens assez stables. Le fait que la Bourse allemande marche relativement bien est d? en partie ? la pond?ration inf?rieure ? la moyenne du secteur financier. D?ailleurs, la situation de la Banque nationale suisse est ?galement peu r?jouissante car elle poss?de une grande quantit? de positions en euros. Si l?euro s?effondre, elle subira des pertes sensibles. Il lui reste ? esp?rer qu?elle pourra les compenser par l?appr?ciation de ses r?serves d?or. Les investisseurs de la zone euro qui poss?dent une quantit? d?or importante b?n?ficient d?une compensation du risque analogue.?? ??

Source: Gold & Money Intelligence, no 358, d?cembre 2010?janvier 2011
(Traduction Horizons et d?bats)

Echec de l?euro

Ce qui avait ?t? annonc? par de nombreux sp?cialistes de la finance est devenu r?alit?. L?euro, monnaie d?Europe du Sud et du Nord a ?chou?. La Gr?ce, l?Irlande, le Portugal, l?Espagne et l?Italie ont perdu beaucoup de leur comp?titivit?. L?euro ne permet plus de d?valuer une monnaie nationale pour stimuler les exportations. En outre, la globalisation a un effet de plus en plus n?gatif sur les diff?rentes ?conomies. Aussi les co?ts salariaux sont-ils devenus la mesure de toutes choses: on pr?f?re importer des produits bon march? des pays ? bas sa?laires car la production indig?ne n?est plus rentable (USA). Les acteurs globaux ne se pr?occupent ni de protection de l?environnement ni des droits de l?homme car la seule chose qui compte est le profit.
Le syst?me financier a lui aussi ?t? syst?matiquement internationalis?. Tout d?abord la libre circulation des capitaux, une des quatre libert?s de l?UE, a ouvert des possibilit?s ? la finance qui ont conduit ? des exc?s d?vastateurs et ont ?limin? dans une grande mesure les contr?les et les restrictions ?tatiques. Les banques et le syst?me financier international sont devenus trop puissants et quasiment incontr?lables. Les banques ont contraint les politiques ? compenser avec l?argent des contribuables les pertes que leur avaient valu leur irresponsabilit? et leur soif du profit et ils b?n?ficient d?indemnisations scandaleusement ?lev?es. Les politiques satisfont toujours les de?mandes des banques, puisqu?on ne veut pas les laisser faire faillite. Aux Etats-Unis, la situation est acceptable, car cette ann?e seulement, 143 banques ont fait faillite. Maintenant le ?plan de sauvetage? des PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, Gr?ce et Espagne) doit ?tre port? ? 1000 milliards d?euros. Les ministres des Finances de l?UE ont voulu, comme le patron de la Bundesbank Axel Weber, calmer les march?s en d?clarant que ?l?euro [serait] conserv?, ? n?importe quel prix?. Mais cela n?a servi ? rien, car contrairement ? la population cr?dule et aux politiques d?sarm?s, les investisseurs financiers ne se laissent pas abuser par des promesses impossibles ? tenir. D?s le lendemain, les taux d?int?r?t des emprunts d?Etat des pays en crise ont atteint de nouveaux sommets.
Dans l?administration de l?UE, les me?sures de rigueur ne valent pas pour chacun. Sous le p?le soleil d?automne, il est difficile de penser de mani?re cr?ative. C?est pourquoi un petit voyage de trois jours ? Mad?re est r?guli?rement organis? en automne. On y r?fl?chit ? de nouvelles ?conomies. Mais ? cette occasion, on n?en fait pas car les id?es nouvelles doivent co?ter quelque chose ? aux contribuables de l?UE, naturellement. Le Telegraph britannique a critiqu? le fait que les ?study days? aient co?t? 400 000 euros. C?est que 250 d?put?s, 80 assistants et 70 autres collaborateurs se rendent pour la plupart en avion ? ces r?unions de travail laborieuses et logent dans deux palaces. A propos: le fonctionnaire europ?en moyen gagne d?j? 4500 euros par mois, ? quoi s?ajoutent des indemnit?s et des primes.

Source: Interinfo. Internationaler Hintergrundinformationsdienst f?r Politik, Wirtschaft und Milit?r, 384, d?cembre 2010

Le SPD ?essaie de gagner du temps et fignole des compromis formul?s de mani?re vague?

Le Cercle de Seeheim, qui regroupe quelque 50 d?put?s SPD du Bundestag ? la pens?e traditionnelle, est actuellement dirig? par le d?put? de Basse-Saxe Garrelt Duin. Il a r?dig? un document dans lequel les membres dudit Cercle critiquent s?v?rement leur parti et sa politique actuelle. Ils se montrent plus s?v?res ? l??gard de la direction du SPD que ne peut le faire actuellement la concurrence!
?Le SPD n?a pas de r?ponse convaincante ? la question que se posent de nombreuses personnes, ? savoir quelles id?es il d?fend. [?] Il traverse une grave crise d?identit?. Il n?a pas de projet commun que d?fendraient en bloc tous les niveaux ? f?d?ration, L?nder et communes ? et le Parti. [?] Souvent il n?a pas le courage de prendre des d?cisions claires. Il essaie de gagner du temps et fignole des compromis formul?s de mani?re vague.?
Il en r?sulte que le parti est devenu m?connaissable, qu?il dit tant?t une chose tant?t une autre sur le m?me sujet. Le document critique en outre l?absence de ?politique nette en mati?re de gouvernance? et la propension tr?s r?pandue dans le parti ? prendre ses distances ?par rapport ? ses propres d?cisions et m?me par rapport aux succ?s obtenus ? l??poque o? il ?tait au gouvernement?.

Source: Vertrauliche Mitteilungen du 14/12/10

Et maintenant ?galement la Belgique

Tandis que tous les politiques et m?dias europ?ens ont les yeux fix?s sur l?Irlande et la crise qui s?y dessine, la catastrophe suivante se pr?pare plus pr?s de nous. Avec une dette publique d?passant actuellement 100% du PIB et une crise gouvernementale qui dure depuis le mois d?avril de cette ann?e, la Bel?gique se trouve au bord de la faillite. Les primes des couvertures de d?faillance (CDS) des emprunts d?Etat belges ont nettement augment?, ce qui est normalement le signe ?vident qu?un Etat se trouve en grande difficult? ?cono?mique.

Source: Vertrauliche Mitteilungen du 7/12/10

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