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L?enseignement intensif de l?anglais en 6e ann?e : Mozart et le plombier

 

 

Les syst?mes d’?ducation ont choisi d’enseigner plus et d’?duquer moins. Avec le temps, l’accent mis sur le contenu cognitif a remis le contr?le de l’?cole ? des « ?ducationnalistes » et des administrateurs dont la pr?occupation est devenue de veiller ? ce qu’une masse ?norme de connaissances soit d?vers?e sur l’?duqu?. Cette vision quantitative de l’?ducation a conduit ? un encadrement rigide de la fonction de l’enseignant, dont la relation avec l’?l?ve est devenu le rapport de l’entonnoir ? l’oie gav?e, de sorte qu’aujourd’hui, ? vouloir ? toute force enseigner de plus en plus, on en arrive ? ne plus ?duquer du tout. Nouvelle soci?t?, Pierre JC Allard________

Cette semaine a ?t? marqu?e par une publicit? conjointe de syndicats d’enseignants montr?alais, qui s’unissent dans le but de protester contre le projet d’implanter unilat?ralement le bilinguisme dans les classes de sixi?me ann?e du primaire au Qu?bec. Ce cri du coeur peut se d?finir ainsi: l’instauration du bilinguisme dans ces classes est une aberrance notoire. Source

?La solution n’est pas d’arr?ter, la solution c’est de r?pondre aux aspirations des Qu?b?cois. Donc, on va aller de l’avant, on va le faire de fa?on tr?s responsable sur cinq ans et je vais le faire m?me si on choisit la chaise vide?, a-t-elle dit. Line Beauchamp, ministre du MELS

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L?id?e est plut?t ?farfelue.

 

Dans certaines r?gions du Qu?bec, l? o? il n?y a aucun contact avec l?anglais, c?est un d?fi ?norme ?pour les ?l?ves, sans compter qu?il faut des profs bilingues pour enseigner?

Je ne peux qu?imaginer que les grandes orgues du Minist?re, pr?tendus ???conseill?s p?dagogiques??, et ?lev?s ?entre deux pages de livres jusqu??? 30 ans, soient responsables d?une id?e aussi pl?tr?e. La g?ographie du Qu?bec, un des grands murs ? abattre, et la r?alit? du terrain.

My tailor is rich est la premi?re phrase d?un cours d?anglais con?u en 1929. Elle ?tait sans doute un souhait ? la? crise ?conomique d?alors. Pour l?instant, la pauvret? est celle du bon sens. Il est plus que mal distribu?, il est en mode ??aust?rit??

Les dessinateurs du MELS, avec leurs crocs de Pit-bulls ? imprimantes, finissent toujours par ??convaincre?? la parade des ministres.

Madame Beauchamp dit qu?elle va aller de l?avant? ?a fait vingt ans qu?on va vers l?arri?re par en avant.

Chacun na?t avec des habilet?s diff?rentes. C?est ce qui fait la richesse de l?humanit? et qui convient bien aux besoins divers des soci?t?s. Alors, on utilise et on cultive celles dont sont dot?s ?les gens. Si Monsieur Charest ?tait n? ? Saint- Zinzin, ?il parlerait sans doute le fran?ais bilingue?: le qu?b?cois chez lui et le fran?ais ? l??cole, avec un accent du Bas-du-Fleuve. ?a, c?est la r?alit? de la vie. Et ce n?est? pas une boule? de neurones ?surchauff?s en s?alimentant ?par les b?ches des livres qui? pourra y changer quoi que ce soit. La r?alit? est une adaptation et non un souhait factice.

Non.

La factualit? de l?existence humaine repose sur le droit de chacun de mener son destin avec ce dont il dispose. Et il fera tout pour l?am?liorer, le parfaire. La t?che premi?re ?de l??ducation est d?identifier les forces des ?l?ves et les aider ? le faire. Tout l?appareillage sophistiqu? ne changera rien?: l??ducation est un rapporte ma?tre-?l?ve.

De qui vous souvenez vous ? l??cole?

On se souvient de qui, mais pas n?cessairement de quoi? Je doute que vous ayez encore en t?te toute la g?ographie de l??poque.

? toutes les semaines, la CIA s?occupe des modifier les livres?

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Si nous vivions dans une soci?t? de po?tes et qu?on ?voudrait faire de M. Charest un po?te, sans doute s?efforcerait-il de passer l?examen et d?attendre ce ? quoi il aspirait?: la politique.

Il n?y en a pas en 6e ann?e. Et c?est peut-?tre l? une erreur??J

C?est l?apprenant qui d?cide de son apprentissage. C?est un constat que l?on a fait il y a bien longtemps?: en certaines mati?res, les ?l?ves se contentent de passer l?examen et ?oublient ? des ?tudes l?ont d?montr? ? en l?espace de 3 ? 6 mois ??ce qu?ils ont appris.

Si cette id?e de rendre tous les ?l?ves bilingues ?tait sens?e, toute la r?gion? Bas-du-Fleuve et autres parties unilingues du Qu?bec seraient bilingues. L?anglais est d?j? ?au programme ??? partir du primaire.

Dans les derni?res ??d?couvertes?? concernant les formes d?intelligence, on s?est crus fut?s. Mais il y a dans les apprentissages une r?alit?? qui a pris le large : Apprendre, comme on disait alors, est un acte volontaire.

L?immersion ? la v?ritable ? est la meilleure source d?apprentissage dans le domaine des langues. ?Pendant une quinzaine d?ann?es, nous avons gard? des anglophones venues ?tudier l?anglais en immersion, ? la maison. 5 semaines, 2 fois par an.? Le milieu ne parle pas anglais. Sauf les profs d?anglais? Alors, j?ai pu constater la mani?re dont on apprend une langue seconde. Les dou?s, en 5 semaines, parvenaient ? des r?sultats ?tonnants. D?autres repartaient avec ? peu pr?s le m?me bagage qu?ils avaient au d?part. Je me souviens d?un certain ?ric, de Toronto, musicien, qui n?y arrivait pas, malgr? tous ses efforts. ? son arriv?e, cherchant ses mots, il avait une formule?: ??Quel est le ??motte?? pour???.

Il est reparti avec la m?me formule?

Le premier des ?grands probl?mes ?en ?ducation et le plus persistant est de croire que l?on apprend davantage en classe par un syst?me complexe et ferm?. ?Je me suis pos? la question ? savoir s?il ne valait pas plut?t la peine de d?penser le prix d?un billet d?autobus pour un s?jour de travail dans une communaut? anglophone plut?t que de passer 5 ans assis sur une chaise pour apprendre l?anglais. Une immersion artificielle? ?Les r?sultats sont?artificiels. On oublie rapidement?

L?argument de ceux qui refusent ce ??programme?? est le suivant?: que fait-ton des ?l?ves en difficult? d?apprentissage? Voil? qu?on m?lange encore deux genres de difficult?s?: ceux qui en ont dans toutes les mati?res et ceux qui sont dou?s pour certaines. Bref, il y? a des ?ric partout. (C??tait un grand musicien) M?me si vous leur donnez 10 ans d?anglais sur ?un banc d??cole, il est possible qu?ils ?chouent.

Le second grand probl?me est de la persistance ? ?tablir une sorte de d?mocratie d?apprentissage de tout ?pour tous. ?On ne fait pas d?un Mozart un financier ?en lui enfon?ant les th?ories et vocabulaires ?sot?riques ?des charpentiers de Wall-Street?: on cultive son talent.

En ce sens, une cons?ur de travail me faisait remarquer que le syst?me des ann?es 60 ?tait ?meilleur que le syst?me actuel?: secondaire g?n?ral, secondaire ??scientifique??.

C??tait une appellation ? l??poque qui est apparue comme une sorte de racisme intellectuel.

Mais on avait notre plombier qui travaillait ? 18 ans et qui payait des imp?ts, fondait une famille et pr?parait son avenir. Et sa retraite? Et sa libert? 55?

La longueur des ?tudes n?apporte pas n?cessairement plus de comp?tence.

 

J?ai eu comme prof ? l?universit? un conducteur de camion lourd qui a d?cid? un jour de retourner ? l??cole. Il a acquis un doctorat en psychosociologie.

 

Si on se plaint des ?checs des ?l?ves, de la sempiternelle formule ??d?crochage? scolaire??,l e ?Minist?re devrait refaire ses devoirs. La rigidit? et l?ent?tement sont tout ? fait contraires ? l??vidence du ??mat?riau humain?? auxquels se confrontent les enseignants chaque jour.

 

?galement au mode de financement. Les ?coles sont administr?es comme des entreprises priv?es. Ils doivent ??produire?? des dipl?m?s?

 

La r?ussite ?de l?anglais ?POUR TOUS, est une chim?re. Vu le nombre de ministres de l??ducation qui ont aval? ce ??concept??, le MELS est devenu une aventure de l?esprit dans un pays imaginaire.

 

Les pr?tres d?froquent, mais l??glise reste.

Si on continue d??couter les sottises des ??conseillers p?dagogiques??, le plombier va jouer du Mozart et Madame Marois aussi, mais en anglais?

Le ??jeu?? du MELS est celui d?investir dans un chapeau de roue alors que moteur de la ?bagnole est cuit.

Mais elle ?roule avec l?argent des contribuables?: du point A au point A.

L??ducation (sic) co?te cher, parce que c?est un Titanic qu?on maintient ? flot avec du chewing-gum.

Le chiqu? des ministres a assez de zombies pour en faire une parade

 

 

Legault? ?Faites le CAQ! CAQ! CAQ! , un ?uf?

CV?:?R?forme de l’?ducation (qui emp?che le redoublement) et aussi la modification de l’enseignement du fran?ais (modification de la grammaire). Il ?tait ministre au moment de la mise application du rapport Proulx sur la la?cisation compl?te des ?coles publiques qu?b?coises. (Wikipedia)

 

 

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