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L?enfer entrepreneurial

PHILIPPE DAVID :

Un article du Journal de Montr?al de ce matin fait ?tat d?une statistique d?solante, mais gu?re surprenante. Au Canada, 50% des entreprises qui font faillite sont au Qu?bec. Cette statistique en dit extr?mement long sur le mod?le ?conomique que nous nous sommes donn? depuis 50 ans. Il faudrait arr?ter de se faire des illusions. Le Qu?bec est tout simplement un enfer pour les entrepreneurs et par la bande, probablement le paradis des syndics de faillite.

Un dirigisme maladif

Au Qu?bec, il existe un concensus?parmi presque tous les partis politiques (sauf peut-?tre pour quelques partis embryonnaires de droite). Tous les principaux partis, que ce soit le PLQ, le PQ, la CAQ?ou QS?s?accordent pour dire que l??tat doit diriger l??conomie. Ils nous promettent donc plein de programmes pour ??aider?? les entreprises et cr?er des emplois. En fait, nous sommes les maitres?incontest?s de la ??subventionnite?? au Canada. Aucune autre province ne d?pense autant pour l?aide ? l?entreprise; trois fois plus que l?Ontario.

Si nous d?pensons tant pour ??soutenir?? les entreprises, comment se fait-il que nous ayons tant d?entreprises qui font faillite? Cherchez l?erreur. Est-il possible que notre recette ne soit pas la bonne? L?Ontario?qui est en deuxi?me place pour le nombre de faillites compte?pour 30% des faillites canadiennes et l?Alberta?4,3%. Et alors que ce nombre est constamment en hausse au Qu?bec, en Ontario il r?gresse de 39,5% en 2008 ? 30% en 2013. Peut-?tre qu?il serait temps de changer notre approche?

Un changement d?attitude

Tout d?abord, un changement d?attitude s?impose. Il faudrait que nous abandonnions?collectivement notre m?fiance de l?entreprise priv?e qui nous porte ? croire qu?aucune entreprise au Qu?bec ne pourrait survivre sans d?pendre d?une fa?on ou d?une autre de l?aide du gouvernement. Et si une entreprise a tant besoin d?aide du gouvernement, peut-?tre est-ce parce qu?elle n?a pas sa raison d??tre? Peut-?tre est-ce parce que ce?qu?elle produit n?a pas suffisamment de valeur aux yeux des consommateurs pour garder l?entreprise en vie? Dans ce cas, pourquoi faudrait-il y?investir?gaspiller des fonds publics?

L?id?e de d?penser des fonds publics pour soutenir une entreprise provient bien plus d?une logique politique que d?une logique ?conomique. Dans la logique politicienne, ces subventions servent litt?ralement ? acheter des votes. Pensons ? la cimenterie en Gasp?sie, ? l?exploration p?troli?re sur l?Ile?d?Anticosti, ? la Davie, la Gasp?sia, General?Motors. Tous des exemple?de fonds publics gaspill?s?? des fins purement ?lectoralistes.? Pour convaincre les ?lecteurs de ??voter du bon bord?? pour le parti qui le offre?le plus de ??nananes??.

?conomiquement, par contre, ces ??investissements?? ne font aucun sens. Si une entreprise est profitable, elle n?a aucun besoin de fonds publics pour vivre. Si la survie d?un entreprise d?pend d?un continuel influx provenant des poches du contribuable, c?est probablement parce qu?elle est improductive et qu?elle gaspille les ressources. De subventionner une telle entreprise est de tout simplement perp?tuer ce gaspillage. Il vaudrait mieux laisser de telles entreprises faire faillite et laisser d?autre entreprises plus productives r?cup?rer ces ressources.

Un instant! Dites-vous. Nous voulons diminuer le taux de faillites, pas l?augmenter! Vous avez raison, mais dans un march? relativement libre, maintenir des entreprises en vie sur le respirateur emp?che les entreprises en bonne sant? de s??tendre ou ? d?autres m?me d??tre cr??s par l?accaparement de ressources humaines et de capitaux par des entreprises qui gaspillent ces ressources. En les lib?rant, nous permettons ? ces entreprises plus solides de de fleurir et ? long-terme, d?avoir une ?conomie plus solide.? Dans un jardin, il faut arracher les mauvaises herbes pour que les l?gumes et les fleurs puissent pousser.

Un mod?le ?touffant

Essayez d?imaginer quelqu?un nourissant?un enfant d?une main tout en l??tranglant de l?autre et vous aurez une bonne image du mod?le de gestion de l??conomie de notre gouvernenment, tous partis confondus.

D?un c?t? notre gouvernement enfonce pratiquement des subventions dans la gorge des entreprises et de l?autre, il les ?touffe avec des imp?ts deux fois plus ?lev?s que la moyenne canadienne, des taxes sur la masse salariale 45% plus ?lev?s, un march? du travail inflexible, un taux de syndicalisation trop ?lev? et des tonnes et des tonnes de paperasses. Comment voulez-vous qu?un entrepreneur arrive ? percer? Pour reprendre l?analogie du jardin, pour que? votre plant de tomates puisse porter ses fruit, encore faut-il que vous lui laissez l?espace n?cessaire pour grandir, sinon, toute l?eau et le fertilisant du monde ne l?aideront pas ? pousser et produire plus de fruit.

La bonne recette

Nous ne pouvons pas avoir une ?conomie dynamique sans entreprises solides. plus nous subventionnons?des entreprises improductives et que nous ?touffons celles qui produisent, et plus nous nous?appauvriront?collectivement. Il n?y a aucune raison valable pourquoi les qu?b?cois seraient plus pauvres que les autres canadiens. Nous avons tout ce que nous avons besoin pour ?tre une des provinces les plus prosp?res au lieu d??tre une des plus pauvres (ou un pays en faillite). La cl? du succ?s ne d?pend pas du reste du Canada, elle vient de nous et de notre propre attitude. Soit nous continuons avec une recette ?conomique us?e qui go?te mauvais, o? que nous essayons une recette plus audacieuse et moins fade.

C?est certainement moins payant pour les politiciens, mais c?est bien plus payant pour le reste d?entre-nous. Pensez ? ?a pendant que les politiciens essaient de vous faire croire qu?ils peuvent ??cr?er des emplois??.

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