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L??lite: un concept d?signifi?, d?substantialis? par l?id?ologie de l??conomie sale

Par Camille Loty Malebranche

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L??lite, telle que con?ue en nos soci?t?s platement mat?rialistes et pragmatiques, est pr?cis?ment la ronde des fourbes les plus id?ologiquement habiles qui savent accaparer oligarchiquement pour eux-m?mes, toutes les ressources communes de l?humanit? par des empires financiers (bancaires, boursiers) et industriels, tout en se cr?ant des alli?s d?vou?s produits en politiciens de partis pour les aider ? s?questrer les ?tats en mentant aux peuples par le jeu dit d?alternance d?mocratique. Car si les t?tes visibles du pouvoir s?alternent via des ?lections cycliques, les ma?tres de l?argent mondial avec leur acte de pr?dation permanente, restent pratiquement les m?mes de mani?re p?renne et se succ?dent de p?re en fils.

Il n?y a d??lite que de la noblesse du caract?re, le reste n?est qu?ironie et manipulation id?ologiques des oligarchies faussement moralisatrices d?un monde syst?miquement immoral. Quand on se rappelle que l?institution sociale est dispensatrice de valeur et de signification pour les membres de la soci?t?, l?on saisit alors la d?formation corrompue de la vision collective lorsque tous les horizons du regard collectif sont, d?s le d?part, dilu?s dans des simulacres. Les simulations de prestige et de valeur par l?attribution des honneurs, la production d?individus (parfois de purs nullards et d?ignobles sous-hommes parvenus et arrivistes) en ic?nes dans un contexte macabre de fausset?s et d?immoralit?s sont pr?cis?ment l?, pour sugg?rer aux multitudes men?es, la voie ? suivre tout en nourrissant en chaque individu, le secret espoir d??tre d?sign?, coopt? par le syst?me. Ce n?est jamais rien que la reproduction sociale, la parturition institutionnelle du m?me.

Nous vivons h?las le temps des ?lites factices, ?trang?res aux vertus et qualit?s ?l?vatrices de l?homme et des collectivit?s. Nos ?lites politiques, m?diatiques, institutionnelles publiques, figures de comparses, d?sign?es par les institutions des quelques-uns qui font les rois et les valets au gr? de leurs caprices et volitions, pour faire miroiter l?invraisemblance, la fausse valeur dans une soci?t? non pas ??unidimensionnelle?? comme dirait Marcuse, mais d?illusionnisme axiologique. Soci?t? platement capitaliste qui se fout sup?rieurement des valeurs et n??lit que ses serfs et esclaves ? degr?s divers dans la plus sinistre des affectations institutionnelles. Soci?t? ne reconna?t et consacre que ses moul?s, ses z?lateurs produits en ?lites et hommes de pouvoir public pour la gesticulation des d?lirantes cohues, qui, miracle, vont parfois jusqu?? s?identifier ? ces affect?s officiels.

L?une des caract?ristiques majeures d?une civilisation en crise, est l?incapacit? de former des ?lites authentiques, des hommes dignes de leur humanit? selon les valeurs fondamentales de vraie justice et de grandeur qui ?l?vent le collectif. La crise se corse par la marginalisation des vrais hommes d??lite auxquels on substitue des singes du pouvoir aux valeurs postiches qui ravalent la vision sociale au niveau des mufleries telles le nationalisme grivois ?go?ste, la haine discriminatoire et la pers?cution des moins nantis, le genre de d?marches de dirigeants ignares appliquant au premier degr? en simples ex?cutants serviles, les v?ux de quelques oligarques pervers, cupides et pr?dateurs d??tat.

Le concept d??lite est gravement galvaud? par nos soci?t?s en d?composition morale et morbide alt?ration logique du sens. Hier mystifi? et mythifi? par les ignominies religieuses dogmatiques selon le mythe du droit pr?tendument divin, aujourd?hui il se la?cise sans se s?culariser et se vautre dans l?affairisme servile, le larbinisme des politicards par rapport aux oligarchies. Mais attention, d?autres dogmes envahissent l?espace de la signification, ce sont les d?signations institutionnelles. Dogmes la?cs car il n?y a pas dogmes s?culiers, les d?cideurs au pouvoir se sont toujours plac?s in cathedra, pour instituer leur structure, leur bureaucratie et s??riger idoles dans le monde du sacr? sans autres divinit?s qu?eux-m?mes, ? qui la sph?re du profane des masses, doit vouer le culte de toutes les obtemp?rations et de tous les z?les flagorneurs de la soumission sans limite.

???LITES?? ?CONOMIQUES ET POLITIQUES

(Berlusconi, pr?sent? ci-apr?s dans cette vid?o, rhinotillexophage, vulgaire obs?d? de fesses, pourtant beau fleuron de la haute soci?t? par sa double appartenance ? l?establishment ?conomique et politique, est l?incarnation la plus achev?e de la noblesse des ?lites qu??voque notre propos)

Les ???lites?? ?conomiques, on le sait, sont surtout une n?buleuse financi?re et industrielle qui m?nent les ?tats et la plan?te au bout de leur sp?culation, leur marchandisation et c?est eux qui se cr?ent des serviteurs dits ???lite politique?? via leur financement des partis politiques. Les partis politiques qui font l?alternance au pouvoir dans des pays du nord hautement structur?s, sont des caisses de r?sonance de la bourgeoisie financi?re et industrielle. Le discours populaire voire populiste y est uniquement pour tenir le peuple en haleine. Ce n?est donc pas sans raison que les autres partis plus ou moins libres en leur courant doctrinaux sont soit totalement occult?s soit forc?s de se rallier aux ??vrais partis?? de pouvoir dans les perspectives ?lectorales pour rendre utile le vote de leurs partisans, en int?grant se serait-ce que marginalement et nominalement les gouvernements issus des ?lections. Donc, l??lite politique est suspendue aux basques de la seule ?lite qui soit et qui puisse ?tre dans un contexte capitaliste: les oligarchies milliardaires.? Naturellement, bien que les pays du nord fortement structur?s et institutionnels sur le plan ?tatique et administratif, eussent pu se passer des chefs d??tat dans la marche effective des pays et les choix de soci?t? qui affectent les majorit?s, l?institutionnalisation de l??lu supr?me s?impose au moins par la n?cessit? id?ologique de l?argutie d?mocratique pour masquer le pouvoir oligarchique et assouvir sa qu?te d?anthropomorphisation des structures inhumaines par des visages pr?t?s au macabre politico-?conomique cherchant, faute de vrais sourires,? des rictus, des jeux zygomatiques farauds, arbor?s par les trognes ??sympathiques?? de politicards affect?s.

Qu?en est-il des ???lites?? intellectuelles??

L?intellectuel non align? sera presque toujours ostracis?, car la soci?t? n?accepte pas la souverainet? de penser. Pour l?ordre social, seul l?individu consentant d??tre rouage de la fonctionnalit? institutionnelle est admis. Tout le verbiage de la d?mocratie omnipr?sente dans les discours, patauge dans l?incoh?rence d?une libert? institutionnelle intol?rante. La libert? dans nos soci?t?s est une fantasmagorie o? l?ostentation d?mocratique par les artifices officiels et m?diatiques qui gavent les masses de r?ves d?biles, de passions excentriques, de pulsions ind?centes, o? le droit de la consommation compulsive figure comme vertu supr?me de ??l?individu libre??, s?insurge contre toute intellectualit? qui se veut distanciation vis-?-vis des gesticulations collectives programm?es. ?Si la soci?t? place quelques vrais ?l?ments d??lite dans des organes particuliers de prestige pour permettre la justification du syst?me, de fait, elle les statufie pour ?luder leur jugement, les emp?cher d?intervenir sur le social. Un consacr? de l?acad?mie a toutes les chances de rester dans sa petite coupole pour s?occuper des petites minuties statutaires li?es ? son r?le, c?est cela statufier les valeureux les plus en vue. Des statues fussent-elles vivantes, des monuments aussi organiques soient-ils, n?ont jamais d?rang? quiconque, leur statut hors du commun d?entre les vivants, les en emp?che! ? c?t? de ce culte hypocrite politis? du talent ostensible vrai ou faux, les capacit?s r?elles qui interviennent sans se prostituer, sans s?assimiler, sont quasi syst?matiquement rel?gu?s ? la marge, cibl?s par l?excommunication de fait.

Dans cette tour de barbel?s que devient le mode de reconnaissance sociale, on est soit align? soit exclu. La horde des despotes du pouvoir d?ex?cutants, serfs des ma?tres du pouvoir r?el et discret qui les agitent en larbins, et tous les menus fretins de loin ou de pr?s ? solde des ma?tres discrets, aigris de toute valeur non align?e, sont g?niaux ? occulter le talent authentique des esprits libres et ? faire ?clipse institutionnelle de l?excellence v?ritable par le mugissement du clinquant des intellos-types vils et histrions, sp?cialistes et r?p?teurs de tous acabits, id?ologues et r?p?titeurs de tous ressorts, selon l?esbroufe institutionnelle et la grimace mani?r?e des singeries de sc?nes et de m?dias.

Dans un monde r?duit ? la dimension des objets, titres et mani?rismes qu?il consomme, seuls les rois monstrueux, seigneurs d?horreur op?rant sous la kun?e des structures et leurs larbins visibles, gesticulateurs d?un pouvoir dont ils ne sont que les singes, ont la gloire inf?me d??tre ??l??lite?? qui fait, d?fait et corrompt tout, la triste et immonde ?lite de tous les maux.

intellection.over-blog.com

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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    Enfin quelqu’un qui s’attaque au plus grave problème de notre société.

    L’élitisme fut instauré par la première religion qui fit son apparition; et c’est, au départ, un refus d’accepter les différences pour faire l’une d’elles « supérieure » aux autres.

    Cette notion d’élite doit disparaître de nos esprits si nous voulons installer la notion d’équité et de respect entre les individus.

    Reconnaître une aptitude différente à quelqu’un ne justifie pas une « élévation » sociale. Une société parfaitement humaine, se doit de reconnaître chacun des humains et non, seulement quelques-uns d’entre eux.

    Il serait temps de « mousser » les qualités de l’être humain, au lieu de toujours en faire la nomenclature des défauts en reléguant les qualités à quelque chose d’autre que lui-même.

    André Lefebvre