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L??CONOMIE TOUJOURS MOINS COMPLIQU?E (3)

La semaine derni?re nous avons trait? du r?le des banques, de la loi de la valeur??et de son?reflet?bancaire et boursier. Il a ?t? question du reflet mon?taire de l?activit? ?conomique, ce terme ?tant g?n?ral puisqu?il englobe toute forme de monnaie et de cr?dit (1).??Cette semaine nous allons lever le voile sur la diff?rence entre les notions de ?prix? et de ?valeur? des marchandises.??Nous allons lever le voile ?galement sur le ph?nom?ne de la?concurrence?en phase d??conomie monopoliste globalis?e et non concurrentielle (sic)?!

Socialis? et socialiste, ? ne pas confondre

Quelques correspondants ?prouvent des difficult?s ? comprendre la loi de la valeur, et la loi de la concurrence ?parfaite?, surtout depuis que l??conomie imp?rialiste est globalis?e, mondialis?e et contr?l?e par d?immenses trusts et de grands oligopoles internationaux. Certains correspondants sugg?rent que depuis l?av?nement de l?imp?rialisme plan?taire les lois ?conomiques du capitalisme ont ?t? chamboul?es et donc que Marx est obsol?te et d?savou? (!)

Un correspondant ?crit?: ??Ce que j?avance?? titre de??th?se, c?est qu?au?stade monopoliste avanc?, la production industrielle et le march??des marchandises constituent une sph?re qui se trouve subordonn?e ? celle d?une production d?j? hautement socialis?e, sinon d?j? socialiste, celle des trusts??.

M?prise entre le mot ??socialis??? et le terme ??socialiste?? que nous ne pouvons laisser passer. ??Socialis??? ? serait-ce de collectiviser la production en s?rie ? ? la cha?ne ? fordiste et tayloriste?(?) C?est possible, mais ce n?est pas le sens du mot????socialiste?? puisque le pouvoir d??tat ? politique, ?conomique ? n?a jamais ?t? accapar? par le prol?tariat et tous les moyens de production, d??changes et de communication n?ont jamais ?t? expropri?s, sans compensation, des mains des capitalistes pour ?tre remis au pouvoir des soviets ouvriers.

Donc, aucun?socialisme?qui tienne sous?l?imp?rialisme.??Ces deux modes de production sont incompatibles et ne peuvent coexister.??L?h?g?monie de l?un entra?ne la disparition de l?autre et vice versa, comme nous avons pu l?observer en URSS, devenue la Russie imp?rialiste.

Monopole et concurrence

Notre correspondant poursuit?: ??Dans cette sph?re dominante,?la situation du monopole le soustrait?? la?loi de formation de la valeur par le temps de travail, et le produit n?est plus ? proprement parler une?marchandise?au sens classique, puisqu?il??n?a plus ? affronter le march? pour trouver son prix.?La valeur classique c?de le pas ? la valeur fix?e par les lois du march? des capitaux (et non plus des marchandises) d?tach?s de sa base concr?te (le temps de travail).?Le monopole pompe ainsi (?)??la plus-value extraite qui existe toujours au sens classique d?une part, et d?autre part?impose des prix qui n?ont plus de rapport avec la valeur r?elle, que l?on ne sait plus trop o? chercher, ce qui lui assure l??quivalent d?une rente?? (2).

Notre interlocuteur nous am?ne au c?ur de la nouvelle ?cole dilettante bourgeoise ? marxisante ? dont?Monsieur Piketty?est un des auteurs ? succ?s aupr?s des imp?rialistes ?tatsuniens? la bourgeoisie sait reconna?tre les siens?(3).

Disons d?abord que sous le mode de production capitaliste en phase imp?rialiste, toute chose est susceptible de devenir?marchandise, un enfant en adoption, une jeune fille kidnapp?e, une prostitu?e, l?eau, une plage de sable blond et la Terre m?re, tout et n?importe quoi est marchandise commercialisable. Autre caract?ristique importante soulign?e par Marx, une marchandise a tendance ? se vendre ? son prix et ? sa valeur sociale moyenne, certains produits b?n?ficiant temporairement d?une plus-value extra alors que d?autres marchandises se vendent sous leur prix de revient et sous leur valeur sociale moyenne, jusqu?? dispara?tre du march?.

Ces caract?ristiques de fixation des prix sont ? la fois le r?sultat, et entra?nent dialectiquement la?sp?culation inflationniste sur les march?s boursiers?? l?aide d?une monnaie de singe (le cr?dit) qui un jour ? s??vapore ? comme disait un banquier fran?ais (4). Si les prix fluctuent, la valeur, elle, ne change pas. La valeur d?une marchandise est toujours d?termin?e par le temps de la force de travail employ? ? la fabriquer.

Les lois de la valeur et de fixation du prix d?une marchandise, expliqu?es par Marx, sont valides pour toute l??poque du?mode de production capitaliste, y compris pour sa phase imp?rialiste qui n?est que son ?tape finale de d?g?n?rescence, m?me si cela prend 200 ans ? survenir.

Le?ph?nom?ne de monopolisation?que nous constatons pr?sentement ne signifie pas que la concurrence ait disparue entre les grands trusts contr?lant 50%, parfois m?me 75% de la production d?une marchandise quelconque. Les chinois monopolisent 80% de la production des terres rares mondiales et pourtant ils ont des concurrents.

La cartellisation ? la monopolisation, qui permet ? quelques grandes entreprises de s?entendre pour fixer les prix des produits, exacerbe la concurrence entre elles. Chaque membre du cartel mondial de l?aluminium, par exemple, tente de mener une OPA inamicale contre ses concurrents. Chaque compagnie signataire de l?entente trahit sa signature alors que l?encre n?est pas encore s?che. Chacun tente de s?accaparer les march?s et subit les?assauts des hausses de productivit? de ses alli?s et des entreprises concurrentes. Malgr? l?entente de cartel, il n?y a jamais de r?pit concurrentiel entre elles. Cette guerre de classe inter-capitalistes est men?e ? une ?chelle incommensurablement plus grande qu?? l??poque du capitalisme vagissant,??cela s?entend.

Accumuler le capital ? travers la conqu?te des march?s

Pire, la concurrence, non pas pour l?accaparement des march?s de l?aluminium?(pour reprendre notre exemple),?mais pour l?accaparement des profits globaux et des capitaux g?n?raux en circulation dans l??conomie. Cette concurrence est exacerb?e entre les trusts, les?cartels, les monopoles de chaque secteur de production et entre tous les secteurs de production-commercialisation. Dans notre exemple, la marchandise aluminium n?est que le pr?texte ? l?objet ? de la fabrication de plus-value et de son accaparement-accumulation, pour un investissement profitable et un nouveau cycle de reproduction ?largie. Vous devez comprendre que les salaires et les conditions de???travail et les conditions de vie des fondeurs d?alumine ne font pas partie des pr?occupations de ceux qui font circuler cet argent-capital pour la reproduire, sinon pour en r?duire l?impact sur les profits.

Fondamentalement, l?objectif de d?veloppement du capitalisme n?est pas de produire des biens ? marchander, afin d?accumuler de l?argent ??d?accaparer des march?s et d??tre le plus grand producteur d?aluminium, d?acier, de ciment ou d?automobile ? travers le monde. Tout ceci n?est que l?apparence des choses.

L?objectif que poursuit?le mode de production capitaliste-imp?rialiste, ind?pendamment des acteurs capitalistes qui?s?activent ? son chevet, est de se reproduire en plus grand?(la reproduction ?largie). Pour parvenir ? se reproduire de mani?re agrandie (?largie), le capitalisme a d?velopp? deux modalit?s simples et efficaces?:

A)?Le travail salari?. Faire produire de la plus-value et du salaire aux ouvriers. Le premier ?tant accapar? par le capitaliste et le second???tant laiss? au salari?, que l?on tentera de d?pouiller plus tard sur le march? de consommation par la pratique des prix inflationnistes et la d?pr?ciation du pouvoir d?achat.

B)?L?accaparement priv? du capital?? de la richesse ? de l?argent ? de la plus-value et des profits, qui de cette fa?on,?par ph?nom?ne d?induction, s?accumulent ? un??p?le de l?aimant capitaliste.??Sans ce principe simple tout l??chafaudage s??croule. C?est l?appropriation priv?e (y compris par l?entremise de l??tat des riches) qui permet l?accumulation et le r?investissement et la valorisation et la reproduction ?largie du capital, vulgairement appel?e croissance de ?l??conomie? et hausse du PIB.

Une immense entreprise de production d?aluminium (pour poursuivre notre exemple)?ne cherche pas tant ? devenir le plus grand producteur d?aluminium sur terre mais bien plut?t ? devenir la plus grosse?anode d?attraction du capital au monde. En cela, chaque entreprise monopoliste, quel que soit son domaine d?activit?, est en concurrence acharn?e avec tous les autres monopoles de l?aluminium mais aussi contre ceux de l?acier, de la construction de navires,?de la construction d?avions, de la production d?automobiles, pour l?accumulation de capital ? valoriser et ? faire fructifier en nouveau capital concentr?. Une loi du capitalisme exige ? r?clame ? induit la concentration. Alors quand ? l??conomiste ??Piketty?s?offusque et braille ? propos de l?injuste r?partition de la richesse sociale,?il expose ainsi sa totale ignorance de l??conomie capitaliste.

C?est la raison pour laquelle nous disons que l?imp?rialisme c?est le r?gne du capital roi et de la concurrence exacerb?e. C?est la guerre ?conomique totale et permanente entre les oligopoles de toutes provenances et pour toute marchandise (qui n?est que valeur d?usage transform?e en valeur d??change mon?taris?e).

De la n?cessit? de la concurrence pour assurer l?attractivit?

Revenons aux all?gations de notre interlocuteur qui pr?tend que?le r?gne des monopoles leurs permettraient de fixer les prix des marchandises?au niveau qui leur pla?t, ce qui rendrait obsol?te la loi de la valeur ?labor?e par Marx.

Un monopole qui fixerait ses prix sans tenir compte de quiconque ? en ignorant???ses concurrents ? c?est-?-dire sans tenir compte de tous les autres producteurs de tous les autres produits disponibles sur le march? mondialis? ? ferait faillite ou serait absorb? (OPA) par l?un ou l?autre de ses concurrents, car il chasserait de la sorte tout le capital qu?il cherche pourtant ? attirer vers son ?lectrode. Ses ventes s?amenuiseraient comme peau de chagrin, ses prix trop ?lev?s??amenant ses clients ? se passer de son produit, ou ? trouver un substitut. Exemple, l?aluminium est en concurrence avec l?acier et avec les produits composites pour la fabrication des voitures.

Conclusion: le syst?me d??conomie politique capitaliste est dans l?impasse, non pas parce qu?il aurait chang? sa mani?re de fonctionner?; non pas parce qu?il obvie ses lois n?cessaires de d?veloppement?; mais simplement parce qu?il y ob?it aveugl?ment.??Contrairement aux r?formistes, nous disons qu?il ne peut en ?tre autrement. Ce mode de production est caduc. Il a compl?t? sa vie utile et il doit ?tre remplac? par le mode de production socialiste planifi? qui sera beaucoup plus performant.

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ROBERT BIBEAU

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