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L?AM?RIQUE LATINE ? LA CROIS?E DES CHEMINS


 

OSCAR FORTIN :

Plusieurs des pays de l?Am?rique latine, cette derni?re, consid?r?e depuis la doctrine Monroe comme l?arri?re cour des ?tats-Unis, ont pris la voie de l??mancipation politique et de l?ind?pendance ?conomique. Un choix qui ne pla?t pas ? l?oncle SAM ? qui les peuples concern?s n?ont pas demand? la permission pour choisir leurs dirigeants et pour d?cider de leur ??destin??. Ce choix est d?autant moins appr?ci? que ces peuples acqui?rent de plus en plus d?influence sur les peuples du continent, donnant de plus en plus de consistance au projet bolivarien de l?unification de la Grande Patrie.?

L?esprit qui anime ces peuples est celui d?une reprise en main de leurs institutions politiques, culturelles et ?conomiques pour les transformer en pouvoirs au service de leur propre d?veloppement. La notion de d?mocratie y retrouve son plein sens en inscrivant le peuple comme le principal artisan de son devenir et le premier b?n?ficiaire de ses richesses.?

Au nombre de ces pays, quatre se d?marquent tout particuli?rement?: la Bolivie, le Venezuela, l??quateur et le Nicaragua. ? ces derniers s?ajoutent d?autres pays qui avancent sur cette m?me voie, mais ? un rythme diff?rent?: l?Argentine, le Br?sil, l?Uruguay et le P?rou. Cuba, dont je ne parlerai pas dans cet article, demeure une esp?ce ? part et un phare de r?f?rence dans cette lutte ? finir contre les pr?tentions imp?rialistes des ?tats-Unis.?

L?ONCLE SAM, le grand ap?tre de la d?mocratie dans le monde, n?aime pas ?a. Il n?aime pas ?a parce que la d?mocratie dans ces pays ne r?pond plus ? ses attentes ni ? ses volont?s. Il n?aime pas ?a parce que ces pays lui demandent de se comporter, tel que l?exige la Charte des Nations Unies, comme un pays respectueux du droit des autres ? l?auto d?termination et ? l?ind?pendance.?

L?ONCLE SAM, cet exemple d?honn?tet? et de justice, ne peut plus puiser ? volont? dans les richesses de ces pays, n?arrive plus ? corrompre leurs pr?sidents ni leurs chefs d?arm?e pour remettre au pas ces peuples devenus trop entreprenants.?

Que lui reste-il alors comme alternative, lui qui n?a pas renonc? ? son arri?re-cour ni ? ses pr?tentions de diriger ce Continent en s?asservissant ses dirigeants et en puisant comme bon il l?entend dans ses richesses. Cette approche justifi?e par sa doctrine de la s?curit? nationale et de ses int?r?ts internationaux.?

Depuis quelques ann?es, nous pouvons observer qu?il a d?velopp? un art sp?cial pour mener ? terme ses projets de conqu?te et de reconqu?te. Il fait de plus en plus appel ? des interm?diaires au sein des populations ainsi qu?? des forces de l?opposition pour cr?er des mouvements de foules, froidement manipul?s pour faire monter la pression du m?contentement et du d?sordre social. Les m?dias de la d?sinformation, pour leur part, couvriront ces situations en les pr?sentant comme un cri du c?ur des peuples contre leurs gouvernants indignes?des fonctions qu?ils occupent. Ce sera un appel urgent ? la communaut? internationale pour un retour ? la v?ritable d?mocratie.?

Cette approche a donn? et continue de donner d?assez bons r?sultats dans les pays o?, d?une part, les dirigeants demeurent plus?soucieux des opportunit?s d?enrichissement que des responsabilit?s que commande leur mission et, d?autre part, la conscience des peuples demeure ? un niveau plus pr?s du bien-?tre individuel que du bien-?tre collectif. Un terroir id?al pour faire de la corruption l?arme tout indiqu?e pour y r?aliser tous les projets visant l??croulement de gouvernements et la prise de contr?le des??pouvoirs et des richesses. Dans pareil?contexte, la machine ? imprimer des billets verts devient plus efficace que les avions et les bombes.?

Pour le moment, cinq pays font l?objet d?interventions clandestines de d?stabilisation et de discr?dit de leurs dirigeants?: le Br?sil avec Dilma Rousseff, l?Argentine avec Cristina Fernandez, la Bolivie avec ?vo Morales, le Venezuela avec Nicolas Maduro et l??quateur avec Rafael Correa.?

D?ABORD LE BR?SIL??

Le Br?sil est pr?sentement aux prises avec une des plus importantes crises politiques des derni?res d?cennies. Tous les ingr?dients y sont pour neutraliser un gouvernement, dont la pr?sidente, Dilma Rousseff fait partie de la mouvance des pays ?mergents. Des ?v?nements majeurs vont se r?aliser au Br?sil au cours des prochaines semaines et des prochaines ann?es, pla?ant le Br?sil au c?ur de l?actualit? mondiale?: les Journ?es mondiales de la jeunesse, juillet 2013, la Coupe du monde de football 2014, les Jeux olympiques d??t? de 2016. Il s?agit l? d??v?nements qui ne doivent surtout pas servir l?image d?un Br?sil moderne, ind?pendant, ouvert et dynamique. Mieux vaut qu?il apparaisse comme un pays o? le peuple est malheureux, les conflits toujours plus aigus et les dirigeants, corrompus et d?pass?s par les ?v?nements.?

Si le Br?sil a connu des progr?s importants au cours des derni?res ann?es, il n?en demeure pas moins un pays o? les probl?mes demeurent nombreux et les d?fis ? relever toujours plus importants les uns que les autres. Depuis plusieurs semaines le peuple est dans la rue pour d?noncer la corruption, des politiques incoh?rentes, pour exiger, de toute urgence, la solution ? un certain nombre de probl?mes sp?cifiques.?

La Pr?sidente a pris l?initiative de se d?clarer en accord avec de nombreuses revendications des manifestants et a rencontr? les principaux repr?sentants de ces mouvements encadrant ces manifestations. Elle a promis la tenue d?un r?f?rendum ou pl?biscite sur les principaux changements ? apporter ce ? quoi les organisations sociales ont r?pondu positivement.??

Le bras de fer entre les pr?tentions imp?riales de discr?diter les actuels dirigeants du Br?sil et de fissurer cette majorit? du peuple en appui ? la Pr?sidente, constitue un moment charni?re pour l?avenir du pays. Je mise sur la capacit? de l?actuel gouvernement de mettre ? d?couvert les pr?tentions de l?empire et, prenant pr?texte de ces soul?vements, de proc?der ? des changements constitutionnels majeurs, entre autres, dans l?organisation et le financement des partis politiques. D?j?, les s?nateurs de l?opposition s?opposent ?? de tels changements.?

La pr?sence, dans les jours qui viennent (23 au 28 juillet), du? nouveau pape Fran?ois aux Journ?es mondiales de la jeunesse sera l?occasion de d?couvrir la direction de ses v?ritables engagements politiques et du r?le que joue l??glise dans ces manifestations populaires. Nous sommes habitu?s ? une ?glise hi?rarchique qui respire l?air de la mouvance imp?riale et oligarchique. Qu?en sera-t-il avec ce nouveau pape, issu de ce continent et soucieux des pauvres et des laiss?s pour compte? Se permettra-t-il la libert? qu?il affiche au Vatican dans ses interventions ou sera-t-il encadr? par ceux qui lui dicteront quoi dire et ne pas dire??

Je dois m?arr?ter ici, devant m?absenter plusieurs jours. Je me propose de vous revenir en poursuivant, cette fois, avec les pays ?mergents comme le Venezuela, la Bolivie et l??quateur.

?

Oscar Fortin

Qu?bec, le 12 juillet 2013

http://humanisme.blogspot.com

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