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L?Am?rique du Sud accentue la pression sur les pays d?Europe et les Etats-Unis

I – SUITE ? L’AFFAIRE DE L’AVION DU PR?SIDENT BOLIVIEN, L’ARGENTINE, LE BR?SIL, L’URUGUAY ET LE VENEZUELA RAPPELLENT LEURS AMBASSADEURS EN FRANCE, ESPAGNE, ITALIE ET PORTUGAL

On a appris ce 12 juillet?au soir que 4 ?tats sud-am?ricains membres du Mercosur, dont les 3 plus importants d?mographiquement et ?conomiquement (Argentine, Br?sil et Venezuela), ont d?cid? de rappeler leurs ambassadeurs en consultation dans les 4 ?tats europ?ens (dont la France) m?l?s ? l’affaire de l’avion du pr?sident bolivien Evo Morales.

Cette d?cision, annonc?e ? Montevideo, capitale de l’Uruguay, dans le cadre du Mercosur, est d’autant plus spectaculaire qu’elle a ?t? prise conjointement et collectivement par des ?tats qui n’ont pas ?t? directement impliqu?s dans cette affaire, ? savoir 4 des 5 ?tats du Mercosur?: Argentine, Br?sil, Uruguay et Venezuela.

Seul le Paraguay manque ? l’appel car ce pays a ?t? suspendu de l’organisation il y a un an, ? la suite de la destitution par le Congr?s paraguayen du pr?sident de l’?poque, l’homme de gauche Fernando Lugo (destitution o? beaucoup d’observateurs voient la main de Washington).

En revanche, le pr?sident bolivien Evo Morales ?tait pr?sent, bien que l’adh?sion de la Bolivie au Mercosur, sign?e le 7 d?cembre 2012, n’ait pas encore ?t? ratifi?e par tous les pays membres.

Le ??March? commun du Sud??, ou ??Mercosur?? selon l’espagnol ??Mercado Com?n del Sur?? ou ??Mercosul?? selon le portugais ??Mercado Comum do Sul?? est actuellement compos? de l’Argentine, du Br?sil, du Paraguay, de l’Uruguay et du Venezuela. Le Paraguay est cependant suspendu de participation par les autres ?tats depuis le coup d??tat de l?an dernier foment? par les services am?ricains. La Bolivie a sign? son adh?sion le 7 d?cembre 2012 mais il manque les ratifications des pays membres. Le Chili, la Colombie, le P?rou et l??quateur sont pour l?instant ??pays associ?s??.

Certains observateurs comparent le ??Mercosur?? ? une sorte de construction europ?enne ? l??chelle sud-am?ricaine. S?il est vrai qu?il a ?t? cr?? le 26 mars 1991 (il y a 22 ans) pour favoriser la libre circulation des biens, services et des facteurs productifs entre les pays, l?adoption d’une politique commerciale commune, la coordination de politiques macro?conomiques et sectorielles entre les ?tats et la harmonisation des l?gislations pour atteindre un renforcement du processus d’int?gration, il n?en est pas moins vrai que ce processus est all? beaucoup moins loin qu?en Europe.

  • D’une part parce que les ?tats-Unis, qui favorisent l?ALENA au niveau de l?ensemble du continent am?ricain nord et sud, ne sont pas ? la man?uvre dans les coulisses. L?anglais n?est d’ailleurs pas utilis? dans le Mercosur, dont les deux seules langues officielles sont l’espagnol et le portugais.
  • D’autre part parce que les ?tats sud-am?ricains sont extr?mement soucieux de pr?server leur ind?pendance nationale. Depuis quelques ann?es, le Mercosur a eu tendance ? prendre une coloration anti-lib?rale et anti-?tats-unienne de plus en plus marqu?e, ce qui le distingue ?videmment radicalement de la pr?tendue ??construction europ?enne??.

Les pr?sidents sud-am?ricains r?unis ? Montevideo ont r?affirm? solennellement ??le droit inali?nable de tout ?tat ? accorder l’asile (sans) restrictions ni limites??.

Visant express?ment le cas d’Edward Snowden coinc? ? Moscou sur la pression de Washington, la D?claration finale du Sommet n’y va pas par quatre chemins puisqu’elle pr?cise qu’ ??il est fondamental d’assurer que soit garanti le droit des r?fugi?s ? circuler en s?curit? jusqu’au pays d’accueil?? et ??rejette toute tentative de pression, de harc?lement ou de criminalisation par un ?tat ou des tiers.??

II – ANALYSE DIPLOMATIQUE DE LA D?CISION

Le ??rappel d’un ambassadeur en consultation?? est une mesure de r?torsion diplomatique visible, qui t?moigne d’une tension significative entre des ?tats. Elle se situe ? peu pr?s ? l’indice de gravit? 4 sur une ?chelle de mesures de r?torsions allant de 1 ? 10.

Un Indice 4 sur une sorte d’?chelle de r?torsions allant de 1 ? 10

Pour permettre ? mes lecteurs de bien comprendre la situation, je crois utile de leur expliquer que, suite ? un incident diplomatique o? l’?tat X estime avoir subi un pr?judice de la part d’un ?tat Y, l’?chelle des mesures de r?torsion possibles s’?tablit globalement de 1 ? 10 comme suit, de la moins grave ? la plus grave?:

  • 1- contact informel (et non rendu public)?entre un directeur du minist?re des affaires ?trang?res du pays X et l’ambassadeur du pays Y pour faire part discr?tement d’un probl?me ou d’une protestation.
  • 2- ??convocation au minist?re des affaires ?trang?res?? (rendue publique) de l’ambassadeur du pays accr?dit? Y?par le minist?re des affaires ?trang?res du pays X pour lui faire part d’un probl?me ou d’une protestation.

Le pays X juge l’affaire suffisamment irritante, et doute suffisamment de la bonne foi du pays Y, pour en informer la presse et prendre ? t?moin l’opinion publique.

  • 3- remise par l’ambassadeur du pays X accr?dit? dans le pays Y d’une ??note officielle de protestation???; cette proc?dure est ?ventuellement doubl?e par la ??convocation?? de l’ambassadeur du pays Y accr?dit? dans le pays X par le minist?re des affaires ?trang?res du pays X pour lui remettre la m?me ??note officielle de protestation?? (cas 2 + 3).
  • 4- d?cision?prise par les autorit?s du pays X de???rappeler en consultation leur ambassadeur accr?dit? dans le pays Y??. Le pays X est suffisamment ulc?r? par l’attitude du pays Y pour qu’il d?cide d’engager un bras de fer diplomatique en prenant ? t?moin les chancelleries de tous les pays du monde ainsi que l’opinion publique plan?taire.

C’est cette d?cision de niveau 4 que viennent de d?cider solidairement l’Argentine, le Br?sil, l’Uruguay et le Venezuela ? l’encontre de la France, du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie.

D’un point de vue technique, l’ambassade du pays X reste ouverte dans le pays Y, mais en l’absence de l’ambassadeur, le chef des services diplomatiques n’est plus qu’un « charg? d’affaires », g?n?ralement le n?2 de l’ambassade.

Cette situation peut durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Elle n’entra?ne que rarement la mesure de r?torsion identique de la part des autorit?s Y.

  • 5- d?cision?prise par les autorit?s du pays X?de ??r?duire leur personnel diplomatique?dans le pays Y?et d’y rabaisser leurs relations diplomatiques au niveau des charg?s d’affaires??. L’ambassade du pays X reste ouverte dans le pays Y, mais le fonctionnement est r?duit ? de maigres contacts et au traitement des questions consulaires (octrois de visas, etc.).

? la diff?rence de la situation pr?c?dente, celle-ci peut durer plusieurs mois, voire plusieurs ann?es.

Elle entra?ne le plus g?n?ralement la mesure identique de la part des autorit?s du pays Y, qui r?duisent – ? leur tour – le niveau de leur repr?sentation diplomatique dans le pays X.

Le pays X peut aussi demander au pays Y d’agir de la sorte en r?duisant les accr?ditations sur son propre territoire.

  • 6-?d?cision prise par les autorit?s du pays X d’???expulser l’ambassadeur accr?dit? par le pays Y???ou de le???d?clarer?persona non grata??.

D’un point de vue technique, le pays qui d?cide cette expulsion, ou cette d?claration de???persona non grata??, demande g?n?ralement qu’elle soit effective sous 48 ou 72 heures, une semaine tout au plus.

Elle entra?ne selon les cas, soit la ??r?duction des relations diplomatiques au niveau des charg?s d’affaires?? (cas n?5 pr?c?dent), soit m?me la fermeture de l’ambassade et la rupture des relations diplomatiques (cas n?7 suivant).

Cette situation peut durer au moins plusieurs mois, souvent plusieurs ann?es, voire plusieurs d?cennies.

La violence symbolique de la mesure (expulsion d’un ambassadeur) entra?ne quasi-syst?matiquement la mesure de r?torsion identique de la part des autorit?s Y vis-?-vis de l’ambassadeur X.

Mais les autorit?s X ont en g?n?ral devanc? cette mesure en rappelant elles-m?mes leur ambassadeur dans le pays Y (cas 4) au m?me moment qu’elles expulsent l’ambassadeur du pays Y.

  • 7- ??rupture des relations diplomatiques????d?cid?es par le pays X.

Cette rupture entra?ne la fermeture des deux ambassades respectives, celle du pays X dans le pays Y et celle du pays Y dans le pays X.

La brouille diplomatique est d?sormais consomm?e entre les deux ?tats, qui sont ainsi en conflit ouvert.

D’un point de vue technique, la ??rupture des relations diplomatiques?? dure en g?n?ral plusieurs ann?es, voire plusieurs d?cennies et peut conduire ? deux types de situations diff?rentes?:

  • 7.1.)- soit l’absence totale de relations diplomatiques, m?me officieuses.

Ce cas est tr?s rare.

Ce fut par exemple le cas entre les pays occidentaux et la R?publique Populaire de Chine pendant les ann?es 1950, et cela jusqu’? la reconnaissance diplomatique du r?gime de Mao par la France de Charles de Gaulle.

Ce fut aussi le cas avec le ??Kampuchea d?mocratique?? (Cambodge dirig? par les Khmers Rouges de 1975 ? 1979), qui n’entretenait aucune relation diplomatique – quelle qu’elle soit – avec la tr?s grande majorit? des ?tats du monde.

  • 7.2.)- soit le maintien de relations diplomatiques officieuses?:

Le maintien de relations diplomatiques officieuses apr?s la rupture des relations diplomatiques officielles peut s’effectuer de deux fa?ons?:

  • ou bien par l’ouverture de ??bureaux de repr?sentation??, sortes d’ambassades qui ne disent pas leur nom

L’exemple actuellement le plus r?pandu est celui de Ta?wan. La R?publique Populaire de Chine refuse en effet avec intransigeance qu’un ?tat qui noue des relations diplomatiques avec elle puisse continuer ? entretenir en parall?le des relations diplomatiques officielles avec l’?le de Ta?wan, consid?r?e comme en ?tat de s?dition par rapport au continent.

En cons?quence, tous les ?tats ont d? rompre leurs relations diplomatiques avec le r?gime de Ta?pei au moment o? ils reconnaissaient le r?gime de P?kin. Ce qui fait que la quasi-totalit? des ?tats du monde n’entretient plus de relations diplomatiques officielles avec Ta?wan (il ne reste que quelques pays africains ou oc?aniens pauvres, qui b?n?ficient de larges subsides de Ta?wan, ainsi que le Vatican, qui reconnaissent encore officiellement ??la Chine de Formose??).

Cependant, les autorit?s de Ta?wan et celles des ?tats reconnaissant P?kin sont convenues d’ouvrir des ??bureaux de repr?sentation?? ou des ??instituts culturels?? qui font office d’ambassades officieuses. Du moment que ce dispositif lui ??sauve la face??, le r?gime de P?kin ferme les yeux sur ce tour de passe-passe.

Entre la France et Ta?wan, le r?gime du Guomindang a ainsi ouvert ? Paris une repr?sentation diplomatique officieuse d?nomm?e ??Bureau de repr?sentation de Ta?pei en France?? (http://www.roc-taiwan.org/FR/mp.asp?mp=122), tandis que la France a ouvert ? Ta?pei une repr?sentation diplomatique officieuse d?nomm?e ??Bureau Fran?ais de Ta?pei?? (http://www.france-taipei.org/). Tous les autres pays du monde agissent de la m?me mani?re.

  • ou bien par l’ouverture d’une ??section d’int?r?ts?? dans l’ambassade d’un pays tiers (ce qui n?cessite l’accord d’un pays Z).

Par exemple, suite ? la prise d’otages dans leur ambassade ? T?h?ran, les ?tats-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques avec l’Iran le 7 avril 1980. Cependant, ils ont d?cid? et obtenu – un an apr?s – qu’un pays tiers (la Suisse) h?berge quelques diplomates am?ricains dans l’ambassade de Suisse ? T?h?ran. Celle-ci a donc ouvert, dans ses locaux, une ??section des int?r?ts am?ricains?? en Iran, qui fonctionne depuis 32 ans comme une petite ambassade officieuse entre le gouvernement de Washington et celui de T?h?ran. Cette ??section des int?r?ts am?ricains?? permet notamment de faire passer des messages discrets aux autorit?s iraniennes ou de d?livrer des visas d’entr?e pour des Iraniens aux ?tats-Unis.

De fa?on identique, les int?r?ts iraniens aux ?tats-Unis sont repr?sent?s par la ??section des int?r?ts iraniens?? dans l’Ambassade du Pakistan ? Washington.

Au-del? de l’?chelon n?7, on bascule dans les mesures de nature coercitives et agressives?:

  • 8)- mesures coercitives en mati?re consulaire?: suspension de l’octroi de visas d’entr?e sur le territoire du pays X pour les ressortissants du pays Y, etc.
  • 9)- mesures coercitives en mati?re commerciale ou financi?re?: boycott des produits du pays Y, interdits d’importation dans le pays X, suspension des relations financi?res, gel des avoirs bancaires ou immobiliers d?tenus par l’?tat Y ou ses ressortissants dans l’?tat X, etc.
  • 10)– enfin arrive le?d?clenchement d’une op?ration militaire?du pays X contre le pays Y, la guerre demeurant ??ultima ratio?? des relations d’?tat ? ?tat.

III – LA FRANCE, SOMM?E DE S’EXCUSER PUBLIQUEMENT, SE RETROUVE ?CHEC ET MAT.

La d?cision prise le 12 juillet par 4 ?tats sud-am?ricains membres du Mercosur, dont les 3 plus importants ?conomiquement (Argentine, Br?sil et Venezuela), de rappeler leurs ambassadeurs en consultation dans 4 ?tats europ?ens (dont la France), se classe donc au niveau 4 sur une ?chelle allant d’environ 1 ? 10 en termes de gravit? croissante.

Sans aller jusqu’? la rupture des relations diplomatiques, les 4 ?tats sud-am?ricains ont donc d?cid? de ne pas se contenter de protestations de pure forme, mais d’aller jusqu’? un d?but de crise ouverte.

Cette d?cision est bien calcul?e.

Passer au stade 5 (r?duction structurelle des relations) ou au stade 6 (expulsion des ambassadeurs) aurait en effet ?t? excessif car cela aurait permis aux 4 ?tats europ?ens vis?s de se sentir exag?r?ment attaqu?s. Ils auraient l?gitimement pu prendre des mesures de r?torsion analogues.

En en restant au stade 4 du ??rappel de l’ambassadeur en consultation??, les autorit?s des 4 ?tats sud-am?ricains mettent donc les gouvernements des 4 ?tats europ?ens dans une position inconfortable.

Cette situation est rendue d’autant plus inconfortable que les 4 ?tats sud-am?ricains ont aussi d?cid? d’??exiger des excuses publiques des pays d’Europe qui ont agress? le pr?sident Morales??, pour reprendre les termes utilis?s par le pr?sident v?n?zu?lien Nicolas Maduro.

Cette derni?re demande est sp?cialement cruelle pour la France, dont le minist?re des affaires ?trang?res avait d?j? publiquement exprim? ses ??regrets?? pour le blocage de l’avion du pr?sident bolivien. Le mot ??regrets?? avait ?t? soupes? au milligramme par nos diplomates, car il exprime l’id?e que l’on est d?sol? d’une situation mais que l’on n’en endosse pas la responsabilit? car celle-ci r?sulterait de faits ext?rieurs sur lesquels on ne peut rien (c’est le cas, par exemple, d’un h?telier qui se d?clare ??au regret?? d’annoncer ? un voyageur qu’il ne peut pas l’h?berger parce que son h?tel est complet).

Non seulement, notre pays ne peut d?cemment pas r?pliquer en ??rappelant ? son tour nos ambassadeurs dans les 4 ?tats sud-am?ricains en consultation??, mais il se voit somm? d’aller plus loin que l’expression de simples ??regrets??. Le mot ??excuses?? qui est attendu de la France est ?videmment humiliant car il force notre pays ? reconna?tre ? la fois sa responsabilit? dans cette affaire, et qu’elle a eu tort d’agir comme elle l’a fait.

Autant dire que la France se retrouve ?chec et mat?:

  • soit le gouvernement fran?ais s’ex?cute et pr?sente publiquement ses ??excuses??, ce qui revient ? humilier encore davantage notre pays ? la face du monde, et ce qui aura au passage la cons?quence de nous f?cher avec Washington?;
  • soit le gouvernement fran?ais estime qu’il n’a pas ? pr?senter publiquement ses ??excuses?? et en reste aux seuls ??regrets??. Auquel cas, le rappel des ambassadeurs sud-am?ricains risque de durer longtemps. Et la France en sera r?duite ? attendre piteusement que le courroux des pays sud-am?ricains s’apaise, en jouant profil bas.

C’est la premi?re fois depuis des d?cennies que la France se retrouve dans une posture diplomatique aussi d?testable avec l’ensemble des pays sud-am?ricains. Je suis m?me bien persuad? qu’une telle d?gradation dans nos relations avec l’Am?rique du sud, et une telle unanimit? dans la r?probation ? notre encontre, sont sans pr?c?dent historique.

Je rappelle au passage que le Mercosur repr?sente 83% du PIB total de l’Am?rique du Sud et constitue la zone ?conomique et la plateforme industrielle la plus dynamique et comp?titive de tout l?h?misph?re sud. En perdant pied sur ce continent, la France sape ? la fois son rayonnement culturel et linguistique, son influence politique et son assise ?conomique et commerciale. Bravo M.?Hollande?!

 

IV – D?NONCIATION PR?CISE ET OP?RATIONNELLE CONTRE L’ESPIONNAGE DES ?TATS-UNIS

Enfin, ce Sommet du Mercosur a donn? l’occasion ? la pr?sidente br?silienne, Dilma Rousseff, de mettre les pieds dans le plat publiquement, en d?non?ant l’espionnage am?ricain, dont son pays a ?t? victime selon les documents fournis par Edward Snowden depuis Moscou.

Elle a estim? que ces ?v?nements ?taient l’occasion pour le Mercosur de ??marquer une limite?? et les autres chefs d’?tat du Mercosur lui ont embo?t? le pas sans h?sitation.

La d?claration finale du Sommet demande donc ??aux responsables de ces actions qu’elles cessent imm?diatement?? ainsi que ??des explications sur leur motivation et leurs cons?quences??.

Les pr?sidents ont annonc? par ailleurs qu’ils saisiraient les instanc es internationales comp?tentes pour l’adoption de normes relatives ? la r?gulation d’internet, en relation avec la s?curit? cybern?tique ??afin de pr?server la s?curit? des communications et la souverainet? des ?tats.??

On imagine ainsi que les pays du Mercosur ont l’intention de lancer un vaste d?ballage mondial ? la tribune de l’ONU, probablement ? l’occasion de l’Assembl?e G?n?rale qui se r?unira cet automne comme tous les ans.

Autant de d?cisions annonc?es ? la face du monde, qui ne peuvent qu’accentuer la pression sur Washington et les pays de l’Union europ?enne, qui apparaissent ainsi pour ce qu’ils sont?: les principaux fauteurs de trouble de la paix, de la libert? et de la s?curit? mondiales.

Fran?ois Asselineau

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