2 août 2006 |
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Après un mois de tergiversation, à se promener entre les oreilles et le cerveau, le son de Karkwa a finalement réussi à trouver son chemin, tortueux, pour s’imprégner définitivement dans la mémoire auditive de l’auditeur.
Pourquoi un chemin si long avant d’atterrir au fond de l’oreille ? C’est qu’il y a quelque chose de bizarre avec Karkwa. Quelque chose qui cloche. Une impression forte que ce groupe n’est pas à sa place, que ce son clair, précis, n’est pas au bon endroit, au bon moment.
Et puis, justement, ça frappe. Le problème c’est le son. Ce son, beaucoup trop expérimenté, beaucoup trop bien arrangé pour la place qu’il détient dans l’environnement musical québécois. Une pépite d’or oubliée. Chacun des morceaux est à sa place, chacune des pièces a sa raison d’être et deviennent autant de belles découvertes, par exemple la participation de Brigitte Fontaine sur Red Light qui ajoute de fait à la surprise de l’album.
Cette œuvre, sans bavures, est d’une audace réfléchie, calculée et préparée, très ou trop peu habituel dans cet univers québécois où dominent le sans-audace remâché, l’ennui recommencé.
Ce génie et cette intelligence nous rappellent avec nostalgie le son très particulier et recherché que le duo Basta de Lemieux et Boucher nous avait livré il y a déjà quelque temps avec l’excellent Radieux-Sceptique. Cette comparaison devrait suffire pour comprendre que nous avons devant les yeux et surtout à proximité des oreilles un délicieux mélange de tout ce que la musique québécoise devrait être. Intelligente dans sa complexité et géniale dans sa diversité.
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