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K R A C H ! ? Immobilier US, dette et finance !

Alors que tout le monde est effray? par le taux de 10,7% des cr?dits immobiliers susceptibles de ne pas ?tre rembours?s en septembre 2012 en Espagne (182 milliards d?euros), personne ne parle des USA qui connaissent exactement le m?me probl?me, mais pour des montants autrement plus importants.

Le taux des cr?dits immobiliers non rembours?s aux USA est en effet de 10,77% (Q3-2012) :

Source 😕St Louis FED Reseach

Les cr?dits immobiliers repr?sentent? 5 222 milliards de dollars aux USA et l? OCC, l?organisme gouvernemental de contr?le des banques, avance m?me le chiffre de 11,3 % (cr?dits immobiliers non rembours?s, 88,7 % current and performing page 13/70) au deuxi?me trimestre 2012.

Source : Office of the Comptroller of the Currency

Les pertes sur ces cr?dits sont ?valu?es ? plus de 400 milliards de dollars. Mais ce n?est pas tout, ces pr?ts immobiliers ont donn? lieu a une vaste titrisation, un proc?d? qui transforme les dettes en titres financiers.

Les ABS (asset-backed security) cr??s par titrisation reposent ainsi pour une grande part sur les cr?dits hypoth?caires. En cas de d?faut de l?emprunteur, l?int?gralit? de l?obligation n?est pas rembours?e, de vastes pertes pour les banques en perspective?

Plus grave encore, une partie des titres de dettes bas?s sur des pr?ts bancaires appel?s Collateralised Loan Obligation (voir CDO) vont partir en fum?e. Il est int?ressant de savoir que ces CDO repr?sentent plusieurs centaines de milliards de dollars dans le monde, dont une grosse partie aux USA. De plus, le lien entre ces CDO dits synth?tiques et les fameux CDS (Credit Default Swap) est le parfait exemple de ce que la finance peut faire pour gagner de l?argent vers l?infini et au-del?. La banque de France met en ligne un pdf qui explique le fonctionnement de ces CDO, un document qui nous donne la cl? :

??S?agissant des op?rations non financ?es, le CDO est adoss? int?gralement ? des CDS et ?quivaut ? un panier de CDS. La capacit? du v?hicule ? indemniser l?initiateur en cas d??v?nement de cr?dit d?pend alors de la solvabilit? des acqu?reurs du CDO. Enfin, dans le cas le plus fr?quent des op?rations partiellement financ?es, le transfert de risque aux investisseurs s?op?re pour partie via des CDS et pour partie par ?mission de titres de cr?ance (cf. sch?ma ci-dessous).

Ces montages comportent g?n?ralement un CDS d?un montant notionnel important par rapport aux tranches ?mises, appel? swap ? super senior ? car il b?n?ficie de la subordination de la tranche senior et constitue ainsi la partie de la structure la mieux immunis?e contre les pertes. Le swap engendre n?anmoins un risque de contrepartie et, de ce fait, est contract? avec une entit? tr?s bien not?e (en g?n?ral un assureur sp?cialis? dans la couverture du risque de cr?dit, appel? ? monoline ?, ou une banque de premier rang).

Le principal attrait de ce genre de montage pour les banques c?dantes qui y ont recours r?side dans le fait qu?il permet d?amples transferts de risque de cr?dit et, partant, d?importantes ?conomies de fonds propres, ? un co?t bien moindre que celui des CDO financ?s, gr?ce ? une r?duction substantielle du montant des tranches ? placer aupr?s des investisseurs. En outre, l?achat de protection par le biais d?une tranche super senior se r?v?le bien moins co?teux (10 points de base de prime) que la r?mun?ration servie sur une tranche senior de notation?

AAA (Euribor + 50 b), du fait de la pr?f?rence des contreparties super senior (et, notamment, des assureurs?? monoline ?) pour assumer le risque de cr?dit sans le financer.??

Source page 5/21 😕Banque de France (encadr? 2)?

Assumer le risque de cr?dit sans le financer, le probl?me est l?, car, en cas de gros probl?me, les montants en jeux sont tellement ?normes qu?il ne reste plus que l??tat pour assumer. Vous comprenez mieux pourquoi le gouvernement f?d?ral US accroit sa dette de plus de 100 milliards de dollars par mois. D?ailleurs, le QE3 a ?t? d?clar? illimit? dans le temps par Ben Bernanke lui-m?me.

Ceux qui pensent que la r?gulation en cours va r?soudre le probl?me se trompent lourdement, car, je cite le comit? de B?le, ??Les CDS par tranches et les CDS offrant une protection contre les pertes au ?ni?me d?faut ne sont jamais admissibles. C?est, en particulier, le cas des instruments li?s ? une note de cr?dit et des positions de premi?res pertes.??

Le 28 septembre 2012, L? ISDA, l?Association Internationale des Swaps et D?riv?s avait d?ailleurs mis en garde le Basel Committee on Banking Supervision (BCBS) ainsi que l? International Organization of Securities Commissions (IOSCO) au sujet de leur projet d?accro?tre les fonds propres sur produits d?riv?s. Elle n?allait? d?ailleurs pas par quatre chemins, et affirmait que de ??telles demande de liquidit? pourrait causer une ?norme pression sur le march? des liquidit?s avec la potentialit? d?une dislocation significative de l??conomie g?n?rale??. ??Such demands on liquidity could cause enormous pressure on market liquidity with the potential for significant dislocation to the general economy??dans le texte.

Source : ISDA

Ce rapport est une bombe ? lui seul, pourtant, ce que l?ISDA ne dit pas, c?est que les produits d?riv?s fonctionnent selon un sch?ma de Ponzi, c?est ? dire que les nouveaux contrats permettent d?effacer les pertes, ce qui a conduit ? l?exponentielle actuelle (632 000 milliards de dollars).

Pour r?sumer, il faut financer la dette et cela repr?sente des montants tels, qu?exiger des fonds propres aupr?s des organismes financiers en couverture des CDS est impossible, ? moins de les ruiner d?finitivement.

Tout le syst?me repose sur la dette, car, sans elle, pas de consommation et sans consommation, pas de travail.

Pour rappel, le Monoline FSA, num?ro quatre mondial des rehausseurs de cr?dit ou monoline (filiale de la banque franco-belge Dexia) a essuy? des pertes ?normes entra?nant Dexia dans le rouge.

Le lundi 8 novembre 2010, le monoline Ambac Financial, l?assureur obligataire am?ricain,? s??tait inscrit sous protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux Etats-Unis.

Ambac garantissait pour 700 milliards de dollars de ces instruments de dettes ? comparer aux 400 milliards de dollars (selon les analystes d?IFR, un service de Thomson Reuters) de Lehman Brothers dont la faillite, le 15 septembre 2008 avait donn? le coup d?envoi de la crise actuelle.

MBIA (NYSE: MBI) , le premier monoline sur le march? mondial est en grande difficult? et son titre s?effondre totalement. Que se passera-t-il lorsque les monolines feront faillite ?

zonebourse.com/MBIA-INC-13464/analyse_technique

Derri?re la catastrophe financi?re se d?roule un v?ritable drame humain.

1 237 025 proc?dures de saisies immobili?res ont ?t? comptabilis?es aux USA au deuxi?me trimestre 2012.

 

Source page 49/70 : Office of the Comptroller of the Currency

Le chiffre ? retenir est celui de 101 735, celui du nombre d?expuls?s d?finitivement de leur maison (completed foreclosures page 50/70) soit 1118 expulsions par jour !

Le nombre de SDF aux USA n?est pas pr?s de diminuer. Par exemple, le nombre de SDF ? New York est pass? de 28 700 en mars 1987 ? 46 600 en ao?t 2012 dont 19 000 enfants.

Source : http://www.coalitionforthehomeless.org/pages/basic-facts

 

GILLES BONAFI

 

 

 

 

 

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8 Commentaire

  1. avatar

    Ouch!
    Merci! Le vernis cache la réalité…

  2. avatar

    Il y a trois ans que l’on sait que la partie est finie et que l’argent ne vaut rien. Notre société vit dans le déni et ceux qui savent y mettent les formes pour dire à la chère vielle chose qu’elle e tient debout que par une foi aveugle en son hypnotiste. Le portrait de Dorian Grey… Bah, de toute façon, qui d’entre nous aurait tenu cent ans…

    PJCA

  3. avatar

    Oui Pierre, c’est cuit depuis la fin des accords de Bretton Woods en 1971.
    L’ingénierie financière n’a fait que retarder l’échéance fatale. Le système est désormais totalement gangrené par les dettes et les produits dérivés de dettes.

    Penser un autre monde et surtout le mettre en oeuvre est désormais une nécessité vitale. L’économie sociale et solidaire doit devenir la synthèse du capitalisme et du communisme, deux vieilles idéologies qui ont fait leur temps.

  4. avatar

    @ GB

    Bretton Woods a été, dès son lancement en 1944, la version la plus astucieuse qui ait jamais été mise en place pour permettre l’exploitation incontournable des pauvres par les riches. Un franc succès qui a garanti la primauté de l ‘Occident.

    Un âge d’or qui a évité une guerre mondiale et maintenu un ordre social relativement serein. La plus belle des arnaques. Une martingale qui ne pouvait pas durer toujours, mais avec peu de rafistolage dont celui de 71, ça a tenu pendant pendant trois générations.

    Maintenant, c’est fini et les chiffres de cet article montrent bien qu’il est déjà prévu qu’il n »y aura pas de lendemain. Nos enfants ou plus probablement les Chinois – ou les zélotes religieux qui sont en séries élimiatoires – bâtiront autre chose.

    La seule question réaliste pour chacun est de se demander si le déluge arrivera avant ou après son propre décès… et d’agir au mieux selon la réponse.

    Bonne journée

    PJCA

    • avatar

      De plus étonnant dans tout cela, – façon de parler, est que le simple citoyen qui ne comprend rien à l’économie, ne peut pas saisir ce qui a « mené le monde » à l’état actuel.
      Il se fie donc au ministre des finances qui est ( était) certain d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2025. Pour nos enfants…
      Le crédit semble alors la seule manière de prolonger pour un temps la « richesse » occidentale.
      Beau déni!
      Et plan d’austérité. Comme si cela pouvait calfeutrer la béance…
      Les courbes exponentielles sont d’un langage à faire peur.

  5. avatar

    « Quoi de plus absurde que le progrès, puisque l’homme, comme cela est prouvé par le fait journalier, est toujours semblable et égal à l’homme, c’est-à-dire toujours à l’état sauvage. »
    Charles Pierre Baudelaire