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Centpapiers

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    • Cofondateur du Temps Fou (1978-1982), fondateur et éditeur du Guide Ressources (de 1985 à 1996) et fondateur du site PasseportSanté.net, il vit perché dans les montagnes de Sutton d'où il essaie de voir d'un peu plus haut un peu plus loin. Il est l'auteur de Responsabilité, liberté et création du monde (Éd. Liber, 2010).

    Journal: l’engagement social des baby-boomers

    2 avril 2011 | 1 commentaire(s) | vu 877 fois

    Par Christian Lamontagne

    Visitez son blogue: Notes de Sutton

    Il y a exactement une semaine, j’assistais à l’assemblée générale de fondation de SUTTON en HAUT – PLEIN AIR ET AVENTURE AÉRIENNE, une coopérative de solidarité lancée à Sutton. L’initiative vient d’un groupe de jeunes (début de la trentaine) qui ont décidé de racheter le centre de ski de fond Sutton en haut et le parcours d’hébertisme aérien D’arbre en arbre dont les propriétaires précédents ont fait faillite l’année dernière.

    Les jeunes promoteurs ont tous travaillé pour l’entreprise et cherchent ainsi, entre autres, à garder leurs emplois. Mais évidemment et avant tout, ce sont tous des passionnés de plein air. Le groupe est bien organisé, sait où il s’en va et reçoit un bon appui de la communauté d’affaires locale. Car le ski de fond et l’hébertisme aérien attirent quelques milliers de visiteurs chaque année et engendrent des retombées économiques significatives (vous connaissez la chanson…).


    Toujours dans les arbres à 55 ans…

    Je raconte tout ça pour en venir au fait suivant: même si les baby-boomers vieillissants commencent à passer l’âge de jouer à Jane et Tarzan dans les arbres (l’expérience en vaut la peine, croyez-moi, mais il faut la faire avant de ne plus être capable), 90% de la trentaine de personnes présentes à l’assemblée de fondation de la coopérative étaient des baby-boomers. Les non baby-boomers étaient les membres travailleurs de la coop. Je ne sais pas si ces gens étaient représentatifs de l’ensemble des membres utilisateurs de la coopérative, mais c’était trop frappant pour ne pas le remarquer.

    Voilà donc un groupe de personnes qui s’étaient déplacées un vendredi soir pour venir soutenir un projet communautaire. Où étaient les gens de la génération X et de la génération Y? Trop occupés avec leurs jeunes enfants, trop préoccupés par autre chose pour s’impliquer dans leur communauté, ou tout simplement pas intéressés? Je comprends que les baby-boomers forment un groupe qui a maintenant le temps (plusieurs sont à la retraite) et l’argent (un peu) pour s’impliquer dans leur communauté, mais n’y a-t-il personne dans les générations plus jeunes partageant les mêmes préoccupations?

    Écrivant cela, je sais que les préoccupations environnementales sont très présentes dans les jeunes générations mais l’engagement concret à soutenir un projet local porté par une communauté n’était manifestement pas à leur agenda ce soir-là.

    Vendredi soir dernier, le  rôle et la responsabilité de ma génération envers les générations suivantes me sont apparus d’une manière limpide. Une partie d’entre nous –une minorité, bien sûr– a porté des projets de changement et des rêves qui ont transformé la société au cours des années 1960 et 1970. Ensuite, il a bien fallu gagner sa vie, élever les enfants et mener des vies plus «conventionnelles». Et, en tant que génération, nous n’avons pas très bien transmis nos idéaux à ceux et celles qui suivent. Mais ces idéaux sont encore présents et ce sont eux qui expliquent, au moins en partie, pourquoi les baby-boomers composaient 90% des personnes présentes à l’assemblée de fondation de cette coopérative.

    À mes yeux, la responsabilité des baby-boomers est claire: passer le flambeau des valeurs communautaires et des idéaux de partage et de justice aux générations qui suivent. Ce que nous avons perdu en énergie, en folie et en excès, nous l’avons gagné en expérience, en maturité, en écoute et en sagesse. Que nous le voulions ou non, nous sommes désormais les mentors de ceux et celles qui suivent. Et notre responsabilité, en tant que génération, est de faire correspondre nos actions et notre discours. Rien ne sert de déplorer la perte ou l’absence de valeurs dans la société, si nous ne sommes pas capables de les incarner nous-mêmes. Disons qu’il y a eu un certain relâchement de notre part, sur ce point, pendant une trentaine d’années.

    Mais le temps n’attends personne et nous nous écoulons lentement, inexorablement et définitivement vers notre disparition.  Qu’aurons-nous laissé? Quel héritage aurons-nous laissé? Si ce n’est pas maintenant, alors quand?

    En pratique:
    Pour les gens de la région de Sutton et des environs
    , voici un lien sur les documents qui expliquent le projet de la coopérative. Si vous devenez membre (120 $) de la coop avant le 30 avril, vous aurez droit à des privilèges pour la prochaine saison, en plus des privilèges récurrents du fait d’être membre.

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  • Un commentaire

    Merci de partager vos connaissances, expériences et visions sur ce site…
    (Y)

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