Accueil / A C T U A L I T É / Jo Le Pheno – Fallait-il en parler ?

Jo Le Pheno – Fallait-il en parler ?

 

Monsieur Cazeneuve ne comprend décidément rien à la culture Rap et les syndicats policiers n’ont aucun sens de l’humour. Ne m’insultez pas tout de suite, le pire est encore à venir.

Essayons de regarder les choses calmement, sereinement, et surtout sans aucun racisme. D’avance merci.

D’abord, les yeux dans les yeux, comme dirait Cahuzac, essayons d’analyser les événements avec un maximum de lucidité et de bon sens. Vous avez certainement déjà constaté que nos flics ne sont pas des anges. Les bavures sont nombreuses et lorsque les CRS tapent dans le tas, ils font des dégâts. Ne demandez pas à ces gens-là de faire preuve de discernement. D’ailleurs faire la différence entre un casseur et un manifestant est souvent très compliqué, parfois ils ne font qu’un. Ensuite, vous en conviendrez, lorsqu’on vous balance des cocktails molotov et des morceaux de macadam sur le coin de la figure, ça n’aide pas la réflexion et ça énerve un peu.

Maintenant vous le savez, « Tout le monde déteste la police », surtout les rappeurs qui font un commerce juteux avec la haine du flic. Bien sûr, ces gentils garçons n’ont aucune mauvaise intention et n’appellent pas au meurtre de policiers. Ce qu’ils font n’est rien d’autre que de l’art d’un genre très particulier que tout le monde ne peut pas comprendre. Ces artistes ont leurs codes, ils bougent leurs doigts d’une manière très expressive, mais incompréhensible pour de simples quidams.

bernard-cazeneuve-porte-plainte-contre-le-rappeur-jo-le-pheno-qui-veut-fumer-les-condes

Mais bon, policier c’est un métier et ces hommes en uniforme payés pour maintenir l’ordre devraient avoir l’habitude de se faire insulter et cracher dessus. Faut dire qu’en ce moment la tension est palpable. De plus, avec les risques d’attentats tous les jours et les manifestations à répétition, nos gardiens de la paix sont usés et fatigués. Nous pouvons le comprendre et pardonner quelques coups de matraque superflus et ces grenades lancées à l’aveuglette. Mais attention aux yeux quand même.

Aussi, quand un rappeur presque inconnu mais Vrai Chakal et surtout très c.. qui se fait appeler Jo Le Pheno sort un clip anti-flic sur YouTube titré « Bavure ». C’est la goutte d’eau qui fait déborder la vase. Du coup notre ministre de l’Intérieur bouge la queue comme un chien policier qui a flairé une bonne piste.

Mais mettez-vous à la place des syndicats policiers qui voient tomber leurs gars comme des mouches et qui entendent ça !

« J’pisse sur la justice et sur la mère du commissaire », «  »les condés, c’est des petits cons qui méritent de se faire plomber » ou encore « J’baiserai la France jusqu’à ce qu’elle m’aime ». « Où sont les condés ? On va les dompter. Combien de décédés ? On peut plus compter ».

Mais fallait-il en parler et assurer la publicité de Jo Le Pheno ?

En fait, Jo Le Pheno vit à la « Banane« , le quartier populaire des Amandiers du 20e arrondissement de Paris. Le Vrai Chakal ne compte qu’un millier d’abonnés sur son compte Twitter. Mais le morceau polémique a été vu 120 000 fois en quatre semaines.

De plus, ce phénomène qui s’imagine en défenseur des opprimés par la police à un talent fou pour expliquer qu’il ne « comprend pas pourquoi » son clip fait tant de foin. « Je ne m’y attendais pas du tout, il y a des rappeurs qui chantent des choses bien pires que ça. Cette plainte est complètement ridicule. C’est grotesque ». Puisqu’il n’a « en aucun cas incité qui que ce soit à la haine ». « Je suis rappeur, c’est ma liberté d’expression », se défend-il.

« C’est pas une incitation, c’est une dénonciation, ajoute-t-il. On en a marre des bavures policières. Chez moi, je vois des policiers frapper des jeunes tous les jours. »

« Le chanteur pointe aussi le « racisme » de certains membres des forces de l’ordre. « La dernière fois, un gamin de 11 ans est venu me voir. Il portait un t-shit « La Banane » (comme le rappeur dans son clip, ndlr) et des policiers lui ont demandé pourquoi. Il a dit : ‘Parce que c’est le nom de mon quartier.’ Ils n’ont rien trouvé de mieux à lui répondre que : ‘T’es sûr que ça te rappelle pas ton pays ?’ Il était choqué », raconte Jo Le Pheno, concluant : « C’est l’hôpital qui se fout de la charité. »

Est-ce la peine d’en rajouter, à le lire, l’innocent rappeur n’est finalement qu’une innocente victime d’une police aveugle et injuste. Sans lui vouloir aucun mal, on ne peut qu’espérer que Jo Le Pheno participera à la prochaine manif contre la loi travail. Coincé entre les casseurs et les CRS.

 

Commentaires

commentaires

A propos de gruni 57

avatar
J'ai une fâcheuse tendance à l'ambiguïté. Ce n'est pas ma faute je suis tombé dans le deuxième degré quand j'étais petit. Depuis, pour me soigner, j'ai tenté une cure prolongée sur Agoravox. Le résultat a été désastreux, c'est encore pire qu'avant. Alors ne me prenez surtout pas au sérieux, mon cas déjà désespéré pourrait s'aggraver avec une grosse tête.

Check Also

Réforme des institutions : un projet à minima d’Emmanuel Macron…

Après des semaines de tractation entre majorité et opposition,  le Premier ministre, Edouard Philippe, a présenté ...