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Jeffrey Epstein : ses « Lolita Express », une Lolita pilote… et Donald Trump (3)

Dans l’épisode précédent, nous avons découvert le sordide entretenu par ce financier véreux obsédé par les (très) jeunes filles.  L’une d’entre elles a attiré notre attention.  A bien regarder son parcours, elle représente à elle seule tout le système Epstein, fait de duplicités et de non-dits :  abusée au départ, puis impliquée dans l’affaire comme «  rabatteuse », elle s’est inventé après coup une autre vie, factice, pour réussir à s’échapper de l’étau qui la tenait encore.  Beaucoup savaient (Clinton comme Trump ou comme le Prince Andrew, lui aussi en fort mauvaise posture aujourd’hui) que certaines jeunes filles aperçues à bord du Boeing 727 ou des deux Gulfstream étaient à peine nubiles.  Personne n’a rien dit, Trump le premier, qui aujourd’hui joue si bien les amnésiques (autant que Bill Clinton).  C’est l’une d’entre elles, abusée au départ, qui récemment a participé à la réalisation d’un épisode de fake-news comme  rarement on ne le voit.  Episode dont la teneur a complètement échappé à une autre femme, pourtant journaliste spécialisée en aviation...  C’est l’une des autres surprises de ce dossier.  A cette date, en effet, personne ne l’avait remarqué… mais avant d’arriver à elle et sur cet événement en commun, revenons sur quelques précisions….

Revenons donc tout d’abord dans l’un des immeubles fort particulier appartenant à Epstein.  Celui situé dans l’Upper East Side à Manhattan, dans lequel on trouvait l’agence mannequins MC2 du dénommé Jean-Luc Brunel, à la réputation sulfureuse depuis… 30 ans (1) ! Les policiers américains avaient en 2010 déjà interviewé Maritza Vasquez, la comptable de l’entreprise, qui avait indiqué lors de sa déposition  que «Jeffrey Epstein n’a jamais fait payer Jean-Luc pour la location de son appartement. Mais les filles, qui vivaient à trois ou quatre par appartement, devaient payer», indiquait-elle. Payer de leur personne aussi, cela tout le monde l’avait compris.  Brunel étant français, la piste remonte aussi bien entendu jusque l’avenue Foch, au numéro 22, au deuxième étage (dans un appartement à 7,7 millions d’euros), et elle intéresse aujourd’hui la justice française. Brunel lui paradant en France lors du dernier « diner en blanc », dont un reportage TV avait montré la vulgarité totale. La même Vasquez ayant précisé lors de son audition que la mannequin Nadia Marcinkova (de son vrai nom Naďa ou Nadežda Marcinková) « « aurait été amenée aux États-Unis d’ex-Yougoslavie à vivre avec Epstein à l’âge de 14 ans » .  D’autres témoignage parlant même « d’achat » à ses propres parents !!!  Ci-dessous le G550 N212JE photographié le 23 mai 2018 lors d’une des haltes parisiennes (au Bourget), pour une durée indéterminée.  On note que lors son vol du 22 janvier 2019, l’appareil était resté 8 jours sur place, ne repartant que le 30 (voir le listing du premier épisode ici). Le mois suivant, un juge fédéral revenait sur la décision d’Acosta, relançant toute l’affaire et son étrange conclusion de 2008.

Mannequin ou pas mannequin ?

Le 21 juin 2002, le même Brunel était présent lors d’un vol avec Jeffrey Epstein, et Ghislaine Maxwell, mais aussi l’accusatrice Virginia Roberts Giuffre, celle liée au cas du prince Agnew qui joue en ce moment si bien les amnésiques. On trouve sa trace un peu plus loin dans la description d’un vol ayant eu lieu en 2005 à bord du vieux Boeing 727, vol ayant décollé de New Albany Ohio, ville particulière dans le contexte car c’est la ville de Les Wexler, est celle où est installé L Brands, la société mère de Victoria’s Secret, l’avion se posant ce jour-là à Palm Beach, en Floride.  A bord, il y avait cette fois « trois femmes« , visiblement très jeunes, dont Nadia Marcinkova, qui aurait été alors âgée de 19 ans (elle est née en 1986).  Or aucune ne figurait dans le manifeste de bord, ce qui consistait en une infraction aux USA, surtout lorsque l’on change d’Etat (les législations pouvant y être différentes). L’avion servait aussi à contourner les lois ! Le rôle de Vasquez était de gérer les passeports des mannequins (ce qui représentait un pouvoir certain, étant toutes étrangères), mais pour le cas de Marcinkova, cela semble avoir été différent : « une partie du problème, dit Vasquez, était qu’elle n’était pas vraiment un modèle. « Cette fille n’a jamais travaillé, elle n’a jamais été mannequin. Elle vivait à cet endroit (au 301 East 66th St) mais elle a disparu », a déclaré Vasquez à un collègue qui a travaillé directement sur l’enquête. « En réalité, elle n’a jamais même travaillé comme modèle. » En effet, selon un rapport du département de police de Palm Beach datant de 2006, Epstein aurait confié à l’une de ses victimes que Marcinkova était une « esclave sexuelle » achetée à ses parents en Yougoslavie lorsqu’elle était adolescente. Selon le rapport, Marcinkova a fréquemment participé à des actes sexuels avec Epstein et ses victimes mineures. »  Savoir si la dénommé Marcinkova a été ou non mannequin est difficile à vérifier, même si on trouve ici et là quelques clichés qui pourraient le laisser entendre (ici à droite). En tout cas, elle n’a pas fait l’objet de grandes campagnes publicitaires signées par de grands noms, contrairement à ce qu’elle clame  aujourd’hui… et sa façon de faire du cheval, révélée ici à gauche, paraît bien particulière…

L’accord de non divulgation, destiné à protéger… Donald Trump

Mais on apprend aussi de la bouche de Maritza Vasquez qu’elle a, avec deux collègues et complices, signé un papier en 2008, un accord de non divulgation si elles acceptent de témoigner contre Epstein. Le fameux accord signé avec Alexander Acosta, l’ex-ministre de Trump (voir le premier épisode). Un bien étrange accord, qui « chargeait » Epstein, qui s’était pourtant vu quasiment absous par le fameux protecteur évident des secrets inavouables de Donald.  « En 2007, elle avait 22 ans (en fait 21 seulement) et travaillait comme assistante chez Epstein. Elle et trois autres femmes ont bénéficié de l’immunité en tant que co-aspirantes potentielles dans le cadre de son accord de plaidoyer controversé avec les procureurs fédéraux. Les archives montrent que toutes les femmes nommées dans l’accord et accusées de coordination ou de participation physique à l’opération de traite sexuelle d’Epstein – Marcinkova, Sarah Kellen, Adriana Ross (nota de son vrai nom Adriana Mucinska, d’origine polonaise) et Lesley Groff – partageaient un autre point en commun: la 66ème rue » (à droite en photo Marcinkova, Lesley Groff, et Sarah Kellen -devenue brune, il manque Ross) . Autre point commun, leurs émoluments ; dans la même déposition, on lit qu’elles avaient reçu un « salaire » ou une indemnité de 200 000 dollars/an pour leurs « prestations » (2).  En  2007, c’est Philip Weiss, qui, dans le New York Magazine, avait effectivement écrit qu’elle avait été « achetée à se parents  l’âge de 14 ans »Le problème, à partir de cette date, c’est que l’ancienne « esclave sexuelle » ayant révélé des choses inavouables ne pouvait plu compter sur la clémence de son ancien souteneur.  On pense qu’elle se serait alors échappée » (de son emprise), en s’inventant tout un monde… plutôt imaginaire, comme on va le démontrer dans ce qui va suivre.  Elle qui avait vu et suivi son maître lors de ces incessants voyages en avion. s’est dont tournée directement vers l’aviation pour s’imaginer une nouvelle vie.  Bien aidée en cela, semble-t-il par le commandant de bord attitré du Lolita Express qui aujourd’hui encore clame n’avoir rien remarqué du tout à bord de ses trois avions ou de de ses trois hélicoptères, ce qui semble tout simplement… impossible !  Son mutisme s’expliquant facilement, il est vrai, par une reconnaissance ou non de complicité de trafic d’êtres humains…

Un jour de 2007, dans le Gulfstream d’Epstein, un changement d’atterrissage imprévu

L’origine du « départ » de Marcinkova demeure obscur.  Mais après bien des recherches, on fini par trouver pourquoi ou plutôt quand elle se serait décidée à changer de vie.  La scène s’est passée à bord du Gulfstream dans lequel elle voyageait régulièrement depuis des années. « Le 21 août 2007, les agents spéciaux du FBI, E. Nesbitt Kuyrkendall et Jason Richards se rendent au domicile de Leslie Groff pour la servir avec une assignation à comparaître devant le grand jury fédéral avec une enquête en cours dans le sud de la Floride.  Mme Groff travaille comme l’assistante personnelle de l’accusé. Mme Groff a commencé à parler avec les agents et puis s’est excusée pour aller à l’étage vérifier son enfant endormi. En haut, madame Groff a téléphoné à l’accusé, Jeffrey Epstein, et l’a informé que les agents du FB étaient chez elle. M. Epstein a demandé à Mme Groff de ne pas parler aux agents et l’a réprimandée pour les avoir laissé entrer chez elle. M. Epstein a fait pression pour maintenir Mme Groff de se conformer aux citations à comparaître du grand jury que les agents avaient signifiées sur elle. En particulier, M. Epstein a mis en garde Mme Groff contre la remise de documents et des preuves électroniques sensibles à la citation à comparaître et a fait pression sur elle pour retarder la comparution devant le grand jury du district sud de la Floride. Cette conversation eu lieu lorsque M. Epstein était à bord de son avion civil (…)  Son pilote avait déposé un plan de vol et il était sur le point de retourner à Teterboro, NJ. Après la conversation avec Mme Groff, M. Epstein craignait que le FBI essaie de questionner sa compagne de voyage, Nadia Marcinkova, avec une assignation à comparaître similaire devant le grand jury. En fait, les agents s’apprêtaient à signifier à Mme Marcinkova une lettre indiquant qu’elle était simplement la cible d’une enquête  (« target letter ») lorsque le vol a atterri à Teterboro. M. Epstein a ensuite redirigé son avion, obligeant le pilote à effectuer un nouveau plan de vol, envisageant de se rendre dans les îles Vierges américaines au lieu de la région de New York, pour empêcher les agents spéciaux de signifier la lettre à Nadia Marcinkova. Au cours de ce vol, Epstein a verbalement invectivé Mme Marcinkova, la harcelant et faisant pression sur elle pour ne pas coopérer avec l’enquête du grand jury, l’entravant ainsi et la dissuadant de signaler à la commission d’une violation de la loi fédérale envers ces agents chargés de l’exécuter, à savoir, les agents spéciaux du FBI. Epstein a également menacé Sarah Kellen, qui a également été harcelée, contre toute coopération à son encontre. «Dans la foulée, au même moment, quel hasard, Alexander Acosta, pas encore ministre de Trump, commençait alors ses « discussions » pour enterrer le dossier, suivant les conseils avisés du « state attorney », Barry Krischer (un démocrate, ici à gauche), partisan de baisser les charges contre Epstein, et présentées de cette façon avec insistance par Alan Dershowitz, l’avocat très entreprenant d’Epstein ! Tout cela malgré les preuves accablantes amassées patiemment par les patients policiers Michael Reiter (responsable de l’enquête ici à droite à ses débuts dans la police de Palm Springs) et Joseph Recarey, le détective, et son véritable travail de fourmi. Eux deux avaient fait un boulot exemplaire, ce que déterrera le Miami Herald comme on l’a vu.

Des débuts hésitants, mais beaucoup de pub autour 

« J’avais 23 ans quand j’ai compris que je voulais travailler dans l’aviation et obtenir ma licence de pilote » a t-elle avouée un jour. Ce qui nous fait arriver en 2009, deux ans après qu’elle ait déposé « secrètement » contre son ancien patron, ce qu’Acosta s’est arrangé pour laisser secret… mais qu’il n’a pu dissimuler aux avocats d’Epstein. Ce dernier l’a-t-il alors laissée partir (en lui rendant son passeport notamment) ou bien a-t-elle réussi à négocier son départ, lui qui lui a payé ses onéreuses leçons de vol, là aussi cela reste très flou.  Ce dernier a-t-il tenté de calmer le jeu en lui offrant davantage, on est tenté de le croire :  en commençant sa formation au pilotage dans une école de l’aéroport de Palm Beach County installé sur le petit aéroport de Lantana (avec sur place l’embarras du choix pour les Cessna).  Un apprentissage laborieux puisqu’on peut la voir encore en janvier 2013 pas trop assurée effectuer un vol à bord d’un Cessna 172 au départ du petit aéroport de Farmingdale (ici à droite), ancien fief de Fairchild-Republic, et qui possède un beau musée avec le DC-3 « Second Chance »44-76717.  Elle survelora ensuite à la tombée de la nuit la Statue de la Liberté et le pont Verrazano. Le plus étonnant étant la mise en scène de ce vol, tourné par deux caméras fixes dont une à l’arrière (sur l’empennage) à l’extérieur du petit Cessna : visiblement, tout a été prévu au départ pour en faire un film promotionnel à la gloire de sa propre image. Une image savamment entretenue depuis lors, avec des posts un peu partout sur Twitter ou Facebook ou même le site (chinois de Hong-Kong) de l’app « 9GAG » (Go Fun The World », quel slogan de crétin) où figurent les pires imbécillités du net, le néant de l’info. Le post de la dénommée «Girl »  est légendé « This is my celebrity crush (Nadia Marcinko), model turned pilot ».  Le site est une escroquerie à but lucratif, constitué de reprises de choses existantes (des plagiats donc) alors qu’elles sont estampillées « 9gag » comme on le voit ici à gauche, car mises en proposition de vote des lecteurs. Le site est depuis plusieurs années en déclin.  Elle a, entre-temps  multiplié les posts, se montrant par exemple en pose selfie à bord d’un Piper Cub PA-J3 bien reconnaissable (ici à droite).  Mais c’est alors en place passager (comme ici) !  Or, sur cet avion, qui s’avère être en fait le N331JM, elle en profitait aussi pour passer une qualification comme pilote d’hydravion, car l’appareil du Sport Flying of Connecticut en était un aussi (il est aujourd’hui à vendre) !  Le vol y était facturé 99 dollars la demi-heure.

Etalage (sur le net) de ses prouesses et de ses nouveaux talents

Car la belle, à l’évidence en fait beaucoup trop pour étaler ses nouveaux talents d’aviatrice.  Et les exemples abondent comme on va le voir… Gag supplémentaire:  le Cessna précédemment cité appartient bien à l’aéroport de Lantana (3) et son propriétaire a baladé derrière lui dans le ciel une bannière dénonçant les venues de Trump à Mar-a-Lago, parce que la restriction du domaine aérien autour privait son club du Stellar Aviation des revenus des taxes des avions, détournés ailleurs (« parmi les coûts induits figurent ainsi les restrictions aériennes imposées par les services de renseignement à l’aéroport local de Lantana, qui clouent au sol 200 vols chaque jour que passe M. Trump à Mar-a-Lago », avait-on pu lire) !!! Le Piper Cub du club étant le N9858P.  En mars, la voici toujours à Farmingdale, près du musée, avec derrière elle le Thundersflash (53-7595, de reconnaissance photo) bien reconnaissable.
Elle effectue ce jour-là son premier vol à bord d’un Cirrus CR 22, immatriculé N119AL. Elle effectuera son vol solo le 20 septembre 2014 (mais sur un autre avion du même type, photo ici à gauche).  Entre les deux, elle s’est aussi offert un vol en place passager sur un Albatros L-39 sur l’aérodrome de Crystal River Airport de Virginia Beach avec comme instructeur  Sean ‘Flopper’ Cushing, via une connaissance commune, Raf Collado de ZigAir, une société de « mise en relation de charters et de clients » un partage à la demande d’avion, mais aussi de Phacil et de Protocom Aviation, contractants de l’armée US, d’Inabox, de BERN Associates, Inc., Sigma Research, et le prétendu « leader des écoles de l’air dans le secteur d’Hampton Road Virginia » (ici Marcinkova vue de dos avec le logo de l’entreprise). L’occasion pour elle encore une fois de… frimer, ouvertement. Collado, pilote lui-même, est en fait le propriétaire de 12 appareils, dont le fameux L-39 mais aussi d’un Stearman et d’un superbe  biplan d’acrobatie d type Great Lakes (sous le nom de 757 Adventures) et du T-6 Texan cité un peu plus loin.  Ci-dessous Marcinkova et l’équipe des 757 Adventurers aux côtés d’un petit Bellanca SuperDecathlon, d‘American Champion Aircraft, un avion d’acrobatie fort prisé.  L’avion (N660CM) a été mis en vente depuis : 195 000 dollars (muni d’un hélice tripale).

La vidéo du vol sur L-39 la montre plus crispée que vraiment souriante (ou faussement détendue), à bien regarder. Bien sûr ce jour-là; elle ne pilote en rien le chasseur…tchèque.  Son Cirrus, lui, après un passage en Angleterre ou à Amsterdam (et à Anvers en janvier 2016 il est même passé par Lille !) se trouve désormais en France, aperçu à plusieurs reprises à Belle-Ile en mer, effectuant le trajet Saint (Rennes) vers Belle-Ile comme ici  récemment. Il est même désormais inscrit au partage de trajet chez la COVAMI !!!  Le 26 juin 2013, elle s’était déjà offert un tour en T-6 Texan (ici à droite), celui des Nassau Flyers, installés eux aussi dans un hangar de Farmingdale (une école de pilotage, qui propose des formations sur Cirrus !). Pas vraiment un hasard comme emplacement : le site sert de base de « shooting » photo pour vendre des vêtements pour gens aisés (des ceintures en cuir bleu à 1295 dollars par exemple). En photo ce jour-là pour la séance a été pris Gary Cucchi, vice président, de Progressive Marketing Group Inc, devant le T-6 cité. Un vol sur ce Texan coûte entre 325 et 375 dollars, pas plus. Cette première sortie sur avion mythique semble en tout cas lui avoir procuré plus de sensations que les sorties suivantes (ici à gauche).  En 2013 encore, on la surprend en train de prendre des cours de pilotage d’avion d’acrobatie en compagnie de David Paqua, pilote de course sur Kudzu DLM, comme instructeur, à bord d’un modèle Acro Sport N129D, un superbe biplace à cockpit séparé (construit par lui au troisième étage de son appartement de Stamford !).  C’est la journaliste spécialisée Christine Negroni qui l’avait ainsi croisée à l’anniversaire du cinquantenaire du Learjet chez Bombardier, coïncidant avec celui du centenaire de la firme automobile de luxe Aston Martin. La jet set habituelle, mêlée à ce vrais passionnés d’aviation (la voiture est là Special S vendue 195 000 livres, Naida est accoudée à sa portière).

Gangang Style dans le cockpit 

Après 250 heures de vols inscrites sur son journal de bord, elle aurait alors « accepté l’offre de Jeffrey Epstein d’obtenir sa qualification Gulfstream II » selon une de ses dépositions.  En fait, elle a mis la charrue avant les bœufs en se lançant d’abord dans l’obtention d’une qualification FAA sur Gulfstream et autres gros porteurs (dont le 737) et en passant après ses diplômes de pilote d’avions plus léger, c’est cela que l’on a du mal à comprendre chez elle.  Mais comme elle est constamment à bord d’un des (trois) Gulfstream, où elle peut s’essayer au maniement avec la complicité du pilote attitré Visoski, cela explique sa démarche surprenante au départ, réalisant ainsi un vieux rêve semble-t-il.  Elle obtiendra sa licence de pilote de ligne le 9 mai 2018, soit en cinq ans minimum de vols, en l’ayant passée dès 2010 sur simulateur. Un diplôme obtenu sur simulateur, comme c’est devenu courant, à qui il ne manquait plus après que la pratique réelle. La FAA reconnait pleinement le diplôme, pour Fight Safety par exemple, c’est en effet à charge pour l’élève de venir avec un avion s’il désire appliquer juste après ce qu’il vient d’apprendre chez lui, et ce qui lui a valu d’être diplômée : ses statuts l’indiquent (« apportez votre Gulfstream GII aux fins de maintenance par General Dynamics Aviation Services et Gulfstream pendant que vous vous entraînez avec nous » peut-on y lire). Or là, souvent présente dans le cockpit du Gulfstream aux côtés du pilote attitré d’Epstein, ce n’était donc pas un problème pour elle, le seul hic étant la reconnaissance tardive (en 2018) de la FAA d’une qualification réelle obtenue semble-t-il dès 2010 … chez SimuFlight, en fait, à Dallas, selon ses dires et non pas chez FlightSafety. A un tarif moins élevé, en tout cas, que chez Flight Safety ! Entre deux présences dans le cockpit, elle poste aussi des  photos d’elle à bord du « Lolita Express »… (ici à droite) dans lequel elle reste très présente aussi. L’avion on le rappelle, volait en effet 600 heures par an !!!

Pour ce qui est de ses réelles capacités à piloter un engin plus lourd comme le Gulfstream II, on peut néanmoins rester un peu dubitatif en effet. Deux vidéos ostensiblement postées par Marcinkova elle-même laissent davantage planer le doute plutôt que de nous convaincre pleinement. La première visible ici est censée nous montrer ses capacités.  A sa gauche, celui qui commande réellement l’avion : l’inévitable Larry J. Visoski bien  sûr. La vidéo laisse une drôle d’impression, celle d’une co-pilote pas sûre d’elle-même, mimant plutôt les gestes nécessaires en regardant son voisin. A en rappeler une autre, apparue en 2015… en étant méchant.  L’avion, le vieux Gulfstream II N909JE, se pose alors ce jour-là au Cyril E. King Airport, près de St-Thomas dans les îles Vierges à une époque remontant à avant 2015, à voir les peintures de sa piste Ouest N°10, toute proche du front de mer, lui aussi fort reconnaissable avec ses blocs de rochers (ici à gauche). Visiblement, Marcinkova s’entendait parfaitement avec Larry, véritable pitre à ses heures, ce qu’on distingue encore nous avec une réelle complicité dans la deuxième vidéo où ils entonnent ensemble la danse du Gangang Style bien connue captée sur la radio avant un départ nocturne de Teterboro… direction cette fois le Bourget. L’ambiance à bord est bon enfant, et Visoski se montre même plutôt paternaliste avec son copilote encore amateur. Là encore, le cockpit à cadrans ronds nous indique qu’il s’agit toujours du vieux G-II comme exemplaire. Le vol aurait eu lieu cette fois vers le Bourget, atterri en piste 07 OOS vers EEN) Voici en tout cas la photo de l’avion une fois posé, lors d’une précédente visite, avec au fond le hangar Unijet bien connu.  Photo prise le 19 avril 2008, avant encore la certification de Marcinkova de 2010, figurant ici à gauche, mais la qualification bien réelle obtenue sur simulateur lui suffisait bien avant pour pouvoir porter les épaulettes… à trois bandes (celle du co-pilote) et non pas celle à quatre, dévolue normalement au seul commandant de bord !). Le jet privé d’Epstein volait donc ainsi dans l’illégalité mais il n’aurait pas été le seul dans ce cas.  Ce  qu’ignorent ses prestigieux passagers ! Ce qui était en  effet hors des clous (mais les les vols privés sont rarement contrôlés on le sait) !!!  A un moment dans la vidéo, on peut la voir mettre un masque à oxygène de pilote, semble-t-il pour la première fois : c’est en fait la procédure normale à cette altitude, quand le pilote quitte son siège, laissant le co-pilote seul aux commandes. Visoski lui confiant alors le manche sans aucune hésitation.

Ejectée par Gulfstram Aerospace

L’ex « esclave sexuelle » venue de l’Est va en effet faite beaucoup d’efforts pour tenter de se présenter à partir de là comme une pilote crédible, notamment de Gulfstream. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’à force d’avoir voulu en faire, elle a totalement raté son coup. Les exemples abondent. Le premier est de se laisser photographier dans une fausse tenue de commandant de bord, alors qu’elle n’est encore que « « Flight Attendant » (hôtesse de bord), dans une attitude bien trop décontractée (ici à gauche). Elle multipliera plus tard des clichés pour rectifier le tir (ou l’empirer, tant la stratégie de départ était floue, comme ici à droite). Le second problème est son emballement à se trouver comme pseudo sur le net de « Gulfstream Girl ».  Maladroitement, elle avait posté sur le net un petit clip de présentation qui commençait par une carte… ou son pseudo était accolé à l’île désormais maudite de Little St James (ici à gauche) !!!  Ses photos aguicheuses attireront et déclencheront  77 000 « likes » chez Facebook en 18 mois, contre 18 000 visiteurs chez Gulfstream Aerospace.  Le nom fera long feu, car la firme aéronautique n’apprécie pas du tout et l’obligera à en changer avec une injonction officielle délivrée par un juge, après plusieurs demandes repoussées de changer de nom, une véritable poursuite en contrefaçon de marque délivrée le 18 novembre 2013  : elle deviendra alors « Global Girl », en ayant négocié un règlement à l’amiable, le 6 janvier 2014 (pour « Waverly », une concurrente, Grumman n’a pas engagé encore de procès !!) . Toute sa stratégie, celle d’implanter son nom sur le net pour ses deux sociétés (Aviloop et Aviatri) s’était alors effondrée, le marketing autour du nom « Gulfstream Girl »  étant à revoir. La première société se voulait une bien étrange entreprise « axée sur la création de marketing d’image pour d’autres sociétés d’aviation« . A noter qu’en 2012 elle ne disposait que d’un diplôme reconnu par la FAA, celui de « ground instructor », à un rang élevé d’advanced instrument », c’est-à-dire qu’elle a ingurgité une bonne connaissance technique des appareils. Visiblement c’était bien une bûcheuse !

Le coup du donut

Un des slogans de son site (ici à droite) l’exprime clairement, avec en exemple une vidéo montrant Nadia en train d’essayer de dévorer un donut attaché à une ficelle alors qu’elle est à bord d’un avion volant sur le dos. L’expérience n’est pas neuve, d’autres mmilitaires comme civils l’ont faite (ça marche aussi avec du Red Bull) et ont montré avant elle qu’on pouvait même boire de la même façon, grâce à la force centrifuge.  Quel but cherchait-elle avec cette démonstration, à part se mettre une nouvelle fois en évidence ? Créer le buzz mène en effet à quoi donc, on reste dubitatif sur cette tentative de publicité tapageuse. Le magazine Wired avait ainsi résumé l’affaire « En outre, elle est PDG d’Aviloop, une entreprise extrêmement singulière d’image de marque pour l’aviation, dont le site Web présente des clichés impeccables avec des Gulfstreams ». Voilà qui faisait un peu court en effet !

L’expérience du donut croqué avait été faite à bord d’un Pitts, à double commande, l’avion étant alors maintenu en vol par une deuxième personne, mais visiblement Nadia avait laissé le lecteur de la vidéo croire que c’était elle qui pilotait (alors qu’elle avait aussi déjà obtenu son diplôme de pilote d’acrobatie) ! Une tromperie, en quelque sorte, et un coup de pub douteux ! L’autre site créé étant encore plus flou, Aviatri s’efforçant plutôt de promouvoir les  femmes pilotes (cf son slogan ici à droite), en ignorant surtout les grandes dames qui ont précédé, telle les formidables pionnières Patty Wagstaff ou Julie Clark et son vieux Beech T-34 tout métal Mentor – la classe !) sans oublier Catherine Maunoury ou l’énergique et époustouflante Svetlana Kapanina, reine actuelle des circuits). Le Pitts lui ayant servi, on en retrouve la trace ici, de deux manières : dans un cliché très « mode » ici à gauche (Marcinkova jouant sur les deux tableaux mais ruinant de la sorte le côté « pro » de son site orienté aviation) et un autre la montrant affairée à préparer l’envol de l’appareil (le N221GG) dans une tenue plus décontractée (ici à droite). Cette scène ayant été enregistrée en juillet 2018, au Hartness Airport, à North Springfield, dans le Vermont, lors d’un championnat de voltige  organisé par le New England Aerobatic Club. Cela en hommage à Kathy Jaffe, présidente de l’IAC décédée en 1999, dans le crash de son Pitts S1S, N29GS près d’Andover, dans le New Jersey. Le propriétaire de l’avion se dissimulant derrière un habituel« trustee » du Delaware.

 

 

Véritable pilote d’acrobatie, mais plutôt… moyenne

Ce jour-là, inscrite effectivement en qualité de pilote d’acrobatie, elle avait fait un score  plutôt moyen de 1914,20 points en catégorie « Sportsman Power », terminant 10 eme sur 13 concurrents… Voici le programme d’acrobaties à faire.  Mais elle pilotait bien elle-même cet avion d’acrobatie ! Elle avait préparé son apparition le 2 juin 2015, effectuant la « Sportsman sequence » (le programme acrobatique classique prévu avec figures imposées, ici l’exemple de 2011; la manœuvre 6 étant par exemple le célèbre demi-huit cubain) à bord d’un Super Decathlon, pour préparer le championnat de Wildwood Acroblast contest de l’IAC, dans le New Jersey, se filmant à l’intérieur de l’avion et rééditant la séquence en 2017 au même endroit (on reconnait bien ici à gauche la structure interne en tubes du modèle Decathlon, extérieurement ça donne ça avec ce super petit engin poids plume de 600 kilos à peine (4)). A gauche un des plans simplifiés de la célèbre séquence de 2013. Mais sa tendance à mélanger mode et aviation l’amènera à poser un jour habillée en… cosmonaute (ici à droite) pour faire la promotion de la prochaine génération de tenue spatiale imaginée par Fontier Design, la 3GMark2.

Elle continuera ainsi à mélanger les genres, un jour assise en place du commandant de bord d’un Gulfstream, arborant une veste trop grande pour elle, le lendemain habillée en midinette (ici à droite), ou inspectant un réacteur (capot ouvert ?) en visite de pré-vol (?) pour en inspecter les pneus, en prenant grand soin de se faire photographier de façon « sexy », ou bien de remplir en kérosène un Cessna Citation (?)et peu de temps après poser en train de se prendre en selfie en arborant des tenues différentes, comme une jeune influenceuse du net, toujours le téléphone-miroir à la main (ci-dessous à droite).  Sans oublier de monter ses jambes dans un Phenom 300…(en place co-pilote toujours !).

Ou quand encore elle paradera en février 2014 auprès du grand champion texan de Red Bull Kirby Chambliss, devant son superbe Zivko Edge 540... comme une fan devant son idole de rock’n’roll (ici à gauche). Avec lui, ça arrache il est vrai (quelle brute), et ce gars a le sens de la pub, pour sûr  !!!

Sans oublier de poser à bord du Lolita Express, la fourrure à disposition pas loin… Bref, la belle a constamment soigné son image avant tout, avant de mettre en avant ses diplômes d’aviation pourtant bien réels. Peut-être pas le bon moyen pour se forger une image de sérieux. Une de ses observatrices critiques – Miranda Binewski- notera que dans un dépliant censé vanter les mérites de son site d’aviation, elle proposait même de « noter » les hôtesses sur leur look (cf l’extrait   de petite BD le montrant ici à droite) : la blogueuse y voyant rien d’autre qu’un appel à la prostitution, à juste raison il semble (ce qu’avait aussi noté Virginia Hofferman) : Marcinkova continuait à tout mélanger, visiblement… mode et professionnalisme aéronautique !  Sa communication était à  l’image de son état d’esprit : complètement brouillé !! Pour la promotion d’Aviloop, Marcinko proposera également un numéro sidérant « d’Attendant » présenté par une dénommée « Claire « !!!  Complètement ridicule !

Quant à savoir quel marché avait pu être passé entre Nadia Marincko et Jeffrey Epstein, je pense qu’il s’explique. Elle, depuis 2008, aurait pu le menacer de tout révéler s’il n’accédait pas à sa demande de lui offrir ses formations de pilote, lui s’apercevant de la difficulté à recruter un nouveau pilote, après avoir été emprisonné, les pilotes lisant comme tout le monde la presse et s’informant, il lui aurait été en effet plus difficile d’en trouver acceptant ce qui se passait à bord. Il aurait en ce cas rendu la candidature de son ancienne proie, qui lui aurait en ce cas assuré une forme de loyauté (surveillée !) en restant ainsi à son service, lui, de façon perverse confiant à son vieil employé,  le soin de « veiller » sur elle en tant que copilote, désormais. Bref, un marché de dupes pour les deux partis, contraints et forcés de continuer à « travailler » ensemble après l’épisode de l’algarade du 31 août 2007 racontée plus haut !!!  Marcinkova clamait partout être libre désormais, alors qu’elle était toujours en prison, en réalité, piégée par Epstein le narcissique qui accolait ses initiales partout et enlevait si vite son éternel pantalon de jogging (Aviloop étant localisé au 301 E. 66th Street du Manhattan’s Upper East Side  appartenant à Mark Epstein, le frère de Jeffrey et héritier désormais de sa fortune)  !!!

La tromperie finale

Les multiples apparitions de Marcinkova sur le net, tantôt en professionnelle de l’aviation et tantôt en icône de la mode ne rendant pas la tâche facile quant au but réel dissimulé dans cette frénésie de paraître ou d’exister. Broyée, très jeune, elle s’est certes battue, il semble bien, pour se faire une place au soleil, se reconstruire, mais elle a entaché cette démarche louable d’erreurs monumentales qui sont parfois passées inaperçues, hélas, aux yeux de beaucoup. En voici le pire exemple :

Tout faire pour faire oublier son véritable rôle dans l’affaire, voilà qui semble avoir avoir été son crédo : en somme elle tentait de sauver sa peau, espérant l’avoir fait à moitié avec une déposition qu’on lui avait promis de rester secrète en échange de son impunité.  S’exposer, pour éviter de l’être à nouveau ! Elle savait depuis 2015 et la remise en cause de cette déposition qu’elle pouvait désormais être accusée de complicité avec les crimes d’Epstein, alors qu’elle avait été elle-même une des premières victimes du monstre. Même la journaliste spécialisée Christine Negroni déjà citée s’est fait avoir, en exposant dans un article évoquant le sombre avenir de Marcinkova un événement qui a tourné au grotesque quand on y regarde bien, ce que notre spécialiste déclarée de l’aviation a manifestement raté.  L’histoire est en effet ahurissante (ici à droite elle débute…). Ce sont les gens du monde des jeux en ligne qui sont à l’origine, ceux de ce jeu aérien plutôt « cheap » qui s’appelle War Wings, présent partout désormais sur le net et dans les téléphones portables (ci-dessus et ci-dessous l’avion siglé « 62 » emportant un instructeur et derrière lui Marcinkova, alors semble-t-il en train de réviser le scénario des séquences qui seront filmées en vol).

Une idée foireuse 

Ses créateurs ont eu l’idée foireuse, en 2017, pour relancer les ventes, d’écrire un scénario assez… inepte, dans lequel une jeune fille bien idiote entrerait dans une école de pilotage réputée pour s’inscrire en tant que novice complète et une fois en l’air (dans un avion de collection de la seconde guerre bien sûr) elle surprendrait son instructeur en se montrant plus efficace pour faire des acrobaties que lui-même. Pour cela il fallait une jeune fille douée pour l’acrobatie, déguisée par l’équipe en demeurée complète à couettes, et c’est Marcinkova qui s’y est collée, en questionnant candidement l’instructeur lors de son preflight (ici à droite dans le cockpit) en demandant par exemple « s’il y avait l’air conditionné dans le Mustang P-51″ pour faire plus dinde encore (c’est du lourd, je vous ai prévenu). Bref un scénario ridicule, mis en scène de façon toute aussi ridicule par l’équipe de Maxmantv : car pas une minute on ne croit à cet instructeur berné, tout paraît monté de toutes pièces, et c’est bien le cas. Il n’empêche, ridicule ou pas, la boîte de production réalisatrice l’a faite, cette vidéo.  Mais en oubliant une chose fondamentale, que Negroni non plus n’a pas vue. Le P-51 Mustang utilisé, celui du musée de Palm Springs en Californie, surnommé « Bunny » le N151BP, un modèle P-51D-30NA, n’est PAS du tout un Mustang à double commande comme le Mustang P-51TF (ici à droite) qui se reconnait très vite extérieurement à sa bulle vitrée très relevée à l’arrière et à son tableau de bord arrière bien visible derrière le pilote principal, comme ici sur le Little Witch. Un « full dual cockpit » véritable… enfin presque : il n’est devenu modèle « double » qu’en 1998 lors d’une intense restauration faite en 1998 par TF-51 by Peter and Richard Lauderback de Stallion 51 Maintenance, mais au départ c’était un D, lui aussi, à simple commande canadien venu du RCAF Squadron 420, devenu « Vergeltungswaffee »  chez  Heritage Aircraft (double siège mais simple commande, ici à  gauche en haut). La simple lecture du numéro de l’hiver 2017 du magazine spécialisé Mustangs International (voir au-dessus à gauche) montre pourtant clairement qu’elle ne POUVAIT donc pas piloter cet avion comme elle a tenté de le faire croire. Pourquoi donc Nadia Marcinkova, pourtant pilote d’acrobatie (médiocre), s’est elle prêtée à cette mascarade ? Besoin d’argent ? Pour entretenir la légende d’une superbe pilote acrobatique, ce qu’elle n’est pas encore ? Besoin de reconnaissance ou tentative de faire oublier ce qu’elle a pu faire jadis ? Car en définitive, la voici ravalée encre une fois à l’état d’attirance sexuelle, tant des publicités apparues plus tard autour du jeu semblaient l’avoir réduite à l’état de pin-up, la piégeant à son tour à son propre piège ? Et ruinant tous ses efforts pour exister grâce à ses méninges et à ses talents de pilote !!!

La crainte de se voir inculpée 

Car les faits sont là et ils sont contre elle désormais. C’est la terrible déposition du 21 octobre 2010 notée par les deux policiers de Palm Beach, Recarey et Altomaro, qui la cloue au pilori (extrait ici à droite). Celle où elle est incluse dans des parties à trois avec Epstein et du matériel supplémentaire, pour rester poli, celle où elle est figure de recruteur de nouvelles et jeunes proies, avec l’aide de Ghislaine Blackwell et Lesley Groff. Des dépositions qui la condamnent nommément. Selon Negroni,  « tout ce que Maxmantv et Marcinko espéraient réaliser avec la vidéo (celle du P-51) , c’est à mes yeux un extrait métaphorique de sa vie. Elle a abandonné l’identité de la petite fille pour faire émerger une femme accomplie attachant toujours sa valeur à son identité de « sexpot » (à gauche Marcinkova en 2011 avec l’actrice Shannon Kusak du film de série Z Cry Wolf lors d’une soirée « Fly for Ms », pour lutter contre la sclérose au New Gansevoort Hotel à New-York). «Quel genre de message cela envoie-t-il aux jeunes filles?», se demande Head (Elan Head une pilote de profession et éditrice chez MHM Publishing ), «qu’elles ne peuvent réussir en tant que pilotes qu’en étant attirantes, amusantes et sexy ? De manière tout aussi importante, quel genre de message envoie-t-il aux garçons ? (…) Le sordide gâchis d’Epstein soulève une multitude de questions sur le pouvoir, le sexe, l’argent et la justice. Dans notre monde de l’aviation, plus petit et plus étroitement ciblé, nous avons également des questions à poser sur le rôle du sexe dans la promotion de l’aviation. Peut-être que cette histoire triste et compliquée peut nous montrer comment améliorer les choses pour les hommes et les femmes de notre domaine… Une métaphore reposant sur un (gros) mensonge est-on fort tenté d’ajouter (6). A ce jour, je ne vois pas ce qui pourrait la sauver de connaître un jour la prison, ainsi que ses trois autres complices. En espérant qu’elle puisse témoigner enfin de son propre calvaire, mais aussi de celui qu’elle a fait subir à d’autres après elle !

(1) selon Libération,« La Néerlandaise (Thysia Huisman), âgée aujourd’hui de 45 ans, n’est pas la première à l’accuser de viol. Dans Model, un livre publié en 1995 – déjà cité ici- , le journaliste et écrivain américain Michael Gross avait relayé de sérieuses accusations contre Jean-Luc Brunel, portées notamment par Jérôme Bonnouvrier, ex-fondateur de l’agence DNA Models, décédé en 2017 : «Jean-Luc est considéré comme un danger. Il aime les drogues et le viol silencieux. Ça l’excite.» Aujourd’hui, Bruel semble cerné, mais les plaintes déposées contre lui sont prescrites. La police française le recherche en tout cas. L’homme serait au Brésil. Un pays pas décidé à collaborer avec les policiers français dans le contexte actuel.

(2) « Lesley Groff était une autre assistante d’Epstein qui aurait coordonné les voyages de jeunes filles, appelant souvent à programmer des «massages». Bien que le nom de l’acte d’accusation de lundi ne l’ait pas indiqué directement, cette femme de 51 ans a déjà été désignée comme l’une des trois assistantes d’Epstein. Selon un article paru dans le Chicago Tribune en 2005 sur la rémunération des assistants de direction, Epstein a révélé que ses assistants gagnaient environ 200 000 dollars. » Info reprise ici qui ajoute « qu’ en plus d’être bien payées (l’assistante moyenne gagnait 60 000 dollars en 2005, un tiers de ce que Groff et ses collègues avaient été payés), ils avaient également de nombreux avantages, notamment des visites illimitées chez un coiffeur exclusif et coûteux, Frédéric Fekkai, des voyages sur son Boeing privé 727 et la nourriture gratuite, y compris à emporter dans les restaurants les plus chers de New York, pendant les heures ouvrables. Epstein a décrit ses trois assistantes à l’époque comme une «prothèse sociale» et une condition indispensable à son succès personnel et professionnel. « Elles sont une extension de mon cerveau. Leur intuition est quelque chose que je n’ai pas. »

(3) L’aéroport de Lantana a connu d’autres personnalités que la blonde devenue pilote : « Cinq semaines avant les attentats du 11 septembre, deux des gars qui ont volé sur le WTC, Mohamed Atta et son compagnon Marwan Al-Shehhi, sont arrivés à la Kemper Aviation comme des touristes. Originaire d’Arabie saoudite, Atta avait un visa touristique périmé et une licence de pilote commercial obtenue dans une autre école de Floride, basée près du golfe du Mexique » (c’est celle de Huffman Aviation de Rudi Dekker et sur Cessna 172). « Ils nous ont loué un Piper Warrior, un avion à aile basse, pour 72 dollars de l’heure. On a photocopié les passeports, les licences, les documents médicaux de la FAA (Federal aviation agency) . Un instructeur américain d’origine libanaise, qui parle l’arabe, a, comme on fait toujours, vérifié leurs capacités , poursuit-il: un petit test écrit et un test en vol. C’était expédié en une matinée. Ils savaient voler, mais étaient d’un niveau très moyen. Pas supérieur à un élève qu’on lâche en solo ».

(4) c’est hélas aussi l’avion (le N240R) dans lequel est mort Steve Fossett, dans des circonstances toujours pas totalement élucidées près du lac Minaret (dans la région des Mammoth Lakes). On rappelle que les Mammoth Moutains étaient l’endroit où Epstein et son prédécesseur Dan Lasater faisaient du ski, quelle coîncidence ! On n’a presque rien retrouvé de l’appareil, le corps de Fossett ayant été dévoré en partie par des animaux (on avait mis plus d’un an à retrouver l’endroit exact du crash).  Aux dernières nouvelles de l’enquête sur les circonstances de sa mort, il aurait été victime, comme avion très léger, de brusques vents rabattants, fréquents à cet endroit et non d’une panne moteur comme on avait pu le penser, qui avaient tué celui qui avait fait le tour du monde solo comme exploit (avec d’autres) à bord du magnifique Global Flyer signé Rutan.

(5) un silence jusqu’ici lui a pas mal rapporté. Voici sa villa de Floride, située en bord du front de mer de l’Est, à Riviera Beach  C’est fou ce que le silence peut rapporter, elle est estimée à 1 353 746 dollars.  Sa précédente adresse était… »220 Zorro Ranch Rd, Stanley, NM 87056 » !! Larry Visoski bénéficiait d’une totale confiance, au point qu’en 2009 Epstein avait mis à son nom la Ferrari Maranello 575M bleue de collection datant de 2003 qu’il possédait, pour qu’il lui la vende discrètement. A partir de 2008 en effet il avait quitté les véhicules voyants pour d’énormes SUV, dont on ignore s’ils étaient blindés ou non. Leur liste figure ici parmi les saisies de la Police après son arrestation : il y en a pas moins de 15 de répertoriés (cf ici à gauche) ! La Ferrari avait plus tard été proposée à la revente 159 000 dollars. Au compteur elle n’affichait que 8000 km !

(6) je vous ai trouvé un texte tout à sa gloire, probablement rédigé comme publi-reportage payé on ne sait comment ni par qui. Voici comment elle résume donc elle-même ses dernières années. On notera le gommage complet des circonstances de son arrivée aux USA… la façon dont elle parle de ses ressources (plutôt floues), la référence étonnante à ATP, jusqu’ici jamais citée, partout disposnible dans le pays, dont Long Beach notamment (mais rien à Santa Fe !), et son histoire édulcorée de « mentor ». Nul part on trouve de photo d’elle chez ATP ou à bord d’un Piper Seminole. Aucune vidéo de ces deux sites n’en parle.  On note aussi que selon ce papier elle aurait obtenu son diplôme de pilote de Gulfstream en 2010 alors qu’en 2013 elle passait encore le brevet de pilotage d’un Cessna 172 comme on l’a vu, et en septembre 2014 celui d’un Cirrus….

Ça s’intitule «  From The Catwalk To The Runways » : « des défilés de mode aux pistes d’atterrissage » !, paru en janvier 2013 dans Plane and Pilot… sans signature (mas avec un P-51 en couverture) !

« Nadia Marcinko était autrefois une voyageuse nerveuse. Chaque fois qu’elle montait dans le siège étroit d’un avion de ligne, elle commençait à se sentir tendue et mal à l’aise. Malheureusement, les voyages étaient un mode de vie pour la jeune adolescente, qui a été découverte par une agence de mannequins dans sa Slovaquie natale. Elle a modelé au niveau international pour Chanel, Dior, Vogue et MTV, et l’agence l’a finalement envoyée à New York. Fatiguée de détester ses voyages en avion, elle a eu l’idée prophétique d’une leçon de pilotage afin d’en apprendre davantage sur la mécanique du pilotage. Elle pensa qu’une leçon de pilotage pourrait apaiser sa nervosité.

Marcinko a appelé une amie qui, elle le savait, était pilote, et lui a demandé s’il pouvait lui recommander un endroit où effectuer son vol d’initiation. Elle l’a emmenée dans un petit FBO à l’aéroport de Lantana en Floride (officiellement appelé l’aéroport du comté de Palm Beach). Son vol d’initiation a été une expérience de libération. « C’était ça! » dit Marcinko, « je suis tombé amoureuse de l’avion et je me suis plongée dans les leçons. » En volant trois ou quatre fois par semaine et en finançant des leçons avec de l’argent qu’elle gagnait en faisant mannequin, Marcinko a rapidement obtenu son certificat privé. Son ami – qui était également chef de la direction d’une entreprise – est devenu son mentor et son soutien et l’a aidée à gravir rapidement les échelons de classement.

« La Floride était trop plate », rit Marcinko, « alors je suis allée à Santa Fe, Nouveau-Mexique pour faire mes évaluations d’instruments dans les montagnes. » Elle avait l’œil pour les vols d’entreprise, même si elle prenait toujours des défilés occasionnels de mannequin. Marcinko a ensuite terminé ses qualifications multimoteur et commerciale chez Airline Transport Professionals (ATP). Avec plus de 250 heures dans son journal de bord et une liste exhaustive de notes, Marcinko a reçu une offre inouïe de la part de son ami mentor: il avait besoin d’un troisième membre d’équipage pour son travail de pilote dans un avion à réaction Gulfstream II. Il a dit que si elle pouvait réussir la qualification de type, il lui donnerait le travail. Marcinko a tenté sa chance (qui ne l’aurait pas fait?) Et s’est rendue à SimuFlite, (CAE)  à Dallas, un centre de formation respecté pour la formation en aviation d’affaires. »

« Marcinko a déclaré qu’il y avait plus que quelques personnes sceptiques. « Quelqu’un a dit que, avec seulement 250 heures, j’avais environ 10% de chances d’obtenir la qualification de type. » Mais Marcinko a continué sur sa lancée. « J’ai vécu de café et de Red Bull pendant trois semaines », dit-elle en riant, « mais j’ai étudié et obtenu la note. » Tout à coup, Marcinko était devenue copilote officiel du G-II. « Le premier vol était un peu fou », ajoute-t-elle. « Je ne me souvenais pas comment ouvrir la porte de la cabine. » Elle a trouvé l’expérience accablante, notamment à cause de la différence de sensation entre le simulateur et l’avion. « Tout était réel pour la première fois », dit-elle. « Il n’y avait pas de bouton de réinitialisation. » Marcinko, qui n’avait jamais piloté plus gros que le Piper Seminole de l’ATP, était maintenant une pilote de Gulfstream. C’était en 2010″.

« La beauté slovaque est devenue une sorte de spécialiste des relations publiques, en lançant un site Web intitulé « Gulfstream Girl », qu’elle a créé pour promouvoir l’aviation en inspirant les autres. « Etre mannequin devenue pilote de jet, c’est quelque chose de différent », explique-t-elle. « Peut-être que cela inspirera d’autres filles à devenir pilotes. » Marcinko – qui connaît également une chose sur la promotion grâce à son expérience dans une entreprise de marketing familiale – a transformé Gulfstream Girl en une page Facebook, où elle a réussi à obtenir plus de 8 000 « Likes » en quelques mois. Elle espère aussi y promouvoir l’aviation et, à en juger par toutes les offres de co-pilote, cela semble fonctionner. Femme d’affaires avisée, Marcinko a également lancé un site appelé « aviloop.com », qu’elle décrit comme « un site Web d’achat groupé pour tout ce qui concerne l’aviation ». L’objectif du site est de rendre l’aviation générale plus accessible et abordable en proposant des offres à prix réduit sur les leçons de vol, les accessoires de pilote, les vols charters et d’autres produits et services de l’aviation.

Sur le plan humanitaire, Marcinko est ambassadeur d’Universal Models for Peace. L’organisation est un réseau d’experts de la mode, de la musique, du cinéma et de la finance qui travaillent ensemble pour trouver des solutions durables aux problèmes locaux et mondiaux. En tant que CFI, Nadia adore également emmener les gens dans les vols d’initiation au Cessna 172, comme elle l’a fait il y a peu de temps. En ce qui concerne les vols, Gulfstream Girl a quelques offres en préparation, notamment un poste de commandant de Gulfstream IV à Teterboro, dans le New Jersey, et elle conservera son poste actuel chez Gulfstream. »

« Tout ce que je sais, c’est que je ne veux jamais arrêter de voler, » dit la blonde délicate, avec juste un soupçon d’accent. Je veux inspirer les autres pour qu’ils puissent voir que si je peux réaliser mon rêve, ils le peuvent aussi. » Parlez d’un modèle pour les jeunes filles, sachant ce qu’elle a avoué en 2008 !

Timeline de Jeffrey Epstein :

https://www.miamiherald.com/news/local/article221404845.html

Texte de base sur Marcinkova :

« The Twisted Flight Paths of ‘Global Girl’ and the Lolita Express » signé Virginia Hofferma, de Wired

https://www.wired.com/story/global-girl-jeffrey-epstein-and-the-lolita-express/

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

Article précédent:

Jeffrey Epstein : ses « Lolita Express », une Lolita pilote… et Donald Trump (2)

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2 Commentaire

  1. avatar

    Voila de nombreux articles qui associent « Jeffrey Epstein, Bill Clinton, le Prince Andrew et Donald Trump ».
    Mais dans cette brochette apparemment il y a deux affreux consommateurs, un épouvantable entremetteur et une personne qui cherche à faire tomber tous cet exécrable monde, ce que nous attendons tous.

  2. avatar

    « Un épouvantable entremetteur » dites-vous : Epstein lui-même, ne cherchez pas plus loin… ou un autre en effet qui aurai appris ce que faisait Epstein et qu à partir de là aurat fait chanter… des gens comme Trump. Vous saurez bientôt qui… et comment il s’y est pris !!!

    la news du jours c’est ça :
    https://www.dailymail.co.uk/news/article-7495163/Jeffrey-Epstein-allowed-90-prison-visits-woman-police-identified-underage-rape-victim.html

    qui est allé visiter 90 fois Esptein en prison ?

    la même qui le pilotait pendant ses sorties diurnes de la prison. Nous vous ne rêvez-pas : alors qu’il était emprisonné, il a pu faire des vols en Gulfstream et revenir le soir même à la prison, tant que ça restait dans les douze heures autorisées par un certain Acosta.

    Acosta, qui fut nommé après ministre du travail par Trump… demandez-vous donc pourquoi.

    A l’époque il n’y avait pas eu de « Whistleblower » pour enregistrer la conversation entre Trump et Acosta, il est vrai.

    Maintenant, devinez qui et comment quelqu’un qui n’est pas ukrainien aurait pu savoir tout ça et à son tour faire chanter Trump…

    Allez, je sens que ça vient. La réponse est pour bientôt ici, un peu de patience….

    Donald, tout le monde l’aura berné, tellement il est bête…

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