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Je r?vais d’un autre monde (2)

Image Flickr par ?CubaGallery

2. Le capitalisme social (ou le vendeur qui cherche un autre truc dans sa sacoche)

Si on place son esprit dans l’axe par lequel on devient le cr?ateur, l’inventeur, le premier ? tracer un chemin auquel personne n’a pens? avant, les v?ritables d?couvertes qui s’offrent ? nous consistent tout simplement ? faire sauter ce qui habituellement emp?che d’y penser.

Dans le cadre de la recherche d’un monde meilleur dont tout le monde aime bien reprendre le slogan, il subsiste un travail ? faire qui est celui de le dessiner, d’en tracer les lignes.

Dans l’autre cadre de la conception, on a tendance, ?poque oblige, et fluidit? le permettant, ? commencer par le slogan publicitaire qu’on a envie de dire et ensuite r?aliser l’objet qui permet d’aboutir ? ce joli slogan publicitaire. Si cette d?marche est assez dangereuse en raison du fait qu’il est possible qu’on soit loin de l’effet d?sir?, elle est quand m?me all?grement moins mensong?re que la m?thode publicitaire habituelle qui consiste ? d?corer et dissimuler le laid avec du beau.

Ceux qui reprennent ce slogan publicitaire d’un monde meilleur, gaspillent toute leur ?nergie en faisant cela et ne produisent rien de bon, puisqu’ils se recouvrent par avance des lauriers qu’ils ne m?ritent pas, et du coup n’ont plus besoin de s’atteler ? aller chercher cette victoire.

Les publicitaires cherchent des choses ? dire qui soient plaisantes aux auditeurs mais ensuite seulement c’est aux entreprises de faire en sorte que les promesses soient tenues, ainsi on d?barque dans une ?poque o? le slogan publicitaire pr?c?de l’apparition du produit.

C’est un bon d?but car ce sont les pr?misses de relations inter-hi?rarchiques nobles et l?gitimes, o? le chemin entre ce qui est voulu et ce qui est obtenu entre en r?sonance harmonique.
Si vous voulez je reprends cette id?e,
d’abord on r?alise et apr?s on voit ce qui est r?alis?,
dans ce qui est obtenu on voit des inconv?nients inattendus
(et d?s lors on peut dire que l’injustice sociale et la pollution sont le produit de ce qui est r?alis?)
on d?cide des correctifs ? apporter
et alors ce qui est r?alis? tend vers ce qui veut ?tre obtenu.

Apr?s une premi?re phase de l’humanit? o? les choses ?taient r?alis?es aveugl?ment, on entre dans une deuxi?me phase de l’humanit?, qui va ?tre beaucoup plus courte, o? on va d’abord d?cider de ce qui veut ?tre obtenu?: le courant va dans l’autre sens, du cerveau aux muscles, comme un b?b? qui apprend ? se servir de ses mains.

Et l? on voit appara?tre le capitalisme social,
ou tout du moins, le slogan publicitaire qui d?cide de ce qui doit ?tre produit.

Ah mais c’est qu’ils en ont des balles dans leur chargeurs, ils ne l?cheront pas la grappe aussi facilement, les avides de profits imm?diats.

Alors donc maintenant le capitalisme social va promettre dans son slogan que les b?n?fices exc?dentaires et impossibles ? ?valuer vont ?tre revers?s dans des activit?s sociales, choisies avec minutie pour associer une certaine apparence de d?sint?ressement, conforter des craintes relatives au capitalisme, se substituer au r?le de l’?tat pour ce qui est du domaine public (bah oui pourquoi payer des imp?ts si les entreprises elle-m?mes s’occupent d’enrichir le domaine public??), et ?videmment pour conforter une image de marque en tant que sponsor sportif ou b?n?ficiaire du karma propre aux donateurs ? des associations caritatives.

Bref vous l’aurez compris ces savants calculs n’auront rien de d?mocratiques ou de d?sint?ress?s, et ce capitalisme social qui pointe ? l’horizon afin va servir ? contrer par avance les critiques l?gitimes du capitalisme sauvage par nature qui ne vont pas tarder ? entrer de plein pied dans la conscience officielle du monde.

Et encore une fois il s’agira de confier ? des gens qui appartiennent ? une aristocratie secr?te la responsabilit? de choisir les buts et les m?thodes qui normalement devaient revenir aux politiciens non v?reux et d?sint?ress?s?; C’est ? dire en fin de compte, ? remplir un vide.

Et ?videmment il s’agit en fin de compte de ne pas laisser la moindre marge de man?uvre ? un public ?galitaire de se donner la libert? de penser ? dessiner les objectifs et les m?thodes qui participeront ? une meilleure r?partition des richesses et ? g?n?rer le ph?nom?ne de justice sociale. Il s’agit (je le redis autrement) de ne pas compter sur le peuple pour avoir des id?es sur la fa?on dont la soci?t? doit ?tre ?difi?e.

Or elle est l?, la question, et rien n’a ?t? fait dans ce domaine, comment g?n?rer la justice (sociale), comment proc?der si on veut obtenir l’effet de juste r?partition des richesses??

Comme je l’ai souvent dit si on laissait les choses ?voluer naturellement et tranquillement, bien que la civilisation humaine finirait par aboutir ? produire un syst?me social qui soit g?n?rateur de justice et d’?quit?, non seulement il faudrait deux ou quatre mille ans pour y parvenir, mais surtout l’humanit? aura p?rit sous ses d?chets et sous le poids de ses erreurs depuis 1900 ou 3900 ans.

Ce n’est pas ? ce rythme sugg?r? par le capitalisme social que les choses doivent ?voluer, car apr?s cela, et apr?s ce qu’il y a apr?s cela, il sera d?j? trop tard, et d?j? aujourd’hui il est presque trop tard.

Le fait est que derri?re ces bonnes intentions se cache une incons?quence d’une lourdeur historique ph?nom?nale et mortelle.

La question est non seulement sauver la vie de ceux qui sont en danger aujourd’hui, mais aussi de sauver l’avenir de toutes les g?n?rations futures.

Il faut bien se mettre en t?te que la plan?te Terre telle qu’elle se pr?sente aujourd’hui est h?rit?e de toutes les g?n?rations de locataires qui y ont s?journ?s au fil de l’histoire.

Le ph?nom?ne de propri?t? priv?e est tellement absurde depuis ce point de vue qu’il ne saurait ?tre possible et imaginable que sous ce pr?texte des gens s’autorisent ? raser des for?ts et ? polluer des eaux, ?tant donn? que nous ne sommes que des locataires furtifs qui dispara?tront aussit?t apparus.

Imaginez qu’un locataire saisonnier qui loue votre maison de bord de mer pendant un mois d’ao?t d?cide de d?monter les murs et la toiture sans jamais parvenir ? les reconstruire, br?ler les meubles pour se chauffer le soir, exploser les canalisations pour voir comment ?a marche et saborder le terrain en y faisant des trous pour chercher de l’or qu’il n’aura jamais trouv?, et qu’ensuite il vous rende votre maison et meure dans la foul?e. Que vous reste-il?? Vos yeux pour pleurer. Et cela, c’est ce que nous faisons pour nos g?n?rations futures, que le capitalisme soit ??social?? ou pas.

Quelle le?on en tirer??
Ou en fait comment l?ger un ?tat d’esprit??
Car il est certain que si on veut l?guer un message au futur locataire, ce n’est pas en laissant un ?criteau qu’on y parvient, mais en montrant l’exemple.
Les probl?mes qui devront ?tre r?solus dans le futur devront l’?tre dans le m?me ?tat d’esprit que la fa?on dont on les r?sout aujourd’hui.
Tous les dommages occasionn?s ? la nature sont des dommages occasionn?s aux g?n?rations futures de la fa?on la plus l?che possible puisqu’ils ne pourront pas se retourner contre nous.
Or ces probl?mes sont possibles ? r?soudre.

C’est d?s aujourd’hui qu’il faut se montrer collectivement responsables les zones naturelles dont nous ne sommes que des temporaires locataires.
Les d?cisions qui doivent ?tre prises en ce sens n’ont aucun int?r?t ? r?sider entre les mains des commer?ants.

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