Inscrivez-vous pour participer au site : commentez, rédigez et communiquez !

http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie

Centpapiers

    • 26 articles
    • site
    • Journalisme pendant une dizaine d'années dans un quotidien régional en France, Olivier Pierson est arrivé au Québec en juin 2007 pour ne plus repartir. Depuis, il est journaliste pigiste, en collaborant notamment pour des sites internet consacrés à l'emploi et au monde de l'entreprise. Il est aussi l'auteur d'un recueil de chroniques intitulé Dans mon Québec au Canada.

    J’ai dansé le set carré

    26 juin 2009 | 0 commentaire(s) | vu 1 637 fois

    Parc Athéna, Montréal, le jour de la fête nationale. Je rejoins une amie bretonne et ses parents venus lui rendre visite. L’atmosphère est moite, et il règne dans ce petit coin de verdure comme une ambiance de guinguette. La foule est bigarrée, les visages multiethniques. Sur une petite estrade, une grappe de musiciens fait chanter et danser la Saint-Jean Baptiste. Le parc est pavoisé aux couleurs de la province. C’est le jour de gloire du bleu et du blanc.

    La Bretagne ne tarde pas à me mettre au parfum. Elle me parle de set carré et d’une danse à laquelle je vais être initié. Set carré? J’aurais plutôt parié que c’était un jeu de cartes, ce qui aurait arrangé mes affaires. À cette heure de la journée, et après six bonnes heures à crapahuter dans la ville sous un soleil de plomb, je n’envisageais que la position assise. Elle fut de courte durée.

    Je me suis donc retrouvé face aux musiciens, en compagnie de gens tout excités à l’idée de sautiller et de virevolter sur des musiques traditionnelles. Pour ne pas avoir l’air d’un troupeau de moutons apeurés, un homme du groupe folklorique, en bon connaisseur nous décortique cette partition patrimoniale. Le set carré se danse par groupes de quatre couples. On change souvent de partenaire (rien de sexuel), on se tient par la taille, on swingue (valse bondissante sous vitamine C), on forme une petite farandole qui penche à droite puis à gauche. Le couple 1 festoie avec le couple 3, le couple 2 avec le 4, et ainsi de suite… bref, un beau mélange qui nécessite un réel effort de concentration chez le débutant ! Pendant que deux des couples sont attelés à leur chorégraphie, les deux autres les observent en tapant dans leur main, ou en profitent pour s’exercer au calcul mental (si on est trop coincé pour taper dans ses mains, ou qu’on n’y arrive pas en raison d’un strabisme sévère…).

    Le problème avec les danses traditionnelles, c’est qu’elles durent ! C’est entraînant, vivifiant même, mais c’est long… Le chanteur est dans sa bulle, psalmodiant des paroles comme un sorcier vaudou en transe, ses musiciens font chauffer leurs violons en accentuant la cadence, et vous, vous dansez, encore et encore, nonobstant la journée radiateur, un genou cagneux, et des tongues conçues par d’anciens ingénieurs de la NASA pour ce type de soirée. En clair, c’est aussi agréable que de jouer au badminton avec des chaussures à crampons.

    Inutile de vous dire qu’après deux prestations, j’ai été transféré dans l’équipe des passifs, ceux qui regardent en tapotant le sol avec un pied pas toujours dans le rythme. Adossé à la statue de la déesse Athéna, j’ai assisté à une belle séance de drague. J’ai vu des Québécois de bonne humeur faire la cour à leurs racines. Des gens heureux et fiers, aussi authentiques que cette musique qu’ils s’évertuent à garder en vie. Le Québec qui gigue, c’est un pays qui respire. Une nation qui bombe son passé pour ne pas finir amnésique. Et c’est cette tradition qui vous remplit les poumons.

    vu 1 637 fois   Voter

    Laisser un commentaire

    Vous devez être connecté pour publier un commentaire.

Tous droits réservés, Cent Papiers 2006-2011 | Roule sous Wordpress




Bad Behavior has blocked 3601 access attempts in the last 7 days.

Premium Wordpress Plugin