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JACQUES DE LESSEPS REVISIT

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Chronique?: ?chos du Nouveau-Monde

Pierre Biron

Extrait?: Qui eut comme p?re le ??p?re du Canal de Suez???? Qui franchit la Manche en avion pour la seconde fois et survola Montr?al et Toronto pour la premi?re fois?? Qui effectua les premiers relev?s a?riens pour cartographier la for?t gasp?sienne?? Lisez l?histoire de cet as des tout d?buts de l?aviation, ce h?ros de la Premi?re Guerre mondiale, ce pionnier de la photogramm?trie a?rienne, qui entra dans l??ternit? en s??crasant dans le St-Laurent entre M?tis et Matane ? la faveur d?un brouillard sur la p?ninsule gasp?sienne.

JACQUES DE LESSEPS REVISIT?

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AS DE L?AVIATION

Fils du promoteur du Canal de Suez

Son p?re le vicomte fran?ais Ferdinand de LESSEPS, aristocrate, diplomate, entrepreneur ing?nieux et obstin?, fut le promoteur et b?tisseur du Canal de Suez en 1869. Jacques-Benjamin-Marie est son fils cadet n? ? Paris en 1883.

L?ascendance paternelle remonte au 17e car Bertrand Lesseps naquit vers 1530, son fils Esteben naquit vers 1594, Jehan naquit en 1621, Bertand naquit en 1647, son fils cadet Pierre naquit en 1690, son fils Martin vit le jour en 1730 et son fils Mathieu naquit en 1774 pour devenir comte sous Napol?on 1er. Ce Mathieu de Lesseps est le p?re de Ferdinand de Lesseps n? le 7.11.1805 et dont le fils cadet avec sa 2e ?pouse est Jacques de Lesseps n? le 7.7.1883, con?u quand son p?re avait 77 ans 8 mois et sa m?re 35 ans, H?l?ne Autard de Bragard, une cr?ole de l??le Maurice rencontr?e dans un salon ? Paris.

Un ?l?ve qui apprend vite

Nous sommes aux tout d?buts de l?aviation. Louis Bl?riot franchit la Manche le 25 juillet 1909, franchissant 38 km en 37 minutes, soit ? 75 km/h en moyenne.

Jacques r?side au 11, ave Montaigne, une des plus ?l?gantes rues de Paris dans le 8e entre les Champs-?lys?es et le pont de l?Alma, autrefois nomm? All?e des Veuves. Il d?cide sur le coup d?apprendre ? piloter. D?s septembre 1909, il est inscrit ? la petite ?cole de pilotage d?Issy-les-Moulineaux en banlieue de Paris o? Bl?riot pr?te ses monoplans aux aspirants. Le premier ?l?ve de Bl?riot s’initie sur un appareil ? moteur Anzani de 25 cv. Trois mois ? peine apr?s avoir appris ? voler, le brillant ?l?ve pilote devient en d?cembre 1909 le premier ? au monde ? ? d?coller et atterrir de nuit.

Le 6 janvier 1910 il re?oit de la Commission a?rienne mixte sa licence de pilote no. 26 et le brevet civil no. 27 de l?A?ro-Club de France le m?me jour. Les 15 premiers brevets furent d?cern?s par ordre alphab?tique pour les constructions-pilotes (De Louis Bl?riot ? l?am?ricain Wilbur Wright) puis par ordre chronologique. De Lesseps aurait donc re?u le 12e brevet de pilote mondial.[1]

En mars 1910, il ach?te un des premiers Bl?riot XI ? moteur en ?toile ? 7 cylindres rotatifs, Gnome type Omega 50 CV[2]; il est constitu? par sept cylindres ?quilibr?s tournant autour d’un vilebrequin fixe.[3] Ce moteur permit de battre une trentaine de records entre 1909 et 1913 et fut le plus performant durant la Premi?re Guerre. L?huile de ricin sert de lubrifiant. Les cylindres se refroidissent en tournant. Le contr?le de la vitesse est du type tout-ou-rien, pour ralentir on coupe, pour acc?l?rer on rallume le moteur. Pour atterrir on coupe les gaz et on plane.

Il baptise cet avion Le Scarab?e.

Le prix des Champagnes Ruinart

Cette Grande Marque de Champagne ? la plus ancienne, fond?e en 1729 – est un m?c?ne des pionniers de l?a?ronautique. On offre 12?500 francs-or (37?500 euros en 2007) pour r?compenser le pilote qui r?ussirait le premier vol a?rien France-Angleterre dans un sens ou l?autre un samedi ou un dimanche. Bl?riot l?aurait obtenu en passant de Calais ? Douvres le 26.7.1909 en ?tant le premier ? accomplir cet exploit mais on le lui refusa sur la base d?une exigence bureaucratique?: il n?avait pas inscrit dans un journal de bord la date pr?vue de son envol?e?!

Bl?riot se m?rita le prix du Daily Mail de 1000 livres pour la premi?re travers?e. De Lesseps se le m?rita aussi, 100 livres pour avoir ?t? le second ? traverser la Manche. Le prix ?tait offert par le propri?taire du journal Lord Northcliffe, alias Alfred Harmsworth nomm? Baron, puis Premier Vicomte de Northcliffe.

Le samedi 21.5.1910, De Lesseps devient ? 26 ans le second pilote ? 10 mois apr?s l?exploit de Bl?riot – ? franchir la Manche.

Le vol historique

Son appareil quitte ??la plaine du hameau Les Baraques (aujourd?hui Bl?riot-Plage, Sangatte)?? ? la limite Ouest de Calais vers 15 h 50 en direction de Douvres o? une foule l?attend au site d?atterrissage de Bl?riot l?ann?e pr?c?dente. La m?t?o n?est pas id?ale; il avait trop vent? le matin pour partir t?t et le vent n??tait pas tout ? fait tomb?. Le contre-torpilleur Escopette l?accompagne sur l?eau pour lui indiquer la bonne direction et au besoin le r?cup?rer. L?avion le rejoint et bient?t le d?passe et le perd de vue. Le pilote atteindra jusqu?? 2?700 pieds. En approchant de la c?te anglaise ? environ 60 milles ? l?heure il rencontre un brouillard qui devient de plus en plus dense. ? un moment donn? il ne voit plus la mer ni la c?te et son compas n?est plus de grande utilit?.

Quand le brouillard se dissipe il aper?oit le port de Douvres et le Bleriot Memorial pr?s des falaises de St-Margarets Bay, marquant l?endroit o? Bl?riot se posa en catastrophe un an auparavant et fait de pav?s ?pousant la forme de son avion, dans une plaine appel?e North Foreland Field, ? un kilom?tre de Douvres.[4] Plus exactement 51.1312 degr?s Nord par 1.326 degr?s Est. En amor?ant sa descente il d?couvre que son r?servoir principal est ?puis? et que le r?servoir secondaire ne le remplit pas. ? partir de 2?000 pieds le moteur s?arr?te et l?atterrissage devient pressant. Le vol motoris? se termine en vol plan? ? habituel avec le moteur rotatif du Bl?riot XI – quelques kilom?tres au Nord-Est de l?endroit pr?vu o? une petite foule l?attendait.

L?atterrissage

Il choisit un champ bien plat sans arbres ni maisons et s?y pose correctement vers 14 h 32 apr?s environ 42 minutes de vol. Sans endommager son appareil comme l?avait fait Bl?riot. Le terrain d?atterrissage improvis?, dans les parages de St-Margarets Bay, appartient en partie ? la Wanstone Court Farm[5] de la famille Clayson, g?r?e par deux demoiselles qui accourent pour l?accueillir avec enthousiasme, Miss Hewlett et Miss Wallan. L?autre partie est la Reach Court Farm d?un certain Monsieur Laslett qui se montre moins accueillant en faisant remarquer que les dommages caus?s ? son sainfoin (luzerne) s??l?vent ? 4 livres sterling que le comte en bon gentleman s?empresse de lui rembourser sur le champ, aux deux sens du terme.[6]

Notre h?ros ?change promptement ses v?tements de vol contre un habit fonc? et des chaussures blanches de gentleman avant de r?pondre aux questions des journalistes qui l?ont enfin rejoint au pas de course dans la campagne anglaise accompagn?s de curieux de tout genre, jeunes et vieux, hommes et femmes, policiers et soldats. L?honorable Charles Stewart Rolls ? fondateur de Rolls-Royce ? fait partie de ceux qui accourent le f?liciter. Le Daily Mail lui remettra le prix de 100 ? offert par Lord Northcliffe et promis ? quiconque r?p?terait l?exploit de Bl?riot qui lui, s??tait m?rit? 1?000 ?.

Jacques aurait voulu retourner en France par la voie des airs mais le mauvais temps le contraint ? revenir en vapeur le soir m?me. Un banquet lui est offert ? l?arriv?e. Il gagne le prix Champagne Ruinart attach? ? cet exploit.

Apr?s une pr?sence ? Barcelone, il s?embarque sous peu pour l?Am?rique[7] sur le Deutschland de la Hamburg-American en direction de New York avec sa suite. Il y d?barque le 24.6.1910. Presque en m?me temps un Bl?riot XI monoplace et un biplace arrivent au port de New York, l?un sur le Kronprinz Wilhelm et l?autre sur le Savoie.[8] Pour imm?diatement prendre la direction de Montr?al.

De Calais ? Pointe-Claire

Six semaines apr?s l?exploit de la Manche, on retrouve ainsi le nouvel as de l?aviation ? Montr?al avec ses deux Bl?riot pour participer au premier rassemblement a?rien canadien?; le premier au monde remontait ? Reims, France du 22 au 29 ao?t 1909. La Grande semaine de l?aviation de Montr?al ? Pointe-Claire se d?roule du 25 juin au 5 juillet 1910. Il avait accept? d?y participer ? condition de recevoir $10?000 en honoraires et $5?000 en frais de transport, pour lui et sa suite compos?e de sa s?ur la comtesse H?l?ne de la B?gassi?re et de son mari m?decin, son fr?re le comte Bertrand de Lesseps, ses deux m?caniciens, et ses deux avions.

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Le terrain d?aviation improvis? dans le secteur Lakeside, juste au nord de Terra-Cota, consistait en cinq lots appartenant ? cinq fermiers diff?rents; il fallut que les organisateurs les aplanissent, abattent les cl?tures et en comblent les foss?s. Le travail initial n??tant pas au gout du comte, il exigea de reprendre le travail ? toute vitesse pour l?ouverture pr?vue le lendemain. La proximit? du rail (le long de l?autoroute 20 actuelle) permettait de transporter rapidement les montr?alais ? ??l?a?roport?? improvis? de Pointe Claire, situ? ? quelques kilom?tres ? l?ouest de l?a?roport Pierre Elliott Trudeau de Dorval. L??v?nement attira des dizaines de mille spectateurs payants qui devaient porter le badge du Montreal Aviation Meet.

??Pour tenir cet ?v?nement, on avait lou? les terrains d?une ferme au nord du site de la compagnie jadis tr?s connue Terra Cotta Works, et l??v?nement a ?t? subventionn? par l?Automobile and Aero Club of Canada. Des douzaines de milliers de visiteurs ont visit? l?exposition organis?e dans le cadre du Congr?s de l?Air sur une ?norme estrade ?rig?e sur le site. Cette plate-forme longue de plus de 350 m?tres se trouvait ??10 m?tres au-dessus du sol. Pr?s de 50 policiers de Montr?al assuraient la s?curit? ainsi qu?un escadron du Royal Canadian Dragoons comprenant 15 officiers, 60 hommes et 50 chevaux. Les Montr?alais s?y rendaient en train. Ils descendaient ? la station Lakeside pour admirer les autos, les avions et les dirigeables.??[9]

C?est cet ?t? l? que les Qu?b?cois entendirent pour la premi?re fois le vrombissement des avions.

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Premier ? survoler Montr?al

Le 2 juillet 1910 en fin d?apr?s-midi il s?envole ? 6h18 pm depuis les champs du quartier Lakeside ? Pointe-Claire, ? bord de son appareil monoplan Bl?riot XI baptis? Le Scarab?e, pour survoler le fleuve Saint-Laurent jusqu’? l’?le Sainte-H?l?ne et les ?les de Boucherville avant de passer au-dessus de Montr?al et revenir ? Lakeside en moins d?une heure.

Son parcours emprunte la rive du lac St-Louis et longe Dorval ? 6h25, Lachine ? 6h28, Lasalle (l?appareil est visible depuis Kahnawake), l??difice de La Presse ? 6h40, l?H?tel Windsor ? 6h45, le Champs-de-Mars pour saluer le maire Gu?rin. Au retour il survole Lachine ? 6h53, Dorval, Lakeside ? 7h04 et touche le sol ? 7h07 minutes et 3 secondes.

Citons le Magazine Plein Vol : ??La grande vedette de la semaine fut sans contredit le Fran?ais Jacques de Lesseps (1883-1927), repr?sentant l?organisation Bl?riot. ? peine un mois auparavant, l?aristocrate (fils du compte Ferdinand de Lesseps, b?tisseur du canal de Suez) avait r?ussi la deuxi?me travers?e de la Manche, aux commandes – tout comme Louis Bl?riot un an avant lui – d?un avion Bl?riot XI baptis? Le Scarab?e. Le 2 juillet, avec le m?me appareil, de Lesseps triomphait en survolant la ville de Montr?al, une p?rilleuse boucle de 58 kilom?tres qu?il accomplit tr?s pr?cis?ment en 49 minutes? et 3 secondes!??[10]

Enchainons avec La Presse : ? Il fait frissonner et haleter les foules par ses plongeons p?rilleux et [?] remet son oiseau m?canique en position horizontale et atterrit avec la gr?ce, la l?g?ret? d’un pigeon ?[11]. L?intr?pide pilote en met plein la vue, pas ?tonnant que les journaux vantent ses prouesses?et la pleine ma?trise de son appareil.

Les Mohawks de Kahnawake sont suffisamment fascin?s pour l?inviter ? une c?r?monie, le nommer membre honoraire de leur tribu et le surnommer Tehanerahontsowaner, ? le chef aux grandes ailes??.

Comm?morations cent ans plus tard

En France ? Bl?riot-Plage, Sangatte, Calais, la travers?e de La Manche a ?t? soulign?e ? l?initiative de l?historien qu?b?cois Jean-Marie Fallu, par l’association Culture et Patrimoine-Louis-Bl?riot et C?te d’Opale-Qu?bec, une r?gionale de France-Qu?bec avec laquelle la R?gionale C?tes-de-Gasp?-Perc? (AQF) a un pacte d’amiti? depuis 2005.[12]

En France toujours, deux r?pliques du Bl?riot XI refont la travers?e le 21.5.2010. L?un deux construit et pilot? par Pascal Kremer[13] du Luxembourg et l?autre par Henk van Hoorn de Hollande. Kremer quitte l?a?roport Calais-Marck ? 11h00.[14] Apr?s leur atterrissage ils c?l?breront ce 100e anniversaire ? la Wanston Farm en compagnie de ses propri?taires actuels, de Michael de Lesseps un petit fils de Jacques, ainsi que de membres de la famille Clayson de St. Margaret?s.[15]

? Gasp? le 10 avril 2010 les commandants et des officiers du porte-h?licopt?re fran?ais Jeanne d?Arc et du Courbet, en visite au Qu?bec, participent ? une c?r?monie au monument ?rig? en l?honneur de Jacques de Lesseps, avant d??tre re?us au mus?e de la Gasp?sie o? ils ont pu rencontrer des dignitaires de Gasp?, du Qu?bec et du Canada.[16]

? Gasp? le 21 mai 2010 au Mus?e de la Gasp?sie, pour comm?morer le m?me exploit, la Ville de Gasp? et la R?gionale C?tes-de-Gasp?-Perc? de l?Association Qu?bec-France ont fait l?annonce de l?acquisition d?une ?uvre d?art rappelant la pr?sence du comte en Gasp?sie en 1926 et 1927. La peinture ??Jacques de Lesseps, un comte dans le ciel??, ?uvre de l?artiste gasp?sienne ?dith Jolicoeur est depuis avril 2011 en permanence ? l?H?tel de ville de Gasp?.

? Montr?al en juillet 2010, pour souligner le 100e anniversaire du premier vol motoris? au-dessus de l??le, son maire G?rald Tremblay invite la population ? venir admirer dans le hall d’honneur de l’H?tel de ville une r?plique grandeur nature du Bl?riot XI qui avait accompli ce vol en juillet 1910. R?plique que l?on doit ? des b?n?voles du Centre canadien de patrimoine a?ronautique dont l?adresse civique est le 21?111 chemin Lakeshore ? Sainte-Anne-de-Bellevue sur le campus McDonald ? l?extr?mit? Ouest de l??le de Montr?al; ils mirent 10 ans ? la construction pi?ce par pi?ce d?une r?plique exacte en travaillant dans la Old Stone Barn mise ? disposition par l?Universit? McGill. Durant la construction ils re?urent la visite de Guy de Lesseps le petit fils de Jacques.[17]

Soit dit en passant, un monument comm?morant le premier Congr?s de l?air avait ?t? inaugur? en 1967 par la Chambre de commerce de Pointe-Claire, ? c?t? de la biblioth?que publique sur Douglas Shand. Malheureusement, il fut ensuite d?mantel? et conserv? dans un d?p?t de la ville.[18]

Premier ? survoler Toronto

C?est au Spectacle a?rien de Toronto qu?il accomplit le 13 juillet 1910 le premier survol complet de la ville, soit 20 milles en 28 minutes, ? 70 milles ? l?heure ? 2 000 pieds d?altitude. Il avait d?coll? sur son Bl?riot XI[19] depuis le terrain de la ferme mod?le de W. W. Trethewey transform?e pour l?occasion en terrain d?aviation, le premier dans cette ville. La piste d?envol correspondrait aujourd?hui au Hearst Circle situ? un peu ? l?est de l?a?roport Pearson non loin de Trethewey Drive et Jane Street. L??v?nement ?tait commandit? par la Ontario Motor League, devenue le CAA. Le m?me jour un biplan des fr?res Wright conduit par trois am?ricains avait aussi pris les airs au m?me spectacle mais sans survoler tout la ville.[20]

Pour rappel, le Mus?e canadien de l?aviation ? Ottawa comprend dans sa collection une magnifique peinture par Robert W. Bradford, intitul?e Come Fly with Me et repr?sentant le comte, un Scarab?e et une jolie admiratrice.

Second survol de Montr?al

Dans la foul?e de ses exploits ? Toronto, le comte revient s?exhiber ? Montr?al avec ses deux Bl?riot. Il r?ussit le 26 juillet 1910 une envol?e d?une soixantaine de kilom?tres depuis le parc d?amusement King Edward Park sur l??le Gros Bois qui fait partie de l?actuel parc des ?les de Boucherville. Le vole dure 81 minutes le long des deux rives du St-Laurent; il commence par la rive nord jusqu?? hauteur de la rue Papineau, tourne au dessus de l??le Ste-H?l?ne puis revient en longeant Boucherville. L??v?nement fit ? nouveau sensation. Avant de quitter pour la France, De Lesseps vendit ses deux avions au propri?taire du parc.

Il regagne la France pour revenir en Am?rique d?s la mi-octobre, cette fois-ci ? New York.

Vainqueur ? New York

Le comte participe ensuite ? la sensationnelle Statue of Liberty Race devant quelque 150?000 spectateurs et dont le parcours exige d?aller contourner la Statue de la Libert? et certaines balises depuis Belmont Park ? Long Island o? se tient du 22 au 31 octobre le Great 1910 Aerial Tournament NY. Le parc, situ? dans l?arrondissement de Elmont ? une dizaine de kilom?tres au nord-est de l?a?rogare John F Kennedy, sert aux courses de chevaux pur-sang.

Jacques est d?clar? vainqueur par la F?d?ration a?ronautique internationale cinq mois plus tard, le 15 mars 2011 et gagne ainsi le prix Thomas Fortune Ryan de $10?000. Le franco-am?ricain John Bevins Moisant,[21] d?ascendance canadienne-fran?aise et n? ? Manteno, Illinoisen banlieue de Chicago, est le plus rapide mais sera disqualifi? pour ?tre parti sans avoir au pr?alable effectu? un vol d?une heure tel que requis. Le britannique Claude Grahame-White est le deuxi?me plus rapide mais disqualifi? pour avoir rat? la balise no. 5 lors de son atterrissage.[22] On remarque parmi les autres inscrits le fran?ais Rolland Garros, dont un stade pour le tennis porte le nom ? Paris.

Pour m?moire la Statue de la Libert? avait ?t? remise par le comte Ferdinand De Lesseps au pr?sident am?ricain Stephen Grover Cleveland le 28.9.1886 au nom du gouvernement fran?ais.

Le comte se rend ensuite ? Baltimore puis retourne ? Toronto o? il se fiance avec Grace MacKenzie.

DE MISS MACKENZIE ? COMTESSE DE LESSEPS

De Lesseps ?tait un aristocrate de naissance, de moyens et d??ducation et menait la vie des jet-setters de son ?poque.

Il ?pousera Grace MacKenzie, issue de la haute bourgeoisie torontoise, fille de Sir William MacKenzie, entrepreneur millionnaire devenu magnat du rail et cofondateur du Canadian Northern Railway. William est n? le 17.10.1849 ? Eldon pr?s de Kirkfield en Ontario et eut 9 enfants dont Grace. Le 1.1.1911 il est nomm? Chevalier du Royaume par le roi d?Angleterre.

Grace ?tait n?e le 15.12.1888[23]/90[24] et baptis?e Theresa Grace ? Kirkfield en Ontario ? 75 minutes aujourd?hui au nord-est du grand Toronto, dans la r?gion des lacs Kawartha juste ? l?est du lac Simcoe. C?est l? que les MacKenzie poss?daient un magnifique domaine dont le manoir fut b?ti en 1888 entour? de pr?s de 1?000 acres.

La premi?re rencontre eut lieu apr?s le spectacle a?rien de Toronto en juillet 1910 quand le magnat du rail invita l?aviateur au hupp? York Club (log? dans le manoir Gooderham coin Bloor-St-George), puis ? son somptueux manoir Benvenuto sur Avenue Road o? il lui pr?senta trois filles?: Grace ?g?e de 21 ans, Ethel et Katharine. Apr?s cette rencontre le p?re MacKenzie invita Jacques pour une courte croisi?re sur le canal Trent ? bord de son luxueux yacht le Wawinet. Jacques, 27 ans, invite les trois s?urs ? venir le voir voler ? New York en octobre mais c?est Grace qu?il veut impressionner et elle n?a d?yeux que pour lui.

Le Nouveau Monde venait de rencontrer la Vieille Europe.

La fille d?un entrepreneur c?l?bre au pays, l?un des plus riches Canadiens en son temps, pourtant parti de rien, n? dans une maison de bois rond aux planchers de boue s?ch?e (Eldon / Kirkfield, comt? de Peterborough), venait de rencontrer le fils d?un entrepreneur c?l?bre dans le monde, aristocrate de naissance.

Grace devint la premi?re canadienne ? sinon la premi?re femme au monde – ? prendre les airs quand elle le rejoignit avec Ethel et Katharine au Belmont Park de Long Island o? se tenait du 22 au 31 octobre le Great 1910 Aerial Tournament. Il lui fit voir Manhattan des airs le 25 octobre avant de r?p?ter l?exp?rience avec Ethel et Katharine.

Les fian?ailles sont annonc?es dans le New York Times. La petite histoire raconte que lorsqu?il assiste ? un concert pour faire plaisir ? sa dulcin?e, il lui arrive de s?endormir? bri?vement.

Mariage londonien

Les MacKenzie quittent Toronto le 14.12.1910 en direction de l?Angleterre pour assister ? la c?r?monie. Le mariage a lieu ? Londres le 25.1.1911.

En voici le compte-rendu dans le The New York Times?du lendemain: ??Londres, 25 janvier. – Mademoiselle Grace MacKenzie, fille de Sir William MacKenzie, le magnat canadien du rail, et le comte Jacques de Lesseps, l?aviateur fran?ais, se sont mari?s aujourd?hui en l??glise St. James, Spanish Place. Le r?v?rend Gildea a b?ni la c?r?monie, en pr?sence d?invit?s bien branch?s. Le comte de Mora servi de gar?on d?honneur et les filles d?honneur comprenaient ses s?urs, Madame W.W. Beardmore n?e Kathleen et Mademoiselle Ethel MacKenzie, et une cousine Mademoiselle Mabel Magher ?

Apr?s la c?r?monie Sir William et Lady MacKenzie re?oivent ? l?h?tel Claridge. Le voyage de noce est pr?vu en ?gypte. Le comte De Lesseps est le fils du c?l?bre ing?nieur Ferdinand De Lesseps. Il est ?g? de 26 ans. Depuis l?an dernier il s?adonne ? l?aviation et a r?ussi des envol?es notoires, ayant franchi la Manche, et boucl? la statue de la libert? depuis Belmont Park dans une comp?tition avec le d?funt John B. Moisant et Claude Grahame-White. Mademoiselle MacKenzie ?tait mont?e en avion avec lui ? New York mais depuis leurs fian?ailles, le couple avait renonc? ? ce sport p?rilleux.??[25].

L?imp?ratrice Eug?nie de Montijo veuve de Napol?on III faisait partie de la noblesse invit?e et pour cause, c?est une cousine du mari? (au 6e degr? selon le jargon de la g?n?alogie). Eug?nie est fille de Manuela Kirkpatrick y Gr?vign? de Montijo la ni?ce de Catherine de Gr?vign? l??pouse du comte Mathieu de Lesseps qui sont les parents du comte Ferdinand le p?re de Jacques. On se souviendra que c?est Mathieu qui le premier dans la lign?e Lesseps fut fait comte par Napol?on 1er et permit d?ajouter la particule ??de?? devant le patronyme.

Durant leur croisi?re en ?gypte, les nouveaux-mari?s passent devant la statue du comte Ferdinand ? l?entr?e du canal de Suez.[26] Le couple s?installe ? Paris. Durant la guerre de 1914-18, la comtesse de Lesseps fait du b?n?volat infirmier pour l?arm?e fran?aise et en sera d?cor?e d?une M?daille d?argent pour sa contribution. Les enfants naissent tous en France malgr? la guerre.

En France de 1911 ? 1920 o? les quatre enfants naissent

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Guillaume / Guy Alexandre Ferdinand Marie nait le 10.12.1911 ? Paris et d?c?de ? Neuilly-sur-Seine en banlieue parisienne le 13.12.1967 ? 56 ans. En 1916 sa m?re am?ne son fils de 4 ans passer l??t? ? Toronto et au lac Balsam pr?s de Kirkfield.

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Fran?ois-PatrickMarie-Fran?ois-Joseph nait le 2.4.1913 ? La Chesnaye de Guilly, Vatan en Indre, Centre, et meurt ? Sudbury en Ontario le 10.7.1936 et inhum? 12.8.1936 ? 23 ans. Il avait ?pous? Aleen Moretta Hamilton Green n?e le 24.7.1918 et d?c?d?e le 20.3.1984. Pour rappel, c?est ? Guilly, Vatan, au Ch?teau de La Chesnay que Ferdinand de Lesseps ?tait mort ? 89 ans le 7.12.1894 ainsi que sa seconde ?pouse (et m?re de Jacques), Louise-H?l?ne Autard de Bragard le 29.1.1909.

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?lisabethH?l?ne nait le 10.3.1915 ? Paris et meurt le 24.3.2001 en Floride ? 86 ans; elle s?adonnait aux arts plastiques. Elle s??tait mari?e deux fois, la seconde fois avec Dudley Schoales.

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CatherineMarie-B?thune dite Kiki nait le 29.5.1918 ? Berneville-sur-Mer au Calvados, Basse-Normandie. Elle ?tait vivante en juillet 2009[27] et meurt apr?s 91 ans. Elle avait ?pous? John Edgard Hicks ? Toronto le 30.7.1941/2, il ?tait originaire de Hanover, New Hampshire et le couple aurait eu 13 enfants.[28]

M?re et enfants rentrent au Canada

En juillet 1920 Grace embarque sur le France au Havre et d?barque ? Ellis Island, New York le 17 juillet. Elle a 32 ans, accompagn?e de ses enfants Guillaume 9 ans, Francois 7 ans, ?lizabeth 5 ans et Catherine 2 ans.[29] Le comte ne fait pas partie des 2 398 passagers. Grace ram?ne sa famille au Canada. Le mariage ne va plus.

Le d?clin d?un empire

Le Canadian Northern Railway en faillite est nationalis? le 6.9.1918 avant de fusionner avec le Canadian National Railway. Les autres entreprises de son p?re p?riclitent et apr?s 1921, MacKenzie perd de son influence.

Pour Grace, 1923 est une mauvaise ann?e?: elle est s?par?e et elle perd son p?re.

En octobre son p?re s?effondre en jouant au golf, probablement par crise cardiaque, est transport? au Toronto General, puis retourn? ? son domicile torontois. Il tient le coup plusieurs semaines et modifie son testament en ajoutant des codicilles. ? la demande de Grace, il lui assure son ind?pendance financi?re et celle de ses enfants et les met ? l?abri de toute revendication ?ventuelle de Jacques. Grace pourra aussi demeurer au manoir Benvenuto ? Toronto et quand il sera ?ventuellement vendu pour payer les taxes, elle pourra habiter le domaine de Kirkfield ou le chalet du lac Balsam.

William MacKenzie d?c?de ? sa r?sidence Benvenuto de Toronto le 5.12.1923 pour ?tre ensuite inhum? le 7.12.1923 ? Kirkfield. Le domaine de Kirkfield fut ?ventuellement vendu pour devenir la St. Margaret?s School tenue par les S?urs de Saint Joseph de 1927 ? 1976 avant d??tre transform? en auberge de luxe offrant r?ceptions estivales et thalassoth?rapie, la Sir William MacKenzie Inn.

En avril 1946, la veuve de Lesseps est en mauvaise sant?. Elle d?c?de ? 57 ans ? Cardenas dans la baie de Varadero ? Cuba o? elle ?tait en vill?giature. La famille ram?nera ?ventuellement la d?pouille ? Kirkfield en Ontario o? ses parents avaient ?t? inhum?s et o? elle ?tait n?e.[30]

H?ROS DE GUERRE

Pilote de guerre d?cor? de la Premi?re Guerre mondiale

Revenons au comte devenu pilote militaire. Jacques devient un pionnier de la photographie a?rienne de reconnaissance, tente de cr?er ??la fameuse escadrille am?ricaine La Fayette??, s?initie au bombardement nocturne.

De Lesseps r?alise en 1917-18 pas moins de 95 missions de nuit ? longue distance pour faire de la reconnaissance, ou bombarder sur trimoteur Caproni. Chaque mission peut comporter 3-4 heures au dessus de l?ennemi. En Champagne et en Lorraine.

Il d?fend Paris contre les Zeppelins allemands en volant surtout de nuit. Ainsi le 5.8.1915 un dirigeable allemand qui survole Paris est atteint par les balles incendiaires tir?es durant une demi-heure par les avions du sous-lieutenant de Lesseps et du lieutenant Galliot. Le Zeppelin LZ79 perc? sur l?arri?re commence ? perdre de l?air, de l?altitude et de la vitesse avant de s??craser.

Trois ans plus tard le 15.8.1918, De Lesseps membre du 2e groupe de bombardiers se comporte en h?ros en effectuant trois bombardements nocturnes r?ussis en Lorraine?: deux ? Conflans et un ? Audun le Roman. Il ?vite les tirs anti-avions en se tenant ? tr?s faible altitude et en profite pour reconnaitre les positions de l?ennemi dans la r?gion[31]. Cette bravoure est reconnue par les ?tats-Unis qui lui d?cernent la Distinguished Service Cross.

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Il termine comme Capitaine-commandant d?Escadrille amplement d?cor? par la France (Chevalier de la L?gion d?honneur, Croix de guerre avec trois palmes et quatre ?toiles, Ordre de la Nation Fran?aise, Quatre fois cit? ? l?ordre du jour pour bravoure) et finalement intronis? au Panth?on le 6.6.2001.

Trois fr?res moins chanceux ? la guerre

Ferdinand-Marie-Isma?l de Lesseps nait ? Paris le 27.11.1871, devient officier de cavalerie, capitaine du 3e r?giment de chasseurs ? cheval d?Afrique, et meurt pour la France le 30.9.1915 ? 43 ans ??tu? ? l?ennemi aux tranch?es de Virginie??[32]

Bertrand-Marie de Lesseps n? le 3.2.1879 ? Paris, est un escrimeur participant aux Olympique de 1908. Il devient capitaine commandant dans le 20e bataillon de chasseurs ? cheval et meurt pour son pays le 28.8.1918 ? Catigny, Oise au sud-est d?Amiens. C?est Bertrand qui avait accompagn? Jacques ? Montr?al en 1910, il ?tait ?pris d?aviation.

Robert-Georges-Marie est n? ? Paris le 23.5.1882 et devient lui aussi ?pris d?aviation mais agit surtout comme promoteur, notamment d?un monoplan baptis? La Fr?gate. Le 27.2.1902 Robert ?pouse Marthe-Joseph-Sophie Allard n?e le 17.5.1884 ? Ixelles et d?c?d?e le 19.7.1970 ? Uccle, deux localit?s en banlieue sud de Bruxelles. Ils auront deux enfants, Nicole et Robert fils.

Recrut? ? Ch?teauroux, la Bataille de la Somme command?e par Joffre aura raison de lui comme des 195?000 autres victimes du c?t? fran?ais. Lieutenant dans la cavalerie du 27e r?giment des Dragons et d?tach? au 7e groupe mixte d?autos-mitrailleuses et autos-canons, Robert meurt ? 34 ans de ses blessures de guerre le 11.9.1916 ? Cerisy-Gailly dans la Somme ? l?est d?Amiens. Il recevra L?gion d?honneur et Croix de guerre posthumes et son nom sera grav? sur un monument aux morts de la Premi?re Guerre, coin Abbey Road et Mitre Road ? Londres.[33]

CARTOGRAPHE GASP?SIEN

Apr?s la guerre en 1919, Henry Balleyguier, un ancien commandant d?escadrille ayant combattu avec Jacques forme La Compagnie A?rienne Fran?aise (CAF). Recrut? par cet ami, De Lesseps devint chevronn? dans le pilotage d?hydravion et la photographie a?rienne. Il travaille pour cette entreprise au d?veloppement de la technique de photogramm?trie en cartographie a?rienne.

P?re de la cartographie gasp?sienne

La CAF est choisie en 1925 par le ministre des Terres et For?ts de la Province de Qu?bec, Honor? Mercier fils ? gr?ce aux discussions avec Henry Balleyguier – pour r?aliser le lev? g?n?ral de la Gasp?sie et en r?pertorier les for?ts. Selon l’entente cette compagnie doit r?aliser des photographies a?riennes obliques et panoramiques et dresser une carte g?n?rale du territoire ? l’?chelle de 40 cha?nes au pouce. Jacques en est nomm? Directeur d?exploitation et Chef-Pilote. Il ? 42 ans.

Bases d?hydravions ? Gasp? et Val-Brillant

De Lesseps ?tablit en 1926 une hydrobase principale ? Gasp? puis, pour la CAF devenue la CAFC une seconde ? Val-Brillant en 1927, sur les rives du lac Matap?dia qui alimente la rivi?re du m?me nom, ? une quarantaine de kilom?tres au sud de Matane et au sud-est de Mont-Joli. Ainsi que des bases secondaires ? Pointe-aux-Trembles sur la rue Notre-Dame ? l?est de l??le de Montr?al o? se trouve un garage pour monter les avions et pour les r?parations majeures?; ? Sillery pour acc?der ? l?atelier photo et la cartoth?que de Qu?bec?; ? Notre-Dame-du-Lac sur le lac T?miscouata?; et au Lac Nominingue en Abitibi.[34]

Ses appareils ? Gasp? sont d?abord deux Shreck FBA 17 quadriplaces ? moteur Hispano-Suiza de 180 cv ? h?lice propulsive (en arri?re du moteur) arriv?s en mai 1926 par bateau ? Montr?al puis par train. Avec les deux pilotes, de Lesseps et Monville, 201 heures de vol ? 3?000 pieds d?altitude permettront aux photographes embarqu?s de couvrir en 4 mois la p?ninsule ? l?est de Port-Daniel et une majorit? de la Baie des Chaleurs, une superficie de 9?800 km?.

En 1927 s?ajoutent deux FBA 17 classiques et un troisi?me, le FBA 21 ? moteur en ?toile Gnome-et-Rhone 9ab Jupiter de 420 cv ? h?lice tractive (en avant du moteur) pouvant transporter fret ou passagers pour lier Gasp?, Val Brillant, Qu?bec et Montr?al. Les deux m?caniciens sont d?origine russe et ont servi dans son escadrille durant la Premi?re Guerre?: Smalko Milankovitch, qui installe la base de Val-Brillant sous la direction du pilote Monville, et Theodor Chichenko qui seconde De Lesseps ? Gasp?.

Le comte aurait souhait? fonder ? Gasp? la premi?re compagnie qu?b?coise d?aviation.

(? v?rifier?: Shreck FBA-17 G-CAFO et un Schreck FBA-21, hydravions biplans et biplace fran?ais ? moteur dessin?s par l?ing?nieur fran?ais Louis Schreck en 1923 ? Argenteuil. Il peut au besoin atteindre 14?000 pieds d?altitude ? Utilis?s en 1926-27 selon le site http://grandquebec.com/gens-du-pays/jacques-lesseps/)

Ses missions photographiques, qui se d?roulent pendant les ?t?s 1926 et 1927, serviront ? la cartographie du territoire gasp?sien, mais aussi ? produire des cartes postales. En effet, pr?s de 800 cartes postales de villages gasp?siens seront imprim?es ? Paris gr?ce aux images r?alis?es en basse altitude. En 1927 il est rendu ? 15?000 km?. Plusieurs photos de Montr?al et de Qu?bec ont une importance patrimoniale.

Grace et les enfants vivent d?j? ? Toronto. Durant les deux ann?es 1926-27 les enfants passent leurs vacances d??t? ? Gasp? pr?s de leur p?re. Les deux fils sont confi?s aux P?res et ils passent leurs journ?es ? la base des hydravions o? ils suivent le pilote, tout comme les deux filles qui elles, sont confi?es aux Ursulines dont le Monast?re et l??cole normale sont ??en haut de la c?te??. Il les emm?ne voler ? l?occasion, parfois les quatre ? la fois. Catherine est surnomm?e Kiki, ?lizabeth est surnomm?e Betty.

Soulignons que la Corporation Lire la Mer du Phare de Matane mettra bient?t en ligne 400 photos originales prises par Jacques, gr?ce ? la collaboration d?Yves Durette.

On sait que l?historien-photographe Pierre Lahoud et le g?ographe Henri Dorion ont publi? en avril 2009 aux ?ditions de l?Homme le magnifique album La Gasp?sie vue du ciel.[35] Parmi plus de 2 500 clich?s, ils ont repris les pr?s de 500 photos gasp?siennes de De Lesseps ? m?me altitude et m?me angle – pour comparer ? huit d?cennies d?intervalle l??rosion du littoral et la g?ographie des terres.[36]

Nuage ? l?horizon?: Ottawa est jaloux

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Malheureusement, les missions photographiques de l?aviateur ne sont pas seulement marqu?es du sceau du succ?s. Le gouvernement f?d?ral, qui revendique la comp?tence exclusive en a?ronautique, s’oppose ? ce que le Qu?bec ait recours ? une compagnie ?trang?re. Ottawa demande ? la CAF de cr?er une filiale canadienne, mais surtout d’avoir recours ? des pilotes et ? des ing?nieurs qui sont sujets britanniques.

La CAF est forc?e de se renommer la Compagnie a?rienne franco-canadienne (CAFC) et de demander des certificats temporaires pour ses pilotes. M?me si elle insiste sur la r?putation internationale de son chef pilote, Ottawa demeure intraitable sur ce point. De Lesseps doit donc se r?soudre ? demander la nationalit? canadienne mais l?affaire traine, ce qui menace son droit de voler. Ce genre d?attitude de la part de la haute bureaucratie Canadian porte un nom que je n??crirai pas.

Au centre d?un conflit constitutionnel

? l’automne 1926, l’affaire d?g?n?re et les journaux se m?lent du dossier. Le Daily Star tente m?me ? plusieurs reprises de discr?diter l?as fran?ais afin de faire fl?chir le gouvernement qu?b?cois sur la question de la nationalit? des pilotes.

Comme le dit si bien le pr?sident de la Soci?t? gasp?sienne du patrimoine Jean-Marie Fallu, dans L?Homme qui venait du ciel ??H?ros de la Premi?re Guerre mondiale, Jacques de Lesseps a marqu? les d?buts de l’aviation commerciale au Qu?bec. En 1926, il entreprend de r?aliser la cartographie a?rienne de la Gasp?sie. Cette t?che audacieuse d?clenche une querelle f?d?rale-provinciale qui le m?nera ? une fin tragique.??[37]

Cette affaire conna?t en effet un d?nouement dramatique. Convoqu? ? Val-Brillant par le ministre des Terres et For?ts, Honor? Mercier fils, De Lesseps tient ? venir d?fendre son honneur ? cette rencontre importante o? l?on attend aussi le pr?sident de la compagnie m?re venu de France pour discuter de la citoyennet? de l?aviateur. Il ?tait pr?vu que le pilote embarquerait le ministre pour le ramener ? Qu?bec apr?s la r?union.

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LE FATIDIQUE 18 OCTOBRE 1927

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Le comte quitte Gasp? pour la derni?re fois.

Il mangeait souvent ? cette ?poque ? l?h?tel Baker avec un ami de Gasp?, Percy Hyman. Au petit d?jeuner celui-ci lui dit ??Je trouve que le temps n?est pas tr?s rassurant aujourd?hui??.[38]

Le central t?l?phonique de la ville ?tait dans l?h?tel Morin, dont la fille de l?h?telier, Madame Fabien Cassivi, se souvient d?un appel de Mont-Joli destin? au pilote; mais il ?tait d?j? sur son d?part ? la base d?hydravion. ??Il faut l?avertir de ne pas s?envoler vers Mont-Joli ce matin?: ce serait trop dangereux par le temps qu?il fait? On avait ? peine raccroch? que l?on vit passer derri?re l?h?tel Morin l?hydravion s??levant au dessus de la baie de Gasp?. La brume venait d??tre observ?e ? la station m?t?o de Mont-Joli situ?e ? moins de 50 kilom?tres de Val Brillant et le pilote n?avait pas la radio ? bord.[39]

Il avait d?j? d?coll? de Gasp? vers 13 heures avec son m?canicien Theodor Chichenko attitr? ? Gasp?, ? bord du Schreck FBA 21-3 biplan au moteur tractif de 420 cv[40] et suivait la route directe de 132 miles (220 km) qui devait prendre 75 min ? la vitesse sol pr?vue de 105 milles ? l?heure. Il volait dans une basse pression ou ? l?approche d?une basse pression et le vent ?tait calme ou l?ger de l?Est.

Avant 15h on entend le vrombissement de l’avion au-dessus de St-Ir?ne juste au sud du lac Matap?dia pr?s d?Amqui, ainsi qu?? Saint-L?andre et ? Val-Brillant, mais la brume l’emp?che d?amerrir. On fait alors sonner les cloches de l’?glise, on fait hurler chaque minute la sir?ne de la scierie locale, on braquera m?me vers le ciel les projecteurs de la compagnie de chemin de fer, dans le vain espoir de servir de rep?re. Le comte ne se posera pas sur le lac Matap?dia pour assister ? la r?union pr?vue pour 15h.[41]

Trois ? quatre jours plus tard les 21-22 octobre, une majorit? des d?bris du fuselage, sans le moteur, sont retrouv?s sur le rivage, ?chelonn?s jusqu?? une cinquantaine de kilom?tres entre Baie-des-Sables (St-Ulric) o? l?on trouva un bout d?aile de 13 pieds de long et un aileron, et Sainte-F?licit? o? le fermier Hector Guilbeault trouva le cockpit intact, les sangles de s?curit? d?tach?es, soulevant la possibilit? que les deux occupants aient pu se jeter ? l?eau avant le choc, ils portaient des combinaisons flottantes. Le barographe altim?tre s??tait arr?t? ? 4h01 pm (16h01), environ 3 heures apr?s le d?part si le d?part se fit ? 13h00. La grande dispersion des d?bris sugg?re un choc en frappant par exemple la cr?te d?une vague.

Le corps flottant du pilote, intact dans sa combinaison faite de toile doubl?e de li?ge, d?rive avec les courants dans le golfe et est retrouv? apr?s 48 jours le samedi 3 d?cembre 1927 sur la rive de Port-au-Port (auj. Clam Bank Cove), alias French-Shore juste ? l?ouest de Stephenville, Terreneuve, ? environ 700 kilom?tres de l??crasement. Mais pas celui du m?canicien.

Le comte avait 44 ans.

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Que s?est-il pass??

Voici le sc?nario le plus plausible selon l?analyse des d?bris et de son corps.[42] Incapable de voir le lac Matap?dia, il s??tait dirig? au compas en direction nord-nord-ouest vers le St-Laurent qu?il pr?voyait atteindre en 15-20 minutes et aboutit au large de Rivi?re-Blanche (St-Ulric), entre M?tis-sur-Mer et Matane.

Une fois au dessus du fleuve la visibilit? devait ?tre meilleure et le pilote faisait ??des ronds dans l?air?? en attendant que le brouillard se l?ve au dessus de la p?ninsule. Avant de risquer la panne s?che le pilote aurait d?cid? d?amerrir et d?hydroplaner ensuite jusqu?? la rive.

Laissons la parole ? ?mile P?rio, historien fran?ais de l?aviation[43] : ? La surface du fleuve pr?sente des creux d?un ? deux m?tres?Une cr?te de vague a d? percuter de plein fouet l?avant de la coque? les deux m?ts supportant l?avant du moteur ont fl?chi, provoquant l?abaissement du moteur? l?h?lice s?est alors enfonc?e dans la coque en en d?chirant le dessus. Avec une telle voie d?eau les ?quipiers d?bouclent leur ceinture de s?curit? et se livrent au fleuve??? Sans moteur l?appareil n?aurait pu rejoindre la rive par lui-m?me m?me si la coque aurait r?sist? aux bouts de l?h?lice. Mais avec une coque perc?e qui embarque de l?eau ? chaque vague, il n?y a plus d?alternative.

On connait le reste?: personne ne survit longtemps dans les froides eaux du St-Laurent, surtout en octobre et en aval de Tadoussac.

Inhumation ? Gasp?

Dans une lettre ? son ami, le renomm? journaliste Olivar Asselin,?il ?crivait: ?Vous ne pouvez vous imaginer le magnifique et ?mouvant spectacle que l?on peut avoir dans les cieux de Gasp? [?] Quelle merveilleuse vision offre aussi le contraste des couleurs entre la vaste p?ninsule et la mer qui la baigne: d?un c?t?, le velours vert et soyeux des for?ts, artistiquement drap? suivant le caprice des monts et des vall?es; de l?autre, le bleu du ciel, uni ? celui du golfe ?blouissant sous le soleil.?[44]

Premier homme ? admirer la Gasp?sie du haut des airs, il ?tait fascin? par les charmes de la p?ninsule et c’est d’ailleurs selon ses v?ux que la d?pouille de ? l’homme aux grandes ailes ? fut ramen?e ? Gasp?. Les fun?railles y furent c?l?br?es 10 jours plus tard le 14.12.1927 par Mgr Ross qui rendit hommage au ??brillant pilote dont la modestie ?galais la bravoure??. ? Gasp? plut?t que dans sa France natale ou dans la famille de Grace. Un drapeau de la France recouvrait le cercueil.

En 1928 l?Honorable Honor? Mercier fils pr?side un comit? de souscription pour ?riger un monument en m?moire de De Lesseps puis confie la t?che au sculpteur Henri H?bert. Le 31 juillet 1929 un service comm?moratif a lieu devant le couvent du St-Rosaire en pr?sence de l??v?que de Gasp? et de Mgr Jansens le G?n?ral des Cisterciens r?form?s, du consul g?n?ral de France M. Carteron et les officiers du navire Ville d?Ys.[45]

En 1930 la famille du compte demande au directeur de la CAFC, un certain M. Ravit, d?installer une pierre tombale toute simple?: une dalle de granit, le nom, les dates. Selon les d?sirs du d?funt. Le terrain de la tombe ?tant trop petit, la d?pouille dut ?tre transf?r?e ailleurs dans le cimeti?re.

Le 18 ao?t 1932, cinq ans apr?s le d?c?s, le monument sculpt? par Henri H?bert est inaugur? sur le boulevard de York Sud par l?Honorable Mercier et par Mgr Ross, en pr?sence de dignitaires du Canada, du Qu?bec et de Gasp?, ainsi que diverses personnalit?s et amis tels Olivar Asselin[46]. Ce monument avait ?t? financ? gr?ce ? la campagne de souscription initi?e par Mercier et la famille de Lesseps .[47]

Quand la cath?drale de Gasp? am?nagea un nouveau cimeti?re en 1953, la tombe fut install?e tout pr?s de l?entr?e.

Un canton ? l?ouest de Murdochville porte le nom de Canton de Lesseps proclam? en 1936.[48]

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Une petite rue sans issue nomm?e Place de Lesseps est situ?e juste ? l?ouest du coin Langelier et Coubertin dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve de Montr?al

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54 ans et 82 ans plus tard

En 1981, soit 54 ans apr?s l?accident, le Matanais Steven Grant p?che la morue entre Baie-des-Sables et Saint-Ulric sur Jo?l Josette son chalutier semi-hauturier de 60 pieds et remarque dans ses filets un petit r?servoir d?huile avec une plaque de cuivre. Il conserve la plaque, parvient ? y d?chiffrer Hydravion FBA (pour Franco British Aviation), puis la range dans un tiroir pour 28 ans.

En 2009, soit 82 ans apr?s l?accident, il la montre ? l?ami G?rard Burnett qui se souvient de la trag?die. On nettoie la plaque qui r?v?le sa provenance?: Hydravion FBA, Schreck Const [Argenteuil], Poids 6,00 Huile, Contenance 23.

Autre co?ncidence, le fran?ais Jean-Baptiste Louis Tillier, grand-p?re maternel de G?rard Burnett, avait travaill? ? la construction du canal de Suez sous la direction de Ferdinand de Lesseps avant d?en diriger le trafic durant des ann?es et d?en ?tre d?cor? en 1870 par la reine Victoria.[49]

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Son m?canicien

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La st?le comm?morative inclut une mention de son m?canicien Theodor Chichenko, un Russe de nationalit? fran?aise qui lui ?tait enti?rement d?vou?. On y a grav??: ??N? en 1894 ? Gavrilouk, Russie, volontaire dans l?arm?e fran?aise pendant la guerre, disparu en mer avec Jacques de Lesseps.??[50]

En conclusion

Ce h?ros appartient ? l?histoire de la France, de l?aviation mondiale, des relations Qu?bec-Ottawa et de la Gasp?sie.

N? ? Paris dans l?aristocratie, il apprend ? piloter du premier aviateur ? traverser la Manche, et en devient le second. Premier pilote ? voler de nuit.

Il passe ? Montr?al et Toronto pour y r?ussir des premi?res en aviation, ainsi qu?? New York o? il gagne un prix.

Install? en France quand la Premi?re guerre ?clate, il s?engage sans h?siter dans l?aviation militaire et devient un as dument d?cor?.

D?m?nag? au Canada pour entreprendre la cartographie a?rienne de la for?t Gasp?sienne, il se retrouve au centre d?un diff?rend constitutionnel f?d?ral-provincial.

Il p?rit finalement dans la fleur de l??ge en pratiquant le m?tier hors du commun qu?il maitrisait si bien, dans un accident qui eut ?t? ?vitable par des communications m?t?orologiques moins rudimentaires.[51]

Remerciements

G?rard-Raymond Th?riault, historien de Carleton-sur-Mer et pilote, pour quelques pr?cisions

Jean-Marie Fallu et Jules B?langer, qui ont pr?par? le terrain par leurs articles


[1] ?mile P?rio, Magazine Gasp?sie, 1998, p 14-17

[3] http://www.aviation-fr.info/dom/Lespremiersmoteurs.pdf

[4] http://cpascans.canalblog.com/archives/2009/07/26/index.html

[5] http://www.youtube.com/watch?v=vTMlM-B6dIY

[6] http://www.doverlocals.co.uk/forum/topic/10423-lesseps-channel-flight-centenary-21-may-2010/

[8] http://query.nytimes.com/mem/archive-free/pdf?res=F60715FF395417738DDDAD0A94DE405B808DF1D3

[9] http://grandquebec.com/histoire/congres-aviation-montreal/

[11] La Presse, 27 juin 1910

[12] http://www.cdgp09.org/DocUser/Final/OL/ABO905/Site4440/Blocks/Block857505!_!Communique_Jacques_de_Lesseps.doc

[13] http://www.rotecengines.com/Projects/PascalKremer.html

[14] http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Calais/actualite/Secteur_Calais/2010/05/22/article_la-traversee-de-la-manche-en-bleriot-xi.shtml?xtor=RSS-2

[15] http://www.doverlocals.co.uk/forum/topic/10423-lesseps-channel-flight-centenary-21-may-2010/

[16] http://jdb.marine.defense.gouv.fr/post/2010/04/10/Le-commandant-de-la-Jeanne-d%E2%80%99Arc-sur-les-traces-de-Jacques-Cartier-et-Jacques-de-Lesseps

[17] http://www.cahc-ccpa.com/temp/Fr_La%20Scarabee.htm

[18] http://grandquebec.com/histoire/congres-aviation-montreal/

[19] http://www.histoiresoubliees.ca/article/jacques-de-lesseps-un-comte-dans-le-ciel/jacques-de-lesseps

[20] toronto.ca/torontoplan/lost_examples2

[21] Pioneer Air Pilots ? John B. Moisant. Popular Aviation, Juillet 1928, page 40

[22] http://query.nytimes.com/mem/archive-free/pdf?res=F50913FF3F5517738DDDAC0994DB405B818DF1D3

[23] Geneanet.org

[24] http://pylrf.free.fr/geneal/bayonne/lesseps.htm

[25] En fait il est ?g? de 27 ans et Ferdinand n??tait pas ing?nieur

[26] Fleming RB. Railway King of Canada?: Sir William MacKenzie, 1849-1923, Rae B. Fleming. Vancouver: University of British Columbia Press, 1991

[27] http://www.eastlondonforum.com/viewtopic.php?f=9&start=15&t=2725

[28] http://wc.rootsweb.ancestry.com/cgi-bin/igm.cgi?op=GET&db=burrows&id=I1200

[29] http://www.ellisisland.org/shipping/FormatTripPass.asp?sship=France&BN=P00021-7&lineshipid=320&shipid=

[30] http://www.phsc.ca/CarlMills.html

[31] http://www.eastlondonforum.com/viewtopic.php?f=9&start=15&t=2725

[32] http://www.eastlondonforum.com/viewtopic.php?p=31165

[33] http://www.eastlondonforum.com/viewtopic.php?p=31165

[34] G?rard-Raymond Th?riault, communication

[35] http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/200809/08/01-653626-des-cliches-du-passe.php

[36] http://www.apbq.com/index.php?option=com_content&view=article&id=451&Itemid=38&lang=en

[37] Fallu, cit? sur http://earlyaviators.com/edelesse.htm

[38] Jules B?langer (Gasp?sie 1970;8(4)?:1980) citant les Annales des Ursulines

[39] B?langer, ibid.

[40] http://www.aviafrance.com/f-b-a-21-3-aviation-france-738.htm

[41] G?rard-Raymond Th?riault, communication

[42] ?mile P?rio, Magazine Gasp?sie, 1998, p 14-17

[43] ?mile P?rio, Magazine Gasp?sie, 1998, p 14-17

[44] Jules B?langer,?Du nouveau au sujet de Jacques de Lesseps, Gasp?sie, vol. XXX, n? 1, mars 1991, p. 6-13

[45] B?langer ibid.

[46] tourismegaspe.org/FR_H/19-Monuments

[47] http://migrations.fr/gaspe.htm

[48] http://fr.wikipedia.org/wiki/Lesseps_(canton)

[49] Gilles Gagn?, Un r?servoir qui a de l?histoire, Le Soleil, 26 septembre 2009

[50] http://www.aerosteles.net/fiche.php?code=gaspe-lesseps

[51]http://www.aerovision.org/index.php?option=com_content&view=article&id=45%3Alesseps-jacques-de&catid=1%3Afiches&Itemid=11&lang=fr

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    Merci pour ce récit important M.Pierre Biron.

    Amicalement

    André lefebvre