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Israël signe avec le gouvernement grec un accord militaire qui n’a son pareil qu’avec les USA

Le gouvernement censément de gauche d’Athènes dirigé par le parti Syriza vient de signer avec Israël un accord sur le « statut des forces » le 19 Juillet. Le Jerusalem Post explique que l’accord « offre une défense juridique aux militaires chaque pays en formation dans l’autre. »

Cela revient à dire qu’il s’agit d’ un pacte par lequel la Grèce accepte d’aider l’armée israélienne, qui a illégalement occupé militairement et colonisé le territoire palestinien souverain pendant près de cinq décennies et qui, pratiquement deux fois par an, démolit les infrastructures et massacre des civils et des journalistes (délibérément ciblés lorsque des soldats s’ « ennuient ») à Gaza.
Un seul autre pays dans le monde a signé un tel accord avec Israël; ce pays sont les USA, qui appellent leur soutien inconditionnel à Israël la «relation spéciale».
« Nous apprécions beaucoup votre visite ici au cours d’une période difficile pour la Grèce », a déclaré  le ministre israélien de la Défense Moshe Ya’alon, ancien chef d’État-major des Forces de défense israéliennes (FDI) et faucon agressif, à son homologue grec Panos Kammenos au cours d’une rencontre au ministère de la Défense israélien. « Cela souligne l’importance des relations entre nos pays », a ajouté Ya’alon.
Kammenos a défendu l’accord au nom de l’ « anti-terrorisme ». Il a insisté : le «peuple grec est très proches du peuple d’Israël. »

 Le ministre israélien de la Défense Moshe Ya’alon avec son homologue grec Panos Kammenos au ministère de la Défense d’Israël le 19 juillet
Photo Ariel Hermoni / Ministère israélien de la Défense

Les critiques notent que Syriza a d’abord compromis ses valeurs économiques fondamentales, en disant oui à un accord d’austérité paralysante imposé par la Troïka, et dont  le FMI (qui profite de la dette odieuse de la Grèce) a ouvertement admis qu’il ne fonctionnerait pas et dont un professeur d’économie de premier plan a mis en garde qu’ il rendra tout simplement « impossible » pour la Grèce de rembourser ses dettes importantes. Le gouvernement Syriza a pris cette décision en dépit du fait que près des deux tiers de la population grecque aient explicitement voté contre l’austérité lors d’un référendum historique le 5 juillet.
Maintenant, disent les critiques, Syriza a compromis son soutien supposé aux Palestiniens, par la signature d’un accord avec l’armée qui les occupe-et pas n’importe quel accord, mais un accord que seuls les USA, l’allié le plus étroit d’Israël, ont signé.

Relations croissantes

Ce geste est-il surprenant? La réponse à cette question dépend de qui y répond.
En janvier 2015, un éditorial du Jerusalem Post affirmait : « La victoire de Syriza en Grèce est une mauvaises nouvelles pour Israël. » C’est le contraire qui s’est avéré.
Juste après les élections de janvier dernier en Grèce, l’ambassadeur de Grèce en Israël Spyridon Lampridis remarquait, prémonitoire :  « Je ne peux voir que des choses positives pour l’avenir. »
Pour que soit clair, le gouvernement Syriza n’est nullement le premier gouvernement grec à être aux côtés de l’armée israélienne. Le Professeur Aristote Tziampiris, directeur du Centre des affaires internationales et européennes à l’Université du Pirée, a écrit un livre entier sur L’émergence de la coopération israélo-grecque.
Et il est important de noter que tout le monde dans le parti Syriza n’est heureux des décisions du gouvernement de capituler face à un paquet d’austérité et de privatisation dont il sera impossible de s’acquitter et de travailler en étroite collaboration avec l’armée israélienne.

Thodoris Dritsas, actuellement ministre suppléant pour les PortS et la mer Egée dans le gouvernement d’Alexis Tsipras, était, comme député de SYRIZA, sur le bateau de solidarité « Spirit of Humanity» vers Gaza en Janvier 2009

L’homme d »affaires gréco-israélien Sabby Mionis a souligné dans une interview avec le Times of Israel que 3plusieurs membres de Syriza, y compris certains qui sont aujourd’hui à des postes ministériels, étaient aussi [à bord] de la flottille en 2010″. Mionis faisait allusion à la Flottille de la Liberté de Gaza, qui visait à apporter de l’aide humanitaire et du matériel de construction à Gaza. Israël empêche ces matériaux d’entrer par son siège de Gaza, que l’ONU a déclaré illégal depuis des années. Le 31 mai 2010, la flottille a été attaquée par la même armée israélienne avec laquelle Syriza vient de signer un accord historique. Neuf défenseurs des droits humains palestiniens avaient été tués par les forces israéliennes dans l’attaque.

Mais le Premier ministre Alexis Tsipras a démontré que sa méthode préférée pour faire face à cette dissidence de gauche au sein de son parti est de virer les membres gauchistes de son gouvernement.

Ben Norton

Traduit par  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

 

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