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Isra?l et Palestine : Le temps des utopies est fini

Devons-nous admettre que les deux camps, Isra?liens et Palestiniens, se sont install?s durablement dans l’utopie, en nourrissant les mythes fondateurs et les lendemains qui chantent de discours et d’actes terroristes ou de guerre ? La victoire du Hamas sur le Fatah ? Gaza peut nous inciter ? le croire ; d’autant que beaucoup pensent que la Cisjordanie tombera un jour aussi dans leurs mains. La seule incertitude serait de savoir dans combien de temps cet ?v?nement in?luctable se produira !

Tout effort visant ? faire baisser les tensions ou initier un processus vers la paix ?tant condamn? (c’est un constat), on peut se demander si le Proche-Orient tel qu’il est aujourd’hui n’est pas tel que le veulent les deux parties en conflit. Trois probl?mes se pr?tent particuli?rement bien ? cette d?viance : le droit au retour des r?fugi?s, le statut de J?rusalem, le devenir des colonies et le trac? de la fronti?re. Nourrir l’utopie permet de repousser les compromis n?cessaires pour trouver et mettre en place les r?ponses appropri?es.

Chaque camp justifie ses droits en puisant dans la longue et tourment?e histoire du Moyen-Orient ce qui r?pond aux besoins de la dialectique du jour ; d’autant que de multiples grilles de lecture sont possibles :

- ethnique, principalement entre Juifs et Arabes avec toutes les multiples composantes de ces deux groupes, leurs points de mixit? et de rupture ;

- religieuse : avec les trois principales religions – juive, catholique et islamique -, leurs histoires, croyances communes et divergentes, leurs livres sacr?s et leurs mythes ;

- politique : avec l’?cheveau des relations entre Isra?l, l’Egypte, la Jordanie, la Syrie, le Liban, l’Arabie, l’Irak et le futur Etat Palestinien – sans oublier l’Iran et l’Irak et tous les autres Etats islamiques du monde qui sont concern?s par les Lieux-Saints et le statut de J?rusalem ;

- militaire : on n’?chappe pas non plus ? la mythologie, en remontant aux Dynasties Egyptiennes, aux Empires Assyriens, aux Royaumes de Salomon et de Juda, en passant par l’Empire Romain, les Croisades et le Royaume Franc de J?rusalem reconquit par Saladin figure mythique de l’Islam, les Mamelouks, la Campagne d’Egypte de Napol?on, l’Empire Ottoman et la naissance du Royaume d’Arabie, de la Turquie, de l’Irak et de la Jordanie sur ses d?combres, la guerre de 1914-18 suivie de la pr?sence franco-anglaise dans la R?gion et de la cr?ation d’un Foyer Juif en Palestine, puis celle de 1939-45 qui d?bouche sur la cr?ation de l’Etat d’Isra?l, celle de 1957 pour le contr?le du Canal de Suez qui permet ? Nasser de s’imposer comme le leader Arabe et du Tiers Monde et la mont?e en puissance des Etats Arabes, celle des 6 jours en 1967 et la conqu?te de la Cisjordanie, de J?rusalem, du Sina? et de Gaza par Isra?l, puis la guerre surprise de 1973 qui provoque une baisse de tension r?gionale avec la reconnaissance d’une puissance militaire Arabe et s’accompagne de l’?vacuation du Sina?, suivie de la visite historique de Sadate ? J?rusalem et de la paix « de la raison » entre Isra?l et l’Egypte… pour en arriver ? l’Intifada 1 qui a pr?c?d? les accords de Madrid et d’Oslo qui ont donn? naissance ? l’Autorit? Palestinienne, suivie des rounds de n?gociations de Camp David et de Taba qui d?voile la faiblesse d’Arafat et conduit ? l’Intifada 2… qui permet l’occupation par l’arm?e Isra?lienne des territoires pass?s sous contr?le palestinien au cours du trop lent processus de paix engag? ? Oslo, et se caract?rise par des actes terroristes palestiniens aveugles et dirig?s contre les civils en Isra?l – attentats suicides souvent – et tr?s meurtriers ; et enfin la prise de la Bande de Gaza par le Hamas qui a chass? par les armes le Fatah.

Ces approches convergent sur un corps de probl?mes qui peuvent se r?sumer par un « gap culturel » entre les Juifs et les Arabes, qui semble insurmontable tant le mythe se m?le ? l’histoire, l’utopie d?borde la r?alit? des probl?mes. Ainsi Amin Maalouf dans « Les Croisades vues par les Arabes » a montr? (Epilogue) que des similitudes troublantes existaient entre les ?v?nements actuels et les faits du temps des Croisades ; ainsi il ?crit : « …comment distinguer le pass? du pr?sent, quand il s’agit de la lutte entre Damas et J?rusalem pour le contr?le du Golan et de la Bekaa. ». Amin Maalouf dit aussi (en substance) : les Arabes consid?rent que la perte de J?rusalem devant Isra?l doit ?tre rapproch?e de la perte de J?rusalem devant les Crois?s ; J?rusalem a ?t? reprise aux Crois?s, pourquoi ne devrait-elle pas, aujourd’hui, ?tre reprise ? Isra?l ? Les Arabes ne peuvent abandonner J?rusalem ; c’est ?crit dans leur histoire. On ne peut ignorer cette r?f?rence ? l’histoire.
Les principales cons?quences sont, pour les Palestiniens, d’?tre soit des r?fugi?s soit des hommes « sans ?tat, sans pays » – pour ne plus faire partie depuis 1967 du peuple Egyptien (pour ceux de Gaza), ou du peuple Jordanien (pour ceux de Cisjordanie) -, nourrissant in?vitablement des groupes militaires et terroristes, dont le Hamas. Ces m?mes raisons poussent les Isra?liens ? confirmer la sp?cificit? ethnique et religieuse de l’?tat d’Isra?l, et pour r?sister ? la pression des Palestiniens ? mener une politique d’occupation par la poursuite de l’implantations de colonies en Cisjordanie apr?s avoir ?vacu? Gaza, et ? d?ployer des forces militaires pour suppl?er des forces de police d?pass?es par la violence des conflits et les actes de terrorisme. La spirale d’incompr?hension et de violence se nourrit ainsi aux deux sources culturelles et a abouti ? la l’affaiblissement de l’Autorit? palestinienne et de toute forme d’Etat palestinien, ? l’occupation par l’arm?e Isra?lienne des zones et villes qui ?taient pass?es sous administration palestinienne dans le cadre des accords d’Oslo, et ? une situation de domination – une situation de ghetto et d’apartheid. Or la cr?ation de l’Etat palestinien est bien la premi?re r?ponse ? apporter ? une situation de conflit entre deux peuples qui ne peuvent vivre ensemble.

La m?thode des « petits pas » ?labor?e par Kissinger il y a une vingtaine d’ann?es n’est donc plus adapt?e au conflit : les accords d’Oslo qui en sont l’une des applications d?bouchent sur un ?chec, voire une catastrophe. On a cru qu’il fallait avancer dans un processus de paix et reporter ? plus tard – au terme des n?gociations -, la r?solution des causes profondes du conflit. On s’est tromp?, aujourd’hui comme hier les protagonistes sont incapables d’apporter des r?ponses aux trois probl?mes critiques sur lesquels ils ont but?s ? Camp David et ? Taba : le sort de r?fugi?s Palestiniens, la situation de J?rusalem, le devenir des implantations Isra?liennes en Cisjordanie prot?g?es par « le mur » qui hypoth?quent le trac? de la future fronti?re.
Un constat s’impose : les leaders isra?liens et palestiniens se sont install?s dans le conflit, et ne cherchent plus une issue globale et d?finitive, que d’aucuns appellent encore la paix. Ils g?rent le conflit en grappillant chaque fois que c’est possible des avantages pour justifier leurs actions et conforter leurs positions. Pendant ce temps les populations souffrent, les morts se comptent par centaines, et au lieu du d?veloppement ?conomique et social attendu pour conduire ? la paix, il n’y a que des destructions militaires ou terroristes, et une forme larv?e de guerre civile palestinienne – qui ne profitera pas ? Isra?l car elle nourrit le terrorisme en formant des combattants de plus en plus fanatis?s (islamis?s).

Des ?vidences fortes apparaissent : premi?rement le fait religieux est central et d?passe de beaucoup les peuples du Moyen-Orient dans la mesure o? il concerne directement tous les Juifs et tous les Musulmans du monde ; l’attachement r?ciproque aux m?mes Lieux Saints de J?rusalem interdit toute n?gociation de souverainet? sur ces espaces aussi restreints soient-ils ; les deux religions doivent en ?tre ma?tres ; deuxi?mement ni l’Egypte, ni la Jordanie ne pr?tendent r?cup?rer les territoires perdus en 1967 – notamment J?rusalem -, et n’offrent donc aux palestiniens rest?s ? Gaza et en Cisjordanie pas d’alternative autre que celle de constituer dans ces territoires un Etat Palestinien ; troisi?mement « le retour » des r?fugi?s doit se faire, pour les Isra?liens, dans le futur Etat Palestinien alors que pour certains Palestiniens, qui esp?rent peut-?tre encore en finir un jour avec l’existence d’Isra?l, il faut un « vrai retour » dans les villes et villages d’o? ils ont ?t? chass? en 1948 et 1967 ; mais la logique, compte tenu de la cr?ation de deux Etats que tout le monde s’accorde ? reconna?tre, est bien ?videmment de rapatrier ces Palestiniens de l’exil dans les futurs territoires Palestiniens de Cisjordanie et Gaza ; sinon ce serait admettre que la cr?ation d’un seul ?tat « isra?lo-palestinien » est possible. Ce n’est pas aujourd’hui une hypoth?se de travail, du fait de l’attachement r?ciproque des deux peuples ? leurs religions qui rend impossible la cr?ation d’un unique ?tat qui ne pourrait ?tre que la?que, condition n?cessaire – mais non suffisante – pour que cette solution soit inscrite dans le champ des possibles ; quatri?mement il faut admettre qu’il n’y a pas aujourd’hui de leader politique Arabe ou musulman qui ait le charisme pour repr?senter l’ensemble des peuples concern?s dans le monde, et le pouvoir de d?cider sans ?tre d?savou?, notamment sur la question de J?rusalem qui concerne aussi bien le Pakistan et l’Indon?sie par exemple, que la Jordanie ancienne puissance occupante ; un leader Palestinien ne peut d?cider sur ce point sans en r?f?rer non seulement ? l’ensemble de la communaut? Arabe mais aussi encore ? la communaut? musulmane, ce qui interdit toute position de compromis du fait de la radicalisation de certains de ses membres qui ne sont pas directement partie au conflit mais en tirent un profit politique, souvent int?rieur.

A cela il faut ajouter le temps qui est un facteur aggravant car il a introduit la dimension d?mographique : les peuples en pr?sence sont aujourd’hui environ deux fois plus nombreux qu’il y a 25 ans, et les r?fugi?s cinq fois plus nombreux qu’en 1948. Il est inutile de se demander laquelle des parties en tire le plus profit ; il faut plus simplement consid?rer que si une solution n’est pas mise en place dans les trois ? cinq ans, le conflit ne peut que s’?tendre du fait de cette pression d?mographique et d?boucher sur un bouleversement complet de la r?gion, des r?volutions dans les ?tats de la p?ninsule arabique pour changer des modes de gouvernement compte tenu de leur faillite politique et ?conomique, et cela aux prix de destructions massives et de pertes humaines que l’on n’ose estimer…

Les forces oppos?es ? toute paix ne doivent pas ?tre sous-estim?es. Et elles sont ? l’œuvre dans chaque camp, pour maintenir un statut quo, et accro?tre les tensions et les risques de guerre ? l’occasion pour conforter leur pouvoir. Les champs de bataille sont aujourd’hui comme hier n?cessaires ? certains r?gimes pour leur survie, comme le sont la pr?sence de ces 4 millions de r?fugi?s conserv?s dans un ?tat infamant d’apartheid pour nourrir une id?ologie de vengeance et soumettre des populations aux pouvoirs de dirigeants totalitaires. Les revenus du p?trole n’?taient-ils pas suffisants pour donner ? ces r?fugi?s des logements et une vie normale ? Comment comprendre que les riches potentats Saoudiens et des Emirats, et quelques autres, construisent des palais ? Beyrouth ? quelques kilom?tres des camps de Sabra et Chatilla ? Ce ne sont pas ceux-l? qui seront des interlocuteurs pour la paix ! Aucune compassion pour leur propre peuple ; ce sont des leaders d?chus.

Et comment comprendre l’implantation de nouvelles colonies isra?liennes – avec la suite de vexations et d’in?vitables conflits locaux qui les accompagnent et accroissent les tensions -, dans des territoires dont l’?vacuation est l’une des conditions de paix ?

La n?gociation est face ? un mur infranchissable. Prolonger des discussions qui n’aboutissent ? rien, n’est-ce pas l? l’objectif de certains ? D’o? peut venir la paix ? Le statut quo, c’est la guerre pour demain dans toute la r?gion. Les deux r?gimes politiques, Isra?lien et Palestinien, sont en situation de danger, et devant leur incapacit? ? trouver eux-m?mes les moyens d’en sortir, la Communaut? Internationale (qui a su se mobiliser en ex-Yougoslavie et en Afghanistan notamment) a un devoir d’ing?rence pour r?pondre aux trois probl?mes que le processus d’Oslo a malheureusement occult?s, et pour imposer ses solutions. Il est ?vident que ni les Isra?liens ni les Palestiniens n’en tireront tous les avantages que les discours utopiques des uns et des autres leur ont malheureusement laiss? entrevoir. Mais y a-t-il d’autres voies pour Isra?l et le futur Etat palestinien ?

Repla?ons-nous avant la guerre de juin 67, du temps o? les camps de r?fugi?s ?taient encore en toile car le retour ?tait proche comme le disait Choukhi?ri, le tumultueux leader palestinien qui d?clarait que les Arabes allaient jeter tous les Juifs ? la mer ; c’?tait avant que Hussein ne chasse les Palestiniens de Jordanie, du temps de Nasser, du panarabisme et des grands projets financ?s par l’URSS ; c’?tait avant que de Gaule ne r?oriente sa politique en faveur des Pays arabes. J?rusalem ?tait une ville jordanienne et du sommet de ses remparts on dominait Isra?l, l’ennemi d?clar? de tous les Arabes ; la Cisjordanie portait bien son nom, et Gaza – qui n’?tait pas encore la « Bande de Gaza » -, somnolait sous l’administration Egyptienne ; le Liban ?tait toujours le doux pays du c?dre, et ? Beyrouth, place des Canons, on trouvait toutes les monnaies du monde et le souk quasi mill?naire semblait le centre mondial du n?goce ; la fronti?re syrienne passait sur le Golan ; Akaba avait les charmes d’un petit port et Amman ceux d’une capitale de province ; J?richo ne recevait pas de touristes et la Mer Morte n’?tait pas pollu?e par les cr?mes solaires… C’?tait dans les ann?es 1960… Il n’y a pas si longtemps !… Et l’on attendait que tout rentre dans l’ordre, que les fronti?res soient reconnues, que les r?fugi?s des camps – qui recevaient sous leurs tentes provisoires une assistance de l’UNWRA (organisme onusien) -, soient relog?s avec l’aide des Am?ricains et des pays Arabes, comme si cela allait de soi !
En 2002, 40 ans plus tard, ? la question : « et demain, de quoi sera-t-il fait ? », il n’y a pas de r?ponse. Le pr?sent est effrayant par sa brutalit?, par les actes de guerre et le terrorisme aveugle, par les discours d?sesp?r?s, par la haine qui submerge tout et rend d?risoire toutes les tentatives de dialogues : qui peut parler avec qui ? et de quoi ? Les r?fugi?s sont une pi?ce du jeu, mais on ne peut plus les manipuler car ils sont aussi une force qui peut se retourner contre ceux-l? m?me qui en ont besoin dans des n?gociations de plus en plus complexes et sans but r?aliste… et sans fin ; qu’ils se multiplient donc, cela fera toujours une force d’appoint ! Les colonies sont ?galement une pi?ce importante du jeu ; elles aussi sont devenues une force qu’on ne peut plus manipuler, et il est bien d’en construire de nouvelles pour avoir, le jour venu, des cartes ma?tresses en main ; que les colons prennent donc leur mal en patience, en se multipliant pour faire ?chec aux palestiniens des camps ! Et les deux parties prennent gardent de ne pas les d?sesp?rer…
L’ONU, l’Europe, les USA et tous les pays Arabes de la r?gion doivent maintenant – parce qu’il n’y a pas d’autre issue interne -, avec Isra?l et l’Etat Palestinien (auquel il faut donner sans plus attendre une r?alit? juridique) agir de fa?on pragmatique, – malgr? les protestations de ceux qui croient que les choses doivent rester en l’?tat et qui acceptent cette situation d’apartheid et de ghetto. On peut r?ver ? une action qui permettrait par exemple :

- de d?finir une zone g?ographique qui constituerait une entit? continue entre la Cisjordanie et Gaza : l’Etat Palestinien qu’Isra?l reconna?trait y serait chez lui. Cette partition ne r?pondrait pas ? l’attente de tous les Arabes et Musulmans du monde, bien ?videmment, mais ce serait un pas important dans la mesure o? un point politique de non-retour serait atteint… Puisque les Palestiniens ne peuvent ni se dissoudre dans un Etat isra?lien, ni devenir avec une partie de la Cisjordanie des Jordaniens, ou avec Gaza des Egyptiens, il faut donc leur donner un territoire. Isra?l n’?chappera pas ? cette obligation.

- d’assurer, simultan?ment ? ce transfert de souverainet?, le repli des colons Juifs dans des r?gions restant sous contr?le isra?lien, et de cr?er avec l’aide internationale et les riches pays p?troliers du Golfe un fonds mon?taire pour permettre l’installation des r?fugi?s dans des « Villes Nouvelles ». (Ils sont 4 millions) ; il s’agirait d’un « Plan Marshall » pour la Palestine, dot? de plusieurs centaines de milliards de dollars, qui pourraitt ?tre cog?r? par les gouvernements r?gionaux sous le contr?le de l’ONU.

- de constituer une Entit? Administrative de la vieille ville historique de J?rusalem pour la placer sous l’autorit? conjointe des deux Etats, Isra?lien et Palestinien, – l’ONU apportant la caution internationale. Ils en assureraient l’administration, (conjointement avec l’ONU pendant une premi?re p?riode) ; chaque Etat aurait une souverainet? pleine et enti?re sur ce « territoire religieux exceptionnel », sans pouvoir y fixer sa capitale…

Cette d?marche permettrait de « faire la part du feu », en demandant aux Isra?liens et aux Palestiniens d’abandonner ce qu’ils ne peuvent en toute hypoth?se esp?rer durablement conserver, pour ?tre ? m?me de mieux d?fendre ensuite leurs positions territoriales face aux menaces et agressions r?siduelles. Il en r?sultera une diminution des tensions r?gionales. Cette in?vitable fronti?re pourra ?tre d?fendue par Isra?l si elle s’inscrit dans un cadre juridique accept? par la communaut? internationale.

La reprise de la m?thode Kissinger sera alors possible pour normaliser des relations entre les Etats de la R?gion, et d?velopper un « Plan Marshall » indispensable pour que le d?collage ?conomique puisse se faire, ?l?ment essentiel de ce cercle vertueux qui seul peut conduire ? cette paix r?elle et durable, ? cette int?gration ?conomique des peuples et ? l’ouverture d’un espace culturellement fort qui sera alors un ?l?ment stabilisateur pour cette R?gion. Les probl?mes restant en suspends – le trac? d?finitif de la fronti?re, le statut de J?rusalem, le d?veloppement ?conomique – pourront alors avoir des solutions, le temps devenant un facteur favorable ? l’?laboration de compromis sans pr?alables impossibles ? satisfaire. Le principe de r?alit? aura enfin remplac? l’utopie.

D’autres bouleversements politiques dans ces riches monarchies, ?mirats et r?gimes militaires ou « ? parti unique » archa?ques, dont les p?trodollars devront bien ?tre recycl?s un jour ou l’autre autrement qu’aux tables de jeux des Casinos de Beyrouth ou de Monaco pour am?liorer enfin le niveau de vie de toute la population, verront le jour… et la nouvelle Palestine servira alors de mod?le pour reconstruire un Moyen-Orient moderne.

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    Gérald

    Exposé complet et d’une grande honnêteté. Ma profonde inquiétude va au peuple palestinien dont la guerre fratricide l’éloigne chaque jour de l’espoir d’une patrie. L’émissaire des Nations unies, Alvaro de Soto, rapportait dans son terrible constat, rendu public, la semaine dernière, la satisfaction d’un haut diplomate américain devant les affrontements fratricides. J’aime cette violence, se ravissait-il, convaincu d’y voir le début de la fin du Hamas. De Soto a le courage dans son rapport de critiquer les Palestiniens pour leur violence mais d’affirmer également que les politiques israéliens ont encouragé l’activisme du front opposé.

    Et ce qui a été le moins évoqué dans le rapport de l’émissaire des Nations-Unies est l’hypothèse qu’il soulève d’un État pour la Palestine et Israël : « Etant donné, d’une part, qu’un Etat palestinien nécessite à la fois un territoire et un gouvernement, et, d’autre part, que la base nécessaire à ces deux éléments est systématiquement détruite, un nombre croissant de Palestiniens, d’Arabes israéliens et même quelques Juifs israéliens, pensent qu’à long terme le seul chemin pour en finir avec le conflit est d’abandonner l’idée de diviser la terre et, au contraire, d’insister simplement sur le respect des droits civils, religieux, politiques et nationaux des deux peuples, Juifs et Arabes, qui habitent tous deux le pays, dans un seul Etat » …

    Tony Blair, à peine nommé à titre d’émissaire du Quartette, vient de montrer ses couleurs : « Il doit y avoir deux Etats – un Israël confiant dans sa sécurité et des palestiniens avec un Etat viable, pas seulement en termes de territoire, mais aussi d’institutions, de capacité -, sinon il n’y aura pas d’accord. C’est la réalité », a expliqué Tony Blair au Northern Echo.

    Toute la problématique est là. Oui à la reconnaissance d’Israël et à son droit absolu de vivre en paix. Non à l’extinction à petits feux d’un peuple qui a déjà son lot de souffrances. Les Palestiniens doivent avoir accès à un territoire qui deviendra leur patrie et sur lequel ils pourront vivre en paix. Pour cela, les Palestiniens devront d’abord faire la paix entre eux.

    Pierre R.

  2. avatar

    Merci de votre sympathique message.

    - Ujn seul pays ? oui, mais dans mille ans peut-être…

    - Demander que cessent les attentats ? les israéliens se cachent derrière cette demande – que l’Autorité palestinienne est incapable de satisfaire car elle n’a aucun pouvoir sur des groupes fanatiques et islamisés qui ne savent vivre que de la guerre -, pour maintenir un statu quo ; c’est leur principale faute stratégique.

    - Revenir à la situation d’avant la guerre de 67, en demandant à la Jordanie de revenir en Cisjordanie et à l’Egypte à Gaza ? impossible, car ces deux pays ne veulent pas de ces territoires à problème.
    So what ?

    - Seule solution (qui n’est pas celle de Tony Blair) : Déclarer qu’il y a un Etat palestinien sur un territoire dont les frontières sont provisoires, et donner les moyens (via l’ONU) à un gouvernement palestinien élu de gouverner, c’est, il me semble, la seule solution – rendue plus difficile à mettre en oeuvre après la victoire du Hamas à Gaza. Les deux autres dossiers (Jérusalem, et le retour des réfugiés) seront traités ultérieurement – en donant du temps au temps.
    En attendant on fait dans l’humanitaire… et avec Gaza on a maintenant du grain à moudre pour longtemps, car le Hamas va camper sur ses positions.
    Bien à vous

  3. avatar

    Si on a un minimum de conscience et de cœur, et qu’on est suffisamment informé de la réalité du drame palestinien et de ses origines sionistes, il faut se battre pour que disparaisse le plus vite possible, non violemment (quoiqu’avec les « colons » fanatiques …) l’anomalie étatique sioniste appelée Israël Au bénéfice légitime et juste, malgré tous les obstacles à surmonter, d’un état palestinien non confessionnel souverain et « démocratique » de la Méditerranée au Jourdain pour le moins, incluant « évidemment », entre autres, des ex-Israéliens non racistes de plus ou moins vieille et prouvée ascendance juive avec très exactement les mêmes droits que les Palestiniens d’ascendance arabe.

    Alors que, comme dit le Juif antisioniste Gilad Atzmon (24 novembre 2010) : « Ce sont les Palestiniens et eux seuls qui peuvent sauver les Israéliens d’eux-mêmes et de leur brutalité. Seuls les Palestiniens ont quelque titre à pardonner aux criminels israéliens. Plus Israël commet aujourd’hui de crimes, plus y aura d’Israéliens qui dépendront de la gentillesse future des Palestiniens. Une fois que la Commission Vérité et Réconciliation pour les crimes de guerre israéliens aura été fondée en Palestine, ce sera le peuple palestinien qui décidera à qui pardonner ou non ».