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http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
11 avril 2009 |
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Photo : Flickr Daniel Zanini H.
Les peuples du monde musulman, et plus particulièrement ses intellectuels et sa jeunesse,sont préoccupés aujourd’hui par la situation déplorable dans laquelle ils vivent et l’état de sous-développement dont ils n’arrivent pas à s’en sortir. Mécontents, ils le sont également de la mauvaise gestion des affaires de leurs pays, et surtout de leurs dirigeants dont la plupart sont arrivés et demeurent éternellement au pouvoir, par la force ou par hérédité. Durant les longues années de la lutte pour l’indépendance, ces peuples arabes et africains nourrissaient l’espoir de connaître, une fois libres, la démocratie, la prospérité et le bonheur. Mais jusqu’à ce jour, ils n’ont connu que déception après déception.
La période coloniale
Durant les XVIIe et XVIIIe siècles, les pays du monde musulman au Moyen-Orient et en Afrique ont vécu leur plus grave déclin et pris beaucoup de retard sur les pays développés, ce qui a permis à certains États européens de les coloniser ou de les administrer sous la forme d’un protectorat. Les pays musulmans ont gardé de très mauvais souvenirs de cette période coloniale. Pendant «les guerres de pacification», des milliers de personnes avaient été tuées à coup de canon et de mitraillâtes, et des chefs de tribus enlevés et emprisonnés. Il a fallu plusieurs années et d’énormes sacrifices pour que ces pays recouvrent leur indépendance.
Personne ne peut nier aujourd’hui, que la plupart des grandes puissances européennes ont acquis une grande part de leurs richesses et édifié leurs économies, à partir de leurs empires coloniaux. Si des expéditions, dans les régions du monde les plus éloignées, avaient été entreprises dans les siècles passés, ce n’était pas du tout, pour le plaisir ou pour le bien-être des indigènes, mais plutôt pour l’acquisition de nouveaux territoires et la recherche de richesses. Les colons européens s’étaient approprié les meilleures terres agricoles, appartenant aux paysans locaux. Entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, l’empire de Sa Majesté britannique, comptait le quart de la population mondiale et s’étendait sur le quart des terres émergées à travers les cinq continents. Les nationalistes et combattants pour la liberté de leurs pays, étaient considérés à l’époque, par les occupants, comme des terroristes, étaient poursuivis devant les tribunaux et condamnés à la prison. Plusieurs personnes enlevées avaient disparu pour toujours.
Après l’indépendance, de nombreux hommes politiques des anciennes colonies et parmi les anciens détenus, sont devenus de grands dirigeants, investis de hautes responsabilités dans leurs pays. Citons à titre d’exemple Nehru, Ho Chi Minh, Nelson Mandela, Bourguiba, Bouteflika et ses amis du FLN, pour ne citer que ceux-là, sans parler du roi Mohammed V du Maroc, éloigné de son trône et déporté à Madagascar, pour avoir refusé de céder aux exigences des autorités du Protectorat. Pour les gouvernements français et britannique de l’époque, tous ces gens étaient des fauteurs de trouble, alors que leur seul crime était d’avoir demandé la fin de la colonisation et l’indépendance de leurs pays.
Un colonialisme d’un nouveau genre
Les gouvernements « nationalistes » qui ont succédé à l’administration coloniale ou pris le pouvoir à la suite d’un coup d’État, allaient éprouver toutes les difficultés du monde à résoudre les nombreux et difficiles problèmes politiques, économiques et sociaux, posés par la gestion des nouveaux États indépendants, d’où le recours à l’aide et à l’assistance des anciens pays colonisateurs et par conséquent, à l’ingérence de ces derniers dans leurs affaires.
L’existence à l’époque des deux clans opposés, l’est et l’ouest, qui se disputaient leur influence sur les nouveaux États, allait augmenter les enchères et rendre la rivalité plus intense encore, chacun des deux blocs cherchant à voir, à la tête des nouveaux États, des dirigeants alliés, acquis à leur cause. L’équilibre du monde et la paix allaient reposer désormais sur un partage approprié des intérêts économiques et stratégiques entre les grandes puissances qui avaient, chacune, ses satellites à travers le monde, des pays alliés ou plutôt «dépendants» sur le plan économique, idéologique et stratégique (présence étrangère et bases militaires). Et c’est le Néo-colonialisme.
Après la désagrégation du géant soviétique, plusieurs de ses anciens alliés, arabes notamment, sont restés dans le collimateur de l’Occident et plus particulièrement des États-unis.
Les islamistes succèdent aux nationalistes
La plupart des régimes nationalistes qui ont pris la relève dans les anciennes colonies et protectorats européens se sont avérés, en fin de compte, incapables de gouverner valablement leurs pays, comme ils n’ont tenu aucune des promesses faites à leurs peuples, à savoir la prospérité et la démocratie. Même les gouvernants, parvenus au pouvoir avec une coloration et des projets socialistes, ne sont pas arrivés à faire décoller les économies de leurs pays ni à instaurer un régime démocratique.
Peu à peu, on a vu naître dans tout le monde arabe, un certain nombre d’associations religieuses dont l’influence et l’intérêt au sein des masses populaires, n’ont pas cessé de prendre de l’importance.
Ces islamistes qui refusent de se positionner à droite ou à gauche, déclarent tirer leur doctrine et leurs orientations, du Coran, le livre saint des musulmans. Ils enseignent à tous leurs fidèles et adeptes que si l’Oumma, la Communauté musulmane, a pris du retard, c’est parce que les croyants se sont éloignés des principes de la religion islamique et ont adopté des modes de vie, parfois même, prohibés en Islam.
Ces enseignements sont actuellement bien ancrés dans les esprits de la jeunesse islamique qui considère que les étrangers sont des vampires qui viennent sucer le sang des musulmans pour nourrir leurs peuples. Ces mêmes étrangers, dit-on, présentent les islamistes comme des barbares, des terroristes qui n’ont qu’un seul but, celui d’éliminer les adeptes de toutes les autres religions, ce qui, affirme-t-on, est loin de refléter la vérité. Dans leurs journaux comme dans leurs sites internet, la plupart des organisations islamiques estiment qu’ils ne cherchent qu’à échapper à l’influence des pays occidentaux et à mettre fin à l’exploitation de leurs richesses. S’agissant du terrorisme, ils soutiennent que les vrais terroristes sont ceux qui ont massacré des milliers d’êtres humains en Algérie, au Japon, au Vietnam, en Irak et aujourd’hui encore en Afghanistan, tout en précisant que les islamistes n’ont recours à des méthodes terroristes que pour se défendre contre des adversaires beaucoup plus puissants qu’eux, et pour exiger le départ des occupants. Les plus modérés des islamistes expliquent que leur but est de réaliser une Union des pays de la Ligue arabe, à l’instar des pays de l’Union européenne. Pour eux une communauté unique sous l’autorité d’un calife, comme le préconisent Oussama Ben Laden ou autres islamistes, est irréalisable de nos jours. D’autre part, ayant échoué avec les nationalistes comme avec les socialistes, cette Union ne peut se réaliser, dit-on, que sous la bannière de l’Islam et dans le cadre des directives et des principes édictés par le Coran.
Dans toues les réunions clandestines ou ouvertes, tenues par les groupes islamiques avec leurs adeptes, un seul et même thème revient presque toujours, à savoir l’exploitation des richesses du monde arabe par les puissances occidentales, avec la complicité de quelques dirigeants arabes et musulmans acquis à l’impérialisme, auquel ces derniers doivent leur existence et leur maintien au pouvoir.
Ces mêmes prêcheurs considèrent que l’invasion des forces occidentales en Irak et en Afghanistan n’est autre qu’une croisade des temps modernes. C’est pourquoi, soutiennent-ils, le Djihad, c’est-à-dire la guerre sainte s’impose comme un devoir sacré pour tout musulman.
Nombreuses sont les personnes, en Europe et ailleurs, qui estiment que ce ne sont là que des paroles de fanatiques, qualifiées de barbares par Nicolas Sarkozy et de lâches par G.W. Bush Mais ce sont des paroles qui ont, croyez-moi, tout leur impact sur une jeunesse musulmane marginalisée, dont un grand nombre, partent des pays du Maghreb et de l’Orient, voire même de l’Europe, pou répondre à l’appel de la Qaeda et rejoindre les rangs des Moudjahidines en Irak et en Afghanistan. Ceux qui ne font pas le déplacement, approuvent l’action, participent à la propagande anti-impérialiste et aux collectes d’argent au profit des «combattants».
Il s’agit donc là d’un problème très important qui demande de la réflexion et des solutions durables, pour un avenir meilleur, qui garantit les intérêts de tous et respecte les aspirations de tous. La force, à elle seule, n’a jamais suffi à régler les problèmes entre les peuples.
MOHAMED BOUHOUCH
Quand il y a corruption, il y a des corrupteurs mais aussi des corrompus nationaux.
Le contexte est relativement bien posé mais gomme un peu trop les différences et niveau de réussite entre ex-pays colonisés. C’est dommage bien que comprehensible pour un article si court. Certains pays s’en sortent mieux économiquement que d’autre mais il demeure au niveau démocratique de ce que j’en sais des lacunes +/- sérieuses.
C’est pas possible de ‘garantir les intérêts de tous et respecte les aspirations de tous’ si ces aspirations sont restrictives pour les droits des autres. Je pense au droit des femmes par ex.
Le colonialisme a apporté ses infrastructures. Le problème c’est qu’elles ne correspondent pas toujours au besoin local (pays musulman) comme une exploitation vignoble (vin). Quand on fait un bilan il faut regarder les deux aspects + et -.
L’islamisme apporte aussi une certaine ethique et morale mais dont les exces et abus (integrisme, radicaux) sont prejudiciable pour les musulmans (liberté individuelle) et les civils (11/9) ou militaires étrangers (irak, afganhistan…)
La démocratie a pris plusieurs siecle pour s’établir en Europe et le processus doit entrer davantage dans les mentalités en Afrique du nord et Moyen-Orient. Vu le laps de temps relativment court, je pense que le bilan n’est pas si mauvais que cela malgré la vague intégriste. Je vois les contingents d’ingénieurs algériens, marocains qui arrivent au Québec. Avec peu plus de liberté et d’opportunité d’emploi, ces ingénieurs resteraient ou retourneraient dans leur pays. Cette exode s’il est massif et continu devient une sorte de légère colonisation pacifique du pays destinataire et ressenti comme tel si le pays est situé dans des régions déjà à forte densité humaine comme l’Europe.
La Chine qui achete plus cher les ressources matérielles (minerai, essence…) sans se meler de politique est peut-être une opportunité économique et … politique. Reste que la liberté ne se donne pas mais se prend. Aux citoyens algériens, maroquains, tunisiens, .. de faire le ménage avec leurs dirigeants politiques corrompus ou incompétents.
A nous de le faire avec les notres. Je pense que les électeurs US ont déjà fait un geste avec leur choix démocratique, limité principalement à deux candidats.
08:36, le Dimanche 12 avril 2009Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
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