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16 mai 2008 |
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Alors qu’il se trouve en Afghanistan pour vendre son dernier missile à des militaires américains, l’industriel multimilliardaire Tony Stark est enlevé par un groupe de terroristes. Blessé dans l’attaque, il doit désormais porter un puissant aimant dans la poitrine qui empêche les shrapnels d’atteindre son coeur. Plutôt que d’assembler les armes que ses kidnappeurs exigent de lui, Stark se bricole une combinaison blindée et truffée de gadgets qui lui permettra de s’échapper. De retour chez lui, Stark contemple les conséquences de ses choix et décide de se construire une nouvelle armure pour lutter contre les criminels qu’il a lui-même armés.
Le genre du superhéros au cinéma a désormais, c’est indéniable avec Iron Man, atteint sa pleine maturité. Jon Favreau (Elf, Zathura) dirige ici un film extrêmement distrayant, rythmé, drôle et excitant. Il n’y a pratiquement rien à redire sur cette production, qui combine ce qu’Hollywood a de meilleur à nous offrir ; un scénario ficelé au quart de tour, des effets spéciaux hallucinants et une brochette d’acteurs haut de gamme.
L’adaptation respecte de façon assez impressionnante les origines du personnage en papier, tout en modernisant le contexte et le propos. Évidemment, la guerre au terrorisme qui fait rage et les scandales de multinationales qui profitent de la situation géopolitique instable pour rafler des millions en contrat, aident à plonger le récit dans une réalité presque trop vive. Le ton cabotin de l’ensemble et plusieurs gags extrêmement comiques désamorçent néanmoins la critique sociale lourde, qui manquerait de toute façon sa cible avec son public de jeunes fanboys en manque d’adrénaline.
Iron Man ne souffre pas trop du syndrome du « premier film », contrepoids rafraîchissant à ses congénères Spider-Man et X-Men qui, même si assez bien réussis dans l’ensemble, prenaient trop de temps à installer leurs univers. Mais l’univers militaro-industriel corrompu de Tony Stark, nous le connaissons déjà et il ne reste qu’à introduire de façon crédible le personnage lui-même et ses enjeux. Le tout s’orchestre avec doigté et rythme, ce qui est d’autant plus étonnant, que le scénario a été bidouillé par une pléiade de scénaristes inconnus (ce qui n’augure jamais rien de bon normalement). Les échanges entre les personnages, souvent tordants, semblent être improvisés sur le moment tellement ils coulent de source.
Robert Downey Jr. (Zodiac) est tout simplement parfait dans le rôle de Tony Stark. Arrogant, désinvolte, incisif et à la limite blasé, il incarne exactement ce qu’on attend d’une version en trois dimensions d’un héros de bande dessinée. Certains fans invétérés regretteront peut-être un adoucissement de son caractère, mais il faut comprendre et accepter les prérogatives d’une production de 150 millions, qui ne peut mettre en scène pendant 2 heures de temps un personnage désagréable et antipathique. Downey Jr. se voit épaulé par un trio d’acteurs solides, nommément Jeff Bridges (The Big Lebowski) en entrepreneur véreux et xénophobe, Gwyneth Paltrow (Shakespeare in Love) en assistante espiègle et Terrence Howard (Crash) en ami fidèle mais exaspéré. Tous trois tirent avec mention leur épingle du jeu, mais l’attention est irrémédiablement captée par l’interprête principal, qui n’a jamais autant dégagé d’assurance et d’attitude.
Avec ses répliques cinglantes qui fusent de tous les côtés, ses scènes d’action hautes en couleur et sa cadence qui ne lâche pas une seconde, Iron Man a de quoi tenir en haleine. La barre est désormais placée à bonne hauteur pour l’inévitable suite qui devrait prendre l’affiche dès 2010 et qu’on attend déjà avec impatience (mais de pied ferme).
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