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Invasion am?ricaine de 1775!!!


(Tr?s personnel?: Une vraie face ? claque!)

? prendre en consid?ration?: Guy Carleton est plus ou moins gouverneur g?n?ral de 1768 ? 1796. Il succ?de ? James Murray.

L?invasion am?ricaine de 1775 fut significative seulement parce que les Canayens ?taient plut?t ???tourdis?? par les informations venant des ??rebelles?? am?ricains. Plusieurs Canayens penchaient vers la ??libert? et l?ind?pendance?? mais la majorit? ne savait pas trop quelle d?cision prendre. C?est pourquoi, ils se content?rent d?une certaine ??neutralit? dans cette guerre qu?ils consid?raient comme ?tant une ??guerre entre ?Anglais??.

D?ailleurs, les Am?ricains ne se seraient jamais pr?sent?s ? nos fronti?res s?ils n?avaient pas ?t? convaincus faussement qu?une tr?s grande partie de la population canayenne leur ?tait favorable. Ils se rappelaient tr?s bien les affrontements avec les milices canayennes de quelques ann?es auparavant et n??taient pas du tout int?ress?s ? s?y frotter encore une autre fois.

Cette ??neutralit? est d?ailleurs la seule raison qui permit ? l?Am?ricain Montgomery de parvenir ? se rendre jusqu?? Montr?al pour aller, finalement, mourir lors d?une attaque sur Qu?bec.

Par contre, ce n?est pas la seule raison que l?on d?couvre quand on lit m?ticuleusement les ?crits de l??poque. L?une des autres raisons est que Guy Carleton, gouverneur de la Province, ?value tr?s bien l?ind?cision des Canayens face ? cette guerre; et il h?site ?norm?ment ? leur donner assez de libert? d?action et de munitions pour combattre efficacement les Am?ricains. Il craint qu?en leur donnant suffisamment d?armes et en laissant les milices canayennes libres de combattre, celles-ci ne prennent finalement position contre l?Angleterre. Il connait, lui aussi, l?efficacit? des Canayens au combat, puisqu?il les a combattu avec Wolf, lors de la conqu?te; et il ne veut pas risquer de devoir les combattre encore, lui non plus; surtout qu?il ne dispose que d?environ 800 soldats anglais au Canada ? ce moment-l?.

Dans toute cette histoire de l?invasion am?ricaine de 1775, je n?ai trouv? qu?un seul nouveau h?ros valable qui eut quelques coud?es franches parce qu?il se battait seul avec ses am?rindiens.?C?est un d?nomm? Delorimier appel? le Chevalier Delorimier amis des ??sauvages??. Il ?tait interpr?te. Il combattit de 1775 @ 1780. Il ?tait un grand-oncle du chevalier Delorimier pendu lors de la r?bellion 37/38.

http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=2974

Lorsqu?on scrute l?histoire de cette invasion am?ricaine, le gouverneur Guy Carleton se comporte comme s?il est ? la solde des r?volutionnaires am?ricains. Ses d?cisions sont tr?s difficilement explicables. Il deviendra le Baron Dorchester et on d?couvrira alors qu?il a de nombreux contacts avec la Franc-ma?onnerie. C?est probablement l? o? se trouve la seule explication r?ellement valable. Lorsqu?on soup?onne le r?le de la Franc-ma?onnerie dans la conqu?te du Canada dont Carleton fut un acteur? et qu?on connait son importance dans la r?volution am?ricaine, on ne peut que faire le lien pour comprendre les d?cisions discutables de Carleton durant cette guerre. Il fera, d?ailleurs, d?truire tous ses papiers personnels apr?s sa mort. On n?a plus tellement ? se demander: pourquoi?

En 1775, les ??canayens?? affluent ? Montr?al pour aller combattre ? St-Jean et rependre le fort pour ensuite bouter les Bostonnais en dehors du pays; mais Carleton s?y refuse. Il permet au Canayens de s?approcher de l?ennemi pour tenter de les intimider, mais leur d?fend de tirer un seul coup de fusil. Ceux-ci se font canarder sans avoir le droit de riposter. Carleton prendra constamment des d?cisions qui permettent aux Am?ricains de ??sauver la mise??. Faisons un petit r?capitulatif?de cette guerre:

1775 1er mai?: L?Acte de Qu?bec entre en force. On accorde des avantages politiques et sociaux importants aux Canayens parce que la guerre r?volutionnaire am?ricaine est aux portes du Canada.

1775 milieu mai ? Trois-Rivi?res?: On y apprend que les forts Carillon et La Pointe sont tomb?s aux mains des Bostonnais. Ils avaient m?me fait prisonniers des soldats du Fort St-Jean captur?s hors les murs.

1775 le 9 juin, Carleton proclame l??tablissement des milices; mais il les retient ? Montr?al et refuse de les laisser combattre.

Septembre; Carleton se rend compte qu?une majorit? des Canayens veulent rester neutres; sauf les paroisses de Chambly qui se joignent aux Bostonnais. Quant ? Trois-Rivi?res, les gens refusent de marcher. En r?alit?, les combattants Canayens sont tr?s r?ticents ? combattre sous les ordres de commandants anglais et m?me sous certains de l?ancienne noblesse fran?aise. Ils se rappellent le genre de traitement qu?ils ont v?cu sous cette ??arm?e fran?aise??. On ne peut donc plus nier le fait que les ?Canayens? se consid?raient comme une ?nation autonome? et non un r?sidu abandonn? ?des?Fran?ais. Par contre, on voit ?galement que ces ?Nationaux canayens? sont conscient que certains de la ?noblesse? et surtout du clerg?, se consid?rent toujours comme des ?enfants d?laiss?s de la France?; et ils refusent de se battre sous leurs ordres tout autant que sous celles des anglais.

Le 26 septembre des Bostonnais et des gens de Chambly s?attaquent ? Montr?al pour la piller. Ils sont repouss?s et eurent 30 prisonniers dont Ethan Allen et plus d?une vingtaine de Canayens de Chambly, avant que le reste se disperse dans les bois. Pour une fois, on laisse les Canayens faire une sortie et combattre. Plusieurs affirment alors que les Canayens ont ??sauver le pays?? de la main des Am?ricains. Apr?s cette victoire ?nationale? aux yeux des ?Canayens?, les habitants affluent ? Montr?al pour participer ? l?action; mais Carleton continue de les retenir du combat.

1775 le 8 octobre. Les habitants de Nicolet refusent de fournir 15 miliciens. Finalement, apr?s plusieurs pressions et discussions, 10 d?entre eux se d?cident ? venir ? Montr?al.? Au d?part en canot, les pleurs se font entendre par tous et la b?n?diction du cur? se fait dans la tristesse g?n?rale. Aussit?t hors de vue du village, les Canayens se mettent ? chanter et cette humeur dure jusqu?? Montr?al. C?est l? l?avantage du canot; car ??c?est l?aviron qui nous m?ne et qui nous m?ne?c?est l?aviron qui nous m?ne en haut!??

10 octobre, un d?tachement de 67 hommes de Trois-Rivi?res recrut?s par M. de Lanaudi?re fils et M. de Tonnancour se dirigent vers Montr?al. Les deux commandants sont arr?t?s et fait prisonniers ? la paroisse du Chicot par M. Merlet et sa troupe de la milice. Merlet croit que ces ?habitants? s??taient engag?s sous la pression des deux commandants. Il n?a pas tout ? fait tort; mais les choses se r?tablissent gr?ce ? l?intervention du cur? et ils parviennent ? Montr?al.

24 octobre, des gens de Chambly se rendent au camp du Col Maclean disant vouloir s?enr?ler. Aussit?t qu?on a fini de les armer, ils d?sertent pour rejoindre les Bostonnais. C??tait l? l?autre facette de la m?daille ?nationalit? canayenne?. Aucun des Canayens ne voulaient combattre sous les ordres de commandants anglais, mais une petite partie acceptaient de se joindre ? la r?bellion am?ricaine. La majorit?, cependant, se d?fiaient beaucoup plus ?de l?hypocrisie ?goiste des am?ricains que de l?autorit??anglaise?qui venait de leur donner plus de libert? en tant que ?peuple?. Les ?coureurs?de bois? qui formaient la majorit? des ?Canayens?, connaissaient depuis pr?s de deux cent ans, l?habitude des gens de Nouvelle Angleterre de d?poss?der les propri?taires des terres qu?ils parvenaient ? ?conqu?rir? ou plut?t ? ?voler? selon eux. ?Car dans leur esprit, leurs ?fr?res am?rindiens? s??taient fait voler leur territoire par les Bostonnais. ?De l?autre c?t?, ces m?mes ?coureurs de bois? s??taient vu faciliter et am?liorer leur commerce sous la huppe de l?Angleterre. Le choix du parti ? prendre leur ?tait assez facile ? faire.

2 novembre, les gens de Trois-Rivi?res, ayant pass? par Montr?al, arrivent ? Sorel.

6 novembre, reddition du Fort St-Jean aux Bostonnais. Les Canayens de Montr?al ne sont pas content du fait que Carleton leur refuse d?aller ??nettoyer?? les alentours du fort St-Jean depuis belle lurette. Les combattants canayens commencent ? se poser de s?rieuses questions au sujet du gouverneur Carleton.

12 novembre, Montr?al capitule ? Montgomery.

17 novembre Carleton, fuyant Montr?al, arrive ? Trois-Rivi?res avec le capitaine La tourtre (Jean-Baptiste Bouchette), le chevalier de Niverville et M. de Lanaudi?re fils. Il ?chappera aux Am?ricains ? Sorel gr?ce ? ??La Tourte?? qui l?am?nera ? Qu?bec sous un d?guisement.

19 novembre, le brigadier-g?n?ral anglais Richard Prescott se rend sans combattre, incluant sa flottille de 11 bateaux, au colonel am?ricain Easton. Tout cela, malgr? que sa flotte soit tr?s bien arm?e. 120 soldats anglais sont fait prisonniers. Montgomery se sert ensuite de cette flotte pour rejoindre l?autre g?n?ral am?ricain Benedict Arnold le 3 d?cembre ? Pointe-aux-Trembles. Les deux g?n?raux sont assez d??us du peu de Canayens qui les rejoignent. Pour la premi?re fois, ils se rendent compte de la ??neutralit? des Canayens en g?n?ral. Arnold deviendra, en 1780, le tra?tre le plus connu de l?histoire am?ricaine lorsqu?il voudra livrer West Point aux Anglais.

31 d?cembre 1775. Arnold et Montgomery attaque Qu?bec en pleine temp?te. Ils sont repouss?s et Montgomery est tu? par une d?charge de mitraille dans un passage ?troit de la rue Champlain. Les Canayens font 430 prisonniers et ne perdent que 2 hommes. Les miliciens canayens viennent de porter le premier coup. Arnold, dans la basse ville, est atteint d?une balle ? la jambe et s??croule dans la neige. Ses hommes continuent l?assaut et son attendus par les 200 miliciens de Charles Charland. Les troupes de Carleton arrivent sur leurs arri?res et apr?s quelque temps, 400 am?ricains sont fait prisonniers. Arnold, avec plusieurs combattants, parviennent ? s?enfuir sur la glace gel?e du fleuve. Les Canayens n?ont que 7 morts tandis que chez les Am?ricains une centaine g?t dans les rues de Qu?bec. Arnold continuera le si?ge de Qu?bec pendant quelques mois pour, finalement, parvenir ? se convaincre (ou plut?t se rendre compte) qu?il ne pourra jamais prendre la ville.

7 mars; les am?ricains de Montr?al refusent de marcher sur Qu?bec. Ils disent que quand on les a engag?, la ville de Qu?bec ?tait suppos?ment, d?j?, sous le contr?le des Am?ricains. Ils refusent d?avancer ? cause de cette fausse information?disent-ils. Peut-?tre que la renomm?e combattive des Canayens, ? la fin d?cembre, en est pour quelque chose ?galement?

15 mars. Les gens de Qu?bec installent, au haut des murs, un cheval de bois devant une botte de foin avec un ?criteau disant?: ??Quand ce cheval aura mang? cette botte de foin, nous nous rendrons!??

29 Avril 1776, Benjamin Franklin arrive ? Montr?al pour voir la situation. Il y restera jusqu?au 11 mai, jour o? arrive par bateau ? Qu?bec, un renfort de soldats anglais.

7 et 8 juin. Les Am?ricains tentent de piller Trois-Rivi?res en deuxi?me offensive avant de quitter le Canada. Deux Canayens les guident ? travers bois; mais comme ils ne connaissent pas vraiment le chemin, ils obligent un nomm? Antoine Gautier de Pte du Lac de les conduire. Celui-ci, pour gagner du temps, se perd plusieurs fois dans la for?t, donnant le temps aux gens de Trois-Rivi?res de pr?parer une embuscade. Les am?ricains sont mis en d?route.

Lorsque Carleton arrive le m?me soir, il demande ? Antoine Gautier de lui raconter comment il a fait pour retarder les Am?ricains. Sa seule remarque qui suivit le r?cit de Gautier fut que les am?ricains auraient eut le droit de le pendre pour ne pas avoir tenu ses engagements. Ce sont de dr?les de remerciements ? un Canayen, pour avoir risqu? sa vie. Les survivants am?ricains de cette embuscade profit?rent des mauvaises d?cisions successives de Carleton pour parvenir ? se r?fugier jusqu?? atteindre St-Jean.

1776 Septembre. 2000 canayens se pr?sentent comme volontaires pour combattre? les Bostonnais qui se replient jusqu?au lac Champlain. Carleton n?en accepte que la moiti?. Les navires am?ricains du lac Champlain sont quand m?me tous d?truits. Suite ? ce succ?s, Carleton refuse d?attaquer Carillon qui n??tait plus du tout en position de r?sister.

L?arm?e de Carleton revient ? Montr?al en octobre et les soldats anglais molestent plusieurs familles canayennes qui ne peuvent recevoir justice de la part du Gouverneur. Il devient ?vident de Carleton ne veut pas distinguer les Canayens qui sont pour les am?ricains de ceux qui sont contre. Et ce sont ces derniers qui en souffrent les cons?quences. Il faut ?galement remarquer que les pro-am?ricains se retrouvaient beaucoup parmi les marchands anglais de Montr?al; ce qui est assez peu mentionn? dans l?histoire officielle.

Lorsque le g?n?ral John Burgoyne prend le commandement de l?arm?e des mains de Carleton en 1777, la bonne entente entre les deux hommes n?est pas du tout pr?sente. Carleton prenant cette prise de commandement comme un affront personnel, d?missionne de son poste de Gouverneur. Il quittera lors de l?arriv?e de Haldimand en juin 1778. Il ne reviendra qu?en 1786 comme gouverneur en chef du Qu?bec, Nouveau Brunswik, Nouvelle ?cosse et Ile du Prince ?douard (?le st-Jean). Il repartira en 1796 pour l?Angleterre et ne reviendra jamais.

Une chose est certaine, officiellement on ne d?voile jamais que les ?Habitants? se disaient ??Canayens?? de nationalit?; mais tout officiellement, on sait qu?ils n?ont jamais accept? d??tre ?tats-Uniens.

Par contre, la question resurgit encore ici: Que sont-ils devenus ces fiers ?Canayens? ind?pendants de l?Am?rique du Nord et surtout de la ?Province of Qu?bec??

Source principale?:

http://archive.org/stream/cihm_06266#page/n7/mode/1up

Andr? Lefebvre

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