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Introspection et réflexion

 

Huis-clos (vidéo)

Le printemps comme un curieux pied de nez, se pare de ses plus beaux atours. Depuis quelques jours, les oiseaux retrouvent le droit à une parole tandis que la folie humaine leur avait depuis si longtemps cloué le bec. Le ciel redevient bleu, sans ces maudites traces blanches qui creusent le sillon mortel d’une frénésie absurde du mouvement longue distance.

Jusqu’alors, nous pouvions également observer que nos rivières se portaient mieux. Mais la loi navale précède sans doute sa grande-sœur beaucoup plus martiale, il est désormais interdit de constater que fleuves et océans retrouvent leur limpidité d’autrefois. Ce serait constat trop accablant pour cette société qui prétend aspirer à notre bonheur en faisant le malheur de tout ce qui nous entoure.

Fenêtres grandes ouvertes, jamais huis-clos n’avait si mal porté son nom. Il est vrai que bien rares sont les gens qui connaissent encore l’origine de ce mot, seule son expression perdure dans l’esprit des sportifs notamment. Les artisans qui fabriquent des huisseries doivent sans doute, pour mettre le nez à la fenêtre, prendre la porte de la langue locale pour décrire leur activité en anglais.

Il faut faire rentrer cet air frais que l’on peut aller respirer dehors. Le bras séculier veille, appliquant au pied de la lettre les injonctions d’un pouvoir qui pourtant jusque là avait joué petit bras sur la prise de conscience de la pandémie mondiale. Il fallait aller voter pour glisser dans l’urne bientôt funéraire, le petit blanc-seing accordé à ce Président si visionnaire.

Le soir-même, la donne avait changé, la déculottée manifeste, il fallait prendre enfin à bras le corps le problème sanitaire. Le confinement était décrété et c’est ainsi que le huis-clos individuel ou familial a permis à chacun de débuter une redoutable introspection. Elle n’en est qu’à ses prémices, il est à craindre une longue période de ronds dans le salon, de crises devant une télévision qui n’amuse plus personne, d’exaspération en écoutant une radio d’état qui ne cesse de vous remettre le nez dans la panade.

Des communiqués anxiogènes enfoncent le clou, à la fois pour fermer la porte de sortie mais nous crucifier dans une angoisse terrifiante. L’habillage musical du message est glaçant, les propos lénifiants tandis que leur répétition tourne à l’obsession. Qui donc peut penser que c’est en créant la panique que l’on administre sereinement une telle crise ? La police emboîte le pas de ses chefs pour renforcer l’idée de fin du monde.

Ce n’est d’ailleurs pas faux. C’est bien la fin d’un système qui se joue sous nos yeux rivés sur nos écrans. Dans notre huis-clos imposé, chacun peut constater à l’évidence, la faillite de ce système libéral qui a fait de la planète toute entière son terrain de jeu, d’exploitation des humains et de pillage des ressources. Mais point de repos pour les tenants de ce suicide absolu, les bourses restent ouvertes, le huis-clos n’est pas pour elles tandis qu’elles préparent soigneusement l’étape suivante, celle qui curieusement jettera une multitude à la rue.

C’est aussi l’occasion de penser à ce paradoxe. Ceux qui ont devancé notre sort promis, ceux qui déjà sont SDF puisque nous sommes incapables de les désigner d’un mot, le sigle donnant de la distance à notre infamie collective, ceux-là ne sont pas confinés et ont même le privilège de recevoir des amendes pour non respect des règles de confinement.

Nous marchons sur la tête tandis que nous découvrons dans le secret de ce tête à tête avec nous même, combien nous étions attachés à nos libertés, à nos fraternités aussi. Ne serait-ce pas l’occasion, à la fin de cette terrible crise et avant la prochaine, qui sera économiquement plus violente encore, de redonner corps à notre devise républicaine ?

Ce ne devrait pas être très compliqué. Pendant cet isolement contraint, pensez donc à tous ces prétendus responsables qui ne font jamais que le jeu des puissants, des grandes industries, des groupes financiers tentaculaires. Ces petits commis d’État qui vous ont vendu une Europe qui ferme ses frontières sans rien être en mesure de faire d’autre.

Ce huis-clos qui s’étire en langueur est l’occasion de préparer les consciences, non à subir le cataclysme économique qui devrait nous mettre à genoux, mais bien de penser autrement un monde plus juste, plus solidaire, plus respectueux de cette planète qui n’est pas destinée à subir notre pillage. Si nous pouvions nous y mettre tous, à l’exception nécessaire de tous les encartés, incapables de penser en dehors de la ligne d’un parti, il y aurait un grand bénéfice à cette crise qui sonne le glas de la société de la croissance.

Ouvertement vôtre (vidéo)

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C’est Nabum

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