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Intervention possible en Syrie – Un remake de l?Irak de Saddam?

Le r?gime Assad est-il stupide au point de se faire hara-kiri sur la sc?ne internationale?

 

Alain-Michel Ayache – Chercheur, Facult? de th?ologie et d??tudes religieuses (FaTER), Universit? de Sherbrooke

Vous rappelez-vous des ? armes de destructions massives ? de Saddam desquelles Washington avait peur et qui avaient men? le gouvernement Bush vers la guerre de 2003 ? Ces menaces irakiennes qui s?av?r?rent plus tard infond?es ? Nous voil? aujourd?hui devant une possibilit? de remake de cette affaire, mais cette fois-ci, il s?agit du parti fr?re – ou cousin – de l?Irak, le parti Baath syrien du pr?sident Bachar al-Assad.

 

Aujourd?hui, Bachar, fils de feu Hafez al-Assad, meilleur alli? arabe pour la stabilit? des fronts est et nord d?Isra?l, semble devenu une persona non grata qu?il faut ?liminer de la carte moyen-orientale. Toutefois, ce que les analystes du gouvernement actuel am?ricain ont omis dans leurs calculs r?side dans la r?action de ses proches collaborateurs, mais ?galement le manque de candidats capables de remplir le r?le de la solution de rechange, advenant la fin dudit r?gime.

 

Les mauvais calculs d?Obama

 

Ce que les analystes de la Maison-Blanche semblent ignorer, c?est qu?? la diff?rence des sunnites d?Irak, qui comptaient de nombreux aspirants g?n?raux pour remplacer Saddam, la communaut? alaouite ? laquelle le pr?sident Assad appartient est plus solidaire de son chef. Par ailleurs, les troupes d??lite syriennes sont principalement alaouites et sont ?quip?es des meilleurs armements russes existants.

 

D?un autre c?t?, ces m?mes analystes am?ricains tablaient sur l?union de l?opposition ? l??tranger. Un groupe capable de former un gouvernement en exil, lequel serait imm?diatement reconnu par les Occidentaux et, ? leur t?te, les ?tats-Unis. Or, cet espoir s?est rapidement bris? compte tenu du manque de coh?sion des candidats potentiels, incapables de se trouver un terrain d?entente.

 

? cela s?ajoute la variable sunnite, surtout dans l?arm?e syrienne sur laquelle ces analystes comptaient comme facteur de division. Or, bien que certains g?n?raux syriens sunnites aient quitt? les rangs de l?arm?e, voire pour certains avec armes, munitions et soldats sous leurs ordres, il n?en demeure pas moins que l?arm?e syrienne est encore compos?e aussi bien d?alaouites que de sunnites et pr?ne toujours un discours que ses chefs consid?rent ? national ?.

 

Il y a aussi l??valuation de la capacit? de combat des ? rebelles ?, qui disposent d?un armement de base. Or, sur ce point, les ?tats-Unis se heurtent ? un choix tr?s difficile et crucial. En effet, la mont?e de l?Islamisme salafiste pur et dur en Syrie ainsi que l?apport en armes, munitions, mais surtout en djihadistes des quatre coins du Moyen-Orient – de l?Afrique noire et de l?Asie musulmane – font en sorte que le th??tre des op?rations syriennes est devenu trop risqu? ; difficile d?y apporter une aide en armes sophistiqu?es, puisqu?elles pourraient tomber dans les mains des insurg?s. La d?cision de la France d?annuler la livraison de missiles sol-air est assez significative ? ce propos et d?montre le cafouillage occidental dans la fa?on de traiter la crise syrienne.

 

Dire certaines v?rit?s?

 

Le risque le plus grand ? Que les insurg?s finissent par ?tre enti?rement contr?l?s par les salafistes et les djihadistes avec l?appui des Fr?res musulmans syriens, mais ?galement des autres venus de Tunis, d??gypte avec l?argent aussi bien saoudien que qatari. Advenant un tel r?sultat, les minorit?s en Syrie, dont les alaouites, seraient ?gorg?es comme le sont actuellement les chr?tiens en Syrie ; ce dont on ne parle jamais dans nos m?dias. Il suffit d?aller naviguer sur la toile pour voir les images des horreurs, des terreurs et des atrocit?s perp?tr?es par les rebelles djihadistes et salafistes contre les chr?tiens de Syrie.

 

Or, Washington et l?ensemble de l?Occident se retrouvent sous le marteau de ces salafistes et djihadistes, ainsi que des Fr?res musulmans? mais au nom d?un slogan fait des principes de libert?, des droits de l?homme et de d?mocratie ; et ce, au moment o? les pays dits du ? printemps arabe ? prennent le chemin de retour ? l?obscurantisme m?di?val?

 

Armes chimiques : r?sonnons dans l?absurde!

 

Le dernier chapitre du drame syrien, marqu? par les armes chimiques, semble encore une fois d?montrer cet illogisme dans la gestion de la crise syrienne par les Am?ricains, d?autant plus que de nombreuses questions se posent sur la cr?dibilit? d?une telle manoeuvre. S?il est vrai que des armes chimiques ont ?t? utilis?es contre les civils syriens, et principalement des sunnites, la question qu?un chercheur-analyste devrait poser est : le r?gime est-il stupide au point de se faire hara-kiri sur la sc?ne internationale ? un moment o? il cherche activement ? reb?tir des ponts ? L?autre question l?gitime serait alors de savoir ? qui profite le crime.

 

L?, ce ne sont pas les acteurs r?gionaux qui manquent, en commen?ant par les Saoudiens qui ont ? leur t?te l??mir Bandar bin Sultan, jadis un point de contact important du royaume avec l?ensemble des services secrets du monde et actuellement avec Al-Qa?da? Il y a ?galement le Qatar, qui a tout int?r?t ? regagner sa place r?gionale, surtout qu?? la t?te de ce petit ?mirat, le fils vient de remplacer le p?re.

 

Les jours ? venir s?annoncent tr?s sombres en Syrie et la dislocation du Proche et Moyen-Orient est ? l?ordre du jour. La question ultime serait alors de conna?tre le r?le que les Occidentaux comptent r?server aux islamistes apr?s que les dictatures arabes aient ?chou? dans le d?veloppement de l?humain dans leur pays au profit de leurs poches d?abord et de leurs proches ensuite. La condamnation timide de la destitution de Morsi en ?gypte et la prise du contr?le de l??tat par l?arm?e, mais ?galement les r?voltes qui commencent ? sourdre un peu partout dans les pays du ? printemps arabe ? contre les islamistes au pouvoir sont-ils des indications de changement de cap dans la politique occidentale et, notamment, am?ricaine ? Si oui, pourquoi ? Regrettent-ils d?j? les dictatures alli?es de l??poque ?

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