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Internet: le changement de paradigme

Le plagiat est, dit-on, la maladie des temps modernes car la tentation du ??copier-coller?? est grande aupr?s des lyc?ens, ?tudiants?et pas que chez eux du reste??Nombreux sont ceux en effet qui d?plorent?le glissement des valeurs?induit par internet parmi toute une g?n?ration pour laquelle partage de musique, lien hypertexte ou r?f?rence ? Wikip?dia auraient boulvers? l?acception m?me du droit d?auteur. Toute une information?contenue dans le cyberespace serait ainsi ? disposition d?ind?licats totalement d?nu?s de sentiment de culpabilit? et dont le seul m?rite serait de cliquer sur une souris vorace?

Pourtant, outre que les statistiques qui ?tayent ces accusations font cruellement d?faut, force est d?admettre qu?internet permet pr?cis?ment une d?tection d?autant plus rapide et efficace du plagiat qu?une portion toujours plus importante du patrimoine litt?raire et scientifique de l?humanit? est progressivement appel?e ? ?tre num?ris?e. Au demeurant, ceux-l? m?me qui?sont accus?s de plagiat ont-ils vraiment attendu l?apparition du web pour s?y adonner alors que, de tous temps, des ?tudiants ont ?t? pris sur le fait de recopier des chapitres entiers d?ouvrages mis ? leur disposition par les biblioth?ques?

L?ordinateur et internet facilitent certes substantiellement la t?che des plagiaires mais les enseignants se sont adapt?s d?une part en utilisant des logiciels permettant de?confondre les malhonn?tes et d?autre part en exigeant de consulter les brouillons de leurs ?tudiants. D?s lors, l?image?de l??tudiant qui effectue ses recherches et qui se livre ? ses r?flexions?sagement assis dans la biblioth?que se doit d??tre d?poussi?r?e! Il est?donc imp?ratif de d?passer ce d?bat un peu st?rile?o? l?on se contente de?d?battre?des violations du droit des auteurs amplifi?es ou facilit?es par un usage massif ? internet.

Car?les retomb?es culturelles majeures d?internet?d?passent tr?s largement ce ph?nom?ne et devraient nous forcer ? nous interroger sur notre compr?hension de la notion m?me de ??cr?ativit? et sur la mani?re dont elle ?volue en ce d?but de troisi?me mill?naire. En effet, comme?- selon moi – la cr?ativit? ne provient ni n??mane du vide ou du n?ant, en vertu de quelle r?gle et de quels crit?res une compilation pr?sent?e sur You Tube qui superposerait sources et?donn?es diff?rentes aurait-elle moins de valeur qu?une oeuvre originale??Un patchwork qui ainsi s?inspirerait et reprendrait?d?autres travaux?pourrait-il pour autant ?tre tax? de moins intellectuel que ses sources? L??crivain Wilson Mizner ne faisait-il pas remarquer ? avec raison ? que quand ??copier une source est du plagiat, copier?deux sources devient de la recherche???

Autre d?fi lanc? par internet:?la facilit? d?concertante de trouver sur le web une multitude d?opinions et d?avis sur tous les sujets n?aurait-elle pas tendance ? anesth?sier l?esprit critique de celui qui en fait un usage immod?r??

D?passons donc ce cadre st?rile de la moralit? et de la biens?ance individuelles pour nous poser?les vraies questions?suscit?es par ce formidable outil qu?est le web.

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    L’internet est le royaume de l’éphémère : je suis entièrement d’accord avec vous sur la nécessité de prendre le temps de collecter et de glaner avant que certains sites disparaissent ou soient masqués par une nébuleuse de pseudo-spécialistes. La question est alors de trouver un hébergement durable.
    Quant aux forums, peu sont intéressants. Certains participants, totalisant des milliers de messages, brident les débats et imposent leurs points de vue. Sous couvert d’une liberté d’expression circulent des contre-vérités et des absurdités. C’est souvent le moyen de diffuser des messages commerciaux ou idéologiques. Ils ne sont qu’un ersatz de communication, à l’instar des « sondages ».
    Enfin, l’internet n’est souvent qu’un miroir déformant pour ceux qui se sentent investis du devoir de transmettre un galimatias de connaissances et ainsi prouver leur suprématie intellectuelle.
    Enfin, n’oublions pas que l’internet est inaccessible, pour des raisons financières, à ceux qui en ont le plus besoin, que c’est une entreprise commerciale qui ne tolère la philanthropie que parce qu’elle en attend des retombées économiques.