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Inondations dans l’Aude

Inondations dans l’Aude : les vrais responsables du drame…

 

Les fortes pluies qui se sont abattues dans le département de l’Aude dans la nuit du 14 au 15 octobre ont fait des dégâts énormes et de nombreuses victimes, notamment dans la ville de Trèbes. 

Les élus municipaux, départementaux, régionaux et les parlementaires en compagnie du 1er Ministre Edouard Philippe, se sont précipités sur  tous les micros tendus pour accuser le ciel de tous les maux. Mais si ce type d’épisode cévenol que l’on connaît depuis des siècles fait autant de ravages, c’est aussi parce que d’autres facteurs importants, passés sous silence, se conjuguent à une météo exécrable…

 

Routes coupées, voitures emportées par les flots, maisons dévastées, sous-sols inondés, circulation interrompue à la gare SNCF de Narbonne, tous les établissements scolaires du département fermés, etc., quatorze personnes sont mortes ou disparues après les fortes inondations qui ont touché le département de l’Aude, placé en vigilance rouge orages et inondations.

La situation actuelle, explique Météo-France, est notamment due à un vaste système de basses pressions qui autorise la remontée de l’air chaud chargé d’humidité en provenance de la Méditerranée dont la température de surface est à cette époque plus chaude que la moyenne.

Mais « aucune preuve solide ne vient actuellement étayer l’hypothèse du réchauffement climatique » dans les inondations qui ont frappé le département de l’Aude, estime plusieurs spécialistes du climat. D’ailleurs, le nombre de jours ayant connu de très fortes précipitations n’a pas subi d’évolution au cours du demi-siècle écoulé.

Aidés par les journalistes sur le terrain ne retenant que le sensationnel,  les chaînes de télévision reprennent en boucle les images du drame provoqué par la brusque montée des eaux. La parole est donnée aux habitants bouleversés qui ont du mal à exprimer leur émotion mais l’essentiel est passé sous silence.

La loi Defferre sur la décentralisation de 1982 et la politique urbanistique des élus locaux sont responsables de la répétition des drames

La loi sur la décentralisation, initiée par Gaston Defferre en 1982, a partagé le pouvoir entre l’État et les collectivités territoriales ou locales. Par ce processus, l’État a délégué un certain nombre de ses compétences aux collectivités, qui se sont dotées de leurs propres organes de décision et de ressources propres. Les collectivités territoriales ont acquis ainsi depuis cette époque davantage d’autonomie, notamment dans la délivrance des permis de construire, la délimitation des zones à urbaniser, le plan d’occupation des sols, etc.

La plupart des élus locaux ont alors mené des politiques foncières délirantes en faisant disparaître chaque année de nombreuses terres agricoles ou zones vertes. Entre 2006 et 2014, l’artificialisation des sols par le bétonnage ou le goudronnage a supprimé les 2/3 de terres vouées à l’agriculture, réduisant quasiment à néant leur capacité d’absorption des eaux de pluies.

Aujourd’hui, les élus du département de l’Aude ont donc d’écrasantes responsabilités dans une région en proie à la folie immobilière depuis longtemps et où la densité du nombre d’habitants au km² est souvent supérieure à la moyenne de la France métropolitaine.

Ces élus ont facilité l’artificialisation de territoires entiers au nom de leurs valeurs foncières et oublient aujourd’hui dans leurs commentaires éplorés aux médias, que le taux d’artificialisation des sols est nettement supérieur à celui dans le reste de la France. Toutes les statistiques du ministère de l’Ecologie et du ministère de l’Agriculture le confirment. Tracé de nouvelles routes, construction de parkings, dispersion des zones d’habitats, création de nombreux lotissements inondables, mise en place d’un urbanisme commercial ou canalisation excessive des petits fleuves côtiers ont ainsi décuplés la force destructrice des pluies violentes ou d’orages exceptionnels dans les Cévennes notamment.

Cela a renforcé les dégâts dans les zones les plus basses où aucun permis de construire n’aurait dû être accordé pour les habitations individuelles comme pour les implantations industrielles ou pour les grandes surfaces.

Pourtant, les drames passés ont été très nombreux :

  • En octobre 1988 à Nîmes, les inondations font 11 victimes,
  • En janvier-février 1990, 81 personnes sont tuées lors d’une série de tempêtes d’une rare violence et de pluies diluviennes dans le nord et l’ouest de la France,
  • En septembre 1992, 46 personnes sont emportées par le débordement de l’Ouvèze  dont 37 à Vaison-la-Romaine dans le département de Vaucluse,
  • En novembre 1999, on dénombre 34 morts et 1 disparu lors des crues les plus graves depuis le début du siècle dans les départements de l’Aude, du Tarn, des Pyrénées-Orientales et de l’Hérault,
  • En septembre 2000, 3 personnes décèdent à Marseille et 3 à Montpellier après de violents orages,
  • En septembre 2002, 24 personnes sont tuées dans le Sud-Est, notamment dans le département du Gard,
  • En décembre 2003, 7 personnes décèdent dans la région d’Arles, Marseille, Orange et Arlebosc en Ardèche,
  • En juin 2010, des pluies torrentielles font 23 morts et 2 disparus dans le Var et près d’un milliard d’euros de dégâts. Des villages entiers sont dévastés, la prison de Draguignan détruite, des zones industrielles, campings et récoltes anéantis. On recense 31 560 sinistrés dont 3 417 entreprises et 18 350 logements touchés,
  • En novembre 2014, plusieurs épisodes orageux ravagent une bande allant des Pyrénées orientales au Var et font 17 morts,
  • En octobre 2015, les fortes pluies dans le Sud-Est de la France ont fait des dégâts énormes, 18 morts et trois disparus.

La décentralisation et les pouvoirs absolus accordés aux maires ont ainsi permis de faire des choix urbanistiques contestables, trop souvent liés à la pression des milieux immobiliers qui règnent depuis des lustres sur la région Languedoc-Rousillon et Paca.

Les dérèglements climatiques que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ont annoncé depuis longtemps vont aggraver naturellement la situation. Mais sans être entendus par un personnel politique dont l’horizon se limite à leur prochaine élection, les populations vont encore être exposées à des inondations dramatiques avec leurs lots de dégâts et de victimes…

Albert Ricchi

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A propos de Albert Ricchi

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Journaliste citoyen, mon blog est consacré à la politique, la démocratie, l'économie, l'environnement ainsi qu'à plusieurs réformes essentielles à entreprendre aujourd'hui afin de réconcilier les citoyens avec la République et la justice sociale.

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