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Industrie du charbonnage et tempête sociale

INFOBREF N°387  avril 2015. Paris.

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L’industrie du charbonnage en Grande-Bretagne 

On parle beaucoup du remplacement de la force de travail par la machine, de la domination du travail mort sur le travail vivant, mais on oubli en général que l’énergie qui fait fonctionner les machines est toute aussi importante  et qu’à ce titre elle sera et est toujours source de pouvoir de guerres et révolutions.

En effet à l’origine de l’expansion du capitalisme, nous trouvons le charbon et le chemin de fer. La locomotive a vapeur, avait pour fonction initiale de transporter le charbon, c’est à dire d’acheminer cette énergie de la mine aux usines venant ainsi compenser l’acheminement par voie fluviale. Il était devenue possible grâce a l’exploitation de réserves souterraines de charbon d’obtenir une croissance accélérée, la quantité d’énergie produite en Grande Bretagne, fut équivalente à la production pétrolière cumulée de l’Arabie Saoudite (Carbon p. 24)

L’invention des machines serait restée au musée de l’histoire sans l’intervention des énergies capables de les mouvoir, et de se substituer à la force de travail humaine ou animale. Le charbon fut dans un premier temps le carburant indispensable à l’émergence de la société industrielle, il allait marcher de paire avec l’expansion des chemins de fer  contribuant ainsi à réduire l’espace/temps. A partir de ce moment qualifié « d’ère du charbon » le capitalisme naissant commença à s’affranchir de la force musculaire des animaux et de la vitesse de régénération des forêts, l’offre d’énergie allait croître non plus de manière linéaire, mais de manière exponentielle.

La puissance de blocage de l’économie par l’action des mineurs

De la fin du XIX e siècle au début du XXe siècle des vagues de grèves ont entravé l’exploitation minière et de facto touchaient toute l’économie, ce qui donnait aux mineurs une efficacité que les autres secteurs n’avaient pas chaque moyen de transport  dépendant de l’énergie à vapeur ou de l’électricité pouvait être paralysé. Plus l’exploitation de la houille se développait au travers du monde, et plus les grèves  se manifestaient. Des grèves à répétitions touchaient le bassin houiller de Zonguldak sur la côte turque de la mer noire En Avril 1882, le plus grand dépôt de charbon du monde situé à port Said en Égypte fut touché par un important mouvement de grève des porteurs.

La puissance des actions des mineurs allait être à l’ origine  d’une réforme du travail en Allemagne, cette dernière avait subit des vagues de grèves sans précèdent en 1889, En mars 1890, le Kaiser réunit une conférence internationale qui fixera des normes régissant le travail dans les mines de charbon ainsi que des restrictions sur l’exploitation des femmes et des enfants.

Le jour même de la conférence, les mineurs anglais et du pays de Galles lançaient « la grève la plus importante de l’histoire de la main d’œuvre syndiquée » selon le New York Times, le nombre de grévistes allait monté à 260 000 «Les possibilités d’un conflit du travail gigantesque et ruineux s’ouvraient devant nous» (New York Times du 16 mars 1890). En 1889, se sont les dockers de Glasgow, qui contraint de reprendre le travail du fait de l’embauche de briseurs de grève décidèrent de travailler aussi mal et lentement que ceux ayant pris leur place. Trois jours après ils obtenaient ils obtenaient les augmentations de salaire qu’ils exigeaient.

L’utilisation industrielle du pétrole et du gaz, va briser le rapport de force en faveur des mineurs en Grande Bretagne, comme actuellement la chute du prix du pétrole place les mineurs de Pologne et d’ ailleurs dans une situation concurrentielle défavorable.

L’exemple anglais : Capital national et capital international

« Il se passe pour le charbon ce qui se passe pour nombre d’autres industries. Ce n’est pas. comme le croyaient les travaillistes en l947, un simple problème d’efficacité dans un cadre national. Concurrence d’autres formes d’énergie, concurrence d’autres pays producteurs, crise économique. tout concourt à disloquer tous les plans à long terme d’autant plus que leur impact peut varier rapidement avec les variations des coûts internationaux du charbon et des autres sources d’énergies: les règles sauvages du capital que l’on cherchait à éliminer font constamment irruption sur la scène nationale.Du 4éme rang mondial en l970 pour la production charbonnière, le Royaume-Uni passe au 7éme rang en I982.Les victoires des mineurs de 1972 et 1974 ne faisaient pas reculer le déclin des mines et la soumission de leur exploitation aux impératifs du capital. Au contraire, la conquête d’augmentation de salaires importantes rendait plus urgente la restructuration : même si l’agent de cette accélération était la « revanche » que les conservateurs voulaient prendre sur les mineurs d’une défaite politique, le moteur en restait les impératifs du capital.

Le déclin de la force des: mines et des mineurs était particulièrement spectaculaire. En 1923, il y avait l.250.000 mineurs produisant 250 millions de tonnes de charbon : ils sont 711.000 (6,3% de la force de travail anglaise) pour en produire 200 millions en 1947; ils ne sont plus que 190.000 en 1983 (moins de 1% de  la force de travail) pour 105 millions de tonnes. Les projets du capital à ce moment : 100.000 mineurs pour 85 millions de tonnes par an. Des régions comme le Pays de Galles ont compté jusqu’à 200.000 mineurs et exportaient dans le monde entier: en 1983, ils sont 23.000 mineurs dans 28 puits qui n’approvisionnent guère que les aciéries locales et il est question de rayer pratiquement cette activité économique de la région. En 1946, l’Ecosse avait 195 puits, 83.000 mineurs pour produire 25 millions de tonnes de charbon: après la grève de 1984, il restera 9 puits et 4000 mineurs pour en produire 5 millions de tonnes. Mais la perte du pouvoir économique du charbon et du pouvoir des mineurs {celui qu’ils ont affirmé encore en 1972 et 1974)  est aussi ailleurs: en 1947. le charbon fournit encore 90%, de l’énergie consommée en Grande-Bretagne; en 1984, cette part n‘est plus que de, 35%. Cette mutation s’est produite essentiellement pendant les 10 dernières années.

Il ne manquera pas, au cours de la grève des mineurs- et ce sera l’argument central du NUM et de Scargill- des plans pour demander que le pouvoir fasse tout pour que le charbon retrouve la place qu’il a perdue ; de telles discussions procèdent de l’idée qu’il est possible de changer le cours du capital et de toutes les transformations causées par sa dynamique. Pourquoi ce qui n’a pu être fait depuis quarante années pourrait l’être maintenant. À un moment où la crise montre de façon encore plus évidente que la force du capital balaie toutes les tentatives d’endiguer son cours

Modernisation et restructuration

La modernisation et la rentabilisation signifient toujours une réforme profonde des conditions de travail. c’est-à-dire une transformation tout aussi profonde du rôle des syndicats. Malgré toutes les apparences, la grève de 1984-1985 va être à la fois causée par l’impact de ces perturbations et à son tour accélèrera les restructurations nécessaires pour une pleine efficacité du nouveau système.de production

En.1984, Lorsqu’éclate  la grève des mineurs, certains puits sont encore bien démodés ; les mineurs doivent accomplir à pied plus de 5 km pour arriver au front de travail et le charbon est encore évacué par des chevaux au fond de certaines mines (plus de 100 chevaux dans une mine du Pays de Galles). Mais d’autres mines comptent parmi les plus modernes du monde; 70 puits sur 170 sont équipés d’un nouveau système d’exploitation dit «monitoring» et les super puits  comme celui de Selby dans le Yorkshire commencent à entrer en production. Cette mutation technologique est possible parce que l’Angleterre dispose d’énormes réserves de charbon facilement  exploitables: de gros investissements peuvent y être engagés avec des perspectives de haute rentabilité: nulle surprise que les capitaux soient attirés alors qu’ils avaient lui la mine autrefois: comme dans d’autres secteurs abandonnés facilement par le capital, les possibilités offertes par les nouvelles techniques font espérer le retour à une profitabilité perdue. Le nouveau système baptisé MINOS, c‘est la micro révolution dans la mine. Il serait fastidieux d’énumérer ici les différentes facettes de ce système d’ordinateurs qui assurent une automatisation et un contrôle quasi-total depuis les machines d’abattage jusqu’au transport du charbon hors du puits. On peut suivre de la salle de contrôle en surface directement sur un écran comment se fait le travail, tous les incidents qui peuvent  survenir et être informé eu même temps sur leur cause. La relative indépendante de l’équipe au fond de sa galerie qui constituait un contrôle par les mineurs du rythme de leur travail et de ses conditions d’exécution, tout cela est un passé révolu.

On comprend que lors de la grève plusieurs de ces chambres de contrôle en surface aient fait l’objet de raids destructeurs. La nouvelle super mine de Selby comportera en 1987  4.000 mineurs ; elle produira par an 10 millions de tonnes de charbon à un coût élevé à un tiers de la moyenne anglaise. A ce même moment, il faudra 20.000 mineurs dans les autres puits pour assurer la même production. Si toutes les mines avaient ce niveau technique, il ne faudrait que 40.000 mineurs pour assurer la production annuelle actuelle de charbon. Les effets combinés de la modernisation et de la, crise devraient faire qu‘en mars l989, 79.000 mineurs travailleront dans 94 puits contre 180.000 dans 198 puits en mars 1984 pour assurer  une production équivalente. » (Grève des mineurs en Grande Bretagne mars 1984 mars 1985 de Henri Simon)

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La lente agonie du marché du charbon
par Antoine Larigaudrie
BFM Business – 02 avr 2015
http://bfmbusiness.bfmtv.com/bourse/la-lente-agonie-du-marche-du-charbon-873790.html
Des cours au plus bas historique, un déclin industriel massif, et désormais des risques financiers très élevés… le secteur du charbon connaît sans doute la phase la plus difficile de toute son histoire, après pourtant quelques années fastes où l’on avait cru à une renaissance.

56,45 $ la tonne. Nouveau plus bas historique signé ce matin pour le charbon de chauffage européen livrable l’année prochaine. Et ce n’est sans doute pas fini au vu d’indicateurs fortement baissiers au niveau mondial, pour l’ensemble du marché du charbon, et les industriels qui le produisent. Car ce record de faiblesse n’est que le point d’orgue d’un phénomène latent, qui dure depuis 5 ans. Un déclin ininterrompu. Le Dow Jones Total Coal, indice sectoriel qui mesure la capitalisation des grandes sociétés spécialisées dans l’extraction et le traitement, perd quasiment 80 % sur les 5 dernières années, précisément ce qu’a gagné dans le même temps le S&P500, l’indice large de la Bourse de New York.

Il y a 10 ans, face à la perspective d’une raréfaction des ressources pétrolières, et au très lent essor des énergies vertes, le charbon, ressource abondante et bon marché, avait connu une véritable renaissance.  Le charbon à coke est indispensable à la fabrication de l’acier, mais on avait à l’époque une forte hausse de la demande en charbon de chauffage. Jusqu’à représenter près de 30 % de la consommation énergétique mondiale en 2010 !

Mais depuis le charbon est sous le coup de 3 menaces écrasantes autant que structurelles. La première menace : Déjà les initiatives de lutte contre les gaz polluants au niveau mondial, dont la mise en place du Protocole de Kyoto en 2005 aura été le point de départ. Le charbon étant considéré comme une des sources d’énergie les plus polluantes au monde, (malgré la construction de centrales à charbon bien moins polluantes et beaucoup plus efficaces ces dernières années), la menace devenait existentielle pour le minerai.

La 2ème menace fut évidemment l’essor fulgurant des pétroles de roche américains. En seulement 2 ou 3 ans, ils ont changé radicalement le paysage énergétique mondial, provoquant une dégringolade sans précédent des cours sur l’année écoulée, et qui pourrait se poursuivre. Le charbon a perdu d’un coup son statut d’énergie abondante et bon marché. Une situation de déséquilibre qui provoque même ces derniers temps des situations aberrantes: l’Allemagne qui utilise encore un peu de charbon dans son mix énergétique (puisqu’elle n’utilise plus l’énergie nucléaire),préfère importer du charbon de chauffage américain, bien moins cher que celui produit par la Pologne, pourtant voisine !

Enfin la 3ème menace est l’essor, très progressif mais régulier, des énergies vertes. Leur part dans le mix énergétique mondial ne fait qu’augmenter (3 à 4%, 10 à 15% en Europe), et on pourrait aller bien au-delà, une fois que structurellement l’industrie des énergies vertes s’affranchira de la tutelle des politiques d’état. De quoi anéantir l’industrie charbonnière mondiale, hormis la production de coke liée à la sidérurgie. Le charbon de chauffage semble désormais être une énergie menacée d’extinction totale à terme.

Un cas de figure qui inquiète énormément d’intervenants financiers, obligés de sonner l’alerte. On a vu notamment depuis la fin de l’année dernière, qu’énormément des flux boursiers actuels étaient alimentés par des produits financiers type ETF  [Exchange Traded Fund – Fonds de placement en valeurs mobilières. NDC], jouant sur la tendance d’un indice, d’un marché, ou d’un secteur particulier, sans aucune distinction entre les différentes valeurs qui le composent. Et malheureusement, énormément de gros investisseurs jouent sur le secteur des matières premières énergétiques. La très forte baisse des prix du pétrole a beaucoup pesé sur l’ensemble des grandes entreprises de l’industrie et a provoqué une vague de prudence sur les secteurs, mais on ne s’en est pas détourné pour autant.

Appareil de production en pleine restructuration, perspectives de transformation et de rendement, le secteur pétrolier garde des atouts. Et même s’il représente une grande part des instruments financiers globaux qui jouent sur le secteur de l’énergie, tous les autres types de producteurs y sont représentés, dont beaucoup de charbonniers, notamment américains. Des sociétés qui, selon certaines ONG chargées d’avertir les acteurs du secteur financier et les investisseurs, sont de plus en plus menacées par d’énormes difficultés financières. L’agence britannique Carbon  Tracker rend des rapports réguliers toujours plus alarmants sur leur situation, et estime qu’elle pourraitreprésenter une menace pour les investisseurs, notamment pas mal de fonds de pensions du pays qui doivent verser des retraites.

De quoi faire de la mort lente du charbon thermique une possible source d’instabilité financière, dans  le sens où toute cette industrie est liée au reste du secteur énergétique par un certain nombre de conventions, et au secteur financier par de très importants encours de produits de dette.

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En Pologne, face aux mineurs, le gouvernement a dû remballer ses attaques

Sadek Basnacki

La Pologne, c’est le charbon. Quant à la bête noire des gouvernements en place depuis 25 ans maintenant, ce sont les mineurs. Trop payés, paraît-il, les mines n’étant pas assez rentables. L’une des entreprises qui exploite les puits de charbon est la Kompania  Weglowa (KW), compagnie publique, la plus grosse entreprise productrice de houille d’Europe pour un pays qui est le neuvième producteur au niveau mondial.

Selon les chiffres annoncés à la fin de l’année dernière par le gouvernement de droite ultra-libéral Platforma Obywatelska de l’actuel Président du Conseil européen Donald Tusk, KW aurait perdu 93 millions d’euros entre janvier et novembre 2014 et perdrait 15 euros par tonne extraite. La crise que connaît actuellement le secteur de l’exploitation du charbon en Pologne est, en réalité, notamment due à l’afflux du charbon américain. Mais pour Ewa Kopacz, l’actuelle Premier ministre, elle s’explique avant tout par les « privilèges exorbitants » des mineurs des houillères d’Etat et c’est ce qui a conduit le gouvernement à présenter un plan de restructuration en début d’année. Néanmoins, face à la combativité et à la détermination des mineurs, il a été contraint de manger son chapeau.

Selon le projet présenté par Kopacz, l’enjeu était de regrouper les grandes entreprises polonaises du secteur énergétique en deux monopoles compétitifs au niveau européen. Quatre mines étaient montrées du doigt, responsables à elles seules, selon le ministre de l’Energie, de 500 millions d’euros de pertes. Le plan prévoyait donc la fermeture de quatre puits, la vente d’une mine de KW à une autre entreprise et la création d’une nouvelle compagnie détenant les neuf mines restantes, censée fonctionner « selon les principes du marché ». L’enjeu, pour les autorités, était de supprimer la plupart des primes intégrées aux salaires des mineurs et d’instaurer la semaine de 6 jours. A la casse des droits des 49.000 gueules noires de KW devait s’ajouter le licenciement de 5.000 d’entre eux et le déplacement sur d’autres sites de 6.000 mineurs.

UNE RÉACTION QUI NE SE FAIT PAS ATTENDRE DANS LES HOUILLÈRES D’ÉTAT

Dès le 8 janvier, les mineurs de Silésie, la principale région productrice du pays, commencent à occuper leurs lieux de travail, entraînés par ceux de Brzeszcze, entrés en grève la veille. Dans la foulée, ils organisent des rassemblements et des blocages de routes dans les agglomérations à proximité des sites menacés. Ils sont rejoints et appuyés, dans leur mouvement, par la population, mais également par d’autres catégories de salariés. Parmi eux, les infirmières et les personnels de la Santé qui figurent parmi leurs principaux soutiens, comme à Bytom, où est organisée une manifestation de 10.000 personnes.

Le 16 janvier, droit dans ses bottes, le gouvernement fait passer au Sejm, le Parlement, le projet de loi prévoyant la liquidation des quatre mines, alors que le mouvement s’est également étendu aux mines de Jastrzebska Spolka Weglowa (JSW), l’autre conglomérat dont l’Etat possède 55% des parts. Face à la détermination des mineurs de KW qui ne faiblit pas, le gouvernement finit par retirer son projet de loi.

L’EXTENSION DU MOUVEMENT DE GRÈVE AUX MINES JSW

Mais, en réalité, le mouvement ne faisait que commencer. A JSW, le mouvement se transforme bientôt en une lutte contre le gel des salaires puis contre la répression. Le 28 janvier, en effet, JSW licencie neuf syndicalistes de la mine de Budryk, accusés d’avoir organisé un débrayage en soutien des mineurs de KW, et l’entreprise revient également sur des conventions collectives. Parmi les syndicalistes dans le viseur, Krzysztof Labadz, figure emblématique du syndicat Août 80 (Sierpien 80), l’un des principaux animateurs de la grève des mineurs de 2007-2008 qui a duré 46 jours.

Mais la campagne de répression qui a pour but de casser le mouvement a l’effet inverse et les liens de solidarité de travailleurs se renforcent. Bientôt, les mineurs de Budryk votent le prolongement de la grève à 98%.

Le 9 Février, lors d’une manifestation devant le siège de JSW, la police tire sur les manifestants avec des balles en caoutchouc et utilise les canons à eau. Les mineurs, qui bientôt comptent une vingtaine de blessés dans leurs rangs, interpellent les forces de répression en leur criant « Policiers ! Vous voulez refaire décembre 1981 ! », en référence au coup d’Etat de Jaruzelski. Ils réclament la démission de Jaroslaw Zagorowski, responsable selon eux de la rupture du dialogue entre la direction et les travailleurs. Ils demandent également l’annulation de la résiliation des trois conventions collectives et que les mêmes droits s’appliquent dans toutes les mines de JSW.

Le 12 Février, la justice déclare la grève illégale et menace les meneurs de payer les pertes de JSW. En réaction, ce sont les femmes et les enfants qui descendent dans la rue pour soutenir les grévistes. Le gouvernement lance une campagne médiatique contre les travailleurs de JSW mais c’est trop tard, car 68% des Polonais disent appuyer les mineurs, alors que le syndicat du chemin de fer et celui de l’énergie soutiennent officiellement la mobilisation, menaçant de la rejoindre. Devant une classe ouvrière soudée le gouvernement recule une nouvelle fois. Il n’y aura ni fermeture immédiate des 4 mines, ni licenciement des 5 000 employés et Zagorowski donne sa démission.

Ewa Kopacz avait pour ambition de devenir la « Margaret Thatcher polonaise », en référence à la Dame de fer et au conflit remporté par les conservateurs britanniques contre les mineurs en 1983-1984, lors de la grande grève . Peine perdue. Kopacz ne rime pas avec Thatcher.

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L’Europe aide la Roumanie à fermer ses mines de charbon

La Commission européenne a autorisé la Roumanie à octroyer à l’entreprise National Hard Coal Company JSC Petrosani (CNH SA) un financement public de 1169 millions de RON (soit 270 millions d’euros environ) pour la fermeture de 3 de ses mines de charbon non concurrentielles.

Elle estime en effet que la mesure est conforme aux règles de l’UE en matière d’aides d’État. D’une part, l’aide à la production diminuera au fil du temps et d’autre part la Roumanie s’est engagée à prendre des mesures d’accompagnement pour atténuer les effets sociaux et environnementaux des fermetures.

La décision du Conseil relative aux aides d’État destinées à faciliter la fermeture des mines de charbon qui ne sont pas compétitives autorise les pouvoirs publics à accorder, sous certaines conditions, une aide à l’industrie houillère en vue de faciliter, d’ici décembre 2018, la fermeture des mines de charbon non concurrentielles.

National Hard Coal Company JSC Petrosani, qui est une entreprise publique, est la seule entreprise à produire du charbon en Roumanie. Elle compte actuellement 7 unités de production de charbon. Les autorités roumaines ont décidé d’en fermer 3 d’entre elles, jugées non concurrentielles. La première (Petrila Colliery) fermerait fin 2015 et les deux autres (Uricani et Paroseni Collieries) fin 2017.
Le plan de fermeture communiqué par la Roumanie conduit à une réduction progressive du montant global de l’aide accordée pour couvrir les coûts de production, conformément à la décision du Conseil Européen. De plus, ce plan contient des mesures pour atténuer les effets sur l’environnement de la production de charbon. La Roumanie s’est aussi engagée à soutenir les mineurs qui devront être licenciés et à prévoir leur reconversion afin de les aider à trouver un nouvel emploi en dehors de l’industrie houillère.

 

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