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Centpapiers

  • Il faut hausser les impôts, pas les tarifs!

    12 octobre 2009 | 2 commentaire(s) | 206 views affichage(s)

    Une récente étude du Conference Board du Canada a démontré que le Canada se classait au 15e rang sur les 17 pays les plus industrialisés au niveau de la pauvreté des personnes en âge de travailler. Seuls le Japon et les États-Unis, véritables cancres, font pire. Quelle est la recette des quatorze autres pays? Une meilleure imposition des plus fortunés, entre autres, permettant une redistribution optimale de la richesse et une réduction des inégalités sociales.

    En effet, quand on y regarde de plus près, on peut dégager une constante des pays faisant mieux que le Canada: ils imposent plus lourdement ceux qui ont les moyens de contribuer davantage.

    Personne seule sans enfant à 167% du revenu moyen
    Impôt plus contribution de l’employé moins bénéfices en argent en fonction du revenu brut1
    PaysPourcentage d’imposition
    Danemark49.6
    Belgique49.3
    Allemagne45.6
    Pays-Bas41.1
    Autriche38.1
    Suède37.2
    Finlande37.2
    Italie36.0
    Norvège36.0
    France33.3
    États-Unis30.5
    Angleterre30.3
    Australie28.7
    Islande28.4
    Canada27.0
    Suisse26.5
    Japon24.3

    En fait, à l’exception de la Suisse, tous les pays industrialisés qui réussissent mieux que le Canada dans ce domaine demandent un plus grand effort à ceux des leurs qui sont plus fortunés. Le Danemark, dont le taux d’imposition pour ses mieux-nantis est le plus élevé des pays de l’OCDE, arrive premier non seulement en ce qui concerne la pauvreté de sa population en âge de travailler, mais également au niveau du coefficient de Gini, mesurant les inégalités sociales.

    Or, à une époque où on nous parle de hausser les tarifs pour financer le déficit, ne s’agit-il pas précisément d’aller à contre-courant de ce qui fonctionne ailleurs? En haussant les tarifs, on s’attaque aux plus défavorisés tout en épargnant ceux qui ont plus que profité des baisses d’impôts accordées aux mieux-nantis depuis une décennie. On contribue donc à augmenter la pauvreté de la population en âge de travailler, nous éloignant encore davantage du terrible mensonge de l’abolition de la pauvreté des enfants (si on veut éliminer la pauvreté des enfants, il faut éliminer la pauvreté des parents; cela semblait trop difficile à comprendre pour les parlementaires en 1989), faisant porter sur les épaules de la classe moyenne et des plus pauvres le fardeau d’un déficit qu’explique en grande partie les baisses d’impôts consenties aux plus riches.

    Bref, ce que démontrent ces statistiques, c’est qu’il faut agir autrement. Si on désire réduire la pauvreté tout en renflouant les coffres de l’État, il faut aller chercher l’argent là où elle se trouve, c’est-à-dire dans les poches des plus favorisés d’entre nous. Il s’agit non seulement d’une question de redistribution de la richesse, mais également une question de cohésion sociale et de développement harmonieux du pays.

    Il est plus que temps de se débarrasser du tabou des hausses d’impôts et d’en parler honnêtement, sans complexe. Il en va du mieux-être non seulement de la classe moyenne et des plus pauvres, mais également du pays dans son ensemble.

    Maintenant, quel gouvernement aura le courage de nous faire rattraper ce retard? Et quels médias traditionnels, dont la plupart sont propriétés de riches hommes d’affaires, relaieront le message de cette nécessité?

    1. Taxing Wages 2008 – OECD © 2009 – ISBN 9789264049338, Table II.3c. Evolution of the tax burden, 2000-2008Single persons without children at 167% of average earningsIncome tax plus employee contributions less cash benefits as a % of gross wage earnings

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    Il faut hausser les impôts, pas les tarifs!

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  • 2 commentaires

    • loup

    Les tarifs, les impôts, sont des taxes. Chaque fois que le gouvernement prélève, de quelque façon que ce soit, c’est une taxe. Toute taxe est toujours perçue sur un revenu.
    La vraie question est: d’où vient l’argent? À la source, l’argent vient des banques centrales et la majeure partie des banques centrales dans le monde sont contrôlées par des consortium privés. Les taxes servent essentiellement à payer les intérêts sur la dette. En fait, on peut très bien considérer tout paiement d’intérêt comme une taxe.
    Si les banques centrales étaient des banques d’état, il n’y aurait pratiquement pas de texes, ou très peu parce qu’il n’y aurait pas de paiements d’intérêts sur la dette à payer. Présentement, on s’illusionne en pensant que nos gouvernements existent et fonctionnent avec les taxes (celles des pauvres ou celles des riches). C’est en partie vrai, en parti faux. Le gouvernement est essentiellement un percepteur pour les grands prêteurs. Les grands prêteurs autorisent les gouvernements à garder une partie de ces taxes pour gérer ce qui doit l’être à leurs yeux – et ils empochent le reste. Il n’existent pas un cent noir en circulation qui n’appartienne pas aux grandes banques centrales, contrôlées par des consortiums privés. L’argent que nous « gagnons » ne nous appartient pas. Il appartient aux grands prêteurs. Dès qu’on l’a gagné il vaut virtuellement, puis pratiquement, moins. Par ce qu’il est taxé. Constamment. Nous sommes constamment taxés. Permis de conduire, taxe sur les revenus, tarifs de toutes sortes, taxe sur la gazoline, sur la tasse de café, tout, constamment. Les banques centrales nous ont réduit en escalvage, et de ça dont il faut prendre conscience. Les gouvernements sont simplement des percepteurs et des garde-chiourmes! Soljenitsine disait: « Ne les croyez jamais, n’en ayez jamais peur, ne leur demandez jamais rien. » Il faut comprendre toute cette histoire en profondeur. Très profondément. Avec mes meilleures pensées.

    Ceci dit, dans le contexte actuel de pillage de tout le monde par les banques centrales indépendantes et privées, vous avez largement raison :) Il faut en tirer le mieux. Si on peut.

    Je relève ceci:

    « En haussant les tarifs, on s’attaque aux plus défavorisés tout en épargnant ceux qui ont plus que profité des baisses d’impôts accordées aux mieux-nantis depuis une décennie. »

    Je crois qu’il existe un argument constitutionnel invocable contre les politiques abusivement défavorisantes que vous décrivez: c’est l’article 15 de l’amendement constitutionnel canadien de 1982, la partie de l’article, vers la fin de l’article, portant sur les « droits à l’égalité » (à ne pas confondre avec l’égalité de droits. L’article 15 garantit constitutionnellement les « droits à l’égalité » – c’est-à-dire des politiques (c’est explicite dans l’article) visant à aider des groupes défavorisés. Les politiques que vous décrivez dans le petit paragraphe de votre article et que je cite dans mon commentaire décriventt une violation de l’article 15 de la constitution canadienne de 1982. L’article 15 entre dans la catégorie des droits fondamentaux. Il ne peut être suspendu que par l’invocation de la clause dérogatoire (l’article 33). Le pouvoir dérogatoire est une crosse constitutionnelle, pas de doute, mais encore faut-il l’invoquer et la voter à la majorité en plein parlement. La clause dérogatoire n’a pas été invoquée dans les politiques « défavorisantes de groupes défavorisés » des gouvernements du Canada, et sous ce rapport, les gouvernements canadiens qui agissent de la sorte violent clairement (oui, « clairement ») la constitution du pays (l’article 15, entre autres). Lisez la constitution de 1982. Loup.

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