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Il est toujours trop t?t pour mourir!!!

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ANDR? LEFEBVRE

Antoine Lefebvre dit Du Sablon, dit Despins est le deuxi?me fils de Gabriel-Nicolas Lefebvre dit Lataille. Il acquiert, lui aussi, l?entra?nement ??sp?cialis? de Winnetou. Comme les autres gar?ons de la famille, il devient un ??coureur de bois?? tr?s t?t dans sa vie. On discernera ?galement, qu?il se conforme aux lois de sa famille et qu?il n?accepte pas, lui non plus, de c?der ses droits ? quiconque. Pour sa famille comme pour celle des autres « coureurs de bois » il n’est pas question de devenir riche; mais de simplement s’assurer d’une vie acceptable. On se rendra compte, ?galement, que Gabriel-Nicolas a ?duqu? ses fils pour qu?ils prot?gent leur autonomie individuelle tout en travaillant tous, en fonction des uns et des autres.

Antoine, suite ? l??preuve survenue ? son fr?re a?n? Jacques-Fran?ois, se charge de la g?rance des revenus familiaux bas?e sur la traite dans la r?gion du nord de Batiscan et de l?Outaouais. C?est pourquoi on ne lui trouve aucun contrat officiel de ??voyageur?? avant l??ge de 34 ans. Sa gestion, il la fait ??en douce??, suivant l?exemple de son p?re. Malgr? l?augmentation du territoire couvert par son commerce jusqu?au pays des Illinois, la famille ne laisse pas tomber le territoire r?gional, d?j? sous contr?le.

En l’an 1725, c?libataire ?g? de 28 ans, Antoine poss?de une terre voisine de son fr?re Joseph, au bord de la rivi?re Batiscan. Six ans plus tard, il ?pouse, le 16 f?vrier 1731 ? La P?rade, Marie-Anne Morand dit Grimard.

Quatre mois plus tard, de la m?me ann?e, La Verendrye parvient ? convaincre les autorit?s de financer son projet pour d?couvrir la ??Mer de l?Ouest??. La condition exig?e au financement de cette exp?dition est qu?il doit engager les 50 meilleurs ??coureurs de bois?? disponibles. Antoine Lefebvre est du nombre et il ?signe son contrat le 2 juin 1731.

Pour cette premi?re exp?dition,? La Verendrye s?associe ? Nicolas Sarazin, marchand de fourrure de Montr?al. Le p?re de celui-ci, chirurgien n? en 1655 en ?le de France tout comme Gabriel-Nicolas dit Lataille, est un ami de la famille.

-Salut le p?re Lataille. Comment vas-tu?

-Ti-gars Sarazin!!! Bin l?, ?a fait un ??boutte?? qu?on t?a pas vu ? Batiscan. Assis-to?. ?Mo?, ?a va bien; to??

-?a va pas trop pire. J?me suis associ? ? La Verendrye et j?me cherche des bons ??coureurs de bois??.

-?a, c?est bien de valeur, parce qu?? soixante-six ans, j?ne ??courre?? plus l?diable, et mes gar?ons ?sont pas mal tous occup?s. Fran?ois est encore au pays des Illinois, Joseph fait la navette entre lui et nous et Jean Baptiste est ? D?troit avec Pierre et Gabriel. Quant ? Alexis, y vient d’arriver de l’Ouest et j’ne pense pas qu’y veuille y retourner tout de suite. Y reste peut-?tre Antoine; mais y vient de s?marier et s?occupe entre ici et Montr?al. ?Tiens! Le v?l? justement qui arrive. T?as qu?? lui demander.

-Salut le p?re!… Sarazin? Qu?est-ce que tu fais par icitte?

-J?viens te chercher pour aller dans les pays d?en haut avec La V?rendrye. ?

-Pas question de partir pour trois ans; j?viens de prendre ?pouse et elle est enceinte. Tu n?vas pas me demander d’la laisser seule, essouffl?e comme elle est ? tous les soirs?

-La Verendrye ? besoin de 50 bons hommes pour avoir droit au financement du roi en plus de celui de plusieurs marchands pour son exp?dition. Tout ce que je te demande est de signer un contrat sans dur?e ni date de retour. Le d?part est pour la semaine prochaine et tu reviendras au mois de septembre. ?a va permettre ? ta femme enceinte de reprendre son souffle un p?tit brin.

-?a paye combien?

-150 livres.

-En bas de 200 livres, j?ne bouge pas.

-?a va pour 200 livres. J?ai d?j? le contrat. T?a qu?? signer et j?le rapporte au notaire Adh?mar.

-?a me prend une paire de mitasse et un brayet avant de partir.

– J?ai ?a avec moi. Je te les donne tout de suite.

-Pour une dur?e de trois mois, ?a marche; am?ne ta plume que j?marque le contrat.

Onze semaines plus tard, le 26 ao?t, l?exp?dition arrivent au Grand Portage du Lac Sup?rieur, ? 45 miles de Kamistiquia.

La V?rendrye nous informe, dans ses ??m?moires??, que le 27 aout, les hommes, ??terrifi?s?? par le portage de 9 miles, veulent abandonner et se rebellent. ??Je parvins ? d?cider quelques-uns ? se joindre ? mon neveu et mon fils pour qu?ils ?tablissent un poste de traite au lac ? la pluie??. Raconte-t-il. ??Ils form?rent 4 canots ?et je leur fourni un guide. Je fus oblig? d?hiverner ? Kamistiquia avec les autres que je d? payer et dont certains retourn?rent ? Montr?al??.

On vient de voir qu?il n?y a pas, du tout, eu de ??r?bellion?? puisque certains coureurs de bois, selon leur contrat, n?avaient jamais accept? d?hiverner dans les pays d?en haut. Quant aux?coureurs de bois ??terrifi?s?? par un portage de 9 miles de long, c?est ? pouffer de rire. Il est plus probable que c’est lui qui, pour avoir un camp de base avant ce long portage, d?cida de rester sur place. Cette version de La V?rendrye s?adressait aux ??financiers?? de l?exp?dition qui avaient exig? un minimum de 50 ??coureurs de bois?? aguerris. La preuve flagrante est que si les ??engag?s?? n?avaient pas rempli leur contrat, La V?rendrye ne les aurait certainement pas pay?.

Il est ?vident qu?Antoine Lefebvre est de ceux qui reviennent ? Montr?al, puisque le?? 30 octobre 1731, il assiste au bapt?me de sa fille Marie Anne. De plus, en f?vrier 1733 il assiste au bapt?me de son autre fille Marie-Louise. Ce qui signifie qu?il est suffisamment pr?s, pour ne pas dire plus, de son ?pouse en juillet 1732, sinon, ?a laisserait entendre que sa femme n?est pas tr?s…??farouche??.

Il signe un autre contrat de voyageur le 11 juillet 1736 avec Gatineau et Hamelin. Par contre il ?revient dans le lit conjugal avant d?cembre, puisque son ?pouse donne naissance ? un fils, Antoine, le 31 ao?t 1737. Il faut comprendre que Gatineau fait la traite sur la rivi?re Outaouais, tout pr?s de chez Antoine; enfin… ? plus ou moins, trois petites semaines de canot.

C?est la fr?quence des naissances de ses enfants qui nous d?montre qu?Antoine ne s??loigne jamais de sa r?gion pour de longues dur?es. (Mes recherches confirment qu?effectivement, Marie-Anne est plut?t farouche).

La date du d?c?s d’Antoine Lefebvre dit Despins est inconnue. Nous savons qu’il vit toujours ? 70 ans, parce qu’il est pr?sent, en 1767, au mariage de son fils Antoine. Suite ? tout ce que nous avons vu jusqu’ici, on peut affirmer que les Lefebvre ont la vie dure. Ils vivent tous jusqu’? un ?ge assez ?lev?; pour eux, il est toujours trop t?t pour mourir.

Le matin du 28 novembre 1735, on trouve Gabriel-Nicolas Lefebvre noy? dans le ruisseau derri?re l??glise de Batiscan. Il est??g? de 70 ans.?Il y ?tait tomb? le soir de la journ?e pr?c?dente. Que lui ?tait-il arriv? exactement? On ne le sait pas. Combien d?ann?es suppl?mentaires aurait-il v?cu sans cet ??accident??? On ne le saura jamais non plus. Une chose est certaine : son d?c?s n?est d?, ni ? la vieillesse, ni ? la maladie. Le soir de sa mort, son dernier fils est mari? depuis novembre 1734, et sont ?pouse,Marie-Louise Duclos, est d?c?d?e depuis? novembre 1733. Vit-il seul sur sa terre? Ce serait assez ?tonnant que l’un de ses fils, avec son ?pouse, ne vive pas avec lui. D?ailleurs Alexis, mari? l?ann?e pr?c?dente ? Montr?al, habitera sur cette terre. On peut se demander ce que Gabriel-Nicolas allait faire, un soir de novembre, derri?re l??glise de Batiscan, ? l??ge de 70 ans? La question ne semble pas s’?tre pos?e ? l??poque. On sait cependant que Fran?ois Debroyeux, enseigne de la milice et ami de la famille, est t?moins ? son enterrement. L?autre t?moin est Jacques Thifault, pionnier de cette famille au Canada. Cette mort accidentelle reste sans explication.

Les enfants d?Antoine Lefebvre sont baptis?s ? Batiscan?:

Marie-Josephe, le 8 aout 1734. Le parrain est Julien Lefebvre, la marraine, Madeleine Morand dit Grimard. Elle d?c?de lors d?une ?pid?mie de fi?vre, ?g?e de 15 ans, le 12 ?octobre 1749.

Marie-Charlotte, na?t le 24 f?vrier 1736. Son parrain est Joseph Lefebvre Dit Villemure et, sa marraine, Marie Anne Gaillou.

? noter qu’en 1736, appara?t, entre Qu?bec et Montr?al, la version du ??Pony Express?? canadien pour livrer la poste. Cette avancement social pr?c?de de 124 ans la version am?ricaine. Une lettre, partant de Montr?al, arrive quatre jours plus tard ? Qu?bec et vice-versa; tout comme… aujourd’hui.

Antoine junior, na?t le 31 ao?t 1737. Parrain: Joseph Duclos dit Carignan et marraine, Fran?oise Morand dit Grimard. Il ?pousera ?lisabeth Lafond dit Mongrain le 10 octobre ?1767.

Joseph voit le jour le 24 avril 1739. ?Son parrain est Ignace Moran et sa marraine, Jeanne Veillet.

Le fils suivant, Fran?ois-Regis, arrive le 23 janvier 1741. Le parrain choisi est Fran?ois Lefebvre et la marraine, Marguerite Moran. Il ?pousera Catherine Lafond dit Mongrain le 5 mars 1764.

Charles voit le Soleil le 26 d?cembre 1742. ?Son parrain est Charles Poqueleau (pr?tre), sa marraine, Marie Veillet. Il ??pousera Marguerite Bertrand Starno (St-Arnau) le 23 janvier 1766. ?Curieusement,?aucun des parents n?assiste au mariage. On se rend compte ici que la loi de l?ind?pendance de chacun est encore fonctionnelle dans la famille.

Genevi?ve na?t le 18 octobre 1744.? Parrain Joseph Gouin, marraine Josephe Lefebvre.

Marie-Anne,? le 23 septembre 1746. ?Le parrain est Joseph Lefebvre, la marraine Marie Anne Lefebvre. L’enfant d?c?de 17 mois plus tard. .

La naissance de Marie-Marguerite se produit le 26 mars 1748. Le parrain: Jean Lefebvre, la marraine Marie Ang?lique Hamel. La petite fille?d?c?de l’ann?e suivante, durant une ?pid?mie de fi?vre qui s?vit dans toute la colonie.

Antoine est peut-?tre engag? le 16 juin 1757 par Jean Aurilat comme hivernant; mais il serait alors ?g? de 60 ans; ce qui rend la chose un peu douteuse. C?est plut?t son fils Antoine (20 ans) qui est engag?.

En janvier 1770 Antoine et son ?pouse Marie-Anne Morant poursuivent en justice, un de leur fils pour n?gligence de remplir les conditions de la donation de la terre, sign?e six ans auparavant. Ils se plaignent de son ingratitude et de m?me se servir de violence ? leur ?gard. Ceci jette un nuage sur l’efficacit? de la b?n?diction paternelle annuelle, du moins pour ce fils dont je n’ai pas trouv? le nom. Il est, de toute ?vidence, celui qui a h?rit? de la terre de son p?re ? la condition de prendre soin de ses parents. On voit que certaines tensions sont in?vitables au sein d’une famille. J’aurais pr?f?r? ne pas trouver cette information. Mais on verra que ce n’est pas le seul « accroc » que nous d?couvrirons dans l’histoire de ma famille.

Marie-Anne Grimard d?c?de, veuve,? le 24 ao?t 1789 ? Batiscan.

Comme il est vivant lors de la poursuite en justice contre son fils, Antoine d?c?de donc, apr?s janvier 1770 o? il est ?g? de 73 ans, et avant 1789. On ne sait pas quand, ni comment, exactement.

Antoine Lefebvre dit Despins, dit Du Sablon n?a jamais oubli? QUI il ?tait, comme son p?re le lui avait intim? ? chacune des b?n?dictions paternelles. Il s??tait m?me donn? deux ??surnoms?? pour s?assurer qu?il ?tait parfaitement identifi?. Ce qui l?ve un doute sur sa compr?hension des paroles de la « b?n?diction paternelle ». Il a surtout ?uvr? dans la r?gion de Batiscan pour assurer la survie de toute la famille Lefebvre.

? suivre

Andr? Lefebvre

 

 

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