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Ibn Khald?n – Al-Muqaddima

Tout est ?crit depuis fort longtemps…
Ibn Khald?n (133281406) fait partie du petit cercle d’intellectuels qui ont soulev? les vrais probl?mes.
Professeur ? la prestigieuse universit? d’Al-Azhar, il est consid?r? aujourd’hui comme le pr?curseur de la sociologie.
Issu d’une famille noble et prestigieuse, Ibn Khald?n a ?t? tr?s t?t initi? ? l’alchimie au sein de sa tariqa (ordre mystique musulman).

Il a r?dig? en 1377 Al-Muqaddima (Les Prol?gom?nes) son ouvrage phare. Pour ce sage et pieux musulman, l’histoire est une branche de la philosophie :
« Regardons ensuite les caract?res int?rieurs de la science historique : ce sont l’examen et la v?rification des faits, l’investigation attentive des causes qui les ont produits, la connaissance profonde de la mani?re dont les ?v?nements se sont pass?s et dont ils ont pris naissance. L’histoire forme donc une branche importante de la philosophie et m?rite d’?tre compt?e au nombre des sciences. »

Il d?finit le r?le du sage, qu’il nomme le juge clairvoyant, dans un petit extrait dont la quintessence est alchimique :
« Si le gouvernement voulait agir avec franchise, ?viter la partialit?, renoncer ? la corruption et ? la fraude ; s’il marchait droit sans s’?carter du sentier de la rectitude, l’or pur et l’argent de bon aloi (en fait de science) auraient une valeur r?elle sur son march? ; mais s’il se laisse conduire par ses int?r?ts personnels et par ses pr?jug?s, s’il se remue au gr? d’intrigants qui se font les courtiers de l’injustice et de la d?loyaut?, alors les marchandises falsifi?es et la fausse monnaie (de l’?rudition) y auront seules du cours. Pour en appr?cier la valeur, le juge clairvoyant doit porter en lui-m?me la balance de l’examen, la mesure de l’investigation et de la recherche. »

Il pr?cise :
« Il faut donc que l’historien connaisse les principes fondamentaux de l’art du gouvernement, le vrai caract?re des ?v?nements, les diff?rences offertes par les nations, les pays et les temps en ce qui regarde les moeurs, les usages, la
conduite, les opinions, les sentiments religieux et toutes les circonstances qui influent sur la soci?t?. Il doit savoir ce qui, de tout cela, subsiste encore, afin de pouvoir comparer le pr?sent avec le pass?, distinguer les points dans lesquels ils s’accordent ou se contredisent, montrer les raisons de ces analogies et de ces dissemblances, expliquer l’origine des dynasties et des religions, indiquer les ?poques o? elles ont paru, les causes qui ont pr?sid? ? leur naissance, les faits qui ont provoqu? leur existence, la position et l’histoire de ceux qui ont contribu? ? les ?tablir. En un mot, il doit conna?tre ? fond les causes de chaque ?v?nement, et les sources de chaque renseignement. Alors il pourra comparer les narrations qu’on lui a transmises avec les principes et les r?gles qu’il tient ? sa disposition ; si un fait s’accorde avec ces r?gles et r?pond ? tout ce qu’elles exigent, il peut le consid?rer comme authentique ; sinon il doit le regarder comme apocryphe et le rejeter. C’est en supposant l’emploi de cette attention scrupuleuse par les historiens, que les anciens ont accord? ? leurs travaux la plus haute estime. Plusieurs savants, tels que Taberi, El-Bokhari, et leur pr?d?cesseur Ibn Ishac, ont adopt? cette marche, tandis que d’autres, en grand nombre, n’y ont pas m?me song? ; aussi ces derniers, dans leurs ?crits, ne font que d?celer leur ignorance du secret que tout historiographe doit conna?tre. »

La libert? est donc essentielle :
« L’homme qui conna?t un fait ou qui en acquiert la certitude est tenu, par devoir, de le publier. »

Plus profond encore, il r?v?lait le secret :
« Les faits dont nous sommes journellement t?moins suffisent pour confirmer nos observations ; le pass? et l’avenir se ressemblent comme deux gouttes d’eau. »

Il d?finit donc les 7 erreurs que doit ?viter celui qui pense :
« Or, comme le mensonge s’introduit naturellement dans les r?cits historiques, il convient d’indiquer ici les causes qui le produisent :

.?l’attachement des hommes ? certaines opinions et ? certaines doctrines.

. la confiance que l’on met dans la parole des personnes qui les ont transmis.

. l’ignorance du but que les acteurs dans les grands ?v?nements avaient en vue.

. la facilit? de l’esprit humain ? croire qu’il tient la v?rit?.

. l’ignorance des rapports qui existent entre les ?v?nements et les circonstances qui les accompagnent.

. le penchant des hommes ? gagner la faveur des personnages illustres et ?lev?s en dignit?.

. l’ignorance. de la nature des choses qui naissent de la .civilisation.

Ibn Khald?n nous relate deux contes alchimiques de Masoudi.

 

Le coffre de verre d’Alexandre :

« Alexandre, voyant que les monstres marins l’emp?chaient de fonder la ville d’Alexandrie, fit fabriquer un coffre de bois,
qui renfermait une caisse de verre. S’?tant mis dans cette caisse, il descendit au fond de la mer ; en sorte qu’il put dessiner les figures des monstres diaboliques qui s’offraient ? sa vue, et en reproduire les formes avec certains
m?taux. Il pla?a ces images devant les ?difices qu’il avait commenc?s, et,lorsque les monstres sortirent de leur retraite et virent les images, ils prirent la fuite et laiss?rent achever les constructions. »


la Ville de cuivre (Med?net en-Nahhas) :

« Selon lui, elle est construite enti?rement de cuivre et occupe un emplacement dans le d?sert de Sidjilmessa. Mou?a Ibn Noce?r arriva devant elle par hasard, lors de son exp?dition dans le Maghreb. Les portes en ?taient ferm?es, et tous les hommes qui osaient escalader les murs ne furent pas plut?t arriv?s sur le haut du rempart qu’ils battirent des mains, se pr?cipit?rent dans l’int?rieur de la ville et ne reparurent plus. »

 

La cl? est bien s?r entre les lignes : « ces derniers, dans leurs ?crits, ne font que d?celer leur ignorance du secret que tout historiographe doit conna?tre.« 

Que celui qui a l’intelligence comprenne

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