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7 juillet 2009 |
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Photo : Flickr YamilGonzales
En sciences politiques, comme dans l’action des États, les vieilles recettes servent toujours les ambitions les plus démesurées. Ainsi, dans le tiers-monde, on découvre des présidents aux pratiques, soit qui relèvent de la simple sauvagerie, soit de l’ignorance. Le Honduras, le Niger, interpellent plus d’une personne, surtout la communauté internationale.
La Sauce occidentale
Un président qui vous permet de contrôler à votre guise les ressources minières de son pays, préférant consacrer les bénéfices à ses mentors occidentaux, au lieu de développer une politique sociale en faveur des masses populaires. Assaisonnez-le d’une bonne pincée d’armes de destructions massives et faites monter au moyen d’une bonne logistique (celle dont vos « assistances techniques » ont les « secrets techniques »). Vous avez un héros des guerres de trente.
Vous pouvez servir ce repas exotique aux populations, mais sans oublier toutefois une note tropicale, pour le coup d’œil, et quelques slogans simples, mais que vous aurez pris soin de rédiger en anglais, espagnol, arabe ou français pour que l’opinion publique internationale y adhère sans difficulté. Vous obtiendrez un beau résultat qui, vu de l’extérieur comme de l’intérieur du pays visé, aura toutes les apparences d’une véritable révolution (le tour de main, c’est de faire passer une position minoritaire pour majoritaire par un activisme acharné vice versa). Un leadership, cuisiné de l’Occident, qui accouche d’une République bananière. Ce sont ces recettes révolutionnaires qu’on a servies aux Africains, Arabes, sud-américains… Car, inutile de perdre votre temps de vous occuper des Constitutions, dans ces restaurants, parce qu’elles sont des cartes de menus, à faire ou à défaire aux goûts de vos lubies du moment.
Quand le repas est trop épicé
Il n’y a rien de plus banal que votre menu soit trop épicé au goût de votre client occidental. Si tel est le cas, sans perdre de temps, il vous le fera savoir: prenons des exemples parlants de part et d’autre, ainsi comprendrons-nous facilement la composition des sauces dans lesquelles nous sommes mangés. En effet, le rituel a été maintes fois briefer avec ou contre nous… Pour exemples, dans l’ex-Zaïre, un leader comme Mobutu qui a eu le soutien des puissances occidentales, pour trôner de main de maître , et leur offrir les richesses de minières de son pays; est tombé face à une opposition qui avait le soutien des États unis et de l’Union européenne, en 1997 ; la « révolution du Nzeé », au Liban, en 2009 ; la « révolution du cèdre », en somme, la consécration de le famille Hariri et dans un passé proche, en 2008, le « SOPI », au Sénégal, une sorte de continuum de la droite française incarnée par Wade , en dit long sur la manière dont sont cuisinés les gouvernements dans le tiers-monde.
Toutes ces « révolutions » se sont déroulées suivant le même schéma, très exactement suivant la même recette. Elles ont été le fait d’oppositions très minoritaires, mais financièrement et logistiquement assistées par l’étranger, par le gouvernement des États-Unis dans le bloc Ouest, Cuba, la Chine, l’ex-URSS, dans le bloc est en l’occurrence, les cas de l’UNITA en Angola, la SWAPO en Namibie, en sont les démonstrations patentes de cette gastronomie. Et elles ont toutes permis de se débarrasser de dirigeants opposés à leurs influences communes: Nkrumah, Hamani Diori, Um Nyobe, etc. Lesquels, ont depuis été remplacés par des leaders plus « pragmatiques ».
Au Niger même, c’est une recette assez semblable que les États-Unis avaient mise en œuvre, en 1973 déjà, pour chasser du pouvoir le président Diori, qui voulut leur tenir tête, par un certain Seyni Kountché, c’est ce qui s’est passé en Égypte après avoir renversé l’impitoyable dictature de l’ami des Américains et des Britanniques, en l’occurrence, Nasser, qui avait nationalisé les ressources hydrauliques. Alors, quoi de plus normal que les autorités honduriennes s’inquiètent de ce qui se passe aujourd’hui dans leur pays ? Quoi d’étonnant, avec l’expérience du passé, à ce qu’elles déploient les forces de l’ordre pour ramener le calme dans les rues de la capitale, à la limite de déclarer l’état de siège, où un individu veut tripatouiller la Constitution ? Ou bien qu’elles se défient des diplomates étrangers en poste sur le territoire ? En particulier des pays d’Amérique centrale et des Européens?
Et, d’ailleurs, qu’aurait fait le président Sarkozy, si, à la veille de son élection, les militants chiraquiens, déçus du prochain départ de leur leader , s’étaient rués dans les rues de Paris en hurlant à la suspension de la Constitution et en réclamant à cor et à cri l’annulation sa candidature , arborant des pancartes « Chirac pour l’éternité » , brisant les vitrines des magasins et incendiant les automobiles garées sur la Seine ?
Et qu’aurait donc fait George W. Bush, le soir de l’élection de 2001, si ses opposants démocrates avaient manifesté contre les irrégularités et proclamé leur candidat, Al Gore, vainqueur du scrutin ? Car, dans le cas de cette élection-là, il y en a eu, des fraudes, dignes d’une république bananière…
Rien d’anormal à ce que l’armée aux Honduras prenne les mesures utiles pour se protéger de son président qui, soutenu par les puissances occidentales et une presse internationale univoque, essaie depuis plusieurs jours de renverser le cours de l’histoire, et pourtant, il n’a pas eu envie d’entrer dans l’histoire en s’amusant avec le pacte social qui unit les peuples: la Constitution. Rien d’anormal que le peuple nigérien brave les facéties de Mamadou Tandja, qui s’amuse avec un dogme sacré : la Constitution. Qu’il en soit ainsi, pour tous ceux qui n’auront pas compris que : « Les fonctions publiques sont essentiellement temporaires ; elles ne peuvent être considérées comme des distinctions ni comme des récompenses, mais comme des devoirs. » Article 30 Déclaration des droits et citoyens de 1793.
Souvenons-nous encore, de ce que dit cette déclaration, citée ci-dessus, dans son Article 35: « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »
Aimé Mathurin Moussy
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