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http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
26 novembre 2009 |
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Latendresse contre Latristesse. Il y a des transferts qui chagrinent plus que d’autres, surtout quand une équipe ponctionne ce qu’il lui reste d’identité francophone.
Quand une équipe échange un joueur populaire, retranche un francophone alors qu’elle n’en compte plus beaucoup dans ses rangs, ça crée forcément une petite commotion. Et quand ce retrait se déroule dans une province fortement attachée à ses racines linguistiques, ça fait jaser dans les chaumières !
Suite…Le transfert de Guillaume Latendresse au Wild du Minnesota a fait couler beaucoup d’encre, c’est le moins que l’on puisse dire ! Journaux, radios, télévision : la nouvelle a laissé peu d’ondes indifférentes. C’est vous dire la pression qui pesait sur les épaules de cet homme d’à peine 23 ans, propulsé Messie avant d’avoir mérité ses galons dans la rigoureuse LNH, puis crucifié avant d’avoir vécu pleinement sur la patinoire. Incapable de livrer la marchandise, écrasé sous le plancher de la confirmation pour les uns, souvent mal utilisé par ses entraîneurs pour les autres, l’espoir a donc été convié à patiner sous d’autres cieux.
Les attentes étaient trop grandes pour cet athlète robuste, soulagé sans doute à l’idée de s’éloigner de la pression d’une ville qui a le hockey. Dans les gradins, on aurait aimé que cet enfant du pays distribue du frisson à ses admirateurs, comme un certain Guy Lafleur avant lui. C’était il y a une trentaine d’années déjà. Depuis, le public québécois, et montréalais en particulier, attend désespérément une nouvelle icône, ce sauveur local taillé pour regonfler l’identité francophone de l’équipe et doper la fierté nationale en empilant les exploits et en enfilant les buts.
Toutes les équipes glorieuses connaissent le vide béant qui sépare souvent deux générations dorées et distancie les mythes. En France, on a longtemps poireauté devant la porte du successeur de Platini. Et depuis que Zidane a remisé ses crampons, on pousse des soupirs d’impatience en regardant évoluer les prétendants au trône laissé vacant.
Dans un monde parfait ou sur les pages jaunies d’un passé glorieux, Latendresse aurait mouillé le même maillot toute sa carrière, et peut-être rameuté dans son sillon d’autres joueurs parlant la langue de Molière. Car il ne fait aucun doute qu’en regardant s’évaporer le numéro 84, certains supporteurs ont dû ravaler leur amertume et avoir un petit pincement au coeur.
Et qui sait si demain une équipe du Canadien de Montréal ne brandira pas le prestigieux trophée de la coupe Stanley sans un Québécois dans ses rangs ? Pas de quoi ébranler un partisan au bord du coma idyllique, ni d’atténuer l’effet grisant d’une victoire suprême qui aplatit les petites nostalgies. Mais sans doute de quoi limiter la portée de ces histoires que ces mêmes partisans raconteront plus tard à leurs enfants ou se remémoreront autour d’une bière. La victoire brandie par une formation de joueurs mercenaires et étrangers, ça ne fait pas venir Morphée…
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