Accueil / T H E M E S / ETHIQUE & RELIGIONS / Histoire spirituelle et intellectuelle de l’humanit?, de la Tradition primordiale ? nos jours – Partie 6

Histoire spirituelle et intellectuelle de l’humanit?, de la Tradition primordiale ? nos jours – Partie 6

Apocalypse - CP

Texte int?gral publi? le 28 octobre 2013:

Sixi?me et derni?re partie:

Histoire spirituelle et intellectuelle de l?humanit?, de la Tradition primordiale ? nos jours

 

La d?cadence intellectuelle et spirituelle de l?humanit? touche ? tous les domaines, nous allons maintenant examiner ses cons?quences au niveau politique. Ren? Gu?non fera donc une critique de la d?mocratie et de son principe d??galit?. ? propos de l??galit? il affirme?:

??Il serait trop facile de montrer que l??galit? ne peut exister nulle part, pour la simple raison qu?il ne saurait y avoir deux ?tres qui soient ? la fois r?ellement distincts et enti?rement semblables entre eux sous tous les rapports ; et il ne serait pas moins facile de faire ressortir toutes les cons?quences absurdes qui d?coulent de cette id?e chim?rique, au nom de laquelle on pr?tend imposer partout une uniformit? compl?te, par exemple en distribuant ? tous un enseignement identique, comme si tous ?taient pareillement aptes ? comprendre les m?mes choses, et comme si, pour les leur faire comprendre, les m?mes m?thodes convenaient ? tous indistinctement. On peut d?ailleurs se demander s?il ne s?agit pas plut?t d?? apprendre ? que de ? comprendre ? vraiment, c?est-?-dire si la m?moire n?est pas substitu?e ? l?intelligence dans la conception toute verbale et ? livresque ? de l?enseignement actuel, o? l?on ne vise qu?? l?accumulation de notions rudimentaires et h?t?roclites, et o? la qualit? est enti?rement sacrifi?e ? la quantit?, ainsi que cela se produit partout dans le monde moderne pour des raisons que nous expliquerons plus compl?tement par la suite : c?est toujours la dispersion dans la multiplicit?. Il y aurait, ? ce propos, bien des choses ? dire sur les m?faits de l?? instruction obligatoire ? ; mais ce n?est pas le lieu d?insister l?-dessus, et, pour ne pas sortir du cadre que nous nous sommes trac?, nous devons nous contenter de signaler en passant cette cons?quence sp?ciale des th?ories ? ?galitaires ?, comme un de ces ?l?ments de d?sordre qui sont aujourd?hui trop nombreux pour qu?on puisse m?me avoir la pr?tention de les ?num?rer sans en omettre aucun.

(…) L?argument le plus d?cisif contre la ? d?mocratie ? se r?sume en quelques mots : le sup?rieur ne peut ?maner de l?inf?rieur, parce que le ? plus ? ne peut pas sortir du ? moins ? ; cela est d?une rigueur math?matique absolue, contre laquelle rien ne saurait pr?valoir. Il importe de remarquer que c?est pr?cis?ment le m?me argument qui, appliqu? dans un autre ordre, vaut aussi contre le ? mat?rialisme ? ; il n?y a rien de fortuit dans cette concordance, et les deux choses sont beaucoup plus ?troitement solidaires qu?il ne pourrait le sembler au premier abord. Il est trop ?vident que le peuple ne peut conf?rer un pouvoir qu?il ne poss?de pas lui-m?me ; le pouvoir v?ritable ne peut venir que d?en haut, et c?est pourquoi, disons-le en passant, il ne peut ?tre l?gitim? que par la sanction de quelque chose de sup?rieur ? l?ordre social, c?est-?-dire d?une autorit? spirituelle ; s?il en est autrement, ce n?est plus qu?une contrefa?on de pouvoir, un ?tat de fait qui est injustifiable par d?faut de principe, et o? il ne peut y avoir que d?sordre et confusion. Ce renversement de toute hi?rarchie commence d?s que le pouvoir temporel veut se rendre ind?pendant de l?autorit? spirituelle, puis se la subordonner en pr?tendant la faire servir ? des fins politiques ; il y a l? une premi?re usurpation qui ouvre la voie ? toutes les autres, et l?on pourrait ainsi montrer que, par exemple, la royaut? fran?aise, depuis le XIVe si?cle, a travaill? elle-m?me inconsciemment ? pr?parer la R?volution qui devait la renverser ; peut-?tre aurons-nous quelque jour l?occasion de d?velopper comme il le m?riterait ce point de vue que, pour le moment, nous ne pouvons qu?indiquer d?une fa?on tr?s sommaire.

Si l?on d?finit la ? d?mocratie ? comme le gouvernement du peuple par lui-m?me, c?est l? une v?ritable impossibilit?, une chose qui ne peut pas m?me avoir une simple existence de fait, pas plus ? notre ?poque qu?? n?importe quelle autre ; il ne faut pas se laisser duper par les mots, et il est contradictoire d?admettre que les m?mes hommes puissent ?tre ? la fois gouvernants et gouvern?s, parce que, pour employer le langage aristot?licien, un m?me ?tre ne peut ?tre ? en acte ? et ? en puissance ? en m?me temps et sous le m?me rapport. Il y a l? une relation qui suppose n?cessairement deux termes en pr?sence : il ne pourrait y avoir de gouvern?s s?il n?y avait aussi des gouvernants, fussent-ils ill?gitimes et sans autre droit au pouvoir que celui qu?ils se sont attribu? eux-m?mes ; mais la grande habilet? des dirigeants, dans le monde moderne, est de faire croire au peuple qu?il se gouverne lui-m?me ; et le peuple se laisse persuader d?autant plus volontiers qu?il en est flatt? et que d?ailleurs il est incapable de r?fl?chir assez pour voir ce qu?il y a l? d?impossible. C?est pour cr?er cette illusion qu?on a invent? le ? suffrage universel ? : c?est l?opinion de la majorit? qui est suppos?e faire la loi ; mais ce dont on ne s?aper?oit pas, c?est que l?opinion est quelque chose que l?on peut tr?s facilement diriger et modifier ; on peut toujours, ? l?aide de suggestions appropri?es, y provoquer des courants allant dans tel ou tel sens d?termin? ; nous ne savons plus qui a parl? de ? fabriquer l?opinion ?, et cette expression est tout ? fait juste, bien qu?il faille dire, d?ailleurs, que ce ne sont pas toujours les dirigeants apparents qui ont en r?alit? ? leur disposition les moyens n?cessaires pour obtenir ce r?sultat. Cette derni?re remarque donne sans doute la raison pour laquelle l?incomp?tence des politiciens les plus ? en vue ? semble n?avoir qu?une importance tr?s relative ; mais, comme il ne s?agit pas ici de d?monter les rouages de ce qu?on pourrait appeler la ? machine ? gouverner ?, nous nous bornerons ? signaler que cette incomp?tence m?me offre l?avantage d?entretenir l?illusion dont nous venons de parler : c?est seulement dans ces conditions, en effet, que les politiciens en question peuvent appara?tre comme l??manation de la majorit?, ?tant ainsi ? son image, car la majorit?, sur n?importe quel sujet qu?elle soit appel?e ? donner son avis, est toujours constitu?e par les incomp?tents, dont le nombre est incomparablement plus grand que celui des hommes qui sont capables de se prononcer en parfaite connaissance de cause.

(…) Mais allons plus au fond de la question : qu?est-ce exactement que cette loi du plus grand nombre qu?invoquent les gouvernements modernes et dont ils pr?tendent tirer leur seule justification ??C?est tout simplement la loi de la mati?re et de la force brutale, la loi m?me en vertu de laquelle une masse entra?n?e par son poids ?crase tout ce qui se rencontre sur son passage ; c?est l? que se trouve pr?cis?ment le point de jonction entre la conception ? d?mocratique ? et le ? mat?rialisme ?, et c?est aussi ce qui fait que cette m?me conception est si ?troitement li?e ? la mentalit? actuelle. C?est le renversement complet de l?ordre normal, puisque c?est la proclamation de la supr?matie de la multiplicit? comme telle, supr?matie qui, en fait, n?existe que dans le monde mat?riel ; au contraire, dans le monde spirituel, et plus simplement encore dans l?ordre universel, c?est l?unit? qui est au sommet de la hi?rarchie, car c?est elle qui est le principe dont sort toute multiplicit? ; mais, lorsque le principe est ni? ou perdu de vue, il ne reste plus que la multiplicit? pure, qui s?identifie ? la mati?re elle-m?me.

(…) Cela dit, il nous faut encore insister sur une cons?quence imm?diate de l?id?e ? d?mocratique ?, qui est la n?gation de l??lite entendue dans sa seule acception l?gitime ; ce n?est pas pour rien que ? d?mocratie ? s?oppose ? ? aristocratie ?, ce dernier mot d?signant pr?cis?ment, du moins lorsqu?il est pris dans son sens ?tymologique, le pouvoir de l??lite. Celle-ci, par d?finition en quelque sorte, ne peut ?tre que le petit nombre, et son pouvoir, son autorit? plut?t, qui ne vient que de sa sup?riorit? intellectuelle, n?a rien de commun avec la force num?rique sur laquelle repose la ? d?mocratie ?, dont le caract?re essentiel est de sacrifier la minorit? ? la majorit?, et aussi, par l? m?me, comme nous le disions plus haut, la qualit? ? la quantit?, donc l??lite ? la masse. Ainsi, le r?le directeur d?une v?ritable ?lite et son existence m?me, car elle joue forc?ment ce r?le d?s lors qu?elle existe, sont radicalement incompatibles avec la ? d?mocratie ?, qui est intimement li?e ? la conception ? ?galitaire ?, c?est-?-dire ? la n?gation de toute hi?rarchie : le fond m?me de l?id?e ? d?mocratique ? c?est qu?un individu quelconque en vaut un autre, parce qu?ils sont ?gaux num?riquement, et bien qu?ils ne puissent jamais l??tre que num?riquement. Une ?lite v?ritable, nous l?avons d?j? dit, ne peut ?tre qu?intellectuelle ; c?est pourquoi la ? d?mocratie ? ne peut s?instaurer que l? o? la pure intellectualit? n?existe plus, ce qui est effectivement le cas du monde moderne. Seulement, comme l??galit? est impossible en fait, et comme on ne peut supprimer pratiquement toute diff?rence entre les hommes, en d?pit de tous les efforts de nivellement, on en arrive, par un curieux illogisme, ? inventer de fausses ?lites, d?ailleurs multiples, qui pr?tendent se substituer ? la seule ?lite r?elle ; et ces fausses ?lites sont bas?es sur la consid?ration de sup?riorit?s quelconques, ?minemment relatives et contingentes, et toujours d?ordre purement mat?riel. On peut s?en apercevoir ais?ment en remarquant que la distinction sociale qui compte le plus, dans le pr?sent ?tat de choses, est celle qui se fonde sur la fortune, c?est-?-dire sur une sup?riorit? tout ext?rieure et d?ordre exclusivement quantitatif, la seule en somme qui soit conciliable avec la ? d?mocratie ?, parce qu?elle proc?de du m?me point de vue. Nous ajouterons du reste que ceux m?mes qui se posent actuellement en adversaires de cet ?tat de choses, ne faisant intervenir non plus aucun principe d?ordre sup?rieur, sont incapables de rem?dier efficacement ? un tel d?sordre, si m?me ils ne risquent de l?aggraver encore en allant toujours plus loin dans le m?me sens ; la lutte est seulement entre des vari?t?s de la ? d?mocratie ?, accentuant plus ou moins la tendance ? ?galitaire ?, comme elle est, ainsi que nous l?avons dit, entre des vari?t?s de l?individualisme, ce qui, d?ailleurs, revient exactement au m?me.?? (17)

Il semble clair que nous sommes pr?s de la fin de cette d?cadence, que ce soit vers une transformation qui marquera le retour ? la Tradition primordiale, gr?ce ? des grandes catastrophes, ou tout simplement ? cause de notre auto-destruction. C?est pourquoi le mythe de 2012 a ?t? aussi populaire, car m?me si cette date ?tait fausse comme nous le savons maintenant, le processus vers une grande transformation du monde est r?el. Il y a deux possibilit?s, soit notre monde se transforme vers un monde meilleur, soit il se d?truit. C??tait les deux interpr?tations qu?on pouvait donner ? la th?orie autour du calendrier maya et de sa suppos?e fin de cycle le 21 d?cembre 2012.

R?sumons l?histoire spirituelle de l?humanit? dans ces grandes lignes.?Il y a des dizaines de milliers d?ann?es l?humanit? ?tait au d?but du cycle actuel et vivait selon une spiritualit? pure, en harmonie avec les lois de la Nature. C??tait une soci?t? naturelle, donc matriarcale et pa?enne. Graduellement il y eut une chute de la conscience humaine, donc un obscurcissement de la connaissance spirituelle, parall?lement ? un ?loignement de la vibration originelle de l??nergie primordiale vers une vibration plus dense?: la mati?re. Les territoires indien et chinois, ainsi que l??gypte pr?historique semblent avoir ?t? des flambeaux de la lumi?re spirituelle pendant au moins des dizaines de milliers d?ann?es. Il y eut un point de bascule important il y a environ 6000 ans, le d?but de l??ge sombre avec l?arriv?e de la civilisation urbaine ? Sumer. L??gypte est le dernier pays dirig? par une autorit? spirituelle ? ?tre d?finitivement tomb?, au cours du VIe si?cle avant J-C. Ensuite la d?cadence s?est acc?l?r?e avec l?apparition du juda?sme et du christianisme qui serviront ? ?radiquer le paganisme. Il semble y avoir eu une remont?e de la conscience au moyen-?ge d?apr?s Gu?non, ce qui n?est pas surprenant ?tant donn? que l?enseignement en histoire nous parle plut?t du moyen-?ge comme d?une p?riode obscure. L??poque moderne qui commence officiellement en 1492, mais que Gu?non fait plut?t commencer au XIVe si?cle, est le d?but de la phase la plus d?cadente dans l?histoire spirituelle de l?humanit?, celle dans laquelle nous sommes pr?sentement. L?obscurcissement spirituel est actuellement g?n?ralis?, particuli?rement en occident, l?orient parvenant ? sauver quelques lumi?res spirituelles de la Tradition primordiale.??Nous sommes pr?sentement dans un monde mat?rialiste, sans autorit? spirituelle qui guide les chefs d??tats, o? l??conomie domine presque tout, o? les sciences sont orient?es vers le commerce et l?industrie et ne voient pas au-del? de la mati?re dans leur compr?hension du monde. L?individualisme, le mat?rialisme, l?ignorance et la d?mocratie m?nent ? l?exploitation ?conomique, ? la rivalit?, ? la violence, aux guerres, donc au malheur g?n?ralis?. Nous sommes dans un tel chaos social et environnemental qu?une grande catastrophe semble in?vitable, et m?me salutaire si elle ne nous d?truit pas enti?rement. Nous avons d?passer le point de non-retour par la voie enti?rement positive d?un changement en douceur vers un monde spirituel de paix et d?amour universel. Le mot ??apocalypse?? est assez r?v?lateur ? ce sujet, puisqu?il signifie ? la fois????catastrophe?? et ??r?v?lation??. Quand les gens ne pourront plus travailler ni surconsommer, ils devront alors se remettre en question, r?fl?chir et agir diff?remment s?ils ne veulent pas ?tre d?truit physiquement et spirituellement par leur soumission au syst?me qui sera ensuite implant? et qui ach?vera son auto-destruction, et/ou par leur propre r?signation d?pressive face aux changements difficiles qui d?truisent notre monde actuel afin de faire de la place pour un monde meilleur.

Nicolas Beaudin

(17) ? ?Ibid. pp. 125-126, 130 ? 132, 134-135 et??137 ? 139

 

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Coke en Stock (CCLIV) : le chaînon manquant du trafic ou un autre Viktor Bout (N)

L’homme décrit dans l’épisode précédent, Iyad ag Ghali, nous a conduit directement en Algérie, où ...

One comment

  1. avatar

    Concernant la démocratie, voici une excellente entrevue de Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l’UQAM, concernant son livre sur le sujet. Un excellent travail qui renverse le discours officiel et les préjugés de la masse :

    http://www.clap36.net/blog-note/227-democratie-histoire-d-un-malentendu.html

    Cordialement,

    Nicolas