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Histoire spirituelle et intellectuelle de l’humanit?, de la Tradition primordiale ? nos jours – Partie 4

Texte int?gral publi? le 28 octobre 2013:

http://centpapiers.com/histoire-spirituelle-et-intellectuelle-de-lhumanite-de-la-tradition-primordiale-a-nos-jours/

Apocalypse - CP

Premi?re partie publi?e le 9 novembre 2013

Deuxi?me partie publi?e le 16 novembre 2013

Troisi?me partie publi?e le 23 novembre 2013

 

Quatri?me partie:

Histoire spirituelle et intellectuelle de l?humanit?, de la Tradition primordiale ? nos jours

On peut faire une analogie avec la sant?. ?Autant la philosophie et la morale sont issues d?une d?g?n?rescence de la conscience humaine, ? l?image de la maladie dans le corps qui est issue d?un manque de conscience, autant cette maladie devient le tremplin vers une conscience plus ?largie par une compr?hension de son message dans le but d?une action appropri?e, ? l?image de la morale et de la philosophie qui peuvent servir de messagers vers une sagesse intuitive retrouv?e gr?ce ? l?int?gration et ? l?application d?une compr?hension rationnelle. Le sympt?me du mal, s?il est bien compris et utilis?, devient un outil vers un bien plus ?lev?.?Une morale r?pressive cr?e davantage les probl?mes qu?elle s?imagine am?liorer, brime les instincts qui deviennent pervertis et qui vont justifier la morale (devoir de bien agir), mais par la contrainte, le devoir n??tant jamais une vertu.?L??thique, la vraie, est sup?rieure, car elle est un amour des bonnes actions rattach?es ? une m?taphysique, ? une doctrine universelle traditionnelle qui la justifie. Mais cette ?thique est non-n?cessaire pour une personne ayant la conscience des principes purs, qui lui suffiraient pour les appliquer intuitivement de fa?on vertueuse, c?est-?-dire selon l?excellence propre de sa nature humaine. Le drame est que l?apparition de la philosophie grecque individualiste et des questionnements d?ordre ?thique socratiques ont permis leur d?g?n?rescence vers une morale sociale anti-sexuelle, mat?rialiste et m?me capitaliste, donc contre-nature, qui ne sont rien de moins qu?une vision de l?amour et du bonheur contraire ? la nature des enseignements traditionnels et de leurs cons?quences. La culture doit ?tre au service de la Nature, et non le contraire.

La philosophie occidentale d?origine Grecque et la morale socratique sont des sympt?mes de la d?cadence et permettent de l?acc?l?rer ? travers la d?naturation et la d?cadence de leur propre discipline, ce qui permettra la sp?cialisation de toutes les connaissances sous le nom de ??science??.?Mais le probl?me est que cette division des connaissances ? d?g?n?r?e dans une dispersion o? elles ne sont plus li?es entre elles dans une unit? soumise aux principes de la m?taphysique pure. Elles deviennent donc int?ress?es seulement par des questions mat?rielles, superficielles et secondaires. On dit que la philosophie est la m?re de toutes les sciences, car elle a permis la division des connaissances profanes qui a suivie, plut?t que le retour ? l?unit? des connaissances sacr?es traditionnelles, et sa d?gradation subs?quente dans une optique mat?rialiste au service du commerce et de l?industrie. Aujourd?hui, la grande majorit? des philosophes sont mat?rialistes. Concernant la division des connaissances, prenons l?exemple de la physique?:

??Si l?on veut comparer la physique ancienne, non pas ? ce que les modernes d?signent par le m?me mot, mais ? l?ensemble des sciences de la nature telles qu?elles sont actuellement constitu?es, car c?est l? ce qui devrait y correspondre en r?alit?, il y a donc lieu de noter, comme premi?re diff?rence, la division en multiples ? sp?cialit?s ? qui sont pour ainsi dire ?trang?res les unes aux autres. Pourtant, ce n?est l? que le c?t? le plus ext?rieur de la question, et il ne faudrait pas penser que, en r?unissant toutes ces sciences sp?ciales, on obtiendrait un ?quivalent de l?ancienne physique. La v?rit? est que le point de vue est tout autre, et c?est ici que nous voyons appara?tre la diff?rence essentielle entre les deux conceptions dont nous parlions tout ? l?heure : la conception traditionnelle, disions-nous, rattache toutes les sciences aux principes comme autant d?applications particuli?res, et c?est ce rattachement que n?admet pas la conception moderne. Pour Aristote, la physique n??tait que ? seconde ? par rapport ? la m?taphysique, c?est-?-dire qu?elle en ?tait d?pendante, qu?elle n??tait au fond qu?une application, au domaine de la nature, des principes sup?rieurs ? la nature et qui se refl?tent dans ses lois ; et l?on peut en dire autant de la ? cosmologie ? du moyen ?ge. La conception moderne, au contraire, pr?tend rendre les sciences ind?pendantes, en niant tout ce qui les d?passe, ou tout au moins en le d?clarant ? inconnaissable ? et en refusant d?en tenir compte, ce qui revient encore ? le nier pratiquement ; cette n?gation existait en fait bien longtemps avant qu?on ait song? ? l??riger en th?orie syst?matique sous des noms tels que ceux de ? positivisme ? et d?? agnosticisme ?, car on peut dire qu?elle est v?ritablement au point de d?part de toute la science moderne. Seulement, ce n?est gu?re qu?au XIXe si?cle qu?on a vu des hommes se faire gloire de leur ignorance, car se proclamer ? agnostique ? n?est point autre chose que cela, et pr?tendre interdire ? tous la connaissance de ce qu?ils ignoraient eux-m?mes ; et cela marquait une ?tape de plus dans la d?ch?ance intellectuelle de l?Occident.

En voulant s?parer radicalement les sciences de tout principe sup?rieur sous pr?texte d?assurer leur ind?pendance, la conception moderne leur enl?ve toute signification profonde et m?me tout int?r?t v?ritable au point de vue de la connaissance, et elle ne peut aboutir qu?? une impasse, puisqu?elle les enferme dans un domaine irr?m?diablement born?.?Le d?veloppement qui s?effectue ? l?int?rieur de ce domaine n?est d?ailleurs pas un approfondissement comme certains se l?imaginent ; il demeure au contraire tout superficiel, et ne consiste qu?en cette dispersion dans le d?tail que nous avons d?j? signal?e, en une analyse aussi st?rile que p?nible, et qui peut se poursuivre ind?finiment sans qu?on avance d?un seul pas dans la voie de la v?ritable connaissance. Aussi n?est-ce point pour elle-m?me, il faut bien le dire, que les Occidentaux, en g?n?ral, cultivent la science ainsi entendue : ce qu?ils ont surtout en vue, ce n?est point une connaissance, m?me inf?rieure ; ce sont des applications pratiques, et, pour se convaincre qu?il en est bien ainsi, il n?y a qu?? voir avec quelle facilit? la plupart de nos contemporains confondent science et industrie, et combien nombreux sont ceux pour qui l?ing?nieur repr?sente le type m?me du savant.?? (12)

Maintenant, prenons l?exemple de la??chimie qui provient de l?alchimie?:

??Le cas de la chimie est peut-?tre encore plus net et plus caract?ristique ; et, pour ce qui est de l?ignorance des modernes ? l??gard de l?alchimie, elle est au moins aussi grande qu?en ce qui concerne l?astrologie. La v?ritable alchimie ?tait essentiellement une science d?ordre cosmologique, et, en m?me temps, elle ?tait applicable aussi ? l?ordre humain, en vertu de l?analogie du ? macrocosme ? et du ? microcosme ? ; en outre, elle ?tait constitu?e express?ment en vue de permettre une transposition dans le domaine purement spirituel, qui conf?rait ? ses enseignements une valeur symbolique et une signification sup?rieure, et qui en faisait un des types les plus complets des ? sciences traditionnelles ?. Ce qui a donn? naissance ? la chimie moderne, ce n?est point cette alchimie avec laquelle elle n?a en somme aucun rapport ; c?en est une d?formation, une d?viation au sens le plus rigoureux du mot, d?viation ? laquelle donna lieu, peut-?tre d?s le moyen ?ge, l?incompr?hension de certains, qui, incapables de p?n?trer le vrai sens des symboles, prirent tout ? la lettre et, croyant qu?il ne s?agissait en tout cela que d?op?rations mat?rielles, se lanc?rent dans une exp?rimentation plus ou moins d?sordonn?e. Ce sont ceux-l?, que les alchimistes qualifiaient ironiquement de ? souffleurs ? et de ? br?leurs de charbon ?, qui furent les v?ritables pr?curseurs des chimistes actuels ; et c?est ainsi que la science moderne s??difie ? l?aide des d?bris des sciences anciennes, avec les mat?riaux rejet?s par celles-ci et abandonn?s aux ignorants et aux ? profanes ?. Ajoutons encore que les soi-disant r?novateurs de l?alchimie, comme il s?en trouve quelques-uns parmi nos contemporains, ne font de leur c?t? que prolonger cette m?me d?viation, et que leurs recherches sont tout aussi ?loign?es de l?alchimie traditionnelle que celles des astrologues auxquels nous faisions allusion tout ? l?heure le sont de l?ancienne astrologie ; et c?est pourquoi nous avons le droit d?affirmer que les ? sciences traditionnelles ? de l?Occident sont vraiment perdues pour les modernes.?? (13)

Deux derniers exemples, la psychologie et les math?matiques?:

??Nous nous bornerons ? ces quelques exemples ; il serait cependant facile d?en donner encore d?autres, pris dans des ordres quelque peu diff?rents, et montrant partout la m?me d?g?n?rescence. On pourrait ainsi faire voir que la psychologie telle qu?on l?entend aujourd?hui, c?est-?-dire l??tude des ph?nom?nes mentaux comme tels, est un produit naturel de l?empirisme anglo-saxon et de l?esprit du XVIIIe si?cle,?et que le point de vue auquel elle correspond ?tait si n?gligeable pour les anciens que, s?il leur arrivait parfois de l?envisager incidemment, ils n?auraient en tout cas jamais song? ? en faire une science sp?ciale ; tout ce qu?il peut y avoir de valable l?-dedans se trouvait, pour eux, transform? et assimil? dans des points de vue sup?rieurs. Dans un tout autre domaine, on pourrait montrer aussi que les math?matiques modernes ne repr?sentent pour ainsi dire que l??corce de la math?matique pythagoricienne, son c?t? purement ? exot?rique ? ; l?id?e ancienne des nombres est m?me devenue absolument inintelligible aux modernes, parce que, l? aussi, la partie sup?rieure de la science, celle qui lui donnait, avec le caract?re traditionnel, une valeur proprement intellectuelle, a totalement disparu ; et ce cas est assez comparable ? celui de l?astrologie. Mais nous ne pouvons passer en revue toutes les sciences les unes apr?s les autres, ce qui serait plut?t fastidieux ; nous pensons en avoir dit assez pour faire comprendre la nature du changement auquel les sciences modernes doivent leur origine, et qui est tout le contraire d?un ? progr?s ?, qui est une v?ritable r?gression de l?intelligence ; et nous allons maintenant revenir ? des consid?rations d?ordre g?n?ral sur le r?le respectif des ? sciences traditionnelles ? et des sciences modernes, sur la diff?rence profonde qui existe entre la v?ritable destination des unes et des autres.

Une science quelconque, suivant la conception traditionnelle, a moins son int?r?t en elle-m?me qu?en ce qu?elle est comme un prolongement ou une branche secondaire de la doctrine, dont la partie essentielle est constitu?e, comme nous l?avons dit, par la m?taphysique pure. En effet, si toute science est assur?ment l?gitime, pourvu qu?elle n?occupe que la place qui lui convient r?ellement en raison de sa nature propre, il est cependant facile de comprendre que, pour quiconque poss?de une connaissance d?ordre sup?rieur, les connaissances inf?rieures perdent forc?ment beaucoup de leur int?r?t, et que m?me elles n?en gardent qu?en fonction, si l?on peut dire, de la connaissance principielle, c?est-?-dire dans la mesure o?, d?une part, elles refl?tent celle-ci dans tel ou tel domaine contingent, et o?, d?autre part, elles sont susceptibles de conduire vers cette m?me connaissance principielle, qui, dans le cas que nous envisageons, ne peut jamais ?tre perdue de vue ni sacrifi?e ? des consid?rations plus ou moins accidentelles. Ce sont l? les deux r?les compl?mentaires qui appartiennent en propre aux ? sciences traditionnelles ? : d?un c?t?, comme applications de la doctrine, elles permettent de relier entre eux tous les ordres de r?alit?, de les int?grer dans l?unit? de la synth?se totale ; de l?autre, elles sont, pour certains tout au moins, et en conformit? avec les aptitudes de ceux-ci, une pr?paration ? une connaissance plus haute, une sorte d?acheminement vers cette derni?re, et, dans leur r?partition hi?rarchique selon les degr?s d?existence auxquels elles se rapportent, elles constituent alors comme autant d??chelons ? l?aide desquels il est possible de s??lever jusqu?? l?intellectualit? pure. Il n?est que trop ?vident que les sciences modernes ne peuvent, ? aucun degr?, remplir ni l?un ni l?autre de ces deux r?les ; c?est pourquoi elles ne sont et ne peuvent ?tre que de la ? science profane ?, tandis que les ? sciences traditionnelles ?, par leur rattachement aux principes m?taphysiques, sont incorpor?es d?une fa?on effective ? la ? science sacr?e ?.?? (14)

Voici un portrait g?n?ral des sciences modernes, devenues exclusivement mat?rialistes, et de leur arrogance?:

??Cet ?tat d?esprit (le mat?rialisme), c?est celui qui consiste ? donner plus ou moins consciemment la pr?pond?rance aux choses de l?ordre mat?riel et aux pr?occupations qui s?y rapportent, que ces pr?occupations gardent encore une certaine apparence sp?culative ou qu?elles soient purement pratiques ; et l?on ne peut contester s?rieusement que ce soit bien l? la mentalit? de l?immense majorit? de nos contemporains.

Toute la science ? profane ? qui s?est d?velopp?e au cours des derniers si?cles n?est que l??tude du monde sensible, elle y est enferm?e exclusivement, et ses m?thodes ne sont applicables qu?? ce seul domaine ; or ces m?thodes sont proclam?es ? scientifiques ? ? l?exclusion de toute autre, ce qui revient ? nier toute science qui ne se rapporte pas aux choses mat?rielles. Parmi ceux qui pensent ainsi, et m?me parmi ceux qui se sont consacr?s sp?cialement aux sciences dont il s?agit, il en est cependant beaucoup qui refuseraient de se d?clarer ? mat?rialistes ? et d?adh?rer ? la th?orie philosophique qui porte ce nom ; il en est m?me qui font volontiers une profession de foi religieuse dont la sinc?rit? n?est pas douteuse ; mais leur attitude ? scientifique ? ne diff?re pas sensiblement de celle des mat?rialistes av?r?s. On a souvent discut?, au point de vue religieux, la question de savoir si la science moderne devait ?tre d?nonc?e comme ath?e ou comme mat?rialiste, et, le plus souvent, on l?a fort mal pos?e ; il est bien certain que cette science ne fait pas express?ment profession d?ath?isme ou de mat?rialisme, qu?elle se borne ? ignorer de parti pris certaines choses sans se prononcer ? leur ?gard par une n?gation formelle comme le font tels ou tels philosophes ; on ne peut donc, en ce qui la concerne, parler que d?un mat?rialisme de fait, de ce que nous appellerions volontiers un mat?rialisme pratique ; mais le mal n?en est peut-?tre que plus grave, parce qu?il est plus profond et plus ?tendu. Une attitude philosophique peut ?tre quelque chose de tr?s superficiel, m?me chez les philosophes ? professionnels ? ; de plus, il y a des esprits qui reculeraient devant la n?gation, mais qui s?accommodent d?une compl?te indiff?rence ; et celle-ci est ce qu?il y a de plus redoutable, car, pour nier une chose, il faut encore y penser, si peu que ce soit, tandis qu?ici on en arrive ? ne plus y penser en aucune fa?on. Quand on voit une science exclusivement mat?rielle se pr?senter comme la seule science possible, quand les hommes sont habitu?s ? admettre comme une v?rit? indiscutable qu?il ne peut y avoir de connaissance valable en dehors de celle-l?, quand toute l??ducation qui leur est donn?e tend ? leur inculquer la superstition de cette science, ce qui est proprement le ? scientisme ?, comment ces hommes pourraient-ils ne pas ?tre pratiquement mat?rialistes, c?est-?-dire ne pas avoir toutes leurs pr?occupations tourn?es du c?t? de la mati?re ?

Pour les modernes, rien ne semble exister en dehors de ce qui peut se voir et se toucher, ou du moins, m?me s?ils admettent th?oriquement qu?il peut exister quelque chose d?autre, ils s?empressent de le d?clarer, non seulement inconnu, mais ? inconnaissable ?, ce qui les dispense de s?en occuper.?? (15)

 

A suivre: ?Partie 5

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(12)??????????????????????Ibid. pp. 83 ? 86.

(13)??????????????????????Ibid. pp. 91-92.

(14)??????????????????????Ibid. pp. 92 ? 95.

(15)??????????????????????Ibid. pp. 144 ? 146.

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    Personnellement, je serais curieux de connaître ce que serait devenue notre civilisation occidentale si St-Augustin n’était pas parvenu à faire condamner le Pélagianisme comme étant une « hérésie ».

    Notre mentalité serait sûrement très différente.

    Amicalement

    André Lefebvre

    • avatar

      C’est certain que ce serait mieux. Un effort spirituel vers la vertu est effectivement préférable à une attente passive de la grâce. Le premier rend meilleur, l’autre non. Mais il y a quand même beaucoup d’autres absurdités dans la bible et dans le christianisme.

      Cordialement,

      Nicolas