Accueil / OUTILS / En vedette / Histoire spirituelle et intellectuelle de l?humanit?, de la Tradition primordiale ? nos jours ? Partie 3

Histoire spirituelle et intellectuelle de l?humanit?, de la Tradition primordiale ? nos jours ? Partie 3

Texte int?gral publi? le 28 octobre 2013:

http://centpapiers.com/histoire-spirituelle-et-intellectuelle-de-lhumanite-de-la-tradition-primordiale-a-nos-jours/

Apocalypse - CP

Premi?re partie publi?e le 9 novembre 2013

Deuxi?me partie publi?e le 16 novembre 2013

 

Troisi?me partie:

Histoire spirituelle et intellectuelle de l?humanit?, de la Tradition primordiale ? nos jours

L?apparition de la philosophie occidentale, en Gr?ce, autour de cette ?poque, avec le pr?socratique Thal?s de Milet, et un peu plus tard avec les trois philosophes anciens les plus c?l?bres?: Socrate, Platon et Aristote, est le r?sultat de la d?cadence spirituelle de l?humanit?. Ce point de vue pourra en surprendre plusieurs, mais il est parfaitement d?fendable. Voici dans quels termes le fait Ren? Gu?non?:

??Le mot ? philosophie ?, en lui-m?me, peut assur?ment ?tre pris en un sens fort l?gitime, qui fut sans doute son sens primitif, surtout s?il est vrai que, comme on le pr?tend, c?est Pythagore qui l?employa le premier : ?tymologiquement, il ne signifie rien d?autre qu?? amour de la sagesse ? ; il d?signe donc tout d?abord une disposition pr?alable requise pour parvenir ? la sagesse, et il peut d?signer aussi, par une extension toute naturelle, la recherche qui, naissant de cette disposition m?me, doit conduire ? la connaissance.?Ce n?est donc qu?un stade pr?liminaire et pr?paratoire, un acheminement vers la sagesse, un degr? correspondant ? un ?tat inf?rieur ? celle-ci ; la d?viation qui s?est produite ensuite a consist? ? prendre ce degr? transitoire pour le but m?me, ? pr?tendre substituer la ? philosophie ? ? la sagesse, ce qui implique l?oubli ou la m?connaissance de la v?ritable nature de cette derni?re. C?est ainsi que prit naissance ce que nous pouvons appeler la philosophie ? profane ?, c?est-?-dire une pr?tendue sagesse purement humaine, donc d?ordre simplement rationnel, prenant la place de la vraie sagesse traditionnelle, supra-rationnelle et ? non-humaine ?. Pourtant, il subsista encore quelque chose de celle-ci ? travers toute l?antiquit? ; ce qui le prouve, c?est d?abord la persistance des ? myst?res ?, dont le caract?re essentiellement ? initiatique ? ne saurait ?tre contest?, et c?est aussi le fait que l?enseignement des philosophes eux-m?mes avait ? la fois, le plus souvent, un c?t? ? exot?rique ? et un c?t? ? ?sot?rique ?, ce dernier pouvant permettre le rattachement ? un point de vue sup?rieur, qui se manifeste d?ailleurs d?une fa?on tr?s nette, quoique peut-?tre incompl?te ? certains ?gards, quelques si?cles plus tard, chez les Alexandrins. Pour que la philosophie ? profane ? f?t d?finitivement constitu?e comme telle, il fallait que l?? exot?risme ? seul demeur?t et qu?on all?t jusqu?? la n?gation pure et simple de tout ? ?sot?risme ? ; c?est pr?cis?ment ? quoi devait aboutir, chez les modernes, le mouvement commenc? par les Grecs ; les tendances qui s??taient d?j? affirm?es chez ceux-ci devaient ?tre alors pouss?es jusqu?? leurs cons?quences les plus extr?mes, et l?importance excessive qu?ils avaient accord?e ? la pens?e rationnelle allait s?accentuer encore pour en arriver au ? rationalisme ?, attitude sp?cialement moderne qui consiste, non plus m?me simplement ? ignorer, mais ? nier express?ment tout ce qui est d?ordre supra-rationnel.?? (9)

La critique de la philosophie occidentale s?appuie aussi sur une critique de l?individualisme?:

??L?individualisme implique tout d?abord la n?gation de l?intuition intellectuelle, en tant que celle-ci est essentiellement une facult? supra-individuelle, et de l?ordre de connaissance qui est le domaine propre de cette intuition, c?est-?-dire de la m?taphysique entendue dans son v?ritable sens.?C?est pourquoi tout ce que les philosophes modernes d?signent sous ce m?me nom de m?taphysique, quand ils admettent quelque chose qu?ils appellent ainsi, n?a absolument rien de commun avec la m?taphysique vraie : ce ne sont que constructions rationnelles ou hypoth?ses imaginatives, donc conceptions tout individuelles, et dont la plus grande partie, d?ailleurs, se rapporte simplement au domaine ? physique ?, c?est-?-dire ? la nature. M?me s?il se rencontre l?-dedans quelque question qui pourrait ?tre rattach?e effectivement ? l?ordre m?taphysique, la fa?on dont elle est envisag?e et trait?e la?r?duit encore ? n??tre que de la ? pseudo-m?taphysique ?, et rend du reste impossible toute solution r?elle et valable ; il semble m?me que, pour les philosophes, il s?agisse de poser des ? probl?mes ?, fussent-ils artificiels et illusoires, bien plus que de les r?soudre, ce qui est un des aspects du besoin d?sordonn? de la recherche pour elle-m?me, c?est-?-dire de l?agitation la plus vaine dans l?ordre mental, aussi bien que dans l?ordre corporel. Il s?agit aussi, pour ces m?mes philosophes, d?attacher leur nom ? un ? syst?me ?, c?est-?-dire ? un ensemble de th?ories strictement born? et d?limit?, et qui soit bien ? eux, qui ne soit rien d?autre que leur oeuvre propre ; de l? le d?sir d??tre original ? tout prix, m?me si la v?rit? doit ?tre sacrifi?e ? cette originalit? : mieux vaut, pour la renomm?e d?un philosophe, inventer une erreur nouvelle que de redire une v?rit? qui a d?j? ?t? exprim?e par d?autres.?Cette forme de l?individualisme, ? laquelle on doit tant de ? syst?mes ? contradictoires entre eux, quand ils ne le sont pas en eux-m?mes, se rencontre d?ailleurs tout aussi bien chez les savants et les artistes modernes ; mais c?est peut-?tre chez les philosophes qu?on peut voir le plus nettement l?anarchie intellectuelle qui en est l?in?vitable cons?quence.

Dans une civilisation traditionnelle, il est presque inconcevable qu?un homme pr?tende revendiquer la propri?t? d?une id?e, et, en tout cas, s?il le fait, il s?enl?ve par l? m?me tout cr?dit et toute autorit?, car il la r?duit ainsi ? n??tre qu?une sorte de fantaisie sans aucune port?e r?elle : si une id?e est vraie, elle appartient ?galement ? tous ceux qui sont capables de la comprendre ; si elle est fausse, il n?y a pas ? se faire gloire de l?avoir invent?e. Une id?e vraie ne peut ?tre ? nouvelle ?, car la v?rit? n?est pas un produit de l?esprit humain, elle existe ind?pendamment de nous, et nous avons seulement ? la conna?tre ; en dehors de cette connaissance, il ne peut y avoir que l?erreur ; mais, au fond, les modernes se soucient-ils de la v?rit?, et savent-ils m?me encore ce qu?elle est ? L? aussi, les mots ont perdu leur sens, puisque certains, comme les ? pragmatistes ? contemporains, vont jusqu?? donner abusivement ce nom de ? v?rit? ? ? ce qui est tout simplement l?utilit? pratique, c?est-?-dire ? quelque chose qui est enti?rement ?tranger ? l?ordre intellectuel ; c?est, comme aboutissement logique de la d?viation moderne, la n?gation m?me de la v?rit?, aussi bien que de l?intelligence dont elle est l?objet propre. Mais n?anticipons pas davantage, et, sur ce point, faisons seulement remarquer encore que le genre d?individualisme dont il vient d??tre question est la source des illusions concernant le r?le des ? grands hommes ? ou soi-disant tels ; le ? g?nie ?, entendu au sens ? profane ?, est fort peu de chose en r?alit?, et il ne saurait en aucune mani?re suppl?er au d?faut de v?ritable connaissance.

Puisque nous avons parl? de la philosophie, nous signalerons encore, sans entrer dans tous les d?tails, quelques-unes des cons?quences de l?individualisme dans ce domaine : la premi?re de toutes fut, par la n?gation de l?intuition intellectuelle, de mettre la raison au-dessus de tout, de faire de cette facult? purement humaine et relative la partie sup?rieure de l?intelligence, ou m?me d?y r?duire celle-ci tout enti?re ; c?est l? ce qui constitue le ? rationalisme ?, dont le v?ritable fondateur fut Descartes. Cette limitation de l?intelligence n??tait d?ailleurs qu?une premi?re ?tape ; la raison elle-m?me ne devait pas tarder ? ?tre rabaiss?e de plus en plus ? un r?le surtout pratique, ? mesure que les applications prendraient le pas sur les sciences qui pouvaient avoir encore un certain caract?re sp?culatif ; et, d?j?, Descartes lui-m?me??tait, au fond, beaucoup plus pr?occup? de ces applications pratiques que de la science pure. Mais ce n?est pas tout : l?individualisme entra?ne in?vitablement le ? naturalisme ?, puisque tout ce qui est au-del? de la nature est, par l? m?me, hors de l?atteinte de l?individu comme tel ; ? naturalisme ? ou n?gation de la m?taphysique, ce n?est d?ailleurs qu?une seule et m?me chose, et, d?s lors que l?intuition intellectuelle est m?connue, il n?y a plus de m?taphysique possible ; mais, tandis que certains s?obstinent cependant ? b?tir une ? pseudo-m?taphysique ? quelconque, d?autres reconnaissent plus franchement cette impossibilit? ; de l? le ? relativisme ? sous toutes ses formes, que ce soit le ? criticisme ? de Kant ou le ? positivisme ? d?Auguste Comte ; et, la raison ?tant elle-m?me toute relative et ne pouvant s?appliquer valablement qu?? un domaine ?galement relatif, il est bien vrai que le ? relativisme ? est le seul aboutissement logique du ? rationalisme ?. Celui-ci, du reste, devait arriver par l? ? se d?truire lui-m?me : ? nature ? et ? devenir ?, comme nous l?avons not? plus haut, sont en r?alit? synonymes ; un ? naturalisme ? cons?quent avec lui-m?me ne peut donc ?tre qu?une de ces ? philosophies du devenir ? dont nous avons d?j? parl?, et dont le type sp?cifiquement moderne est l?? ?volutionnisme ? ; mais c?est pr?cis?ment celui-ci qui devait finalement se retourner contre le ? rationalisme ?, en reprochant ? la raison de ne pouvoir s?appliquer ad?quatement ? ce qui n?est que changement et pure multiplicit?, ni enfermer dans ses concepts l?ind?finie complexit? des choses sensibles. Telle est en effet la position prise par cette forme de l?? ?volutionnisme ? qu?est l?? intuitionnisme ? bergsonien, qui, bien entendu, n?est pas moins individualiste et antim?taphysique que le ? rationalisme ?, et qui, s?il critique justement celui-ci, tombe encore plus bas en faisant appel ? une facult? proprement infra-rationnelle, ? une intuition sensible assez mal d?finie d?ailleurs, et plus ou moins m?l?e d?imagination, d?instinct et de sentiment. Ce qui est bien significatif, c?est qu?ici il n?est m?me plus question de ? v?rit? ?, mais seulement de ? r?alit? ?, r?duite exclusivement au seul ordre sensible, et con?ue comme quelque chose d?essentiellement mouvant et instable ; l?intelligence, avec de telles th?ories, est v?ritablement r?duite ? sa partie la plus basse, et la raison elle-m?me n?est plus admise qu?en tant qu?elle s?applique ? fa?onner la mati?re pour des usages industriels. Apr?s cela, il ne restait plus qu?un pas ? faire : c??tait la n?gation totale de l?intelligence et de la connaissance, la substitution de l?? utilit? ? ? la ? v?rit? ? ; ce fut le ? pragmatisme ?, auquel nous avons d?j? fait allusion tout ? l?heure ; et, ici, nous ne sommes m?me plus dans l?humain?pur et simple comme avec le ? rationalisme ?, nous sommes v?ritablement dans l?infra-humain, avec l?appel au ? subconscient ? qui marque le renversement complet de toute hi?rarchie normale. Voil?, dans ses grandes lignes, la marche que devait fatalement suivre et qu?a effectivement suivie la philosophie ? profane ? livr?e ? elle-m?me, pr?tendant limiter toute connaissance ? son propre horizon ; tant qu?il existait une connaissance sup?rieure, rien de semblable ne pouvait se produire, car la philosophie ?tait du moins tenue de respecter ce qu?elle ignorait et ne pouvait le nier ; mais, lorsque cette connaissance sup?rieure eut disparu, sa n?gation, qui correspondait ? l??tat de fait, fut bient?t ?rig?e en th?orie, et c?est de l? que proc?de toute la philosophie moderne.?? (10)

Voil? pourquoi la philosophie occidentale d?origine Grecque est un sympt?me de la d?cadence spirituelle de l?humanit?, malgr? le fait qu?elle soit parfois utile, compte-tenu des circonstances, ? nous pousser vers le haut, ? nous ramener vers certaines v?rit?s essentielles, ou du moins ? nous en montrer la direction.?On pourrait faire une critique semblable de la philosophie morale et de l??thique, ? cause qu?elles se d?tachent graduellement de la m?taphysique traditionnelle pour se rattacher ? des constructions m?taphysiques qui proviennent de l?imagination individuelle, du besoin d??tre original et non de v?rit?s anciennes. Le besoin de rationaliser l?amour, les vertus, le bien, le mal et le bonheur qui en d?coule caract?rise une ignorance accrue de l?intuition et des principes essentiels universels de la m?taphysique pure.?L??tre humain sain et naturel n?a pas besoin de comprendre comment et pourquoi agir moralement pour le faire, il le fait instinctivement, spontan?ment sans se poser de question, comme un ?lan naturel de son ?tre vers la joie, la libert? et le bonheur.?Pour lui, le bien et le mal n?existent que d?une fa?on relative ? propos des choses qui contribuent ou non ? son bonheur. Il n?y a pas de bien et de mal en soi, absolu. Il n?y a que l?erreur ou la connaissance, l?ignorance ou la v?rit?. C?est pourquoi personne n?est m?chant volontairement, puisque les m?chants se font du mal sans savoir qu?ils en sont la cause. Cette fa?on de percevoir ?vite d??tre moralisateur, de tomber dans le m?pris et de faire ce que l?on reproche aux autres, c?est-?-dire ha?r plut?t qu?aimer. Encore une fois, m?me si la morale est un sympt?me de d?cadence spirituelle, elle devient n?anmoins n?cessaire pour freiner la chute vers le bas et nous ramener vers une morale intuitive rattach?e aux principes de la m?taphysique traditionnelle. ? force d?int?grer une compr?hension rationnelle, par la r?p?tition, nous en arrivons ? un automatisme, un comportement acquis qui devient instinctif, spontan?, naturel. Autant les morales chr?tienne, juive et musulmane sont anti-sexuelle, donc contre-nature, autant cette d?cadence morale en arrive au plus bas niveau avec le protestantisme, la morale la?que (mat?rialiste), le pragmatisme philosophique anglo-saxon et le capitalisme industriel.?? D?un autre c?t?, la morale protestante, ?liminant de plus en plus toute base doctrinale, finit par d?g?n?rer en ce qu?on appelle la ??morale la?que.???? (11) D?o? l?id?e de s?parer la politique de la religion (la la?cit?), donc d?enlever l?autorit? spirituelle??au pouvoir politique et ainsi le vouer au mat?rialisme le plus bas.

 

A suivre:

Quatri?me partie publi?e le 30 novembre 2013

—————————————————–

(9)???Ibid. pp. 30 ? 32.

(10) Ibid. pp. 102 ? 107.

(11) Ibid. p. 112.

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Le travail: une valeur périmée

Le travail à plein temps pour un salaire fixe n’existe que depuis une bonne centaine ...

11 Commentaire

  1. avatar

    Voilà pourquoi la philosophie occidentale d’origine Grecque est un symptôme de la décadence spirituelle de l’humanité,

    c’est d’un ridicule achevé … et c’est historiquement FAUX.

    • avatar

      Salut Momo,

      Dans ce cas, quel est ton explication ou ta démonstration? Et en quoi la mienne est-elle fausse?

      Cordialement,

      Nicolas

  2. avatar

    Je ne pense pas que l’on puisse mettre Thales de Milet, Socrate, Platon et Aristote dans le même panier.

    Thales fut le premier à dire que l’existence des dieux « anciens » était une fabulation. Rien ne prouve qu’il avait raison. Pour lui, les « faits » rapportés par les Égyptiens et les Perses étaient irrationnels; donc faux. S’il revenait aujourd’hui et qu’on lui parlait des avions, il ne nous croirait pas.

    Socrate parlait avec respect de la « sagesse » des Anciens qui vivaient dans son lointain passé. Il prônait la raison pour clarifier et solutionner les questionnements.

    Platon s’est plutôt évertué à définir une « recette » pour réfléchir; il a voulu structurer le raisonnement.

    Quant à Aristote il a « complété » la structuration de la pensée en restreignant encore plus que Platon, le raisonnement.

    Ce n’est donc qu’à partir de Platon que la pensée a commencé à perdre sa « liberté ». Ce qui peut être considéré comme une certaine « décadence ».

    Amicalement

    André Lefebvre

    • avatar

      Bonjour André,

      Ces philosophes sont dans le même panier dans le sens ou ils inaugurent l’ère de la spiritualité individualiste, c’est-à-dire qu’ils ne s’en remettent plus à une tradition collective, mais plutôt à des théories purement individuelles et rationnelles. Ainsi, ils rabaissent l’importance capitale de l’intuition dans la connaissance, et aussi les autres formes de connaissances extra-sensorielles (télépathie, voyage astral, etc.) La Raison devient l’outil privilégié de la connaissance. Ce qui est une régression.

      C’est ainsi qu’ils rejettent généralement les dieux, la mythologie et tout ce qui dépasse l’entendement par la Raison « concrète » et plutôt matérialiste. Il y a des exceptions, bien sûr, car certains philosophes reprennent des éléments de la spiritualité traditionnelle dans leur pensée.

      Cordialement,

      Nicolas

    • avatar

      « La Raison devient l’outil privilégié de la connaissance. Ce qui est une régression. »

      C’est là où nous n’avons pas la même opinion.

      À mes yeux, la seule « régression » que je perçois est dans le fait de vouloir « structurer la façon de penser ». Cela élimine trop de « voies de raisonnement ».

      La « Connaissance » est le résultat du raisonnement; le « Savoir » est le résultat de l’acceptation de données sans raisonnement. Ces données deviennent alors des « dogmes »; qu’ils soient religieux ou pas.

      Le fait d’appuyer une opinion sur la « raison » me semble une « amélioration » de ce qui précédait puisque ces opinions précédentes étaient basées sur des « dogmes » inexpliqués à l’époque. Ce qui ne veut pas dire qu’ils sont aujourd’hui inexplicables.

      Quant au raisonnement « matérialistes », c’est un « raisonnement » encore plus restreints qui découle d’Aristote. Il se base sur l’objectivité; ce n’est donc plus un « raisonnement objectif » mais bien une simple « objectivité raisonnée » ce qui élimine presqu’en totalité l’esprit.

      L’intuition n’est pas suffisante pour affirmer une opinion mais elle est très importante pour « diriger » un raisonnement afin d’obtenir et d’atteindre, à la fin, un « raisonnement objectif ».

      André Lefebvre

    • avatar

      Nous divergeons concernant l’intuition. Je pense que c’est la forme de connaissance la plus importante. René Guénon l’appelle l’intuition intellectuelle qui mène à la compréhension de la métaphysique pure, celle-ci étant la plus haute forme de connaissance. Pour Spinoza la connaissance intuitive est la plus pure, supérieure à la raison, c’est la connaissance directe de l’essence des choses, ce n’est pas une connaissance d’ordre mental, comme la raison. L’intuition n’est pas source d’erreurs comme la raison. On peut s’imaginer avoir une intuition qui n’en est pas une, mais on ne peut pas avoir une véritable intuition et se tromper. C’est une forme de ressenti dans le corps. Avant de comprendre par la logique que quelqu’un est dangereux ça prend un certain temps, mais on peut le ressentir instantanément la 1ère fois qu’on le rencontre. C’est l’intuition qui mène vers les autres perceptions extra-sensorielles.

      L’intuition est d’une importance capitale dans le domaine de l’éthique, car de toute façon c’est du cas par cas, même s’il faut s’harmoniser avec des principes universels. Il est aussi important de noter que quand l’intuition n’est pas au rendez-vous, la raison « objective » n’y est pas également. Car avec de fausses prémisses, on ne peut arriver à aucune vérité, sinon par accident. Dans une discussion rationnelle (la raison est toujours en lien avec la communication verbale ou écrite) il est nécessaire de d’abord s’entendre sur les définitions, les postulats et les axiomes. Ce sont des vérités intuitives qui expriment l’essence des choses particulières. Si les deux interlocuteurs sont d’accord sur ces prémisses, alors la raison peut faire son entrée et se construire sur ces bases solides. Sinon il n’y a pas de discussion possible.

      Cordialement,

      Nicolas

    • avatar

      J’ajoute que l’amour pur, la véritable vertu, la capacité de faire le bien, ces synonymes sont des vérités intuitives toutes simples. Elles n’ont pas besoin d’une morale, d’une éthique rationnelle pour être reconnues et accomplies dans leur essence de façon immédiate. Le sage agit spontanément, d’un pur élan de façon vertueuse, il n’a pas besoin d’en faire le raisonnement avant. Si tout le monde était intuitif nous n’aurions aucun besoin de la connaissance rationnelle pour vivre en paix et dans l’amour. Il suffit de voir à quel point les morales rationnelles anti-vie dominent les masses pour constater le peu d’efficacité de l’éthique rationnelle. Ceux qui admettent les vérités éthiques rationnellement ne font que mettre des mots sur leur ressenti. Ça permet aussi d’intégrer davantage une façon d’être, que de l’analyser et lui porter de l’attention. Mais c’est nécessaire seulement à cause de notre décadence spirituelle concernant l’intuition et les autres perceptions extra-sensorielles.

    • avatar

      « On peut s’imaginer avoir une intuition qui n’en est pas une, mais on ne peut pas avoir une véritable intuition et se tromper. »

      Avec une telle prémisse à la base, il est difficile de contester. Tous les coups sont parés. 🙂

      Cependant
      « Car avec de fausses prémisses, on ne peut arriver à aucune vérité, sinon par accident. » Il reste donc à prouver qu’on a une véritable intuition.
      🙂

      « Si les deux interlocuteurs sont d’accord sur ces prémisses, alors la raison peut faire son entrée et se construire sur ces bases solides. »

      Principe d’Aristote qui « contrôle » la façon de penser. « L’amélioration » qui a suivi fut de restreindre la raison à l’objet.

      « J’ajoute que l’amour pur, la véritable vertu, la capacité de faire le bien, ces synonymes sont des vérités intuitives toutes simples. »

      Synonymes? J’en doute un peu parce que je peut dire, tout autant, que l’amour est un sentiment, que la vertu est une qualité très relative et que la capacité de faire le « bien » est une nécessité de survie personnelle.

      « Le sage agit spontanément, d’un pur élan de façon vertueuse, il n’a pas besoin d’en faire le raisonnement avant. »

      Je ne crois pas. La sagesse demande un apprentissage au niveau du raisonnement pour devenir une sorte de « conditionnement. L’instinct ou les « réactions irréfléchies » ne sont pas de la sagesse.

      « Si tout le monde était intuitif nous n’aurions aucun besoin de la connaissance rationnelle pour vivre en paix et dans l’amour. »

      Si tout le monde cessait de « raisonner », ce serait l’intuition qui prévaudrait et personne ne saurait et ne comprendrait ce qu’il fait ni pourquoi il le fait.

      La connaissance est le résultat acquis d’expériences lorsqu’on raisonne ces expériences.

       » Il suffit de voir à quel point les morales rationnelles anti-vie dominent les masses pour constater le peu d’efficacité de l’éthique rationnelle. »

      Vous mêlez, je pense, comme plusieurs le font, l’éthique objective et l’éthique rationnelle. La première vise le but (l’objet) à atteindre, la deuxième vise le « raisonnable »; ce qui signifie le « mieux pour tous ».

      « Mais c’est nécessaire seulement à cause de notre décadence spirituelle concernant l’intuition et les autres perceptions extra-sensorielles. »

      Une autre « prémisse » à accepter sans raisonnement pour adhérer à cette opinion. Enfin, c’est ce qui me semble.

      Il m’est souvent arrivé de me coucher avec un problème et de me réveiller le lendemain avec la solution. Je ne peux pas appeler cela de l’intuition car ma « raison » (mon esprit) a certainement fonctionné durant la nuit. Enfin, je pense.

      Quant aux perceptions que nous appelons « extra sensorielles », elles existent mais actuellement très atrophiées chez chacun de nous. Par contre, ce n’est pas à cause d’une décadence quelconque mais d’une différence d’expériences vécues de chacun vis à vis des autres qui coupe le contact de plus en plus depuis des millénaires. Mais c’est là un autre sujet assez long à expliquer (Mais ce serait un bon sujet d’article. Je vais y « réfléchir ») :-).

      Amicalement

      André Lefebvre

    • avatar

      Prouver qu’on a une véritable intuition c’est une question d’intuition et non de raisonnement. On le ressent ou on ne le ressent pas, l’argumentation à ce propos devient secondaire.

      Ce que tu appelles « contrôler » la façon de penser n’est rien d’autre que de suivre certaines règles, autrement dit être en accord avec les lois de la Nature. C’est une évidence intuitive qu’on ne peut pas affirmer A et non A pour une situation identique et dire la vérité à chaque fois.

      Quand je parle de l’amour pur et que je l’identifie avec la véritable vertu, c’est justement pour éviter de le définir comme un sentiment (du moins dans cette situation). C’est pourquoi on doit d’abord définir les termes, et si on discute selon l’idée à laquelle je renvoie, alors on ne peut pas la critiquer en en changeant la définition, car alors on ne parle plus de la même chose. C’est pourquoi les débats perdent souvent leur intérêt.

      Il est important de comprendre que l’esprit ne se trompe jamais. Les préjugés viennent de ce qui est extérieur à nous, la connaissance de soi implique la pensée vraie. Voici comment Spinoza explique l’infaillibilité de l’esprit, et d’où viennent la plupart des erreurs :

      « Que d’ailleurs les hommes n’aient pas une connaissance également claire de Dieu et des notions communes, cela vient de ce qu’ils ne peuvent imaginer Dieu comme ils le font pour les corps, et de ce qu’ils ont réuni le nom de Dieu et les images des choses qu’ils ont l’habitude de voir, ce que les hommes peuvent à peine éviter, parce qu’ils sont continuellement affectés par les corps extérieurs. Et, bien entendu, la plupart des erreurs consistent en cela seul que nous ne donnons pas correctement leurs noms aux choses. Car, lorsqu’on dit que les droites menées du centre d’un cercle à sa circonférence sont inégales, on entend certainement par cercle, au moins à ce moment-là, autre chose que les mathématiciens. De même, lorsque des hommes se trompent dans un calcul, ils ont dans l’esprit d’autres nombres que ceux qu’ils ont sur le papier. C’est pourquoi, si l’on considère leur esprit, ils ne se trompent certes pas; cependant ils nous paraissent se tromper, parce que nous pensons qu’ils ont dans l’esprit les nombres qui sont sur le papier. Autrement, nous ne croirions pas qu’ils se trompent (…) Et voilà l’origine de la plupart des controverses : les hommes n’expriment pas correctement leur pensée ou ils interprètent mal la pensée d’autrui. En fait, lorsqu’ils se contredisent le plus, ils pensent les mêmes choses ou bien des choses différentes, de sorte que ce qu’ils considèrent chez autrui comme des erreurs et des absurdités n’en est pas. »

      Autrement dit, habituellement quand les gens se contredisent, soit ils parlent de la même chose en pensant parler de choses différentes, soit ils parlent de choses différentes en pensant parler de la même chose. Et tout cela à cause qu’ils ne se sont pas d’abord entendu sur la définition des principaux termes en discussion.

      Il y a incontestablement des gens qui agissent vertueusement sans y avoir réfléchit d’avance d’aucune façon. Il y a des gens sans aucune instruction qui sont bien plus vertueux que des experts en éthique. Mais dans la décadence ou nous sommes présentement, il est vrai que nous avons souvent besoin de la réflexion pour devenir plus vertueux, ce qui n’est pas nécessaire dans une société qui vit en harmonie avec la Nature, comme le sociétés matriarcales.

      Nous n’avons pas besoin de comprendre pourquoi nous faisons le bien, il suffit de le faire. La valeur morale n’est pas dans le raisonnement, mais dans l’action.

      « La connaissance est le résultat acquis d’expériences lorsqu’on raisonne ces expériences. »

      Cela est nécessaire seulement à cause de la décadence dans laquelle nous sommes. Quand nous avons une éducation libre et naturelle nous n’avons pas nécessairement besoin de faire des erreurs et de souffrir pour comprendre ce qui est bien. Nous l’avons acquis très jeune. C’est notre mauvaise éducation qui fait que nous devons nous déprogrammer et nous reprogrammer grâce à la raison, puisque nous avons trop perdu le contact avec notre intuition.

      « « Mais c’est nécessaire seulement à cause de notre décadence spirituelle concernant l’intuition et les autres perceptions extra-sensorielles. »

      Une autre « prémisse » à accepter sans raisonnement pour adhérer à cette opinion. Enfin, c’est ce qui me semble. »

      Non. Les prémisses à accepter intuitivement ce sont les définitions, les postulats et les axiomes. Cette affirmation se démontre par le raisonnement, comme je l’ai fait plusieurs fois, ainsi que dans le texte. Je pourrais le faire plus longuement, mais ce serait inutile puisque j’en ai assez dit pour que ce soit compréhensible.

      Les rêves sont associés à l’intuition, la difficulté est de bien les interpréter, mais parfois c’est très clair.

      « Quant aux perceptions que nous appelons « extra sensorielles », elles existent mais actuellement très atrophiées chez chacun de nous. Par contre, ce n’est pas à cause d’une décadence quelconque mais d’une différence d’expériences vécues de chacun vis à vis des autres qui coupe le contact de plus en plus depuis des millénaires. »

      Comment peux-tu affirmer que maintenant nous sommes spirituellement moins éveillés (perte de contact avec les perceptions extra-sensorielles et leurs excellentes sources de connaissances), mais que cette perte de connaissances n’est pas une décadence spirituelle? Comment une perte de connaissance peut-elle ne pas être une décadence de la connaissance? Pour moi c’est une contradiction évidente.

      Le résultat de cette décadence est qu’avant les humains étaient beaucoup plus heureux qu’aujourd’hui, à moins que tu ne conteste aussi cela? Je veux dire quand ils vivaient plus près de la nature, comme les sociétés matriarcales d’aujourd’hui le font.

      Amicalement,

      Nicolas

    • avatar

      « Quand nous avons une éducation libre et naturelle nous n’avons pas nécessairement besoin de faire des erreurs et de souffrir pour comprendre ce qui est bien. Nous l’avons acquis très jeune. »

      Heureux de voir que « ce qui est bien » est le résultat d’un « apprentissage ». Je suis d’accord.

      On peut stipuler que deux cerveaux qui ont le même vécu, les mêmes expériences et les mêmes données de bases sont sur une même longueur d’onde et vont réagir à leur environnement exactement de la même façon. Il est fort probable que ces deux cerveaux seront liés télépathiquement.

      Ce sont les acquis dû aux expériences différentes, au vécu différent, etc, qui brise le lien communicateur entre nos cerveaux. C’est ce que je pense. Un acquis de « connaissance » ne peut résulter en « décadence ».

      Autre détail; grâce à cet apprentissage différent pour chacun, aucun de nous ne perçoit son environnement de façon identique. Autrement dit nous construisons l’univers qui nous entoure de façon individuelle et aucun de nos univers n’est identique. De sorte qu’aucune affirmation ne peut être considérée comme parfaitement exacte puisqu’elle est nécessairement basée sur une interprétation.

      Amicalement

      André Lefebvre

    • avatar

      Cette fois je suis plutôt d’accord avec toi. Je précise toutefois qu’une éducation libre et naturelle est un apprentissage de la vie en action, par soi-même, ce qui n’exclut pas une aide des autres.

      Ce n’est pas l’acquis de connaissances qui résulte en décadence, mais plutôt la perte de connaissances (perte des facultés extra-sensorielles et des connaissances qui peuvent en résulter). Cette chute de la conscience du spirituel vers le matérialisme et des vérités traditionnelles collectives vers le besoin d’originalité individuelle (philosophie) est facile a constater concernant l’humanité dans son ensemble, même récemment.

      « De sorte qu’aucune affirmation ne peut être considérée comme parfaitement exacte puisqu’elle est nécessairement basée sur une interprétation. »

      Je dirais plutôt que toute affirmation est exacte selon sa perspective (l’esprit ne se trompe pas). L’erreur ne peut que concerner la conformité de l’idée avec la réalité naturelle et non la justesse de la perception d’une personne. Nous percevons la réalité selon nos propres filtres (reliés à notre éducation, nos expériences, nos conceptions, etc.), et avec ces filtres nous ne pouvions pas la percevoir autrement. La combinaison de nos filtres produit une perception et une interprétation particulières dans un domaine précis, elles sont vraies intérieurement, mais pas nécessairement extérieurement. Pour ne pas faire d’erreur entre la conformité de notre idée avec la réalité extérieure il faut éliminer les filtres. Pour cela il faut vivre librement et en harmonie avec les lois de la Nature. Il y a des degrés de réalisation. L’humanité préhistorique était à un degré supérieur de réalisation, car l’esprit humain était généralement plus en harmonie avec la réalité naturelle. Il y avait une union spirituelle entre l’esprit humain et la réalité naturelle, alors qu’aujourd’hui il y a une séparation, un conflit.

      Pour le reste je suis d’accord.

      Amicalement,

      Nicolas